17 juin 2011 : Conseil Municipal (de Bourges) versus Conseil Général (du Cher)
De longues discussions oiseuses où ça parle de l’ancienne majorité municipale de Gauche, où on se croirait à un débat majorité-opposition au Conseil général... Viviane Siméon (Modem) résumera sans ambages. Elle remarque une soudaine « surenchère politique », et que débattre ainsi : « – "Voilà, y’a 15 ans..." ; – "Oui mais voilà, au Conseil Général..." Ça n’intéresse personne. » Vlan, c’est bin vrai !
Relais croisés
D’abord on installe les remplaçants de deux conseillères municipales : Anne-Marie Guillonneau (décédée) et Jacqueline Jacquet (démissionnaire). Puisque madame Jacqueline Jolivet sollicitée s’est désistée, c’est Jean-Michel Guérineau qui siègera. Marie-Annick Bourguignon sera la deuxième adoubée.
Jean-Michel Guérineau fait un petit bla-bla d’introduction. On passe illico au remplacement des places laissées vacantes dans les diverses commissions (en délaissant l’installation de Marie-Annick Bourguignon). Irène Félix veille, elle demande que celle-ci soit d’abord intronisée avant qu’on n’aborde les remplacements, « Car nous avons prévu des relais croisés. ». Ach so ! Je sais pas ce que c’est, mais ça en jette des "relais croisés". Bref, tout ça pour dire M.A. Bourguignon se retrouve dans une commission et déléguée dans deux collèges, que Jean-Michel Guérineau se retrouve dans deux commissions et délégué dans une école et un lycée.
Et tous ces relais croisés pour que lors des discussions dans le Conseil Municipal, on s’aperçoive que les commissions ne sont pas très fréquentées (bin vi, eh, à part ceux qui vivent de la politique, les autres, ils ont des boulots - ou bien ils sont peu motivés ?).
Chebili sans relais croisé ?
Bon, allez, passons au budget... Ah ? Pas encore. Hassen Chebili (tendance Majorité-part-en-couille) est Vice-Président de la Commission Action Sociale. Il remercie pour « Les responsabilités honorifiques » mais il ne reçoit plus d’invitations aux délibérations de cette commission.
Hassen Chebili (agacé) : « Je fais pourtant partie de la majorité municipale ?! »
Le Maire (perfide) : « C’est à vous de me le dire... »
Le Maire renvoie à une discussion entre quat’z’yeux, ça promet !...
Budget et comptes administratifs
Imaginez que vous ayez à boulotter tout un gâteau basque rien que pour vous (et sans boire pour faire couler) : voilà la présentation et la discussion sur les chiffres. Là, c’est pas le budget (ce que la ville prévoit de dépenser), ce sont les vrais comptes ( ce que la ville a dépensé). Capiche ? Allez, go pour le compte administratif 2010, et le compte annexe machin, truc, et l’affectation des résultats, et le budget supplémentaire principal plus les annexes et les recoins... Rien que lister ça, j’en ai re-mal de tête. Et faut délibérer puis voter. Mais voter quoi ? On a que des chiffres généraux ? On vote pour « Reconnaître la sincérité » des comptes, comme ferait un expert-comptable...
Je n’ai retenu que deux chiffres :
Dans le budget annexe de la ZAC Avaricum, dans les recettes, on trouve : "Autres recettes : 0,32 €". Ouf, l’opération Avaricum sera bénéficiaire...
Dans le Budget Supplémentaire 2011, on peut remarquer : "produit des amendes de police : 230 844 €". Ah, quand même, ça chôme pas à la Police Municipale.
Le budget a-t-il beugué ?
