POINT DE VUE

Rhinocérite

mercredi 30 juillet 2008 à 09:06, par epujsv

"... et nous avons utilisé des menottes, ce qui est tout à fait normal pour calmer certains jeunes"

Rhinocérite

Le samedi 5 juillet 2008, des lycéens qui fêtaient leur bac sur le parvis de la Cathédrale ont été violentés par les forces de l’ordre qui mirent fin aux festivités manu militari. La Nouvelle République relayait dans 2 articles les évènements puis dans le second article (je ne connais pas les dates, ni l’ordre de parutions de ces 2 articles puisqu’il n’y a pas de dates mentionnées dans la version électronique de la NR). Le Berry Républicain du dimanche 6 juillet.
y consacrait également un entrefilet.

A la lecture de ces trois articles, on comprend que les journalistes n’ont pas assisté à la scène, mais qu’ils relatent le témoignage responsable des jeunes gens et la version de la police pour qui « il s’agit juste d’une dispersion classique de rassemblement » (Berry Républicain) et qu’il est tout à fait normal, pour le directeur de la direction départementale de la sécurité publique du Cher, de menotter pour calmer certains jeunes (Nouvelle République) en fête. Le fait que les journalistes n’étaient pas sur place peut, peut-être, excuser la confusion qui règne dans les trois articles : on ne comprend pas très bien comment ça s’est passé précisément. Mais en cumulant des informations détaillées de chacun, il est tout à fait possible de se plonger dans cette soirée inoubliable.

200 à 300 lycéens font la fête en centre ville parce qu’ils ont obtenu le bac, un beau soir d’été, sur le parvis de la Cathédrale, à l’air libre.... oup’s... non, pardon, pas complètement libre, la police (au nombre de 30 agents selon le 2e article de la NR) est déjà là, stationnée, pas loin. Elle surveille, doublement, puisqu’elle observe, filme, par le biais des caméras...Une liberté surveillée quoi. Un peu avant 1h du matin, la police leur demande d’arrêter leur fête, (sur plainte éventuelle d’un riverain, pour bruit, selon le 2e article de la NR ) donc en langage des autorités de se « disperser ». Seulement, la jeunesse a envie de prolonger les réjouissances. Est-ce interdit ? Fait-elle du mal ? Fait-elle du tort à qui que ce soit ? Entrave t-elle la liberté d’autrui ? Non.

A 2 heures du matin, la police décide que la fête est bel et bien terminée (elle a des ordres : de qui ? De quelle police s’agit-il exactement ? Municipales ? Nationale ? Bac ? Les 3 ? ) et opère au renvoie des lycéens, par étape visiblement : du Parvis, au haut de la Rampe Marceau, en passant par la Maison de la Culture, place Seraucourt. Pour les chasser, elle emploie la violence puisqu’il y a atteinte à l’intégrité physique et morale des jeunes personnes : chien policier, matraques, interpellations dites, soit naïvement soit avec euphémisme « assez musclées » par un jeune bachelier (le Berry Républicain), menottes, gaz lacrymogène (ce que la police dément), menaces verbales pour photos de portable et arrestations.

La façon dont ont été refoulées ces jeunes personnes absolument inoffensives , est inacceptable (gaz lacrymogène ou non, d’ores et déjà les Droits de l’Homme et du Citoyen ont été bafoués) ; ils ont été traités comme des animaux qu’on rabat, matraqués derrière les jambes, plaqués au mur (ce n’est pas dans les articles mais je me suis renseignée) pour être menottés. Les policiers ont dépassé leurs droits, utilisé leurs pouvoirs de force qui n’avait aucunement lieu d’être : ils ne se défendaient de rien, ne défendaient pas la population, il y avait seulement de jeunes personnes qui fêtaient leur bac, sur une place publique, autonomes, joyeux.

Ivresse pour certains, bouteilles cassées à terre, ou bruit, puisque c’est la fête, n’ont nullement à entraîner des méthodes de repression de la part de la police. Quant aux injures à la police, dans ces circonstances elles se comprennent très bien, et à 18 ans, lycéen, on n’est pas forcément entraîné aux techniques de conservation de son sang froid devant la police qui impressionne, agresse, dans un pays démocratique. Il faut avoir déjà une certaine culture de la violence de l’Etat par les forces policières pour savoir se mettre dans une position de passivité face aux forces de l’ordre. Et il faut l’attendre ou la présumer. Or, là, c’est inattendu. Il s’agissait d’une fête. Il faut souligner que dans 2 articles, les jeunes témoins insistent bien sur le fait que tous les policiers ne se sont pas comportés de la même façon.

M’avancerais-je en supposant que certains policiers connaissent leur travail et respectent le code de la déontologie policière, savent faire la différence entre désordre public, et fiesta, et d’autres voient des criminels partout, surtout, où il n’y en a pas ? Que certains savent qu’il ne faut surtout pas mélanger prévention et répression ? En tous cas, certains policiers ont dérapé, ont utilisé la violence. Et je trouve regrettable que les 2 rédactions locales n’aient jamais employé les mots associés dans leurs titres, leur contenu, non pour être accrocheurs, mais pour dire la vérité : c’est de la violence policière, du dérapage policier. La violence ne laisse pas forcément de traces physiques quand elle est bien dosée.... et elle n’est pas forcément que physique. Cela dit, le Berry Republicain ne mâche pas ses mots dans son titre. La NR quant à elle a tendance a faire passer dans ses titres les policiers pour le marchand de sable.

Depuis le 6 juillet où j’ai découvert l’article du Berry Républicain, je consulte régulièrement les blogs, sites de nos politiciens locaux de gauche. Rien. Absolument rien sur ce moment de peur, de souffrance, de déstabilisation psychologique de ces jeunes que la République doit protéger. Les élus de gauche ne mouftent pas sur une police qui s’est conduite envers de tous jeunes adultes pacifiques comme envers une manifestation violente, des émeutes, des criminels... Il y a eu violence policière à l’encontre des jeunes et tout le monde politique local se tait , personne ne s’indigne, ne dénonce, ne fait un communiqué, aucun ne demande une enquête. Or, la police n’avait pas à toucher à un seul cheveu des lycéens. Rien ne justifie de telles humiliations.

Un seul site politique s’est exprimé sur cette soirée, au hasard, Bourges infos.com des 9 et 16 juillet 2008, numéro 16 et 17 dans la rubrique "Sport, Loisirs, Culture " : " Fin de semaine difficile à Bourges en centre-ville avec les traditionnelles fêtes qui terminent les examens du Bac et les résultats. La fête est toujours présente, mais les monômes* de nos parents sont désormais transformés en beuverie moderne à base d’alcool fort. Les dégradations sont souvent au rendez-vous comme ce fut le cas l’an dernier à pareille époque. Cette année la police a fait son travail et la fête qui rassemblait 300 jeunes place Etienne Dolet s’est bien terminée à 1 heure du matin."

Ce petit texte - placé dans une rubrique pour le moins surprenante - émanant de la majorité municipale est gravissime, nauséabond. Non seulement il ne raconte pas comment ça s’est passé, mais il fait courir la rumeur que les jeunes se détruisent et détruisent. Il cherche à justifier les actes inadmissibles de la police ce soir là, en ne les mentionnant pas.

