À propos des « Identitaires »

lundi 16 juin 2008 à 10:37, par bombix

Le 14 juillet 2002, un membre du groupuscule d’extrême droite « Unité Radicale » — Maxime Brunerie – tente d’assassiner Jacques Chirac. Le groupe est dissous. Peu après, ses membres créent « Les Identitaires ». Fabrice Robert en est le Président, Guillaum Luyt, le vice-Président, et Philippe Vardon le porte-parole.
En septembre 2002, sont lancées les « Jeunesses Identitaires », puis le « Bloc Identitaire » en avril 2003.
Dans le Berry, le groupe est récent, et daterait de l’automne 2007. Le nombre de trente militants annoncé pour le Cher semble exagéré. Selon des sources informées, on ne compte guère plus de 500 membres pour la France entière, dans une trentaine de départements.
Les identitaires font paraître une revue – ID —, éditée en Belgique, et qui paraît chaque trimestre. Ils sont très présents sur le net, qu’ils ont investi stratégiquement. Ils sont avant tout des activistes, et se sont signalés à l’attention du public par des « coups » médiatiques, comme la célèbre « soupe au cochon » [1], qui ne relève d’aucune tradition gastronomique ou régionale, mais est principalement destinée à choquer, par la discrimination qu’elle introduit parmi les bénéficiaires.
La présence du porc dans ce plat, proposé en geste de « solidarité » aux pauvres et aux exclus, élimine en effet les nécessiteux juifs ou musulmans. Geste particulièrement ignominieux. D’abord parce que cette discrimination vise les plus faibles, ceux parmi nos concitoyens qui souffrent et sont en proie à la misère. S’attaquer au plus faible n’est jamais très glorieux, et ne peut que choquer quiconque a un sens moral normalement développé. Ensuite, et surtout, parce qu’elle établit implicitement que parmi les laissés pour compte de la société, certaines personnes peuvent être considérées comme des êtres humains — et de ce fait ont droit à un secours, au nom de ce très beau mot d’humanité —, tandis que d’autres, sur des critères de culture, de religion, ou de « race », ne le peuvent pas. Voilà un geste typiquement raciste – si le racisme consiste à dénier à un groupe humain son humanité ; un geste qui ouvre aussi la voie à tous les crimes que le racisme appelle.

À l’évidence bons « communiquants » — et bénéficiant de la complicité sans doute involontaire des grands média presse et télévision qui ont relayé leurs opérations destinées à choquer le public (« la soupe aux cochons » déjà citée ) — le mouvement des identitaires ne dépasse pas en importance la taille d’un gros groupuscule.

Les identitaires comptent certainement aujourd’hui, pour continuer leur progression, sur le départ de « déçus » du Front National qui, avec le temps, se cherche une respectabilité et polit le tranchant de son discours. L’enjeu désormais pour le Front National, parti « national-populiste », est de pouvoir enfin contracter des alliances avec la droite républicaine et gagner des postes de pouvoir. C’est toute la stratégie de Marine Le Pen qui semble pour l’instant désignée comme l’héritière à la tête du mouvement. Non sans provoquer des critiques de la part des plus radicaux du parti de Jean-Marie Le Pen ...

Pour plus d’informations sur les « identitaires », consulter le magazine REFLEXes : La soupe aux Vardon

[1Les identitaires se sont également signalés en lançant une campagne contre l’écrivain italien d’extrême gauche Césare Battisti ; ils se sont par ailleurs mobilisés contre le mariage homosexuel ou la chaine de télévision Pink-TV.