L’internet au coeur du (re)développement de Bourges
La municipalité de Bourges a fait le pari de l’internet et des nouvelles technologies pour enrayer la crise de l’armement qu’elle subit de plein fouet depuis plusieurs années au point d’être confrontée à une baisse démographique assez sensible. Nous sommes allés à la rencontre de Aurélien Sallé, maire-adjoint aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour savoir s’il y avait derrière tout ça, un vrai projet d’avenir ou s’il s’agissait d’un gadget à la mode ou d’un grelot agité pour amuser les placides berruyers. A vous de juger.
Pas facile de faire une interview un samedi matin à onze heures en état de sobriété avancé. Heureusement, Aurélien Sallé, maire-adjoint de Bourges délégué aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, se montre davantage habitué à ce genre de situation, maîtrisant bien son domaine de prédilection et répondant parfois aux questions avant qu’elle ne soient posées.
Aurélien Sallé est un vrai berruyer. Il aime le rappeler avec une pointe de fierté, mais aussi parce qu’il sait que dans nos contrées reculées, l’autochtone n’apprécie pas beaucoup les parachutages parisiens.
Autre fait notable : il n’a pas un parcours d’énarque. Ç’eut été un comble pour un démocrate-libéral. Ses années lycées, il les a passées à Bourges dans le privé, à Sainte Marie puis dans le public à Magueritte de Navarre, un établissement de la jeunesse dorée en centre-ville. Il bifurque ensuite du côté de Tours pour obtenir une licence d’économie et une maîtrise en sciences de gestion. Mais il préfère déjà le terrain puisqu’en parallèle, il monte une entreprise d’import-export dans le textile et l’ameublement avec l’Indonésie. Ce qui ne l’empêchera pas de créer à grand bruit quelques années plus tard le site "jeboycottepekin.com". Son intérêt pour la politique depuis son adolescence le mène jusqu’à Démocratie Libérale où il rencontre Alain Madelin qui fait de lui son bras droit en 1994-1995 avant de lui proposer un poste parisien à la direction financière où il travaille depuis 1997-1998.
Et le voilà qui débarque sur la liste du maire sortant Serge Lepeltier (RPR), lors des dernières élections municipales. Où il fait presque figure d’attraction. Son credo, c’est l’internet. Là encore, c’est Alain Madelin qui l’a branché sur le sujet. Bourges et sa mono-industrie de l’armement se cherche un second souffle. Mazette ! L’internet est en plein boum ! Serge Lepeltier le clame haut et fort : Bourges veut s’imposer comme la capitale de l’internet en France.
Que reste-t-il aujourd’hui de tout ça ? Direction le bureau 109 de l’Hôtel de Ville. Au bout d’un long couloir où la lumière est éteinte (tant mieux : pas besoin de sortir les lunettes de soleil, ça aurait fait louche...), Aurélien Sallé, le grand prêcheur de l’internet à Bourges qui avouera au cours de l’interview "travailler en sous-marin", termine un rendez-vous dans le cadre de la préparation de la fête de l’internet. Un bureau rempli de paperasse, un ordinateur, une plante verte, une vieille carte administrative de la ville de Bourges collée au mur. Et une vue sur la cathédrale. Surtout, bien brancher le micro sur la prise "mic", et pas sur la prise "phone". C’est l’expérience qui commence à payer.
Juste le temps de penser à la responsable d’une association de lutte contre le sida, rencontrée quelques minutes plus tôt qui s’est entendu dire par une personne bien établie que son action était "inutile à Bourges", et c’est parti pour soixante-quatorze minutes d’interview. Ensuite, il me reste vingt minutes de battement dans l’attente du prochain bus. Juste le temps de vider une bouteille de vodka pour retrouver un état normal, ma forme optimum étant programmée dans les environs de 23h00.
Conclusions ?
1) L’Agitateur se déstalinise en publiant l’interview d’un éminent représentant de Démocratie Libérale, parfois un peu dogmatique. Mais il ne s’agit pas d’une défloraison. L’Agitateur s’est fait dépuceler il y a bien longtemps par Nicolas Hénault, président des Jeunes du RPR à l’époque.
2) Je deviens insomniaque et je ne mange plus. Si ça continue, je vais devenir anorexique. Mon traitement à base de pilules à la vitamine C entamé depuis quelques jours semble néanmoins donner des résultats encourageants : j’ai envie de bouffer du rosbeef.
3) Plus sérieusement : nous préférons vous livrer l’interview brut de décoffrage. Le "prêt-à-penser", c’est pas le genre de la maison. L’inconvénient est que ça pourra vous paraître long et un peu fouilli. On va donc vous livrer tout ça en plusieurs fois, histoire de bien digérer. Il n’est pas question de faire comme la presse quotidienne régionale "papier" qui vous prend pour des imbéciles en vous balançant des phrases sorties de leur contexte et qui synthétise tout à l’extrême avec des articles sans fond. Ici, c’est à vous de faire l’effort de ne pas zapper pour vous faire votre propre idée sur le sujet. Bonne pêche !
1ère partie : "l’internet n’est pas un gadget !"
2ème partie : vers une élite européenne de la sécurité internet...