L’indifférence des élus de gauche municipaux, départementaux, régionaux à l’égard de ces jeunes administrés est de la complaisance, de l’acceptation de ce qui s’est déroulé. Une République qui tape, menotte et embarque sa jeunesse en java est une République en putréfaction. La commune de Bourges sent le rance. Elle ne dénonce pas la violence exercée sur ces jeunes et à partir de là laisse la porte ouverte à la banalisation de la violence policière à Bourges (et ailleurs) et à toutes les dérives.

Pourquoi est-ce que j’attends particulièrement une dénonciation et une demande de procédure en justice de la gauche locale ? Pour être claire, parce que personnellement, je n’ai jamais rien attendu de la droite, de par sa culture, son idéologie, en ce qui concerne la repression policière. Par contre, la gauche est par définition progressiste (Certes, dans bien d’autres villes, dans tout le pays, j’ai malheureusement constaté que des politiciens de gauche avaient exactement les mêmes idées représsives que la droite). De plus, nous sommes sous un gouvernement de droite qui a recours de plus en plus à l’intervention, à la violence policière pour son sacro-saint "ordre" et utilise le mot "rassemblement" à tout bout de champs, pour générer une peur irrationnelle dans la population de personnes en groupe... et nous sommes sous une majorité municipale à la botte du gouvernement. Donc, même si ce qui est arrivé à ces lycéens me choque (le mot est faible) il ne me surprend pas. Par contre, une partie de la gauche locale (PC) , militante, élue - dont j’ai lu la dénonciation, à juste de titre, de violences policières à l’égard de militants lors d’une manifestation pour les sans-papiers et une seconde indignation lors d’une dispersion d’un piquet de grève sans violence aucune - me laisse perplexe de par son silence sur ce qui vient d’arriver à ces jeunes citoyens. L’autre gauche (PS, qui, au passage, s’était déjà tue sur les interventions policières évoquées) me plonge également dans la plus grande consternation. Je finis par me demander si elles ne sont pas d’accord avec les actes répréhensibles de la police, ce samedi 5 juillet, envers les lycéens.

Relire Rhinocéros de Ionesco pour ceux qui ont des problèmes de mémoire. Ce n’est pas que de la littérature.

N.B : à l’heure où je rédige cet article, pas plus que les politiques, la presse locale ne semble avoir cru bon de poursuivre sur ce "dossier".

N.B 2 : le texte introductif à cet article est un morceau choisi de la déclaration du directeur départemental de la sécurité publique faite à la Nouvelle République. Comme il est fort probable que les archives de la NR ne soient plus accessibles dans un "certain temps", je retranscris dans son intégralité la déclaration du commissaire : " Jean-Paul Biziaux, rappelle que depuis quelques mois, pour « éviter certaines mauvaises expériences du Printemps de Bourges », la police met en place un dispositif de surveillance à chaque rassemblement. « Nous ne nous cachons pas, précise-t-il, nous allons au contact et lorsqu’il le faut, nous soustrayons ceux qui font des ennuis ou qui sont dans des états d’alcoolémie avancée. Samedi soir, au moment où on impose aux bars de fermer, nous avons demandé aux jeunes de se disperser ; certains n’ont pas apprécié et nous avons utilisé parfois des menottes, ce qui est tout à fait normal, pour calmer certains jeunes. A ma connaissance, les gaz lacrymogènes n’ont pas été utilisés. Je persiste, je signe et j’assume. »

Commentaire : en France, l’usage des menottes est régi entre autres par l’article 803 du code de procédure pénale. Ce texte limite l’usage des menottes aux seuls cas d’une possible dangerosité de l’individu à son encontre ou envers son entourage, et en cas de risque de fuite (source : Wikipédia)

* définition de monôme à l’attention des gens vivants : cortège formé d’une file d’étudiants se tenant pas les épaules, qui se promènent sur la voie publique. (Robert)

commentaires
Rhinocérite - Eulalie - 27 août 2008 à 11:47

Extrait d’un entretien avec le philosophe Mathieu Potte-Bonneville, dans le livre La France Invisible, chapitre "Sous contrôle" :

"Le régime démocratique tient-il encore ses promesses de respect des libertés individuelles et des droits de chacun, à partir du moment où certains citoyens ont peur de la police ?

On pourrait se dire : si la démocratie, c’est le fait pour un peuple de n’être sujet que de lui-m^me, alors, la peur de la police témoigne toujours d’une dérive, où, l’exercice du pouvoir déborde les principes qui le fondent. Il est dommage, d’autre part, que la gauche française jette un peu vite, avec l’eau du bain libéral, ce principe du libéralisme politique selon lequel l’Etat a une fonction de protection des libertés individuelles plutôt que d’intidimidation. Traîne toujours, entre les "sauvageons" de Chevènement et les "militaires-éducateurs" de Ségolène Royal, cette idée ("républicaine" si l’on veut) qu’une certaine dose de peur est indispensable pour nous apprendre à réprimer nos égoïsmes, pour nous conduire en citoyens. Or, ce mythe d’une police fondée sur la peur, pour rappeler les individus à leur citoyenneté, empêche de comprendre la manière dont, aujourd’hui, on fait usage de la peur pour introduire une divisions entre les citoyens. Harceler une partie de la population, c’est faire en sorte que cette partie de la population se désigne elle-m^me comme dangereuse, par ses protestations ou ses fuites devant la police. On se dit " S’enfuiraient-ils s’ils n’avaient rien à se reprocher ?" Cela accrédite l’idée qu’il y a deux catégories de citoyens : face aux honnêtes gens, des classes dangereuses, effrayantes et appeurée, qui ont peur et font peur. Cela s’appelle bel et bien un déni de citoyenneté. Cela indique surtout qu’en occultant la question des moyens et des usages de la police, les discours de principe sur l’’autorité font fausse route. Se contenter d’appeler à plus (ou moins) de présence policière ne fait aucun sens : la seule question c’est : quelle police ? "

La France invisible


#13854
Rhinocérite - Eulalie - 18 août 2008 à 13:12

J’ai retrouvé dans la version papier du Berry Republicain du mercredi 9 juillet 2008 un courrier de lecteur également indigné par cette soirée.
Bon, je ne me permets pas de le recopier, la personne ayant adressé son courriel au Berry. Par contre, cette personne pose la question pertinente en fin de texte : " Il existe à Bourges désormais installés à grands frais, des caméras, pour "protéger les citoyens" . Certaines d’entre elles équipent les sites incriminés, aux alentours de la Maison de la Culture notamment. Elles ont donc filmé les scènes vécues ce soir là. Les vidéos enregistrées pourraient-elles être présentées à la presse ? Chiche ? "

Evidemment, ça m’a traversé l’esprit aussi...(et c’est même resté ) et à d’autres personnes je suppose aussi. Bon, j’ai regardé la règle affichée sur le site de la municipalité concernant le temps de conservation des bandes : 15 jours. Donc à priori, les bandes sont effacées....

