INTERVIEW DES VERTS / GAUCHE UNIE - TROISIEME PARTIE

"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire"

lundi 3 mars 2008 à 13:01, par Charles-Henry Sadien

Troisième et dernière partie restituant nos discussions avec les Verts de Bourges. La Gauche Unie se différencie-t-elle assez de son concurrent de droite ? A quoi et à qui sert la liste alter "A gauche Bourges" ? Elle-même affiche-t-elle un programme si différent de celui proposé par la gauche réformiste ?

 L’agitateur : Il est reproché aux deux programmes de gauche et de droite d’être très proches. C’est votre sentiment ?

"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l'histoire"

Frédéric Terrier : J’entends beaucoup de citoyens se poser la question « Ché pas trop pour qui voter, gauche, droite, c’est pareil ». Non, ce n’est pas pareil du tout. Il y a peut-être des endroits où c’est pareil, là où la gauche est ramollie. Dans ce cas, il vaut mieux que l’ouverture de la droite capte cette gauche comme Maginiau a Bourges qui a été enfin attrapé par ses vraies valeurs. Quand tu es de gauche et que tu défends l’être humain, tout ce que tu mets en oeuvre doit aller dans ce sens. Vivre bien et vivre ensemble, c’est un vrai programme qui doit inspirer les déplacements, l’économie, tout. Je le vois à titre professionnel, à La Friche. L’argent qui est dépensé, c’est énorme – ce n’est pas grand chose à l’échelle globale mais à l’échelle humaine, c’est énorme : c’est de l’argent public. Si tu dépenses cet argent de telle ou telle façon, tu entraînes certains circuits financiers qui sont des choix politiques. Si tu achètes bio, tu défends une certaine économie, une agriculture plus humaine, plus raisonnable. La ville a une capacité énorme à ce niveau.

Joël Crotté : A propos du bio, si l’on arrive à la fin du mandat à fournir des repas bio dans les restaurants scolaires cela veut dire que l’on aura passé du temps à réfléchir sur les circuits courts à l’échelle de la région. De grands groupes financiers proposent du bio en terme de restauration. Mais c’est du bio qui vient du Maroc, de Pologne... En passant des marchés sur le mieux-disant social et le mieux-disant environnemental, il n’y aura pas de dépendances liées au cour de la bourse avec des augmentations de blé à 98% comme cette année par exemple. C’est là où une collectivité, à l’échelle de son territoire, peut faire évoluer les choses.

Frédéric Terrier : Je suis sûr que si tu interroges Serge Lepeltier sur les circuits courts, il te répondra comme avec les logiciels libres, lorsqu’il a dit, en résumé : « On est une collectivité, il faut qu’on paye à Bill Gates » ! C’est une politique de droite ça, de ne pas réfléchir. Si tu fais des circuits courts, tu changes toute l’économie locale. Faire du bio du jour au lendemain n’a pas de sens car il faut te fournir à l’autre bout du monde. Les Verts défendent aussi l’idée de ne pas sur-produire. C’est se poser la question de ce que l’on produit, de ce que l’on consomme. On va croitre jusqu’où ? Jusqu’à exploser ? C’est l’histoire de la grenouille et du boeuf. La ville et l’agglomération peuvent faire énormément de choses. Et puis on veut travailler avec d’autres villes, de droite ou de gauche, ce n’est pas la question. On peut travailler avec Châteauroux, Saint-Florent, Vierzon, Issoudun... sur les grands équipements par exemple, au lieu de gaspiller l’argent public.

 L’agitateur : Sur la liste « A gauche Bourges », il y a des Décroisseurs Berrichons. Pourquoi ils ne sont pas sur votre liste ?

Frédéric Terrier : Nous les avons rencontrés par l’intermédiaire du Président des Verts. Nous, on ne veut pas râler. On veut construire. C’est avec Irène que l’on part, pas avec le PS. Avec elle, il est possible de mettre en oeuvre un programme.

