« Identitaires » en Berry

Une extrême droite policée dans son discours, mais radicale dans ses intentions.
lundi 16 juin 2008 à 10:39, par bombix

Avertissement

Nous devons le dire en commençant, le projet de l’article que vous allez lire a d’abord été l’objet d’un débat au sein de l’équipe éditoriale de l’Agitateur. Faut-il ou non parler de l’extrême droite, au risque de lui ouvrir une tribune et de lui permettre de diffuser son discours ? La question dépasse le cadre politique, elle ouvre à des questions d’éthique. En effet, si nous n’éprouvons aucune réticence à laisser s’exprimer ici des représentants de la droite républicaine comme Serge Lepeltier ou Philippe Bensac, nous ressentons un malaise en ouvrant nos colonnes à des ennemis déclarés de la démocratie, et qui développent, en dépit d’un langage poli et policé, une idéologie totalement discriminatoire. Celle-ci implique dans sa logique, de manière parfois dissimulée mais toujours réelle, une sape des principes qui fondent le pacte républicain, au premier rang desquels la reconnaissance des droits de l’homme, de tout homme, quelles que soient son origine, sa nationalité, sa couleur de peau ou sa religion.
Nous avons pourtant décidé de le faire. L’Agitateur veut informer de la réalité politique de Bourges et du Berry, même si elle est peu ragoûtante, et provoquer le débat. Nous considérons nos lecteurs adultes et capables de juger de la valeur politique et morale des propos ici rapportés.

« Avaric », identitaire berrichon

« Identitaires » en Berry
— Est-ce que je peux savoir votre âge ou votre tranche d’âge ?
—  Avaric : J’ai 24 ans.
— Quelle est votre formation ?
— Avaric : J’ai un niveau baccalauréat (littéraire).
— J’ai remarqué que vous écriviez sans faute d’orthographe
— Avaric : C’est un minimum quand on se dit patriote, Je fais de mon mieux.
— Pourquoi n’avez-vous pas poursuivi vos études ?
— Avaric : Pour des raisons personnelles sur lesquelles je ne préfère pas m’étendre.
— Vous ne le regrettez pas ?
— Avaric : Non, je suis heureux aujourd’hui.
— Vous avez une profession, un emploi ?
— Avaric : Je suis ouvrier dans le secteur de la métallurgie.
— Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la politique ?
— Avaric : Il y a à peu près quatre ans, puis c’est allé crescendo en fonction des évènements politiques de ces dernières années.
— Vous souvenez-vous d’un événement particulier qui a déterminé votre engagement ?
— Avaric : Je pourrais citer en premier lieu la campagne présidentielle de 2007 ; avant cela les émeutes de 2005 ont aussi été un élément en faveur de mon engagement en politique. Parmi tant d’autres !
— Vous avez pris une carte dans un parti politique ?
— Avaric : J’ai été membre du MPF de Philippe de Villiers de 2006 à 2007.
— Vous l’avez quitté, pour quelles raisons ?
— Avaric : J’ai décidé peu avant le premier tour de l’élection présidentielle de ne finalement pas participer à la division du camp national - dans lequel je plaçais alors le MPF - et ai voté pour Jean-Marie Le Pen. Ensuite, les positions de P. de Villiers ayant été en faveur de Nicolas Sarkozy, j’ai rompu avec ce parti.
— Que reprochez vous à Nicolas Sarkozy ?
— Avaric : Vaste sujet ! Immigration choisie (subie, à mon sens), adhésion de la Turquie à l’UE, européisme et atlantisme latents, dévalorisation de la fonction qu’il occupe ...
— Pourquoi alors, à votre avis, De Villiers s’est-il rallié à lui ?
— Avaric : Pour de basses raisons concernant le maintien de certains élus MPF en Vendée, notamment.
— Pour des raisons politiciennes, donc. Vous êtes un « idéaliste » et vous êtes dégoûté par la magouille politique. Est-ce qu’on peut résumer les choses comme ça ?
— Avaric : Dégoûté par la magouille politique, c’est certain, qui ne l’est pas ? Idéaliste, oui aussi. En quête d’un idéal des plus sains.
