La véritable culture urbaine

dimanche 13 avril 2008 à 11:27, par Charles-Henry Sadien

Expulsée du Hublot toujours fermé à double tour, la culture, s’exprime à deux pas, rue Louis Lumière, par Albert Poignard, artiste populaire et érudit. Il donne au passant des pistes de lectures et de réflexions sans avoir recours au haut patronage de la prétentieuse Maison de la Culture de Bourges ou d’une quelconque association subventionnée pour être rebelle...

La véritable culture urbaine
La philosophie au pied du mur

Il parle tellement, qu’il est souvent difficile « d’en placer une ». Érudit, Albert Poignard, poète et conteur, est à la fois très concerné par les réalités du monde actuel mais il est aussi ailleurs, transportant et élevant son public vers cet ailleurs. Sans rien demander à personne, il a pris possession des murs des immeubles vides de la rue Louis Lumières (Chancellerie) qui sont dans l’attente d’une démolition... pardon, d’une « déconstruction » dans le cadre du dévastateur Plan de Renouvellement Urbain. Sur les entrées condamnées par des plaques de métal, Albert Poignard, à tracé ses mots à la la craie. Il évoque « la philosophie au pied du mur » de Paul Nizan, la poésie d’Arnaut Daniel, et d’Ilarie Voronca, le droit de l’enfant au respect avec Janusz Korczak et dénonce la sorcellerie capitaliste selon les empêcheurs de penser en rond, Philippe Pignarre et Isabelle Stengers, dans une « Fiche de culture populaire afin de ne plus être les gogos des mercantis qui en font trop ! »

Albert Poignard est un artiste dans la lignée d’un Bascoulard. Habitant dans un logement HLM infesté de cafards, se battant pour obtenir une ligne téléphonique, Albert Poignard ne fait pas partie de ces artistes qui suivent la cour du roi pour récolter quelques subsides et jouir d’une sorte de reconnaissance institutionnelle. Avec sa petite association « ça rime à quoi ? », il incarne une culture urbaine et populaire aux antipodes de ces associations ultra-subventionnées qui se targuent pourtant d’être les représentantes des cultures marginales. À deux pas de là, le contraste est saisissant avec l’onéreuse salle de spectacle, « Le Hublot », fermée à double tour, servant épisodiquement au bon peuple bourgeois la soupe d’une culture écervelée qui donne souvent bien plus à distraire qu’à réfléchir. Tout cela à grand renfort d’argent public.

Les mots d’Albert Poignard sur ces immeubles qui n’ont jamais été entretenus et qui tombent en ruine sont comme des fleurs déposées sur la sépulture d’un défunt. Ils représentent un hommage aux habitants des quartiers nord de Bourges déplacés de force, qui laissent ici de gros morceaux de leurs vies souvent brillantes de modestie. C’est aussi l’expression d’un appel à l’intelligence et à la véritable culture populaire.


Le travail d’Albert Poignard est visible rue Louis Lumière, en face de la salle Le Hublot, dans le quartier de la Chancellerie. A voir avant démolition.

commentaires
La véritable culture urbaine - Claudine - 20 novembre 2008 à 13:59

Albert,
Que d’inquiètutes envers toi. Plus de nouvelles depuis déjà combien temps, temps trop long à mon goût. Je te reconnais bien dans tes mots...
Un coucou de ta part ou un appel télphonique me faire le plus grand bien.
J’espère que tu n’as pas oublié Claudine de l’USD à Bobigny.
Gros bisous et donne-moi de tes nouvelles.

PS : excusez-moi d’utiliser ce serveur, mais pas d’autres moyens pour contacter Albert. Meri de le faire suivre si sous le pouvez.


#14809
La véritable culture urbaine - Florence - 8 juin 2009 à  16:02

Bonjour

Je recherche un "Albert Poignard", poète que j’ai connu il y a longtemps. Il habitait Montreuil et m’a ouvert la porte de sa maison.
Pourrait ce être la même personne ?

#23310 | Répond au message #14809