Joël Crotté : On veut construire effectivement un projet. Si l’on parle d’économie solidaire, on sait de quoi on parle. Nous avons une pratique et une expérience des réseaux solidaires. Par exemple, on est en train de mettre au point une société coopérative d’intérêt collectif : tout le monde est actionnaire mais l’intérêt c’est qu’une collectivité locale peut investir dans cette coopérative. En Bretagne il existe sous cette forme Enercop, un groupement d’agriculteurs qui s’occupent de l’énergie éolienne et solaire. On a un discours, on a une culture, et on a l’opportunité de mettre cela en place au sein d’une expérience collective de travail sur un territoire. La liste « A gauche Bourges » a des intentions, qui sont à 90% les mêmes que les nôtres...

Frédéric Terrier : On y a retrouvé beaucoup de notre programme...

Joëlle Chauveau : ... mais c’est notre programme !

Joël Crotté : Sauf que cette liste ne se donne pas les outils pour mettre en place ce programme.

Joëlle Chauveau : Pour résumer, c’est une liste « anti-socialiste ». Etre anti-socialiste pour être anti-socialiste, ça n’a ni queue ni tête. Nous sommes allés voir Irène avec des propositions. Elles ont été acceptées. Si cela n’avait pas été le cas, nous n’aurions pas rejoint cette liste.

Frédéric Terrier : Irène, ce n’est pas Strauss-Kahn. On se présente aux municipales. Si l’on veut changer la société Française voire Européenne, ce n’est pas aux municipales qu’on le fait. C’est aux législatives, c’est aux présidentielles. On ne s’associerait pas à Dominique Strauss-Kahn aux présidentielles. Le combat des municipales, ce n’est pas le même combat.

Joëlle Crotté : Elle a voté non au Traité Constitutionnel... On est aussi avec elle pour des raisons politiques. Il ne faut pas se tromper d’adversaire. Notre adversaire, c’est l’UMP et on voit le désastre qu’elle est en train de faire. Depuis 1995, c’est la déliquescence de la société française.

Frédéric Terrier : La personne est importante aussi. On a confiance en elle.

Joël Crotté : Si on dit « remunicipaliser tout ? D’accord ! » Mais s’il faut faire un chèque de 500.000 euros pour casser le contrat...

Joëlle Chauveau : Il n’ont pas réfléchi à la question. Nous aussi on est des anti-capitalistes !

Frédéric Terrier : ... Mais on le dit différemment. On ne dit pas « salauds de bourgeois ! » on dit « un autre monde est possible » ou « d’autres mondes sont possibles ». On ne peut pas faire table rase. Et on ne peut pas dire « les socialos c’est tous des sociaux-traitres, des pourris et puis les cocos aussi... » Avec la liste de la Gauche Unie, tout le monde est autour d’une table. Il n’y a pas de cartes de couleurs. Il s’agit de déterminer comment faire en sorte que cette ville aille mieux, avec toutes nos idées, toute notre richesse. Penser globalement, agir localement. C’est là que l’on va, à notre échelle, inverser le sens de l’histoire. Si l’on arrivait au plan national à faire ce que l’on est parvenu à faire au niveau local en réunissant tout le monde, du centre-gauche à l’extrême gauche...

Joëlle Chauveau : Présenter Lutte Ouvrière avec le couteau entre les dents, c’est terminé ! C’est Serge Lepeltier le ringard, c’est pas Colette Cordat ! On n’est plus au 19è siècle !

Frédéric Terrier : Je crois que c’est une histoire d’amour ratée parce qu’il est très frustré qu’elle ne lui dise pas bonjour ! (rires) Si à l’échelle nationale il était possible de créer cette union et cette dynamique on ouvrirait une décennie assez constructive en France.

Joëlle Chauveau : Cette liste est porteuse d’espoir parce que l’on est vraiment dans la désespérance avec la politique actuelle du sarkozysme. On le voit bien lorsque l’on fait du porte à porte : les gens sont désespérés.