— Je voudrais revenir sur votre parcours. Est-ce qu’on faisait de la politique dans votre famille ? À quelle CSP appartiennent vos parents ?
— Avaric : La politique n’a jamais été un sujet très abordé au sein de ma famille. Je vous dirai simplement que mes parents sont plutôt de droite ; recentrons les questions sur mon engagement si vous le voulez bien.
— Mais je parle de votre engagement. On ne s’engage pas à partir de rien. C’est la raison pour laquelle je m’intéresse à votre famille. On est en plein dans le sujet, je crois. Mais laissons-là, si vous ne voulez pas en parler. Au moins admettez que chacun se décide au sein d’une situation, dont font partie la classe sociale d’origine, l’éducation, le moment historique dans lequel on naît ... Non ?
— Avaric : Considérez juste mon engagement personnel totalement indépendant du contexte familial dans lequel j’ai pu évoluer.
— Je ne le peux pas, mais vous pouvez, vous, vous en tenir là.
— Avaric : Oui.
— Après le MPF, vous n’avez pas été tenté par le FN ?
— Avaric : La déception avait un goût amer, je ne me sentais pas d’attaque pour de nouveau rejoindre un parti politique. J’ai donc choisi de rester "sympathisant FN".
— Donc, d’une certaine manière, vous vous méfiez aussi des combinaisons politiciennes au sein du FN ? Corrigez-moi si je me trompe.
— Avaric : Je ne pense pas qu’il en existe comme au MPF. Le problème n’était pas le FN mais mon sentiment au lendemain d’une déception électorale.
— Quelle différence faites-vous entre le MPF et le FN, à part justement ces tentations politiciennes ?
— Avaric : Il y a bien évidemment une différence d’importance entre ces deux partis, en termes de membres et de sympathisants. Après coup, on se rend compte que le MPF n’était qu’un FN sans dérapages, mais sans envergure aussi.
— « En termes de membres et de sympathisant » : vous parlez du nombre, ou du style ? ou les deux ? ou autre chose ?
— Avaric : Du nombre, oui. Qu’entendez-vous par "style" ?
— Il me semble que le MPF est plus loin du « peuple » que le FN. Plus aristocrate. Non ?
— Avaric : C’est effectivement une vision qu’on pouvait avoir du MPF. Mais j’y ai rencontré de sincères patriotes, tellement sincères qu’ils ont tous aujourd’hui quitté les félons.
— Donc, ensuite, il y a eu cet engagement chez les identitaires ...
— Avaric : Oui. Je connaissais déjà bien les identitaires de par leurs nombreuses actions militantes, à Nice et Paris notamment. J’avais toujours trouvé leur combat très juste mais n’avais pas eu l’occasion de me rapprocher d’eux. Puis j’ai été contacté par des berrichons désireux de créer une cellule identitaire ici et j’ai apporté ma modeste pierre à l’édifice.
— Comment caractériseriez vous cette formation ?
— Avaric : La première qualification qui me vient en tête est « hors système », se plaçant au delà d’un électoralisme néfaste à la réussite d’une quelconque entreprise patriotique. Mais avant toute chose, les identitaires sont pour moi un rempart constitué de personnes de bon sens, soucieuses du devenir de leur peuple, de son identité, de sa vitalité et de sa souveraineté et désireuses de restituer à leur patrie la grandeur qui lui revient.
— Vous pensez donc qu’il y a des formations politiques qui ne sont pas soucieuses de leur peuple ?
— Avaric : Je pense que certaines pratiquent un souci du peuple trop sélectif, tandis que d’autres travaillent - inconsciemment ou non - à sa perte.
— Votre famille, vos amis, vos collègues de travail connaissent-ils votre engagement politique ?
— Avaric : Ma famille et mes amis le connaissent.
— Si je dis que vous êtes extremiste, le contestez-vous ?
— Avaric : Je vous répondrai juste que le bon sens n’a rien d’extrême.