Irène Félix (PS, tendance Aubry ? exit-DSK ? Hollande ?) trouve que la ville n’affiche des recettes qu’en « rognant sur tout » et grâce à la revente du patrimoine communal. Elle ironise sur le PRU (Plan de Renouvellement Urbain) qui se résumerait piteusement à du pavillonnaire exacerbé, ce qui entraîne des coûts supplémentaires en voierie. Et d’un autre côté, le dernier rapport du PRU propose, pour le social... d’abattre des immeubles aux Gibjoncs : « Vous voulez résoudre la crise sociale en abattant les logements des pauvres. » Elle continue sur la couverture internet en ville, sur les économies faites sur la culture, sur le Musée-Ecole de la Thaumassière : « Vous vendez les écoles et la mémoire de la ville. »
Jean-Michel Guérineau (PC, donc faudra qu’il vote Mélenchon, au fait ?) se lancera dans un discours très gestion : le compte administratif, « c’est le réel » et ainsi on peut comparer ce qui était prévu au budget et ce qui a été réellement fait (le taux de réalisation). Lui, il trouve un taux de réalisation de 43%. Mais le Maire prétend à un taux de réalisation de 80%.
Et moi, j’approche un taux de compréhension de zéro pour cent. Je n’ai même pas fait gaffe à ce que disait Yannick Bedin.
Et ça cause, ça cause
Serge Lepeltier, notre maire (et chevalier de la légion d’honneur, faut pas oublier) répond à Irène Félix. Son intro résume sa réponse : « Madame Irène Félix, vous êtes dans la mauvaise foi ! » puis bla-bla-bla, je trouve le temps long...
Philippe Gitton (Majorité Municipale, tendance Sarko-j’y crois pu) est encore plus énervé : « C’est du délire, je dois réagir. » Et il se lance dans une défense et illustration de son travail dans le domaine culturel. Il sait se défendre le bougre.
Et Alain Tanton se lance dans une longue profession de foi sur Bourges, qui est la troisième ville de la région Centre et qui serait de plein droit sur le podium avec Orléans et Tours. Et il revient sur Bourges en 1995... Et Serge Lepeltier qui reprend la parole (on en est toujours aux comptes administratifs, ça dure depuis une heure, bordel !). On revient encore sur le Musée-Ecole... et le maire qui brandit une page du journal "Le Parisien Libéré" qui parle de la ligne TGV Paris-Bourges-Clermont.
Et Irène Félix qui veut reprendre la parole, il est 19h20. Brièvement demande le maire, oui, brièvement, dit-elle (et Jean-Michel Guérineau lève la main pour parler à son tour !...). Irène Félix et Jean-Michel Guérineau avaient-ils jeté le bouchon trop loin en critiquant la politique culturelle de la ville ? Ils n’ont fait que des réponses plutôt piteuses à Philippe Gitton : c’est pas ce qu’on voulait dire... c’était pas pour vous.... Irène Félix : on a juste critiqué quelques points, « faut pas vous mettre en transe. »
Et Yannick Bedin parle à son tour (oh putain ! je vois Jean-Pierre Saulnier qui lève la main - Et Guérineau qu’a pas encore re-causé et qui attend) : Avaricum va coûter 7 millions d’euros, être revendu 5 millions, y’a bien 2 millions qui manquent ?
Et le maire répond à Yannick Bedin sur Avaricum, puis sur le Musée-Ecole : « Quand les écoles ferment, on ne va pas les garder en valeurs patrimoniales. Pour en faire quoi ?! »
Et Jean-Pierre Saulnier qui cause pour parler de développement durable... Heureusement, c’est court...
Et Guérineau qui répond à Tanton : j’avais parié que vous parleriez de 1995. Et on est reparti pour un long bla-bla sur Bourges troisième capitale régionale ou pas ?... et pour des histoires subventions Conseil général... Le maire se gratte les dents (aurait-il grignoté avant d’arriver au Conseil ?).
19h45... C’est fini ? Non, Marie-Annick Bourguignon, la nouvelle, veut causer aussi : « Je salue tous les nouveaux collègues... » À 19h45 ?... Bin voui, on lui a même pas filé la parole pour son installation. Elle défend le lieu même du Musée de l’école. Il n’y a pas que les collections, c’est un tout.