Frédéric Terrier : Le travail avec la gauche unie est enthousiasmant. On travaille tous ensemble. Les gens qui sont sur cette liste ne sont pas parachutés. Pour avoir travaillé avec la ville, je sais comment Serge Lepeltier travaille. Il travaille tout seul. Quand il était ministre de l’environnement, il n’était plus maire et c’est Roland Chamiot qui l’a remplacé alors que cela aurait dû être le premier adjoint, Alain Tanton. Quel mépris de la démocratie ! Je me rappelle que pour la moindre décision, c’était un fax (ils n’utilisaient même pas internet !) qui était envoyé au ministère et le ministère devait valider. Roland Chamiot n’était qu’un simple Conseiller Municipal. C’est un mépris de la démocratie, je trouve cela monstrueux. Et il gouverne tout seul. Cela ne pourra pas se passer avec Irène parce qu’il y a un climat de confiance collective.

commentaires
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - 6 mars 2008 à 13:27

Il n’y a que le titre qui est sympa ! Quel rapport entre écologie et politique ? Aucun, ha si peut être, l’action au lieu de critiques ! Notre président à fait le Grenelle de l’écologie, met la pression sur le ministère concerné qui sort et prépare de nombreuses innovations, taxes les voiture les plus polluantes en attendant de renforcer cette mesure sur les émissions de aprticules diesels, s’occupe de changer radicalement l’impact de l’agriculture, des bâtiments publics, privés etc... et ce n’est qu’un début


#11251
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Jean-Michel Pinon - 6 mars 2008 à  13:58

très bien, on a compris avec tous vos messages que vous estimiez que la gauche unie n’était pas à gauche. Mais en quoi dans le domaine que vous évoquez dans votre message "a gauche Bourges" propose autre chose (attention, ce n’est pas une agression, c’est une question) ?

#11256 | Répond au message #11251
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - 6 mars 2008 à  22:44

si il s’agit d’une question adressée à l’auteur du post ci-dessus, celui ci me semble plus sarkoziste qu’autre chose, donc pas sur la liste "A gauche Bourges"

#11293 | Répond au message #11256
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - 5 mars 2008 à 23:09

Elles sont où les propositions ecologistes sérieuses dans leur profession de foi ? A part des banalités sur les transports..., je ne vois pas. Au mieux on va vers du développement durable à la Nicolas Hulot. Non merci, on va se débrouiller tout seul !


#11209
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Jean-Michel Pinon - 5 mars 2008 à  23:25

C’est dingue l’énergie que vous dépensez à critiquer la liste de la gauche unie. si vous êtes de gauche (au hasard sur la troisième liste) c’est à la droite qu’il faut vous attaquer. Si vous êtes de droite, vous êtes largué, le hulot est un ami de sergio.

#11213 | Répond au message #11209
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - 5 mars 2008 à 23:03

F. Terrier suit la ligne de sa liste : balancer n’importe quoi sur "A gauche Bourges !" Quand a-t-il entendu dire quelqu’un de "A gauche Bourges !" dire : "salauds de bourgeois !". Jamais !!!
Encore une fois, on a pas d’argument politique valable, donc on dit des conneries du genre "ils sont payés par l’ump", ... Merci pour le débat d’idées democratique...


#11206
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Sitting bull - 5 mars 2008 à  23:23

Ouais...en attendant, quand on ouvre la presse du jour et que l’on lit l’article consacré à votre liste, ça laisse perplexe ! Aucune attaque contre Lepeltier, quelques propositions, et surtout des attaques contre la gauche et le P.S. Cela semble constituer le fond de votre discours. Un peu court, non ? Avouez qu’il est normal que pas mal de gens se demandent quel est le sens de votre démarche...Vous prétendez vouloir être utiles à la gauche, demandez-vous si ,dans les faits, vous remplissez cet objectif.

#11212 | Répond au message #11206
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Jean-Michel Pinon - 5 mars 2008 à  23:28

Quelle agressivité. Votre ennemi, c’est la droite, vous êtes sûr ?

Avancez-les vos arguments au lieu d’utiliser la méthode Lepeltier (je flingue mon adversaire ça m’évite de parler de mon bilan et de mes projets).