Rapports des identitaires avec le FN

— Je voudrais qu’on revienne à vos rapports avec le FN
— Avaric : Vous voulez dire, ceux des identitaires avec le FN ?
— Oui bien sûr. Vous en tant qu’identitaire.
— Avaric : Il n’y a aucune animosité des identitaires envers le FN ; comme je vous le disais précédemment, bon nombre d’entre nous sont passés par ce grand parti et même si certaines divisions idéologiques existent, je pense que les nationalistes du FN et les identitaires sont deux forces complémentaires en France.
— Le FN n’a pas un côté plus lisse, plus institutionnel ? Par ailleurs, il y a des tensions au sein de ce parti. On dit que Marine Le Pen ne vous porte pas dans son coeur.
— Avaric : Plus lisse, oui, trop à mon goût. Une anecdote à ce sujet : je me suis rendu le 1er mai dernier au défilé du FN à Paris et j’y ai constaté que quand les militants FNJ avaient commencé à scander "Islam hors de France !", leur leader les a fait très vite changer de slogan. Une crainte que les identitaires n’auront jamais : nous assumons toutes nos positions, peu importe l’émoi qu’elles suscitent.
— Je reviendrai plus tard sur la question de l’Islam. Pour Marine Le Pen ?
— Avaric : Quant au fait que Marine Le Pen ne nous porte pas dans son coeur ... Ça me laisse assez froid, il doit en aller de même pour mes camarades. D’un point de vue personnel, je ne suis pas hostile à Marine Le Pen, je l’ai trouvée encore récemment très percutante dans l’action qu’elle a entreprise au sujet des régularisations de clandestins. Je la considère cependant tout de même en rapport direct avec une certaine baisse de fermeté du FN au moment de la dernière élection présidentielle, ce qui je pense ne l’aura pas servi.
— Pourrait-on dire que les identitaires rappellent au FN ses origines idéologiques, ses ambitions de départ, à un parti tenté par une certaine respectabilité dans l’opinion ?
— Avaric : Je pense que les identitaires sont plus humbles que ça. Je vous le répète, FN et IDs sont deux forces complémentaires, chacune mettant l’accent sur des thèmes particuliers.
— Vous savez bien cependant que le FN est en difficulté en ce moment. Que d’autre part, se pose la question de la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du mouvement ...
— Avaric : Les identitaires ne sont pas là pour reprendre le flambeau, les problèmes inhérents au FN ne regardent que ses membres. J’imagine que c’est Marine Le Pen qui prendra la succession. Quant aux difficultés qu’on attribue au FN, financières notamment, je pense qu’elles comportent une part de désinformation de taille.
— On a dit cependant que la stratégie des identitaires vis à vis du FN avait été inspirée par l’expérience catastrophique de Maigret et du MNR et de sa tentative de sécession. Vous joueriez sur un registre beaucoup plus conciliant, mais en en pensant pas moins. Désinformation également ?
— Avaric : Ecoutez, toutes ces spéculations sont des plus inintéressantes. On en revient à ce que nous disions au tout début de cet entretien, à savoir la politique politicienne. Je ne joue sur aucun registre et je peux certifier qu’il en va de même pour mes amis identitaires du Berry, notre unique objectif est la défense de notre terre et celle de notre peuple.