Et Viviane Siméon elle aussi, elle a un truc à dire. Elle dit son agacement avec les histoires où chacun se renvoie soit les années 1995, soit le Conseil Général. Ah ? C’est pas fini ! Colette Cordat a levé la main.
Et Colette Cordat (Lutte Ouvrière, tendance fête locale le samedi 2 juillet 2011) trouve que toutes ces discussions sont bien loin des problèmes réels des habitants de Bourges avec la hausse des loyers et la baisse du pouvoir d’achat.
Et ?
Ouf ! Plus personne : ça va voter, le conseil municipal dure depuis presque deux heures. Le maire sort, c’est la procédure, et c’est le maire-adjoint qui fait voter.
On peine avec les Rampennes
À côté de Bourges Plus, en bas, y’a la Communauté des Communes des Rampennes. On envisage fusion des deux communautés. Pas simple : avec entr’autres, Senneçay qui préfèrerait se tourner vers Dun-Sur-Auron, et Levet mais qui préfèrerait se tourner vers Châteauneuf - et Sainte-Lunaise qui ne sait pas. Pour cette dernière commune, ça devrait se résoudre facilement : y’a 31 habitants à Sainte-Lunaise, même pas besoin d’intégrer la commune à Bourges-Plus : on trouvera bien moyen d’héberger les 31 habitants à Bourges. Mais cette histoire des Rampennes va occuper un bon moment notre conseil municipal. Mais sans qu’on ne comprenne ce que peuvent y gagner les autochtones de là et d’ailleurs.
Les écoles
8 classes en moins dans la ville, et ainsi 8 suppressions de postes !... Dans l’ordre du jour du conseil on peut lire que le Conseil Municipal "regrette les fermetures de classes". L’année dernière, Yannick Bedin qualifiait ces regrets de larmes de crocodiles. Colette Cordat (Lutte-Ouvrière) dit avec véhémence : « Il faut condamner et non pas regretter ! ».
Yannick Bedin, au Maire : « Localement, vous ne brillez pas par votre soutient à l’enseignement public... » Le maire (regard angélique étonné) : « Bah ?! » Yannick Bedin : « Il n’y a qu’à voir vos subventions aux écoles maternelles privées. [Brouhaha outré sur les bancs de la majorité]. Vous faites un saccage des écoles publiques. Vous pouvez toujours après ça, créer des Conseils pour les droits et devoirs des familles... » [voir le dernier conseil municipal de mai].
Catherine Pellerin (adjointe aux affaires scolaires), elle n’a peur de rien et dira même que les effectifs d’une classe n’ont pas d’incidence sur les résultats. On se demande alors si Le Conseil Municipal regrette vraiment...
Positivons, y’a un point à l’ordre du jour : "indemnité de logement versée aux instituteurs". Ceux-ci ont toujours une indemnité de logement, y compris pour ceux "vivant en concubinage notoire". La formule fait vieille France rance, mais bah... et je croyais qu’on disait "professeur des écoles" ?...
Ça fait cher l’ampoule !
La ville va conclure un contrat de performance énergétique sous la forme d’un contrat de partenariat... Y’a donc des candidats qui remettent des offres. Eh bien, on va se fendre d’une prime de 65.000 € HT pour chaque candidat ayant remis une offre (pas pour l’offre acceptée, uniquement pasque le candidat s’est fendu d’une offre).
Maréchal, le voilà !
Il va y avoir une avenue du maréchal Gallieni. Ça manquait : un colonialiste qui s’est illustré en réprimant des insurrections au Soudan, en y instaurant le travail forcé des indigènes, en faisant assassiner des ministres d’un roi local. Gallieni, c’est aussi une répression féroce à Madagascar : sous ses ordres, on assassinera plusieurs centaines de milliers de malgaches. Oui, vraiment, ça manquait à la grandeur de notre ville, une rue pour ce Maréchal.
23 heures ! 5 heures...
Y’a eu une pause sandwich, vin rouge, jus de fruit, mais 5 heures quand même... Pour débattre de quoi ? j’en suis encore à me le demander.