D’autre part, tout le monde n’a pas le droit de regarder ces bandes : seuls les agents de surveillance, et je ne sais pas "qui" et le comité d’éthique ??? Après tout, c’est bien dans ses attributions que de vérifier que les citoyens sont respectés dans leur liberté ?


#13838
Rhinocérite - Boup - 11 août 2008 à 00:27

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#13824
Rhinocérite - Benniz - 6 août 2008 à 19:19

Vous dites "Un peu avant 1h du matin, la police leur demande d’arrêter leur fête, (sur plainte éventuelle d’un riverain, pour bruit, selon le 2e article de la NR ) donc en langage des autorités de se « disperser ». Seulement, la jeunesse a envie de prolonger les réjouissances. Est-ce interdit ? Fait-elle du mal ? Fait-elle du tort à qui que ce soit ? Entrave t-elle la liberté d’autrui ? Non.", bien sûr ce n’est pas méchant et ça mérite pas les menottes. Je n’étais pas là certes, mais on peut imaginer à 1h du matin que y a peut être des riverains qui souhaitent dormir ce n’est qu’une hypothèse on ne le saura peut être jamais, mais il y a des lois sur le tapage nocturne qui existe depuis bien avant le diable Sarko (que je ne ’aime pas) donc après je pense qu’à 2h00 du matin si font du bruit, les jeunes peuvent faire du bruit, je suis étudiant et des soirées assez bruyantes ont en fait faut pas se le cacher et ça gène les voisins également donc la police aurait dû peut être avoir plus de tacte car sont plutôt "sauvage" et parlent souvent comme si on est des chiens mais le fait d’arrêter une fête à deux heure du matin en pleine air peut être à côté de riverains (tjs une hypothèse, je n’y étais pas) ce qui peut être du tapage nocturne et ça c’est dans la loi depuis bien longtemps donc dire que c’est interdit ... faut voir et peut être avoir un peu plus de bon sens et ne pas s’offusquer des libertés sans peser le pour et le contre pour moi.

Cordialement,

Benniz.


#13810
Rhinocérite - 6 août 2008 à  22:53

terminer une fête à 1h ou 2h du mat quand on a 17 ou 18 ans, c’est comme se coucher à l’heure des poules.

#13812 | Répond au message #13810
Rhinocérite - 7 août 2008 à  11:54

non, mais on croit rêver…faire la fête ça veut dire quoi au juste à présent ? oui c’est super de fêter son bac, parce que ça veut dire quoi avoir son bac de nos jours ? juste que l’on peut poursuivre ses études ailleurs, partir de chez ses parents, être plus autonome et donc responsable. Mais faire la fête est-ce nier aussi l’existence des riverains, qui, sans être des monstres, ont simplement envie de dormir passé 1 ou 2h du matin ? dans ces riverains, certains travaillent de bonne heure. Faire la fête est-ce nier le reste de la société qui elle n’en a rien à faire que Machin ait eu son bac ? avoir 17-18 ans ne donne pas le droit d’enquiquiner le monde, avoir 17-18 ans, c’est aussi avoir des responsabilités, c’est aussi réfléchir un minimum que dans une société normalement établie, on respecte les autres (ceux qui ont envie de dormir). Le problème n’est pas de savoir si à 1h ou 2h du mat la fête est finie. le problème, c’est la manière dont on vous le montre. Le problème, c’est un comportement trop musclé par rapport à la situation. Mais on ne peut en vouloir aux riverains de se plaindre, non.

#13814 | Répond au message #13812
Rhinocérite - Jean-Michel Pinon - 7 août 2008 à  13:16

non, mais on croit rêver…faire la fête ça veut dire quoi au juste à présent ? oui c’est super de fêter son bac, parce que ça veut dire quoi avoir son bac de nos jours ? juste que l’on peut poursuivre ses études ailleurs, partir de chez ses parents, être plus autonome et donc responsable. Mais faire la fête est-ce nier aussi l’existence des riverains, qui, sans être des monstres, ont simplement envie de dormir passé 1 ou 2h du matin ? dans ces riverains, certains travaillent de bonne heure. Faire la fête est-ce nier le reste de la société qui elle n’en a rien à faire que Machin ait eu son bac ? avoir 17-18 ans ne donne pas le droit d’enquiquiner le monde, avoir 17-18 ans, c’est aussi avoir des responsabilités, c’est aussi réfléchir un minimum que dans une société normalement établie, on respecte les autres (ceux qui ont envie de dormir). Le problème n’est pas de savoir si à 1h ou 2h du mat la fête est finie. le problème, c’est la manière dont on vous le montre. Le problème, c’est un comportement trop musclé par rapport à la situation. Mais on ne peut en vouloir aux riverains de se plaindre, non.

Quand c’est la mairie ou le Printemps de Bourges, on demande aux riverains d’être compréhensif. Quand ce sont des lycéens qui font la fête une fois dans l’année au moment du bac, cela fait scandale et cela justifie l’intervention policière musclée qui demande aux lycéen d’aller au lit à 1h du mat’. Habiter en centre ville est un privilège, surtout à Bourges où les prix sont assez élevés. Que ceux qui se plaignent aillent habiter dans les quartiers nord (beaucoup plus calme et à mon avis très agréables à vivre contrairement aux délires sécuritaires de ceux qui n’y ont jamais mis les pieds) ou qu’ils se trouve un petit coin sympa en campagne. Une ville doit vivre à toute heure. Ce n’est pas une maison de retraite ni une ville-dortoir.

#13815 | Répond au message #13814
Rhinocérite - Cyrano - 7 août 2008 à  15:25

Excuses les amis, mais on ne sait pas grand chose d’une éventuelle doléance des riverains pour une assemblée bruyante squattant le parvis de notre cathédrale. A mon humble avis, ça ne vaut pas le coup de s’intéresser à ça. La seule mention qu’on trouve dans la presse, c’est relaté par la Nouvelle République du dimanche 6 juillet 2008 : « Mais voilà, à 1 h du matin, des voisins auraient appelé le commissariat pour se plaindre du bruit ». Et c’est au conditionnel... (« auraient... »). Et y’a qu’a aller s’asseoir sur ce satané parvis, mater les alentours, pour voir que les riverains, y’en a pas beaucoup. Et je ne suis pas sûr que, dans le coin, ça se lève tôt le matin pour aller à l’usine (ou alors, pour aller voir si le personnel marne avec motivation).

Plainte ou pas, de toute façon, peu importe : la police était déjà là : « Dès le début de la soirée, les policiers étaient là, raconte une lycéenne. C’est normal, ils surveillaient que tout se passe bien. » » (Berry Républicain) Une remarque toute bête : la ville de Bourges ne dispose pas de 30 fonctionnaires de police la nuit. On avait donc, pour l’occasion, réquisitionné du personnel policier - le dispersement était donc programmé si il se prolongeait outre-mesure (sans attendre la plainte éventuelle d’un riverain). Outre-mesure, c’est à dire.. une heure du mat’ (l’été... 23 heures, heure solaire...).