Les identitaires berrichons

— Le site MetaBerry a disparu. Et en même temps est apparu votre site. Cela a un rapport ?
— Avaric : Non aucun. Nous avons aussi constaté la disparition de ce site, à notre grand regret.
— Votre groupe est composé de combien de militants, si ce n’est pas un secret ?
— Avaric : Non bien sûr. Nous étions une dizaine à la formation du groupe il y a quelques mois, nous approchons les 30 militants aujourd’hui, parmi lesquels un bon nombre de jeunes femmes. Une parité dont je suis très content, nos affiches « Touche pas à ma soeur ! » séduisent la gent féminine...
— 30 militants pour tout le Berry, ou pour le Cher seulement ?
— Avaric : Pour tout le Berry oui, mais la plupart des militants sont principalement du Cher.
— Comment fonctionnez vous par rapport aux structures nationales ? Quel est votre degré d’autonomie ?
— Avaric : Nous sommes autonomes en ce sens que nous entreprenons nous-mêmes les actions militantes que nous jugeons bénéfiques à la diffusion de nos idées dans le Berry, sans recevoir forcément l’aval du « siège » du BI. Les berrichons enracinés que nous sommes sont des hommes libres, mais disciplinés.
— Êtes-vous le responsable du groupe ?
— Avaric : Non. Je m’occupe de gérer notre blog qui se fait l’écho de tous nos militants, tous proposant leurs articles.
— Y-a-t-il un responsable ?
— Avaric : Oui.
— Pourquoi n’est-ce pas lui qui a répondu à la demande d’interview ?
— Avaric : Nous nous sommes mis d’accord lui et moi pour que je vous réponde.
— Je suppose que le groupe est plutôt jeune ? Les militants viennent de tous les milieux ou il y a-t-il une catégorie sociale plus représentée ?
— Avaric : Je pense que la moyenne d’âge est d’à peu près 30 ans mais je ne suis pas le plus jeune du groupe. Nous sommes issus de milieux différents, il y a une vraie diversité sociale au sein de notre groupe et tout ce petit monde s’entend très bien puisque poursuivant un idéal commun.
— Il y a des lycéens et des étudiants ?
— Avaric : Oui.

Idéologie, 1

— Vous ne pensez pas que "le peuple" ou "la patrie" sont des idées qui ont emmené des millions de gens à la mort en pure perte ?
— Avaric : Non pas du tout. C’est le despotisme qui mène les gens à une mort inutile, et comme disait Jean de la Bruyère : il n’y a pas de despotisme dans la patrie.
— Je vais prendre un exemple historique, ou plutôt deux. le premier, c’est la guerre de 14-18. Tous les historiens s’accordent sur le sacrifice inutile, du coté français comme du coté allemand. Je vous laisse d’abord répondre et je prendrai un autre exemple.
— Avaric : Bien sûr, on ne peut que s’entendre sur l’inutilité horrible de ce conflit. Je partage totalement l’avis de ces historiens. Mais ce n’est pas pour moi l’amour de la patrie, la volonté de la défendre, qui a fait de cette guerre la plaie fatale des peuples européens, mais le souhait de quelques puissants industriels, dans un contexte historique favorable à leurs sombres desseins.
— Quelles que soient les raisons, vous accordez donc qu’on peut manipuler les masses avec ces idées de "patrie" et de "peuple", et qu’on peut les amener au sacrifice. Donc, quelque part, selon la façon dont elles sont manipulées, elles peuvent être dangereuses. Accordez-vous cela ?
— Avaric : Je ne peux pas assimiler la patrie à quelque chose de dangereux. La folie de certains hommes l’est, leur manque d’amour réel de la patrie, justement. Celle-ci comprenant intrinsèquement le peuple.
— Moi, personnellement, je ne sais pas ce que c’est que la "patrie", en elle-même. C’est un mot, qui renvoie à une idée. Cette idée n’est pas pour moi, intrinséquement dangereuse. Mais je vois dans l’histoire des usages de cette idée aux conséquences très néfastes. Et donc, je m’en méfie a priori. Mais je pourrais presque en dire autant de toutes les idées. Les idées et les mots sont dangereux.
— Avaric : Vous pouvez vous référer à l’origine étymologique de "patrie" : la terre des pères. Par extension, celle de nos aïeux, celle qui porte un héritage historique, culturel, traditionnel, qui est nôtre. C’est une idée qui ne me fait pas trop peur ... Elle me séduit plutôt.
— Je sais bien. Si cette idée n’était pas porteuse de valeurs qui séduisent, elle n’aurait pas de force, et donc ne serait pas dangereuse. Donc, d’une certaine façon, vous n’infirmez pas mais confirmez mon analyse. Je vais prendre un second exemple historique.
— Avaric : Je ne confirme qu’être patriote : berrichon, français et européen.
— Avez-vous vu le film « Le chagrin et la pitié ? »
— Avaric : Non.
— C’est un film intéressant, sur la France dans la seconde guerre mondiale. Il y a le témoignage d’un fasciste français, qui s’était engagé dans la division Charlemagne. Il raconte avec beaucoup de sincérité son engagement, ses croyances. Et il conclut en mettant en garde contre les dangers de l’idéologie. Je vous conseille vraiment de regarder ça. Parce que ce n’est pas un point de vue de moraliste, c’est le point de vue de quelqu’un qui a vécu ces événements historiques.
— Avaric : Ca peut être intéressant oui. A quand un film traitant d’un sujet assez similaire, à savoir le génocide orchestré par les communistes du monde entier (100 millions de morts selon les auteurs, historiens, du Livre noir du communisme) ?
— Concernant les crimes du communisme stalinien, je suis convaincu, par les travaux des historiens. Mais les crimes d’un camp ne justifient en aucune manière les crimes de l’autre camp. J’aurais tendance à penser d’ailleurs, à partir de mon analyse de l’idéologie, que ces crimes ont presque les mêmes causes. On sera surement pas d’accord là-dessus. Revenons aux identitaires.
— Avaric : Permettez-moi juste de préciser rapidement mon avis à ce sujet : bien sûr, l’idéologie nazie a été meurtrière. Il ne s’agit pas de l’excuser, comme il ne s’agit pas d’excuser les crimes des communistes. Il me semble juste qu’on ne traite pas ces deux idéologies sanguinaires de la même façon : un parti nazi en France, ça n’existe pas. Un parti communiste, oui.
— Je vais venir justement au nazisme. Souhaiteriez vous qu’un parti nazi puisse exister et s’exprimer ?
— Avaric : Franchement, non. Le nazisme a fait trop de mal aux peuples d’Europe. Mais je pourrais comprendre la pensée très libérale d’une personne qui défendrait l’existence d’un tel parti, si cette personne invoquait la liberté d’expression absolue. Je pourrais la comprendre sans y adhérer.
— Je suis allé sur le site La médiathèque identitaire. Le connaissez-vous ?
— Avaric : Non.
— Je vous donne son adresse http://webresistance.hautetfort.com/
Il y a plein de choses sur ce site. Par exemple, on peut télécharger « Le mythe du XXème siècle » d’Alfred Rosenberg, l’idéologue du IIIème Reich.