#11214 | Répond au message #11206
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - 6 mars 2008 à  10:38

Je suis surpris qu’une personne comme vous qui se présente en grand connaisseur du "mouvent anar" (cf un de vos post") s’offusque à ce point d’une critique contre une liste dirigée par le PS. A vous lire, si on ne soutient pas Irène Felix, on est de droite, point final. Je trouve cela plus que réducteur. Depuis plus d’un demi siècle, on lit dans les publications libertaires (Le Monde Libertaire, le Réfractaire, les éditions des Ateliers de Création Libertaires, ...) des propositions de transformation sociale véritablement écologiques. Les partis qui constituent la gauche unie (ex-gauche plurielle, ex-programme commun, ...) ne font que se mettre au goût du jour, comme l’a fait la droite, pour des raisons électorales (Felix et Lepeltier reconnaissaient eux-même lors du "débat" que leurs programmes à ce sujet étaient très proches.
De toute façon, j’imagine que les choses vont se passer ainsi : "A gauche bourges !" n’ira pas au second tour et appellera à battre la droite. Irène Felix sera élue. Alors, viendra le temps de l’action et de la concrétisation, ou pas, de leur programme et nous verons très vite si la Gauche Unie met en place une politique démocratique écologiste et sociale ou pas.
ps : un certains nombre de gens qui ont des pratiques libertaires (je ne parle pas de personnes se baladant jour et nuit avec un drapeau rouge et noir) n’ont pas attendu le programme politique d’un parti dit "de gauche" pour mettre en place des alternatives ecologistes, anti-capitalistes et démocratiques.

#11236 | Répond au message #11214
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - 5 mars 2008 à 22:56

C’est incroyable !!! Ces gens se sentent propriétaires du bio, de la solidarité, des circuits courts, de l’écologie sociale, de la décroissance (heu, non, pas la décroissance, ça va les fâcher avec leurs collègues). Ils ont tout inventé, tout est à eux, et si les autres ont des idées qu’ils pensent être proches des leurs, et ben c’est simple : on leur a piqué ! Faites un petit sondage au près des producteurs bio, des gens qui sont dans des AMAP, des militants de la Confédération Paysanne... des gens qui eux tiennent un discours écologiste solide, on ne vote pas beaucoup pour les Verts et encore moins PS.


#11204
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - jmp - 5 mars 2008 à  23:06

euh... vous êtes de gauche ? vous passez beaucoup plus de temps à essayer de dénigrer la liste de la gauche unie qu’à démonter le programme de Serge Lepeltier, qui, je l’espère, vous le rendra bien.

#11207 | Répond au message #11204
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - B. Javerliat - 3 mars 2008 à 18:05

Non, vraiment, je n’aime pas ce triptyque sur les Verts.
Dogmatisme ( Nous aussi on est des anti-capitalistes ), suffisance ( A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire ), sectarisme ( Si tu achètes bio, tu défends une certaine économie, une agriculture plus humaine, plus raisonnable )...
Ils me font clairement plus peur que la présence de C. Cordat sur la liste de gauche qui semble juste vouloir faire comme A. Laguiller lui a demandé.


#11060
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - seb - 3 mars 2008 à  20:21

ben et alors ? les verts ne se sont jamais réclamé du grand capital ?! je ne vois pas ce qu’il y a de choquant. Comme tous les partis, ils estiment que le leur est le meilleur. Logique. Quant à la "suffisance" dont vous parlez, de droite ou gauche, les politiques veulent changer le monde, non ? Après, ils y vont fort, mais bon, comme dit JMP, il vaut mieux ça que la langue de bois. au moins, c’est clair.

#11061 | Répond au message #11060
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 4 mars 2008 à  10:47