Encore une remarque toute bête : il se passe une heure entre la première demande de dispersion et le moment où les policiers décident de clôturer l’affaire : « Un peu avant une heure du matin, ils nous ont dit de nous disperser. Mais nous avions envie de rester. » (Berry Républicain) « Vers 2 h, il restait encore beaucoup de jeunes sur le parvis » (Nouvelle République ) «  Vers deux heures, ils ont décidé de nous pousser du parvis » (Berry Républicain). Une heure... C’est long, une heure, dans ces conditions... On ne peut pas vraiment dire que la police est arrivée sur les lycéennes et lycéens par surprise. Certes, on peut discuter de la décision de dispersion prise par les autorités, mais on doit reconnaître que la police s’est montrée patiente pour exécuter les ordres. Et de chaque coté on avait largement eu le temps de s’énerver et monter en pression – et pour quelques certains-certaines de s’imbiber un peu plus – et pour quelques certaines-certains de rager contre ces jeunes qui les avaient privés d’une soirée de repos.

L’intervention policière ensuite semble se dérouler sans qu’on puisse trouver à y redire (sauf un scoop pour le moment inexistant). Y’a pas à sortir le calepin de la déontologie. Abstraitement, ça peut choquer, mais ça ne peut choquer que les personnes naïves. Il ne suffit pas de dire : « Eh, d’jeune ! il serait souhaitable que vous vous dispersiez. » aux quelques uns qui ont eu toute la soirée pour s’agacer.

Peut-être, si on tenait vraiment à clôturer la fête à deux du mat’, suffisait-il au Maire de venir dire lui-même : – « bon, allez, hop ! on dit que c’est fini.. ». Mais hélas, passé 23h-minuit le maire ne sort plus (peur des agressions), il ne sort même pas ses poubelles. Alors, deux heures du mat’ vous pensez...

#13816 | Répond au message #13815
Rhinocérite - Eulalie - 17 août 2008 à  13:09

" abstraitement ça peut choquer, et ça ne peut choquer que les personnes naïves"

C’est à mon sens assez court comme argumentation que de taxer les personnes choquées par ce qui est relaté dans la presse et ce que j’ai appris en sus, (mais Ok, je ne peux pas le prouver) de naïves.

D’autre part, en d’autres circonstances, j’ai déjà vu des interventions policières musclées, et c’est choquant. Donc, ça n’a aucune abstraction pour moi. En d’autres circonstances, j’ai déjà vu des interventions policières non musclées, parce que justement ils faisaient bien leur travail, alors que l’ambiance était très tendue : mais justement, la police n’a pas envenimé, car ce n’est pas son rôle. Donc, je me mets à la place de ces jeunes et je comprends qu’ils aient été choqués et c’est bien pour ça que certains sont allés témoignés à la presse et pas à la police....(la presse est donc aux yeux de ces jeunes plus sécurisante que la police : n’y a t-il pas un problème là ??? Ils ne sont pas retournés vers leurs agresseurs, tout simplement )

Je ne sais pas quel intérêt vous avez à défendre la police pour cette soirée, ça vous regarde. (j’ai même cru à un moment que vous étiez policier), mais SVP, ne venez pas dire que ces jeunes ont témoigné pour rien, pour une pécadille. Si pour vous ce n’est pas suffisamment violent pour qu’on appelle ça de la violence, c’est que vous êtes plus habitués, à plus violent. ( et quelque part, je le "comprends" , car les médias sont bourrés de violence, et peut-être avez-vous des expériences personnelles de spectacle encore plus dur).

Je ne suis pas naïve, Cyrano, pas gogo, pas ingénue, pas niaise, etc.... Je souhaite seulement pour la jeunesse qu’elle continue à considérer que la police n’est pas là uniquement pour être violente en des circonstances qui ne le demandent pas. Ce qui s’est passé ce soir là, n’était pas ordinaire, absolument pas, et quand bien même les policiers en avaient marre de faire les gardes-fête une heure de plus, c’est de leur travail que de garder leur sang-froid, leur calme. (qu’ils soient municipaux, nationaux, etc.... )

D’autre part, la déontologie policière ne peut pas se miniminiser à un " calepin", comme vous dites. C’est essentiel, dans une démocratie. C’est un Code.

Bon, et là je sors un peu du sujet, mais n’avez-vous pas remarqué que cette année, à Bourges, il y a une inhabituelle (pour Bourges) présence, intervention policière pour toute manifestation qu’elle soit sociale, ou festive. Et dans le quotidien, je ne sais pas, je me promène guère dans Bourges, qui me devient de plus en plus hostile.

Alors, si je me suis permise de revenir à Rhinocéros, de faire référence à cette oeuvre, ce n’est pas pour rien. Je ne veux nullement dire que nous sommes tous des fachos, mais attention, un climat étrange règne dans ce pays, à moins que l’on ferme les yeux, et je ne dis pas que c’est le nazisme qui monte, mais l’uniforme.... l’uniforme policier et l’uniforme de la pensée. Bon, mais je ne suis qu’Eulalie, et je ne prétends pas être plus que je suis, une citoyenne ordinaire, mais je regarde Monsieur Cyrano, ce qu’il m’est possible de voir.
Et là, j’ai vu quelque chose d’inacceptable (une de plus) dans cette soirée parce que la presse l’a relayé, sinon, je n’en saurais rien. Et de ces choses là aussi, je crois qu’il faut en parler. Et de mon point de vue, cette anti-jeunesse, n’est pas anodine, et n’est pas que le fait, d’une bourgeoisie qui habite le CV. Cette soirée, n’a rien avoir avec la lutte des classes, c’est de l’anti-jeunes qu’on fait passer pour ce qu’ils ne sont pas, ils sont caricaturés......

#13831 | Répond au message #13816
Rhinocérite - Archie - 5 août 2008 à 17:06

Bonjour,

Je viens de lire votre article (pas récent) sur "La fabuleuse histoire de l’Agitateur".
Il était prémonitoire de ce qui se passe aujourd’hui à Bourges et partout en France :
la restriction grandissantes de nos libertés et le "flicage" qui l’accompagne.

Certains se réjouissent que "l’ordre" soit maintenu parce que tout dérange
ces esprits inférieurs qui ne voit pas plus loin que leur précieuse petite personne.

Le règne de la peur fait qu’une majorité qui devrait protester se tait : quels avantages y trouve-t-elle,
sinon d’éviter de se faire remarquer par " l’ Autorité".
La majorité silencieuse fait une erreur de taille : nous sommes déjà tous fichés d’une manière ou d’une autre.

Nous sommes en train de devenir un peuple d’esclave soumis à la volonté du "Prince".


#13799
Rhinocérite - Eulalie - 2 août 2008 à 22:37

Un article interessant de Backchich info sur la CNDS (Comission Nationale de Déontologie de la Sécurité ) : "Violences policières, circulez y’a rien à voir"


#13790
Rhinocérite - Eulalie - 3 août 2008 à  00:01

Encore faudrait-il que je précise ce qu’est le CNDS ( rôle consultatif)

#13791 | Répond au message #13790
Rhinocérite - 1er août 2008 à 14:38

Quelle bonne dose de rigolade ! "Droits de l’Homme et du Citoyen bafoués", "malheureux jeunes moralement et physiquement agressés" ... ! On a peine à croire que tout ceci a pu être écrit sérieusement. Une pauvre bande de jeunes cons bruyants, alcoolisés à outrance et sans nul doute drogués. Il suffit de passer par le parvis de la cathédrale un soir de week-end pour voir la gueule décadente de cette jeunesse "opprimée". Bravo aux policiers qui sont rentrés dans le tas comme il faudrait le faire tellement plus souvent. J’espère que des gaz lacrymogènes ont été utilisés !


