Le TGV et le parti de l’étranger
TGV : Il fallait un coupable, on l’a trouvé. C’est « le parti de l’étranger » !
Pourquoi Bourges a-t-elle perdu le TGV ? Parce que placé sous influence maligne, « l’argent de nos impôts dédié à l’aménagement du territoire français ... financera en réalité des lignes à grande vitesse (LGV) réservées uniquement aux exploitants étrangers concurrents de la SNCF. »
C’est Philippe Bensac, Président de Bourges-TGV, qui l’affirme dans un communiqué, demandant aux berruyers de se mobiliser pour gagner « la nouvelle bataille du rail ». Fichtre. L’avis de mobilisation générale est lancé, aux armes citoyens !
Enfin, le traître est trouvé ; la vindicte peut s’abattre sur RFF : « La LGV RHIN RHONE que nous soutenons dans sa logique initiale de raccordement à la LGV existante PARIS/LYON mais qui a évolué sous l’influence néfaste de Réseau Ferré de France pour être inscrite en lieu et place de notre LGV au projet de loi du " Grenelle de l’environnement " n’a aucune autre finalité que d’offrir un couloir spécifique aux exploitants ferroviaires allemands, italiens et espagnols. »
De l’erreur technocratique, nous sommes aujourd’hui passés à la thèse du complot. Pendant que nos braves élus locaux UMP travaillaient, sournoisement de sombres réseaux ourdissaient leurs méfaits.
Eh ! eh ! notre ultralibéral Bensac est en train de découvrir que l’argent n’a pas plus d’odeur que de frontières, que les investisseurs — sous la houlette de Sarkozy-Borloo — préfèrent engager leurs fonds dans des projets rentables, et qu’ils se moquent éperdument d’une répartition équitable des infrastructures pour assurer un développement harmonieux de régions françaises diverses et inégalement développées.
Un libéral ancien supporter de Madelin qui exige l’intervention de l’Etat, qui loue les vertus de la puissance publique contre le chaos des intérêts financiers privés et transnationaux ! Manquerait plus qu’il recommande la fusion de RFF et de la SNCF, et leur nationalisation ! [1]
Après l’« écolo » Lepeltier s’émouvant d’un Grenelle de l’Environnement bidon, voici l’« anar » Bensac entonnant l’antienne patriotique pour la défense de la France et du Berry éternels.
Pour écouter notre Déroulède d’occasion, rendez-vous dimanche 1er juin à 17h00 à la gare de Bourges. Au programme : remise du paquetage et revue des troupes par le général Bensac.
Rompez !
[1] Petit rappel : la scission de la SNCF et de RFF date de 1997 : La constitution de RFF en tant qu’entité juridique indépendante de la SNCF permet notamment d’ouvrir l’infrastructure ferroviaire française à des exploitants privés ou publics, nationaux ou étrangers (Deutsche Bahn, Renfe...) et donc d’introduire de la concurrence dans le marché du transport ferroviaire français. La première société privée qui a demandé, et obtenu, le 17 février 2004, la licence nécessaire pour exploiter des services de transport de fret en France est Europorte 2, une filiale d’Eurotunnel. Ces services ont commencé début 2005. Le marché du transport de fret est théoriquement ouvert à la concurrence depuis le 15 mars 2003. Mais il faut attendre le 13 juin 2005 pour voir circuler le premier train de fret non opéré par la SNCF. De nouvelles compagnies de fret (Veolia Cargo, EWSI...) ont obtenu des contrats avec les industriels. Pour le transport de voyageurs, la concurrence s’ouvrira en 2010. Tout cela est parfaitement conforme au catéchisme libéral cher à Bensac. Pourquoi s’émeut-il aujourd’hui des conséquences ? (source Wikipédia)