" sectarisme (si tu achètes bio, tu défends une certaine économie, une agriculture plus humaine, plus raisonnable) ". Je ne vois pas en quoi c’est sectaire de considérer le rôle de la collectivité locale de cette façon. Au contraire, je trouve ça carrément intelligent, ça fait vivre les producteurs de bios qui s’appliquent dans leur travail, qui ont choisi comme ils le peuvent de faire autrement, qui prennnent le risque de produire moins pour produire mieux, qui veulent mettre dans les assiettes des petits nenfants de la qualité, du gôut (!!!), et de la bonne santé.
Des tas d’individus à cause de leur revenus de merde ne peuvent se permettre d’acheter bio, en tant que particulier, alors que ça leur ferait bien plaisir aussi de pouvoir mettre dans l’assiette de leurs enfants de bons produits au lieu des daubes de Lideule and co -" mange de l’eau, du sel, du sucre, des animaux maltraités, tout pourris de produits dangereux pour eux, pour nous" -. Les Verts veulent que ce soit la collectivité qui commercent avec ses agriculteurs bio : ça s’appelle l’intérêt général. (mais c’est vrai que c’est une conception républicaine dont on entend plus beaucoup parler...). M’est avis qu’ils n’ont justement pas la folie des grandeurs, leur échelle commence au premier barreau, et comptent bien garder un pied dessus, pour pouvoir aller sur le deuxième. Et nous entraînent avec eux ainsi que l’avenir. Et vous, c’est quoi votre dogme ? je suis sûre que vous en avez un. :-) Pour vous dédogmatiser, je vous conseille la lecture de la revue Silence qui ne date pas d’aujourd’hui.... Ca change des pubs de Carouf.... ;-)

#11066 | Répond au message #11060
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 4 mars 2008 à  10:49

correction " avec ces agricultuers bio" et non "ses agriculteurs bio" !!

#11067 | Répond au message #11066
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - B. Javerliat - 4 mars 2008 à  12:44

Parceque le bio ne garantit pas une agriculture plus humaine ou plus raisonnable, pas plus qu’une rétribution équitable des producteurs. C’est juste la vision idéalisée qu’en ont les néo-ruraux et les mouvements écologistes des villes.

#11074 | Répond au message #11066
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 4 mars 2008 à  15:07

Monsieur Crotté parle de circuits courts ( déjà ça signifie moins de temps de transports ...). Ensuite, le fait que le circuit soit court, ça signifie que le producteur n’est pas loin. Donc, ils peuvent obtenir des infos pour savoir si c’est un producteur correct, qui ne fait pas semblant de faire du bio. Ensuite, ils n’ont pas dit "produit AB" ou Max Havelaar.... Ils ne parlent pas de marques déposées bio, commerce équitable. Ce sont des écologistes, à mon avis ils savent de quoi ils parlent quand ils parlent de bio et du Code de marché public . (M oui, il existe effectivment un débat sur la définition du bio). Ce n’est pas de l’idéalisme. C’est un choix, comme ils le disent. J’ai vécu ma tendre enfance dans le rural au milieu de l’agriculture intensive, je connais un peu l’esprit borné "des" agriculteurs qui ne veulent pas entendre parler d’écologie, de bio (et de social encore moins.!!! c’est dire) ...d’ailleurs, je crois que Voynet en a fait les frais avec violence, mais pas tous les agriculteurs, producteurs....

"vin’dieu, cé quand même pas çeu hippi qui vont nous aprrend’ comment qu’on prroduit bien, pis la méson à tant’ Gerrrmaine inhabitée qui s’abîme j’la vendra jamé à perrrsonne ! Ca tomberra en rrrruine et pis voilà". Je crois effectivement qu’un autre monde est possible.

#11078 | Répond au message #11074
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 4 mars 2008 à  16:32

Et puis, bon, je ne sais pas si vous mangez quotidiennement dans une restauration qui se fournit auprès des grands distributeurs de plats en grande quantité, moi oui, et sans faire la fine bouche, quand on regarde bien ce qu’on a dans ses assiettes, qu’on se met à refléchir au gôut de ce qu’on mange, ben y’en a pas. Et on repense au petit cochon qu’on a vu à la télé, dans une emission qui dénonce (ça arrive desfois ) la façon dont ces pauvres bestioles sont traitées pour rendement, piquousés à mort pour les garder vivants, souffrant de tout un tas de maladies, et on se dit que la tranche de salamie qu’on a entrée vient peut-être de ce petit cochon. Le producteur de cette bête est peut-être soumis aux cadences infernales aussi, ça je veux bien l’admettre, tout n’est pas de sa faute, mais justement, c’est ça aussi qu’il faut changer. Et si personne s’y met, ça changera jamais. Et c’est tout à fait compréhensible qu’une collectivité publique veuille changer ce système pourri. C’est un engagement, et je gage que s’ils venaient à passer, on les fera chier pour pas que les choses changent. Mais peut-être Nicolas Hulot, l’idéaliste de Bouygues- Tf1, arrivera avec son hélicoptère et sauvera les enfants de la malbouffe scolaire , les petits cochons malheureux, et les producteurs malheureux certainement aussi. :-)