#13770
Rhinocérite - Mister K - 1er août 2008 à  18:04

On a peine à croire que tout ceci a pu être écrit sérieusement. Une pauvre bande de jeunes cons bruyants, alcoolisés à outrance et sans nul doute drogués. Il suffit de passer par le parvis de la cathédrale un soir de week-end pour voir la gueule décadente de cette jeunesse "opprimée"

C’est beau de voir autant de clichés concentrés en deux phrases. Vous ne devez pas beaucoup sortir de chez vous...
Sinon, j’espère que le prochain flic qui vous croisera lorsque vous ferez une petite infraction à la loi vous foutera un petit coup de matraque dans la gueule histoire de vous remettre sur le droit chemin. C’est vrai, après tout, dans la France de 2008, ça devrait être admis les méthodes fortes. Et il faut toujours appliquer à soit même ce que l’on veut appliquer aux autres. Vive le (F)rance !

#13774 | Répond au message #13770
Rhinocérite - EVE - 30 juillet 2008 à 18:55

je suis plutot du coté du faible et de l’opprimé, mais là, parler de démocratie et justifier l’anarchie, faut tout de même être gonflé !
faire la fête ok, prendre une murge au point de ne plus savoir ce que l’on fait, c’est pitoyable !
on aura au moins évité des comas éthyliques à nos chères têtes blondes qui, normalement, passent le bac à 17 ans !


#13743
Rhinocérite - Eulalie - 30 juillet 2008 à  20:12

Visiblement vous ne savez pas ce qu’est l’anarchie. L’anarchie est organisée. Mais là n’est pas le sujet.

"prendre une murge au point de ne plus savoir ce que l’on fait, c’est pitoyable ! " : qui a dit ça ? ou avez vu lu ça ? nulle part il n’est dit que ces jeunes ne savaient pas ce qu’ils faisaient.

Et aller, rajoutez-en, avec le coma éthylique, bien sûr, c’est systématique que les jeunes se prennent des comas éthyliques quand ils boivent, c’est bien connu. ! Et je vous ferai remarquer que tout le monde n’était pas pété dans cette fête. C’est la police qui insiste beaucoup sur ce sujet pour justifier ses exactions à l’égard de certains lycéens. (le site de bourges info.com également). Quand bien même des gens sont saouls, la police n’a pas le droit de les traiter ainsi. Ce n’est pas un crime. Je crois qu’au yeux de la loi, c’est un délit d’être en état d’ivresse sur la voie publique. Mais un délit d’ivresse sur la voie publique (comme tout délit d’ailleurs) n’est à ma connaissance pas sanctionnable par des méthodes de répression.

Article 9 du titre 1 du code de déontologie de la police nationale :
Art. 9. - Lorsqu’il est autorisé par la loi à utiliser la force et, en particulier, à se servir de ses armes, le fonctionnaire de police ne peut en faire qu’un usage strictement nécessaire et proportionné au but à atteindre.

La police est-elle autorisée par la loi d’utiliser la force et en particulier à se servir de ses armes pour "disperser" une grosse fête de jeunes ? si oui, c’est que nous sommes dans une dictature.

Mais je ne pense pas que la police soit autorisée à ça, car nous sommes dans une démocratie. Et ce sont aussi les élus qui en sont les garants.

#13746 | Répond au message #13743
Rhinocérite - Benniz - 6 août 2008 à  19:33

"La police est-elle autorisée par la loi d’utiliser la force et en particulier à se servir de ses armes pour "disperser" une grosse fête de jeunes ? si oui, c’est que nous sommes dans une dictature.

Mais je ne pense pas que la police soit autorisée à ça, car nous sommes dans une démocratie. Et ce sont aussi les élus qui en sont les garants."

ça manque de réflexion je trouve, vous dites vous même dans l’article que la police a demandé aux jeunes d’arrêter à 1h du matin, or à 2h la police a agit, de plus, fête en pleine air sur un parvis si j’ai bien compris ça me laisse présager des habitations pas loin et donc il peut y avoir tapage nocturne et c’est une infraction et si les jeunes n’ont pas obtempérer avant, à un moment il faut bien agir non ? On va pas être tout sourire jusqu’à "7h00" du matin qu’ils veulent bien finir, c’est comme la location d’une salle des fêtes d’une mairie, j’en ai vu qui utilise un système qui coupe le courant si le son est trop fort pour ne pas déranger les voisins qui habitent là pour éviter le tapage nocturne, réviser les lois, il y a des lois conne, mais celle là existe depuis bien longtemps et un peu de réflexion avant de dire que ce que vous dites ci-dessus. "Mais je ne pense pas que la police soit autorisée à ça, car nous sommes dans une démocratie. Et ce sont aussi les élus qui en sont les garants.", laissez moi rire, la police peut utiliser la force si il y a refus d’obtempérer et c’est normal, bien sûr faut utiliser la manière douce avant (à priori ils ont demandé aux jeunes d’arrêter à 1h d’après votre article) ils n’ont pas voulu arrêter bah ils ont été sanctionné c’est ça aussi la démocratie, la démocratie ne veut pas dire je fais tout ce que j’ai envie et "j’emmerde" les autres et ceux qui habitent autours et je fais du bruit, cf loi sur le tapage nocturne, à partir de 22h je crois c’est du tapage nocturne alors à 2h00 du matin c’est quoi ? Bref, je n’y étais pas, ça se trouve autour de la place c’était un champ mais j’en doute, donc il n’y pas de quoi faire une polémique sur les droits de l’homme bafoué ici, et les SDF ? les droits de l’homme pour eux vous en faites quoi ? Nos pauvres jeunes dont je fais parti n’auront pas une soirée jusqu’à 4h du mat c’est dur là vie, et les clichés sur les jeunes et l’alcool c’est vrai, je vais en soirée étudiantes et j’en passe et je peux vous dire que les jeunes qui se mettent "une race" y en a des tonnes avec l’alcool qui coulent à flot bref y a des clichés dans l’autre sens surtout (les jeunes ne boivent pas, très drôle celle là vu ce qu’on peut voir dans le monde étudiant ;) ). Sans rancune mais un peu de réflexion par pitié !

Cordialement,

Benniz

#13811 | Répond au message #13746
Rhinocérite - 6 août 2008 à  22:56

Quand il y a le printemps de Bourges, la fête foraine, les foires expo, etc... on ne parle pas de tapage nocture. Une fête à 1h du mat, et alors il faut sauver les pauvres riverains qui ne peuvent pas dormir. Quand on habite en centre ville, il faut assumer les avantages et les inconvénients (dont ceux d’une ville bruyante la nuit), sinon, on, c’est une ville morte.

