Servir ou se servir ?
Alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter pour le citoyen lambda,
Serge Lepeltier s’emploie activement à améliorer son propre pouvoir d’achat : privé de sa charge de Sénateur (et des émoluments afférents) par Rémi Pointereau en 2005, Lepeltier met les bouchées doubles pour trouver d’autres fromages rémunérateurs. On ne sait pas s’il va travailler plus ... Mais gagner plus, certainement !
Déjà confortablement rétribué pour ses fonctions de Maire de Bourges, de membre du Conseil Général de la Banque de France, de Contrôleur Général au Ministère de l’Economie et des Finances, et de 1er Vice-Président de Bourges Plus, not’ bon maire vient de se faire bombarder Président de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.
Un tel amoncellement de responsabilités laisse perplexe. Les journées ne faisant que 24 heures, comment donc Serge Lepeltier s’y prend-il pour assumer autant d’activités ?
On peut certes supposer que ses fonctions auprès de la Banque de France et du Ministère de l’Economie et des Finances, bien que lucratives, ne sont pas trop prenantes.
On peut aussi essayer d’admettre qu’après avoir adoubé Alain Tanton à la présidence de Bourges Plus, il se repose largement sur celui-ci. Même si l’on peine à croire que le vrai chef de l’Agglo ne soit pas Sa Majesté en personne.
Mais peut-on sérieusement croire qu’être Maire d’une ville de 73000 habitants n’est pas a full time job ? Où trouvera-t-il alors le temps pour présider l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, dont le siège est à Orléans ?
Orléans qui est aussi le siège de la Région Centre, instance où le beau Serge a fait récemment part de son intention de briguer un siège ... et pourquoi pas la Présidence ?
Cette pratique dévorante de cumul des mandats et des fonctions pose donc plusieurs problèmes :
— Un problème d’efficacité : on ne peut pas être partout à la fois et faire correctement plusieurs tâches qui exigent chacune une disponibilité à temps plein.
— Un problème éthique de cumul des salaires et rémunérations, prélevés par ailleurs pour la plupart sur la manne publique : le politique est-il devenu un homme d’affaires comme un autre ? Sert-il, où se sert-il ?
— Un problème politique puisque désormais un grand nombre de charges politiques, de responsabilités liées à la maîtrise de la puissance publique ou au contrôle des administrations semblent l’apanage exclusif d’un tout petit nombre « d’experts », nouvelle « aristocratie » auto-proclamée, véritable caste séparée du peuple qui pense et agit à sa place.
Il est vrai que les berruyers pourraient estimer qu’un Maire multi-cartes, c’est l’assurance que le premier magistrat de la ville est à même de tisser un réseau relationnel profitable à la capitale du Cher. Lepeltier a usé et abusé de cet argument pendant la campagne électorale. Le fiasco du TGV a montré ce qu’il valait.
Au bout du compte on peut supposer que Lepeltier, qui a laissé dormir sa ville durant ses deux premiers mandats, a tout bonnement l’intention de ne pas troubler sa quiétude somnolente plusieurs années encore. À quelques seconds couteaux, il confiera la gestion des affaires courantes. Pendant ce temps, d’autres missions, lucratives cela va sans dire, l’appelleront encore et toujours. Mais ailleurs. La « vocation » de not’bon Maire s’éclaire alors sous son vrai jour : mettre à profit sa position « en vue » dans le club très fermé des décideurs politiques pour cumuler fonctions et charges et gagner ainsi le plus de fric possible.
C’est une motivation comme une autre... Et certains élus — dont Serge Lepeltier — ont beaucoup à gagner à ce petit jeu.
Mais Bourges, et accessoirement la démocratie, ont tout à y perdre.