RP18-25 mai 08 : TGV, manifs et crottes de corbeaux
TGV : réactions au fiasco
Report de l’étude du projet d’autoroute Troyes-Auxerre-Bourges, non inscription dans le cadre de la loi sur le Grenelle de l’environnement du passage d’un TGV par Bourges... C’est une véritable douche froide qui s’abat sur les élus de Bourges. Les critiques sont sans doute à la hauteur des espérances qu’avait fait naître le maire de Bourges. Bernard Stéphan, rédacteur en chef du Berry Républicain, observant « qu’il n’y a pas un coin de la France qui ne revendique son TGV » estime que le feuilleton berrichon « commence à devenir grand-guignolesque ». La Chambre du Commerce et de l’Industrie « ne veut plus entendre de donneurs de leçons sur les
entreprises citoyennes ».
A droite, c’est la cacophonie. Le maire de Bourges, Serge Lepeltier (UMP) risque sa crédibilité sur ce dossier puisqu’il a fait toute sa campagne en se félicitant et en s’attribuant prématurément le mérite du passage d’un TGV par Bourges. L’ami de Jean-Louis Borloo a essayé de réagir en déclarant que sa solidarité politique avec sa famille de l’UMP dépendait de ce dossier. Mais à droite, les critiques à peine voilées à l’égard du maire se font entendre. Le député du Cher, Yves Fromion (UMP) s’agace : il se demande, « si certains n’auraient pas troqué l’hypothétique TGV en 2050 contre notre projet d’autoroute ». Le sénateur Rémy Pointereau, tout en fustigeant les critiques de la gauche, réclame du sang froid à droite pour ceux qui n’étaient pas les défenseurs de la première heure du projet de TGV. L’allusion à Serge Lepeltier qui ne s’est rallié au projet qu’au moment de la campagne pour les municipales, est directe.
A gauche, l’attitude est à la critique, mais aussi à la proposition. Sobrement, le Conseil Général s’interroge : « Qui a trompé qui ? Est-ce que nos parlementaires de droite ont été dupes de leurs propres amis politiques ? Ou bien ont-ils volontairement par intérêt électoral voulu utiliser des effets d’annonce trompeurs ? » Joël Crotté (Verts) compare Serge Lepeltier à Pinocchio... qui, signe prémonitoire, était la mascotte du dernier marché de Noël grassement financé par la mairie. Le Parti Communiste dénonce « la capacité d’influence zéro » des élus locaux de droite. « En 2001, Serge Lepeltier a axé sa campagne sur la liaison Bourges-Auxerre-Troyes, et en 2008, le même Lepeltier trompe une nouvelle fois les électeurs en promettant le TGV », note Jean-Michel Guérineau. Le conseiller municipal communiste Yannick Bedin à demandé à Serge Lepeltier la tenue d’un Conseil Municipal extra-ordinaire afin tenter de trouver un consensus, et d’accrocher Bourges au wagon du 21ème siècle. Le dossier du Polt « abandonné parce qu’il était porté par la gauche », ou encore la possibilité de relier l’A77 par le doublement de la RN151 pourraient permettre de limiter l’isolement de Bourges si le gouvernement restait sur sa position actuelle. Mais la droite locale, sera-t-elle alors assez humble, pragmatique et non sectaire pour accepter des solutions venant de la gauche ?
Sources : Le Berry Républicain, 17, 18, 20, 21, 22, 24 mai 2008.
Les berruyers dans la rue
Semaine de luttes sociales. En grève, les salariés de la Maison de la Culture de Bourges protestaient contre le harcèlement moral et les conditions de travail imposés par la Direction. La représentation théâtrale du 20 mai a été annulée alors que la semaine précédente, les grévistes avaient déjà lancé un avertissement sous forme de cris d’alarme en repoussant d’un quart d’heure le début du spectacle. Finalement, la grève a été levée le 21 mai : la direction s’est engagée à avancer la réunion de négociation annuelle obligatoire qui devait se dérouler en janvier 2009.
Dans le cadre du mouvement de grève pour la défense des retraites, le trafic des transports en commun a été largement perturbé. Environ 2500 personnes issus tant de la fonction publique que du privé ont participé à ce mouvement. Fait rarissime : le cabinet du Préfet du Cher était lui aussi en grève. Dans le même temps, les employés des impôts ont lancé un mouvement de grève, reconductible lundi. Il s’agit cette fois de « lutter contre les surpressions de postes, les fusions d’administrations, la casse du statut des fonctionnaires et l’évolution de la loi fiscale ».
Les lycéens berruyers étaient cette semaine fortement mobilisés pour manifester contre la suppression de 11.200 postes à la rentrée. Ils étaient 400 au coeur de la manifestation pour la défense des retraites.
Enfin, la 52ème compagnie des CRS de Sancerre était mobilisée pour faire face à la menace de suppression de 170 emplois locaux. Le commandant de la section s’est néanmoins montré rassurant : « Aucune dissolution n’est à l’ordre du jour et les CRS de Sancerre ne sont pas appelés à partir ».
Sources : Le Berry Républicain, 21, 22, 23 mai 2008 ; La Nouvelle République du 25 mai 2008.
La nature, c’est sale...
La mairie de Bourges a été prise en flagrant délit d’infraction du code de l’environnement par le quotidien Le Berry Républicain. Celle-ci s’est en effet livrée à la destruction de nids de corbeaux en période de nidification, ce qui relève d’une pratique illégale au sens de l’article R 428-18 du Code de l’environnement. D’après « le BR », ce n’est pas la première fois que la mairie est prise en défaut. La mairie de Bourges s’est expliquée maladroitement en déclarant qu’il s’agissait d’une mesure exceptionnelle afin que la terrasse d’un commerce privé ne reçoive pas de fiente sur les tables. L’intérêt privé est donc passé avant l’intérêt de la sauvegarde des animaux protégés par la loi. Dans une ville dirigée par un ancien ministre de l’environnement, il n’y a pas de quoi être fier...
Source : Le Berry Républicain, 22 mai 2008.