#13813 | Répond au message #13811
Rhinocérite - criTique - 30 juillet 2008 à 10:43

Quand je lis ces lignes dans votre article j’ai tout compris de votre facon de penser : "Ivresse pour certains, bouteilles cassées à terre, ou bruit, puisque c’est la fête, n’ont nullement à entraîner des méthodes de repression de la part de la police. Quant aux injures à la police, dans ces circonstances elles se comprennent très bien"
D’après vous on peut tout faire quand c est la fete ? On peut tout casser, faire du bruit autant qu’on veux, l’épicier du coin peut vendre de l’alcool aux mineurs, on peut fumer des joints et en vendre, on peut saccager ce qui nous plait, et si on est bien lancé on peut meme insulter ces connards de flics après tout ils sont payés pour ca !
Vous avez une drole de conception de la fete et du civisme Monsieur.
Dites moi où vous habitez que je vienne faire mes fetes près de chez vous, puisque bien sur vous n’aurez pas l’audace d’appeler la police, ou peut etre en fin de fete qu’on puisse se marrer en leur deversant un flot d’injures, c’est tellement rigolo !


#13740
Rhinocérite - Eulalie - 30 juillet 2008 à  13:37

CriTique,

les mots "ivresse" et "bouteilles cassées à terre" entrainent dans votre langage les mots "saccage" et "tout casser". Soit vous êtes là pour faire de la propagande, soit vous ne comprenez rien et n’avez jamais fait la fête : des bouteilles tombent, se renversent parce qu’on ne fait pas attention, parce qu’on danse, parce qu’on s’amuse, et ce ne sont que des bouteilles. Et oui, quand on est saoul on ne fait pas toujours attention à ce qu’on fait, et même si on est pas saoul d’ailleurs. Perso, j’aimerais bien voir une fête de flics. Ils boivent tous de la grenadine ? Des bouteilles ne tombent jamais ?

Je vous ferais remarquer que la presse ne dit nullement que ces bouteilles ont été cassées intentionnellement.

Et oui, une fête par définition ça fait du bruit, surtout à 200 ou 300 personnes.

Cela dit, je trouve regrettable et grave que vous veniez suggerer que ces jeunes ont "tout cassé" et "saccagé" Ce n’est nullement le cas (même la police ne le prétend pas).
Mais je trouve encore plus grave que vous soyiez plus sensible au verre cassé qu’à la violence exercée par des armes, à la puissance physique exercé sur autrui, à l’attachement des mains de personnes hors d’état de nuire.

Bon ensuite, je ne reviendrai pas sur le reste de votre post, vous divaguez, vous extrapolez, bref, c’est HS... Je préciserais seulement que quand on a son bac, on a 18 ans, donc on est majeur.

#13741 | Répond au message #13740
Rhinocérite - EVE - 30 juillet 2008 à  18:59

que je sache, aucun "jeune" n’a fait l’objet de poursuites ou d’hospitalisation, vos propos semblent tout de même outranciers au regard de la réalité.

#13744 | Répond au message #13741
Rhinocérite - Eulalie - 30 juillet 2008 à  19:17

Ah bon parce que selon vous il faut attendre d’avoir la tête cassée pour qu’on parle de violence ? Des petits coups de matraques derrière les jambes, des plaquages au mur, des menottes, des invectives verbales du type "tu les effaces ou je mets ton portable dans la fontaine" ne sont pas de la violence ? Qu’est ce que c’est alors selon vous Eve ? de l’education ? Sachez aussi que les policiers n’ont pas le droit de tutoyer dans l’exercice de leur fonction.

#13745 | Répond au message #13744
Rhinocérite - EVE - 30 juillet 2008 à  21:37

puisque vous parlez de "droit" : Croyez vous que le citoyen, jeune ou pas, ait le droit d’insulter les forces de l’ordre !

quand les flics veulent faire mal, croyez moi on le sent passer, là il ne s’est agit que d’intimidation, pas plus !

plaqué contre le mur, c’est pas grave, 3 flics sur le dos et le contrevenant plaqué au sol risque la mort par étouffement, vous voyez la différence ?

#13748 | Répond au message #13745
Rhinocérite - Eulalie - 31 juillet 2008 à  01:09

merci de votre intervention, Eve.

#13749 | Répond au message #13748
Rhinocérite : Tu t’es vue quand t’abuse ? - Cyrano - 31 juillet 2008 à  13:44

Je découvre votre billet, Eulalie... Vous nous aviez habitués à plus de discernement. Cette histoire de jeunes lycéens délogés du parvis de la cathédrale est vraiment un non-événement. Eve vous rappelle que il faut peut être garder raison et voir un peu les différences.

Réalisez-vous que ce qui est excessif devient vraiment insignifiant : vous dites que « les Droits de l’Homme et du Citoyen ont été bafoués », que les jeunes « ont été traités comme des animaux qu’on rabat », que ces pauvres jeunes auraient vécu un « moment de peur, de souffrance, de déstabilisation psychologique ». Et vous nous conseillez la lecture d’une pièce de théâtre sur la montée du nazisme...
M’enfin, dites ? c’est la chaleur, là, dans le Berry ? Vous n’aurez plus de mots alors lorsque les droits de l’homme seront vraiment piétinés, lorsque on aura des ratonnades ?
Dites, entre nous, z’avaient pas l’air d’avoir bien peur ni d’être déstabilisés ces jeunes, puisque ils refusaient de se disperser ?...

Et je vous conseillerai de quitter l’écran et de sortir un peu, voir le monde réel, vous informer... Vous vous scandalisez et ironisez sur l’expression "coma éthylique" employée par d’Eve : « c’est systématique que les jeunes se prennent des comas éthyliques quand ils boivent, c’est bien connu. ! » Justement, c’est bien connu ! Mais merde, excusez le mot, ça ne vous met pas en colère cette mode crétine pratiquée par de jeunes crétins-crétines de "je-bois-tant-que-je-peux-le-plus-vite-possible" ? Le professeur Choron aurait encore raison : on ne doit plus dire fils de cons, mais parents de cons.

Sur la police... vous vous demandez : " elle a des ordres : de qui ? De quelle police s’agit-il exactement ? Municipales ? Nationale ? Bac ? Les 3 ? » Vous ne semblez pas bien connaître les fonctions de police. Vous imaginez 30 policiers municipaux ?! Ils n’ont aucunement la formation pour ce genre de mission. Et sachez que la Bac n’est qu’une brigade parmi d’autres de la police nationale (les pédestres, les patrouilles en voiture sérigraphiées "police", les patrouilles-cyclo, les patrouilles-voiture banalisée). A mon avis, la nuit, la Bac c’est deux voitures au maximum, soit 6 ou 8 fonctionnaires de police (ce qui ne les empêche pas de faire du flagrant-délit).