— Avaric : Ce n’est pas une littérature que j’affectionne particulièrement si c’est ce que vous souhaitez savoir.
— Admettons. Mais alors, ne vous sentez-vous pas dérangé par ce voisinage ?
— Avaric : Je ne connaissais pas ce site et ne m’y attarderai sans doute pas. Il ne me dérange donc pas. Je lui préfère les excellents Novopress et Fdesouche. Celui qui le gère est libre d’admirer qui il veut.
— Vous avez parlé tout à l’heure de la catastrophe pour les peuples européens qu’a représenté le nazisme. Est-ce pour vous la seule catastrophe ?
— Avaric : Non bien sûr. Nous "célébrons" en ce moment l’anniversaire de mai 68 : l’idéologie gauchiste représente pour moi une catastrophe de taille. Et elle en implique beaucoup d’autres : immigration massive, islamisation, ethnomasochisme ...
— Ce n’est pas de cela dont je parle. Le génocide juif représente-t-il pour vous une catastrophe ?
— Avaric : Vous me parlez de catastrophe, je vous réponds sincèrement ce à quoi cela me fait penser. Quant à la Shoah, oui c’est une catastrophe, c’est indéniable. Rien ne justifie qu’on assassine ainsi hommes, femmes et enfants. Cela dit, et c’est sans ambiguité que je vous le précise, les juifs ne furent pas les seules victimes et les nazis pas les seuls bourreaux que le monde ait connus.
— Vous ne m’empêcherez pas de penser qu’il y a une contradiction avec cette déclaration, et le fait que les sites identitaires, dont celui que je vous ai cité, font l’apologie du nazisme et du racisme. Par exemple, on voit sur une pochette d’un album de rock la photo du lynchage d’un homme noir, avec une corde au premier plan ; les noms des groupes sont sans équivoques. Pouvez-vous me dire sincèrement comment vous vous arrangez avec ça ?
— Avaric : Tout d’abord, le site dont vous m’avez parlé n’a aucun rapport avec le Bloc Identitaire ou les Jeunesses Identitaires. Il ne figure pas dans les liens des sites officiels des mouvements pré-cités, vous pourrez le vérifier. Il ne suffit pas que n’importe quel individu se réclame "identitaire" pour que tous ses propos engagent les organes officiels de notre mouvance. En l’occurence, ils n’engagent que lui. Par ailleurs, il est permis de penser qu’un tel site pourrait être créé par un ennemi de la cause identitaire, dans l’unique but de lui nuire en lui inventant des liens hasardeux avec des néo-nazis.
— Vous devriez quand même faire un peu le ménage. Car il porte votre nom et votre label. En outre, il fait des liens sur les sites que vous mêmes vous citez, comme Novopress etc.

Le bloc identitaire : parti, mouvance, groupuscule informel ?