#11085 | Répond au message #11074
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - B. Javerliat - 4 mars 2008 à  17:15

Je suis d’accord avec vous sur la malbouffe, mais répondre qu’il suffit que ca soit "bio" pour que ca s’arrange n’a pas de sens. C’est un probleme de mode de production/distribution, et pas un probleme de "bio" ou pas "bio". Maintenant, qu’on vire l’industrie des cantines scolaires ne peut-etre qu’une bonne chose.

#11091 | Répond au message #11085
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 5 mars 2008 à  10:13

bon, à vrai dire, je ne comprends pas très bien ce que vous dites. Je ne crois pas que ces personnes disent "il suffit que ". Je crois qu’elles disent " nous voulons amorcer ". Ensuite, le bio, il me semble - même avec toutes les questions que l’on peut se poser sur le "label" bio en tant que consommateurs (questions du genre : est-ce vraiment du bio parce qu’il y a une étiquette dessus ? ne se fout-on pas de "moi" une fois de plus ?... questions que l’on se pose dans une grande surface où nous n’avons aucun interlocuteur à qui demander "comment sont produites ces oranges bio ? ) - est une garantie pour l’avenir. On sait qu’un légume bio n’est jamais vraiment très bio, m^me avec toute la bonne volonté du producteur, parce qu’il "hérite" du sol pourri par les pesticides. Il n’y peut pas grand chose. La seule chose qu’il peut et avec grande difficultés, c’est amorcer lui aussi un mode de production bio pour arrêter avec ces conneries de pesticides. Bon, ben justement, le hasard fait bien les choses, il y un article dans le Silence de ce mois- ci, sur les pesticides, je l’ai découvert hier soir.... Je ne le retraduirai pas, mais comme on dit, c’est "édifiant".... Je pensais à vous en le lisant ;-) Vraiment, Monsieur Javerliat, très sincèrment, le bio ne va peut-être pas sauver toute la planète, mais je vois mal ce qui peut-être fait d’autre pour redonner à la terre productrice, aux bebêtes, à l’humain, un sens.... (mais attention, malheureusement, pour certains, envisager la vie ainsi, c’est une déclaration de guerre à leur institution....)

#11141 | Répond au message #11091
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 5 mars 2008 à  14:40

Pour plus de précisions possibles, je mets en lien un article du Canard enchaîné sur le livre "Pesticides, revelation d’un scandale français", ouvrage rédigé par les auteurs (ou un seul auteur, je ne sais plus) de l’article sur les pesticides dans la revue Silence que je mentionne dans ma réponse (Silence existant en version papier "seulement"). Bon, je suis peut-être "la seule andouille" qui n’avait pas entendu parler de ce bouquin. L’article de Silence explique entre autre comment les pouvoirs, puissances, visés ont réagi à la sortie de ce livre.

Contre le silence toxique

#11184 | Répond au message #11141
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Mercure Galant - 5 mars 2008 à  15:49

Bonjour Eulalie,
Merci pour le lien (article intéressant mais inquiétant). Rassurez- vous, vous ne paraissez pas avoir le profil de l’andouille type... Une andouille bio peut-être ? ;-)))

#11185 | Répond au message #11184
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 3 mars 2008 à 14:31