Vous qualifiez de "responsable" le témoignage de jeunes gens ayant plus de 0,50 grammes d’alcool... soit, pourquoi pas... Je passe chaque jour rue Moyenne, ou presque... Eh bien, je n’ai jamais vu ce qu’affirme une jeune fille (dans la Nouvelle République) : « la police municipale nous contrôle sans arrêt, rue Moyenne ». Diantre ! ça devrait se remarquer ? Je n’ai jamais, jamais rien vu de tel. Et puis, je ne suis même pas sûr que la police municipale ait le droit de demander les documents d’identité à un individu quelconque (à vérifier ?).

Alors, keep cool, keep cool sur un non-évènement...

#13754 | Répond au message #13749
Rhinocérite : Tu t’es vue quand t’abuse ? - Eulalie - 31 juillet 2008 à  14:04

Rhinocéros est une pièce de théâtre sur la montée du totalitarisme en général. Il me semblait bien aussi vous avoir discerné... anonymement bien sûr.

#13755 | Répond au message #13754
Rhinocérite : Tu t’es vue quand t’abuse ? - Eulalie - 31 juillet 2008 à  14:36

Il y a autre chose que j’aimerais comprendre : comment se fait-il que pour un délogement de Parvis, les flics et des lycéens se soient retrouvés rampe Marceau ? C’est bien signe donc que les lycéens obtempéraient, qu’ils délogeaient de la Cathédrale ? qu’ils se dispersaient quoi ? qu’ils partaient... Vous allez me dire que les policiers les raccompagnaient chez eux au cas où il leur arrive quelque chose, n’est-ce pas ?

#13756 | Répond au message #13754
Bourges, ville de vieux. - Mister K - 31 juillet 2008 à  19:15

Cher Cyrano,

je viens de lire votre message et je ne suis pas vraiment d’accord avec vos propos, pas plus que je suis d’accord avec ceux de Eve. Et je comprend tout à fait l’indignation de Eulalie. Je m’explique.

Alors tout d’abord, je n’étais pas sur place, je ne prononcerai donc pas sur le fond, sur les détails de cette histoire. Mais je ne suis pas du tout d’accord pour dire que ce type de problème est un non évènement à Bourges. Je dirai même qu’il est symptomatique et inquiétant. Pourquoi ?

Je vais dire pas mal de banalités, mais elles valent d’être dites. Il faut resituer le contexte. Tout d’abord, on le sait, Bourges est une ville calme. A 19h00, quand les boutiques ferment, le nombre de badauds en centre-ville diminue de façon importante. Reste les restaurants ou les bars qui animent ***un peu*** le centre-ville, surtout l’été. Ces bars et ces restaurants sont certainement une source de nuisance pour les résidants du centre-ville. Ces résidants, quelque soit les quartiers du centre-ville, se plaignent régulièrement du bruit. Il y a eu plus d’une affaire de fermeture administrative d’établissements à Bourges pour cause de tapage nocturne. Comme la nuit commence à 19h00 pour les berruyers, la tolérance au-delà de 22h00 est quasi-impossible. 1h00 du matin dans ces conditions, c’est le fin fond de la nuit. Pour mémoire, à Paris, à 1h00 du matin les vendredi, samedi et veille de fête, il reste encore 1h00 pour prendre le métro (ok, on ne peut comparer l’incomparable, mais avoir des repères, ça peut être utile). On se retrouve donc avec un centre-ville quasi pris en otage par une population agée, qui confond le centre-ville de Bourges avec une maison de retraite ou un coin tranquille de campagne. Pourtant, ils ont choisi d’habiter en centre-ville, ils devraient en accepter les avantages (la proximité des commerces par exemple) mais aussi des inconvénients : le bruit, l’organisation de manifestation diverses et variées. Pourtant, ils ne le font pas. Et sont relayés en cela par les élus et la mairie qui leur donne raison systématiquement, et la plupart du temps contre le bon sens.

Alors c’est vrai, il y a un vrai clivage générationnel. Les plus anciens acceptent mal les débordements ***très épisodiques*** des plus jeunes. Dans un contexte où la tolérance existe de moins en moins, dans un contexte où la république Sarkozyste montre les muscles en permanence, les résidants du centre-ville attendent de la mairie qu’elle fasse régner l’ordre permanent. Ce qu’ils acceptaient il y a 15 ans, ils ne l’acceptent plus aujourd’hui. Et dans cet épisode de fête lycéenne, c’est exactement ce qui s’est passé. Il y avait eu des débordements l’an dernier, ces débordements ont été jugés intolérables par une partie de la population qui a été relayé par la mairie. On peut prendre en exemple M. Narboux qui précise bien que ***cette année***, la police a fait son travail. D’ailleurs, est-ce vraiment son travail que de faire cela ? Ce travail été réalisé à la demande de qui ? De la mairie et/ou de la préfecture vraisemblablement. Le problème, c’est que ces jeunes qui fêtent le bac, personne ne les représente, personne ne les défend. Si, Eulalie. Merci pour eux. Ils voulaient juste faire la fête. ***Quelques-un*** ont un peu trop picolé. Pas de quoi fouetter un chat...

Alors, ce calme obsessionnel, est-il utile à Bourges ? Sûrement pas. L’attractivité de Bourges pour un jeune est à peu près nulle. Et pour cause, la réputation de la ville, morte en dehors du Printemps de Bourges, en calme plus d’un. Dans ces conditions, faire venir des étudiants à Bourges, c’est un chemin de croix. Parce que même si M. Narboux s’en étonne, un étudiant, ça ne fait pas qu’étudier. Cela vie. Et cela fait beaucoup plus la fête qu’un français moyen. Du coup, je pense qu’avec ce "non évènement" on a dû en dissuader plus d’un de poursuivre ces études à Bourges. Réprimer une fête de bacheliers quand on veut augmenter le nombre d’étudiants , c’est quand même un peu balot. Alors, oui, on ne peut que conseiller aux nouveaux bacheliers berruyers et berrichons d’aller faire leurs études dans une véritable ville d’étudiants comme Tours ou Clermont-Ferrand et fuir l’atmosphère rance qui règne à Bourges. C’est avec beaucoup de regrets que j’écris ces lignes. Mais il faut savoir être honnête.

Alors, bien sûr, on va nous dire que les jeunes, c’était mieux avant. Ils boivent beaucoup, beaucoup trop. Et des alcools forts, circonstance aggravante. Mais depuis quand les français sont-ils sobres ? Ceux qui disent cela, ne leur est-il jamais arrivé de se prendre une cuite ? Est-ce que Bourges est un repère d’abstinents à l’alcool ?
Alors, je ne vais pas encourager les jeunes à picoler. Mais ce type d’abus, pour la plupart, arrive quelques fois dans l’année, lors de fêtes justement. Et si avant on se murgeait au rouge bien de chez nous ou à la bière, maintenant c’est plutôt à la vodka... mais ça change quoi ? On est bourré, point. J’aime beaucoup la notion de plus de 0.5g d’alcool dans le sang. II faut rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, on roulait avec 0,8g d’alcool dans le sang, sans que cela ne choque personne. Certains ont la mémoire courte...il ne se souviennent pas de ce qu’ils faisaient dans leur jeunesse. Mais eux, bien sûr, c’étaient des gens biens. Aujourd’hui, les jeunes, c’est bien sûr n’importe quoi ;-)

Donc, en conclusion, je comprend tout à fait l’émoi d’Eulalie. Quelque part, vous avez raison Cyrano, cette fête aurait dû être un non évènement. Mais cela n’a pas été le cas. Et c’est l’ensemble d’un ville vieillissante et de plus en plus intolérante comme l’ensemble de la société française qui a réprimé une fête d’une jeunesse qui est telle qu’elle est : jeune et insouciante. Alors, Bourges sera forcément à l’avenir plus une ville de retraités qu’une ville d’étudiants. C’est une ville qui va mourir à petit feu. Les seuls jeunes qui n’auront pas d’autres choix que de venir à Bourges seront les militaires...l’armée sera (malheureusement) la seule bouée de secours de cette ville.