— Bloc identitaire, est-ce un parti politique ?
— Avaric : Non, pas exactement. Je pense qu’un parti politique vit pour les échéances électorales à venir, pour gagner des places tantôt dans un hémicycle, tantôt à l’Elysée. Ce n’est pas le cas du Bloc Identitaire qui mène une lutte en faveur de notre identité au quotidien et sans jamais prendre de repos. Ce qui ne l’empêche pas de prendre part aux élections quand cela est possible, comme récemment lors des élections municipales et cantonales, avec des listes identitaires ou d’union nationale et identitaire,
— Je pensais à l’aspect juridique de la chose. Est-ce une organisation déclarée comme « parti politique » ?
— Avaric : Aucune idée.
— C’est pourtant intéressant.
— À l’origine, il y avait plusieurs mouvements. Les JI, le BI et Les identitaires, non ?
— Avaric : Oui. JI et BI sont dirigés par des personnes différentes mais bien évidemment proches. Sans oublier les liens étroits qui sont entretenus avec les différents autres groupes identitaires d’Europe. Tous ces mouvements forment cette belle machine identitaire en plein essor !
— Confirmez-vous que parmi les fondateurs, on trouve des anciens militants d’Unité Radicale ?
— Avaric : Je n’ai pas l’honneur de connaître personnellement les créateurs du Bloc ou des JI. J’ignore par quelles formations ils sont passés.
— Vous devriez vous renseigner.
— Avaric : Je n’en vois pas l’intérêt. Je ne suis pas un nervi gauchiste excité par l’appartenance passée d’un des siens à telle ou telle officine que certains jugeraient tendancieuse. Ce qui m’intéresse c’est ce qu’ils font actuellement, et j’en suis très satisfait.
— Vous avez beau me dire que vous ne vous intéressez pas à l’histoire des fondateurs de votre groupe, vous devez bien imaginer qu’ils n’ont pas changé en si peu de temps. Le BI date de 2002.
— Avaric : Je sais que certains, j’ai Fabrice Robert en tête, sont passés par le FN, comme, je le pense, un grand nombre des militants identitaires. C’est tout ce que je peux vous dire à ce sujet. Unité Radicale n’évoque rien pour moi.
— Unité Radicale a été dissoute suite à un attentat contre Jacques Chirac par l’un de ses membres. On comptait de nombreux néo-nazis dans ses rangs. Guillaume Luyt a appartenu à cette formation et il est l’un des fondateur du BI. Fabrice Robert également.
— Avaric : D’accord, et ?
— Donc ce voisinage là non plus ne vous dérange pas non plus ?
— Avaric : Les fondateurs des identitaires sont compétents et c’est tout ce qui m’intéresse.
— J’ai bien pris note.

Idéologie, 2. Et quelques conséquences ou inconséquences.

— Vous déclarez être soucieux de la défense de "votre terre et de votre peuple". Tout à l’heure, vous avez évoqué la question de l’Islam. Ces deux problèmes sont-ils liés ?
— Avaric : Oui directement. La France et l’Europe ne sont pas des terres d’islam et n’ont pas vocation à le devenir. Il est naturel que nous fassions bloc face à une islamisation féroce, à laquelle nos gouvernants donnent des ailes.
— Je pourrais vous demander sur quoi vous vous appuyez pour parler d’« islamisation féroce » ; je serai plus simple et plus direct : selon vous, peut-on être français, et musulman ?
— Avaric : Je vais répondre au premier point de votre question : je parle d’islamisation féroce car il s’est construit en France un nombre de lieux de culte musulman ces dernières décennies très important (2000 à ce jour), parce que N. Sarkozy a créé la "Fondation pour les oeuvres de l’islam de France", laquelle sert à financer des mosquées avec l’argent public (une entrave très grave à la loi de 1905, vous en conviendrez), parce que des écoles sont obligées de ne plus servir de porc aux élèves en raison d’une population musulmane élevée, parce que des artistes comme le hollandais Théo Van Gogh sont assassinés parce qu’ils dénoncent les méfaits de l’islam, et la liste d’exemples est longue.
Pour répondre à votre seconde question, « peut-on être Français et musulman ? », faut-il encore définir ce qu’est « être Français ». Il ne s’agit pas à mon sens de la formalité administrative qu’on acquiert à la naissance sur le territoire national. Être Français, c’est se revendiquer d’un héritage propre à notre pays, à notre civilisation, c’est être issu d’une histoire, commune aux autres peuples d’Europe ; et être musulman, croire en l’islam, n’a strictement rien à voir dans tout ceci. Pour moi, la question ne se pose même pas. Elle n’est pas cohérente.
— Quand vous opposez « la formalité administrative » et « le fait d’être français », ne peut on pas dire que cela traduit deux options dans l’obtention de la nationalité française, celle qui oppose le droit du sang au droit du sol ?
— Avaric : Effectivement c’est à peu près cela.
— Le droit du sang est essentialiste. Mon essence de français viendrait de mon origine, culturelle, géographique, historique, et même ... biologique ?
— Avaric : Oui.
— L’essentialisme ne conduit-il pas au racisme ?
— Avaric : Le fait que je ne considère pas une personne comme française ne signifie en rien que je la dévalorise. Le racisme, ce serait cela je crois : dire que parce que X n’est pas Français, il vaut moins que moi. Je ne dis pas cela, mon engagement au sein des identitaires c’est tout le contraire, c’est le respect des identités et des peuples du monde entier.
— Il y a deux façons d’envisager le racisme. Deux sens. Un sens « faible », et un sens « fort ». Le sens faible est celui que vous énoncez. Il se borne à constater l’existence de races, d’essences, ou d’identité différentes. Quel que soit le mot employé, il revient à cette idée de base, que j’ai qualifiée d’essentialiste. Il est faible au sens où il n’implique pas une valorisation et une hiérarchie entre les essences, les identités, ou les races. Les sens de ces mots sont à peu près équivalents. Pouvons-nous nous mettre d’accord là-dessus ?
— Avaric : Non je ne partage pas cet avis. Pour moi le racisme se borne à hiérarchiser des races entre elles, ce que je ne m’amuse pas à faire. En revanche, je suis ethno-différentialiste.
— Je me doutais bien que vous ne seriez pas d’accord. Mais je poursuis.