Tout ce que disent ces personnes écologistes, ces Verts, est très interessant. Juste dommage que Monsieur Terrier caricature la liste A Gauche Bourges en prétendant qu’elle dit "ces salauds de bourgeois". (un peu comme s’il disait "ils ont un couteau entre les dents :-)) La tête de liste de A Gauche Bourges, Monsieur Julien, s’est présenté aux législatives sous le slogan "Un monde meilleur est possible" slogan de Bové. Je ne veux créer aucune polémique stérile en intervenant sur ce propos précis de Monsieur Terrier. Je lis la "littérature" de A Gauche Bourges sur les panneaux électoraux, leurs tracts sur leurs sites, ai déjà causé avec certains sur le marché, et vraiment, je n’ai pas entendu ou lu une seconde "ces salauds de bourgeois" transparaître dans leur discours. Faut pas non plus dire trop de conneries sur eux, c’est pas juste. Ah ! mais la concurrence ne rend pas toujours très fin :-). Ca passera...


#11049
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Jean-Michel Pinon - 3 mars 2008 à  14:47

non, vous avez raison. Mais cette liste se revendique d’être "vraiment" à gauche contrairement à celle de la gauche unie qui ne le serait pas vraiment. Lorsque l’on regarde les programmes, les deux listes ne proposent pas grand chose de différent. Parmi les différences notées, il y a la suppression des caméras (la gauche unie fait le constat que la dépense - le gaspillage - est malheureusement effectué et préfère attendre un an pour évaluer l’efficacité de ce système), la remunicipalisation des salles e spectacles (la gauche unie aimerait bien aussi mais elle est plus réaliste : elle constate que le contrat a été signé il y a peu de temps et pour plusieurs années, donc elle préfère attendre la fin du contrat pour éviter de gaspiller de l’argent public en procès pour rupture unilatérale, mais ne s’interdit absolument pas de trouver ensuite des solutions pour la gestion de ces salles)...
Beaucoup de points communs, en revanche sur l’écologie, les transports en communs, le développement des services, la démocratie locale...

Joël Crotté n’a sans doute pas tord lorsqu’il dit que la liste Alter a un programme à 90% identique à celui de la gauche unie. La vraie différence, c’est que sur la liste A gauche Bourges, il y a des gens qui haïssent le PS (à mon avis assez légitimement), pour ses écarts au niveau de la politique nationale, de Mitterrand jusqu’à Ségolène Royal. or, comme le dit Frédéric Terrier il s’agit d’une élection locale. Et sur une élection locale, à partir du moment ou le PS accèpte les propositions des autres composantes de la gauches, je ne vois pas pourquoi il faudrait cracher dans la soupe et faire bande à part.

#11050 | Répond au message #11049
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 3 mars 2008 à  15:37

Vous n’avez sûrement pas tort . :-). Après, moi ce qui passe entre le PS local et la liste A Gauche Bourges, et inversement, je ne sais rien. La politique m’interesse, mais je panne pas tout, ça c’est sûr. Je pense juste qu’en des temps meilleurs, c’est à dire si de son côté la droite avait eu aussi plusieurs partis à présenter au premier tour, A Gauche Bourges n’aurait peut-être pas fait parler autant d’elle ; c’aurait été une autre liste représentant les électeurs des listes issues des collectifs antilibéraux, (quel bordel, oui, mais bon, ça a existé et ce n’est pas mort) et puis voilà, on y aurait pas trouvé drôle m^me si des aspects du programme Gauche unie et A Gauche Bourges se ressemblent effectivement.

#11052 | Répond au message #11050
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - seb - 3 mars 2008 à  20:25

"je n’ai pas entendu ou lu une seconde "ces salauds de bourgeois" transparaître dans leur discours.", ben c’est sur, c’est pas très vendeur…ils savent se tenir quand même.…

#11062 | Répond au message #11049
"A notre échelle, nous allons inverser le sens de l’histoire" - Eulalie - 4 mars 2008 à  11:38

Parce que vous trouvez que ce qu’ils, qu’elles défendent est actuellement "vendeur" ? j’ai des doutes... Ce "genre" d’idées n’est pas très médiatisée... Ce qui peut-être n’est pas un mal d’ailleurs, vu ce que font les médias actuellement. Mais il y a toujours moyens de se renseigner, de s’informer, si ce "genre" d’idées interesse. Nous ne sommes pas dans un pays où l’information est censurée.

#11070 | Répond au message #11062