— Le sens fort, c’est le racisme au sens ou on l’entend d’ordinaire, qui implique hiérarchie et valorisation différentielle.
— Avaric : Je respecte votre avis sur la question.
— Attention, c’est très important. Parce que selon moi, et on peut le démontrer, on passe insensiblement du premier au second sens très facilement. Admettre l’idée de races ou d’identités distinctes, et d’autant plus que cette distinction se fonde sur la biologie, c’est faire le premier pas, et on pourrait dire le seul nécessaire pour devenir raciste au sens où on l’entend d’ordinaire.

— Pouvez vous me préciser ce que vous entendez par ethno-différentialisme ?

— Avaric : Etre ethno-différencialiste c’est pour moi être conscient de la richesse culturelle de chaque peuple, de son identité, et cultiver le devoir de reconnaissance de cette richesse. Être ethno-différencialiste, c’est respecter réellement la diversité tout simplement en prônant les particularités de chaque ethnie. C’est tout l’inverse de l’ethnomasochisme et du métissage. Les identitaires se placent dans une optique très claire à ce niveau là : 100% identitaires, 0% racistes.
— Ce que vous appelez ethnie se caractérise par des critères de type sociaux et culturels ou par des critères biologiques ?
— Avaric : Par les deux. On ne peut pas nier à une ethnie des critères biologiques : couleur de la peau, des cheveux ou des yeux. Encore une fois, il ne s’agit pas de déprécier une ethnie, une race, seulement d’en admettre et d’en cultiver les différences. Sinon je pense que cela conduira à terme à une uniformité des plus malsaines.
— Pourquoi malsaine ?
— Avaric : Parce que la diversité du genre humain est une chance, je le pense. Pas vous ? Et je pense que cette diversité est directement mise à mal par l’idéologie du métissage universel.
— Je pense en effet que la diversité, ou la différence est une chance. Mais je me demande comment on peut parler toujours d’identité et en même temps revendiquer la différence.
— Avaric : Parce que ce sont deux concepts directement liés : la sauvegarde des identités, c’est la sauvegarde de la diversité. S’il n’y avait plus qu’une identité mondiale, il n’y aurait plus de diversité. Ca me semble logique.
— Concrètement, comment comptez-vous vous y prendre avec ceux que vous ne considérez pas être digne d’être français, parce qu’il n’ont pas la bonne couleur de peau ou la bonne religion ?
— Avaric : Je vous répondrai simplement qu’il est un devoir de faire en sorte que chacun puisse vivre sur sa terre selon sa propre identité.
— Ça c’est un slogan. Prenons des cas concrets. Il y a des populations issues de l’immigration qui sont là depuis plusieurs générations. Que ferez-vous avec eux ?
— Avaric : Il y a d’autres urgences qui sont liées à cela : cesser totalement l’immigration, légale ou illégale, renvoyer tous les clandestins chez eux, rétablir un contrôle strict de nos frontières et durcir considérablement les conditions d’accès à notre sol. Ensuite, pour ceux déjà présents, et pour certains depuis plusieurs générations, la situation est plus complexe.
— La situation est complexe aussi concernant l’immigration, puisque l’immigration est une immigration de travail. Il y a un appel dans l’économie, dans différents secteurs, de main d’oeuvre étrangère. Mais justement, ce sont les cas complexes qui sont intéressants. Et là on peut juger si une pensée politique tient la route ou ne la tient pas.
— Avaric : Bon nombre de ces immigrés ne se sentent pas réellement Français, à juste titre, car je ne pense pas qu’ils le soient. L’assimilation et l’intégration sont de vastes farces : on ne peut pas aller à l’encontre de l’identité d’un individu. Enseigner à un petit écolier noir que ses ancêtres étaient gaulois, c’est offensant pour lui et pour ses camarades blancs dont on vulgarise le passé. Si des immigrés vivent en France, je souhaiterais - et cet avis n’engage que moi - qu’ils n’aient pas la nationalité française mais celle de leur pays d’origine.
— Excusez-moi, mais ce n’est pas avec le discours que vous tenez qu’ils vont se sentir français.
— Avaric : Et ils n’ont pas à le sentir ! De quel droit les priverait-on de ce qu’ils sont ?
— Ceux qui sont nés ici, de parents qui parfois sont nés aussi ici, se sentent naturellement français. Qu’y a t-il d’anormal là-dedans ?
— Avaric : A mon sens, ils ne sont pas Français. Ils sont les fils, petits-fils, d’immigrés. On ne peut pas nier leur identité, leur origine, les intégrer de force à une communauté qui n’est pas la leur. C’est irrespectueux.
— Je repose ma question : que faites vous avec eux ?
— Avaric : Je vous l’ai dit précédemment, je ne pense pas qu’ils devraient être reconnus comme Français mais comme Marocains, Maliens, Chinois ou que sais-je encore. Permettez-moi de préciser tout de même que je fais une très claire différence entre les immigrations extra-européenne et européenne.
— Une fois que vous ne les avez pas reconnus comme français, et que vous réservez la terre de France aux français autochtones, que faites vous avec eux ?
— Avaric : Que feraient-ils avec moi, plutôt ? Je suis persuadé qu’ils retrouveront avec ferveur leur terre d’origine, pour y vivre avec les leurs, selon l’identité qui est la leur.
— Et s’ils ne veulent pas repartir, parce que leur terre d’origine, c’est comme la vôtre, c’est celle où ils sont nés, où ils ont grandi, où ils ont leurs souvenirs d’enfance et leurs amis, et même leur langue maternelle. Que ferez-vous ?
— Avaric : Avec des "si" on mettrait Paris en bouteille. Laissons de côté l’expectative je vous prie.
— Non. Je ne laisse rien de côté. Une pensée politique s’évalue à sa capacité de traiter des cas concrets. Je vous pose des cas très concrets. J’attends une réponse de vous, qui soit dans la logique de votre pensée politique. Sinon, j’en déduirai que votre pensée politique n’a pas de logique, ou qu’elle a une logique dissimulée.
— Avaric : Puisque vous y tenez, je vais vous donner une réponse imagée si vous le permettez : si l’on ajoute un peu de poivre dans une soupe, ça ne la rend pas moins bonne, mais si on y verse toute la poivrière, elle est imbuvable.
— Merci pour l’image. Moi je ne vais pas vous parler en image. Vous posez une identité française, que vous caractérisez par des critères biologiques et culturels, et vous excluez tout ce qui ne rentre pas dans ces critères. Il y a un reste. Vous considérez aussi que ce « reste » est un danger. Jusqu’où pouvez-vous aller pour éradiquer ce reste. Irez-vous jusqu’à la purification ethnique pratiquée par les serbes que vous soutenez par ailleurs ? Mes questions sont très directes et très franches. Je voudrais que vos réponses le soient aussi.
— Avaric : Il n’est pas question de purification ethnique, c’est vraiment caricatural, voire grossier. Vous prenez les identitaires pour ce qu’ils ne sont pas. Quant aux Serbes, je ne me fie visiblement pas aux mêmes sources que vous.
— Vous êtes dans la dénégation, ce qui semble rassurant. Mais je ne serai pleinement rassuré que quand vous m’aurez indiqué quelles solutions concrètes vous proposez pour résoudre les problèmes que vous mêmes vous posez, à savoir une « menace » sur l’identité française par la présence sur son sol de population étrangères inassimilables.
— Avaric : Tout simplement le renvoi de ces populations, jusqu’à ce qu’il n’en reste chez nous qu’une proportion tolérable. L’invasion actuelle n’est pas supportable. L’Europe doit rester aux Européens.

L’Europe

— Vous parlez souvent de l’identité européenne ? La patrie française est devenue insuffisante ?
— Avaric : Pas du tout. Je considère pour ma part que j’ai trois patries : une patrie charnelle qui est le Berry, une patrie en tant que nation, la France, et une patrie civilisationnelle, l’Europe. Si les identitaires parlent beaucoup de l’Europe, c’est tout simplement parce que nos frères de continent connaissent les mêmes problèmes que nous et partagent avec nous un socle culturel, historique, commun.
— Le Kosovo est en majorité peuplé de musulmans. Fait-il partie de l’Europe ?
— Avaric : Le Kosovo est serbe, quelles que soient les populations qui s’y trouvent. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi cette région est majoritairement musulmane, vous qui me parliez d’exactions juste avant ? Parce que les Serbes qui y vivent - vivaient - en sont chassés ou y sont reclus dans des enclaves où ils peinent à survivre. C’est inexorablement à cela que mène une invasion musulmane, doublée d’une décision inique des puissants de ce monde d’accorder son indépendance au Kosovo.
— J’ai l’impression que vous en avez beaucoup après les musulmans ?
— Avaric : Je suis hostile à l’Islam, oui.
— Et aux musulmans ?
— Avaric : Pas aux musulmans qui vivent en terre d’Islam.
— L’Europe telle que vous la voyez, c’est une Europe de « race blanche », et chrétienne ?
— Avaric : Ecoutez, tout le monde s’entend à dire que le continent africain est le continent noir ; tout le monde s’entend à dire que le Maghreb est de culture islamique ; c’est sans ambiguité que je vous réponds : oui, l’Europe est le continent blanc, de tradition chrétienne.
— Les USA, les considérez-vous comme des adversaires, ou comme des ennemis ?
— Avaric : L’impérialisme américain est évidemment nuisible à l’Europe, et la volonté des dirigeants (ne les confondons pas avec le peuple américain) de fragiliser l’Europe est claire. Un exemple : le fait que le président américain actuel soutienne l’adhésion de la Turquie à l’UE. Un autre exemple : le soutien décisif des USA à l’indépendance du Kosovo.
— Pourtant, les USA sont un ensemble d’états « blancs », de tradition chrétienne ? Quelle différence alors ?
— Avaric : Le fait est qu’il existe une rivalité entre les USA et l’Europe. La couleur et la religion n’y changent rien même si, de ces points de vue là, les peuples européens ne sont forcément pas ennemis du peuple américain, lointain cousin.
— Vous semblez faire une différence entre le peuple et ses dirigeants. Voulez-vous dire que dans votre pensée politique, le capitalisme mondialisé est aussi un ennemi à vaincre. Quelles sont dès lors vos options économiques ? J’avais cru comprendre que vous étiez plutôt favorable au libéralisme.
— Avaric : Bien évidemment, le capitalisme mondialisé et apatride est un ennemi, et un ennemi dangereux. On l’a vu récemment avec l’affaire des clandestins en grève (un comble) : le patronat peu scrupuleux est clairement immigrophile, cela sert ses intérêts financiers, cela dessert la patrie. Et les peuples.
— Votre position à l’égard des juifs ? C’était un reproche qu’on leur adressait souvent, d’être « apatrides » ? Et j’en profite pour vous demander votre position par rapport au conflit israelo-palestinien.
— Avaric : Je pense qu’on sacralise trop les juifs et leur défense. Je pense que cela leur nuit à eux en premier lieu, on a fait progressivement du mot « juif » un synonyme de « victime » qui n’est pas sain. Bien sûr, ils ont connu la Shoah. Ne revenons pas sur ce sujet. Mais ce drame n’excuse pas la repentance perpétuelle. Nous autres, identitaires, ne sommes pas ethnomasochistes, et cela concerne aussi la pression que certains mettent avec la triste histoire du peuple juif.
— Quand vous dites que vous n’êtes pas ethnomasochistes, vous voulez dire que l’Europe et l’allemagne n’ont pas à revenir toujours sur cette histoire par devoir de mémoire, parce que cela nourrit un sentiment de culpabilité ?
— Avaric : Effectivement, les pays européens n’ont plus à revenir sur un quelconque passé qui pourrait apparaître comme "sombre" aux amateurs de courbettes. La fierté est un moteur, pas la repentance.
— Et les millions de victimes ? On les passe par pertes et profits ?
— Avaric : Vous croyez que c’est à grands coups de commémorations, que c’est en se battant sans cesse la coulpe, qu’on va les faire revenir ou éviter que d’autres ne les suivent un jour ? Un peu de lucidité ne fait pas de mal : nous devons refuser toute forme de repentance.
Pour ce qui est du conflit israelo-palestinien, je n’en connais pas assez les différentes caractéristiques pour me permettre de donner un avis à ce sujet. Partant d’une neutralité que je qualifierais d’identitaire, je pense légitime que ces deux peuples puissent vivre en paix sur une terre qui soit la leur. Mon seul souhait est que ce conflit ne s’exporte pas en Europe.

Solidarité ?

— L’aspect "Solidarité" ne semble pas très développé chez les identitaires du Berry
— Avaric : Nous collons, nous tenons notre blog, en effet. S’ajoutent à cela des actions ponctuelles selon l’actualité locale (tractage, sensibilisation des médias sur divers sujets, etc.). En quoi l’aspect "solidarité" ne vous semble-t-il pas développé ?
— Je ne vous ai pas vu organiser de soupe au cochon par exemple.
— Avaric : C’est une action qui n’est pas aisée à mettre en place. Cela demande des moyens financiers que nous n’avons pas (encore) et qui doit d’inscrire dans la durée. Nous ne pouvons pas actuellement nous permettre une telle action mais j’espère que cela viendra oui !
— Un malheureux musulman n’a pas le droit d’être secouru ? Il peut crever ?
— Avaric : Les soupes identitaires ne sont fermées à personne. Si un individu nécessiteux se permet de refuser un repas en raison de convictions religieuses, cela le regarde. Le porc est une viande peu coûteuse et dont l’utilisation est bien ancrée dans nos moeurs, aucune raison donc de ne pas la servir. Par ailleurs, la sourate 2 verset 173 du coran nous dit ceci : « Certes, Il vous a interdit la chair d’une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué, un autre qu’Allah. Il n’y a pas de péché pour sur celui qui est contraint sans toutefois abuser ni transgresser, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »
Tout le monde peut venir à la soupe identitaire.

— Voilà que vous citez le Coran. À qui ferez-vous croire que vous n’êtes pas politicien ? ...




commentaires
« Identitaires » en Berry - 16 juin 2008 à 12:51

je ne comprend pas votre derniere réflexion le rapport avec l’islam et la politique ?
vous etes agressif comme d’habitude lol.


#13267
« Identitaires » en Berry - Aude - 16 juin 2008 à 11:23

Bonjour Bombix,

Je ne sais trop quoi dire après avoir lu cet article. J’hésite entre "mais vous êtes fou d’avoir été rencontrer une telle personne !" et "je vous tire mon chapeau, il fallait avoir le courage de le faire". Je vais donc faire un condensé : ça va pas non ? mais bravo quand même.

En attendant, j’ose espérer qu’il se sont sociabilisés pendant les campagnes électorales car j’en garde des souvenirs plein de contusions. Non seulement leurs idées étaient et sont toujours dangereuses mais en plus leur comportement était violent.


#13265
« Identitaires » en Berry - anthony lelay - 16 juin 2008 à  22:53

bonjour a vous , merci pour cet interview , cela renforce encore plus mes convictions que les Jeunesses Identitaires sont fréquentables et le procès fais contre eux n’a pas de raisons d’avoir lieu !
ils ont des actions sincères et pleines de volontés et cela est une bonne chose des leurs avoir laissé la paroles !
 !

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