#13757 | Répond au message #13754
Bourges, ville petit bras. - 31 juillet 2008 à  23:18

Bonjour,
L’analyse de Mr K est assez juste. Le problême de Bourges se trouve à mon humble avis dans l’hypercentre car il est peuplé par des espèces de conservateurs petits bourgeois à la noix et des commerçants agréables comme des portes de prisons. La fête c’est possible mais ça doit ressembler à la kermesse sinon la bonne société envoie les flics, d’ailleurs ces derniers patrouillent du soir au matin rue Moyenne et environs. Hormis le festival du printemps et la fête de la musique, il n’y a pas de quoi se marrer vraiment. Mais si il y avait nettement plus d’étudiants, Bourges sortirait malgré elle de sa léthargie, la manne estudiantine est un réel moteur du dynamisme et du festif. En cela ce n’est pas la réputation de Bourges qui est un obstacle pour attirer le frais bachelier mais plutôt le nombre de ces universités.
Béachel

#13762 | Répond au message #13757
Bourges, ville petit bras. - Mister K - 1er août 2008 à  08:19

Cher Béachel,

En cela ce n’est pas la réputation de Bourges qui est un obstacle pour attirer le frais bachelier mais plutôt le nombre de ces universités

je suis d’accord, évidemment, pour faire venir des étudiants, il faut des universités. Mais il ne faut surtout pas sous-estimer la réputation d’une ville. Pour faire venir des étudiants, des entreprises, il faut une ville jugée agréable mais aussi vivante. La réputation de Bourges, c’est que "c’est mort" en dehors du Printemps de Bourges. Cette réputation est ***en partie*** méritée. Et la répression de la moindre fête non agréée par la ville et ses habitants amplifie cette impression qu’il faut que rien ne bouge...

#13765 | Répond au message #13762
Bourges, ville petit bras - Cyrano - 1er août 2008 à  10:36

Ah ? Mister K, quoi ? on me contredit ?... « Qui vous rend si hardi de troubler mon breuvage ? » (J’emploie le "vous" déontologique pour complaire à Eulalie)

Vous prenez l’histoire sous un autre angle : je serais d’accord un p’tit peu avec vous, d’accord beaucoup avec moi (!), pratiquement pas d’accord avec l’indignation exacerbée de Eulalie. Oui, ok, à l’évidence, ce n’est pas tout à fait un non-événement : Eulalie abusait de l’indignation avec une naïveté confondante. Et je persiste mordicus à être d’accord avec Eve : les propos de Eulalie étaient totalement outranciers au regard de la réalité. Une protestation excessive devient insignifiante.

Eulalie glose sur le coma éthylique, et vous, Mister K : « Mais depuis quand les français sont-ils sobres ? Ceux qui disent cela, ne leur est-il jamais arrivé de se prendre une cuite ? » Bin, c’est que là, les jeunes lycéennes et lycéens ignorent cette magnifique tradition de la république française du pinard ou du p’tit jaune. Pour Eulalie, je vais préciser. Le jeu du "binge-drinking" (fête-saoulerie) vient d’outre-atlantique : atteindre l’ivresse très rapidement, en engloutissant moult verres d’alcool. Tant pis si on vomit : c’est marrant, c’est fun. Et c’est un jeu où les filles tiennent très bien leur place. Peut-être vous souvenez-vous des 5 jeunes filles arrivées totalement bourrées en classe (deux sont tombées en coma éthylique) ? En quelques années, l’hospitalisation des jeunes de 15 à 25 ans, pour cause d’alcool abusif, a augmenté de 50%.

Pour ce qui est de ce presque "non-événement" et du "symptôme" qu’il révèle... Mister K, vous m’embarrassez : je serais assez d’accord avec ce que vous dites de Bourges (je nuancerais sur le vieillissement, un peu dans le sens du message de Béachel : la bourgeoisie a pris le pouvoir en centre-ville, y’a pas photo). Les caméras sont installées pour la tranquillité de cette bourgeoise là (petite ou grande). L’année dernière, lors du conseil municipal de Juin (souvenez-vous, j’ai mis les interventions en ligne), lorsque ça parlait de l’installation des caméras, le seul, l’unique fait de délinquance qui fut rapporté c’est un fait de tapage nocturne, de rassemblement (alcoolisé) place Etienne Dolet (Irène Félix y fait allusion dans son intervention). A rajouter au dossier du symptôme (et les nuits-lumière... la bourgeoisie de l’an 2000 se pissant dessous à nous montrer la bourgeoisie du XVe siècle).

Jules Renard (qui est de mes amis) écrivait dans son Journal, le 26 juin 1905 :
« Lu quelques pages de Stendhal sur Bourges, Mémoires d’un touriste, tome 1. [...] Stendhal dit qu’à son arrivée à Bourges il se sentit étouffé par le sentiment de la petitesse bourgeoise. »

#13766 | Répond au message #13765
Bourges, ville petit bras - Eulalie - 1er août 2008 à  11:57

Cyrano, je n’aime pas la façon dont vous réorientez le sujet. Vous braquez sur le" coma éthylique des jeunes". D’un article sur une violence policière (non justifiée : et déjà ça me pose un gros souci que d’"admettre" que la violence policière puisse exister en certaines circonstances auxquelles nous sommes plus habitués dans notre monde de brutes, mais bref ce n’est pas le sujet de l’article) exercée sur des jeunes lycéens, et, effectivement les jeunes lycéens de "ma" ville, de la vôtre, vous voulez nous ramenez sur la consommation d’alcool chez les jeunes : passez nous directement la publicité bourrée de mensonges qui passe à la télé depuis cet été sur la consommation d’alcool chez les jeunes et , évitez vous des reférences culturelles qui font bien, vous serez plus efficace pour venir dire sur ce forum que ces "jeunes cons" (je vous cite) n’ont eu que ce qu’il méritait, qu’ils sont coupables.

Vous avez dit dans d’autres forums que vous étiez de LO. Si c’est vrai, je me demande alors où en est LO avec les jeunes. Et comme l’a si bien dit Mister K dans son intervention (qui pour moi est une bouffée d’oxygène dans ce forum) , le gros problème à Bourges, c’est que ces jeunes ne soient pas représentés. Et si Lo qui est élue au conseil municipal prétend représenter la base ainsi, la très jeune base, l’avenir, la vulnérabilité, l’insouciance, la liberté, je me fais largement du souci sur les orientations de LO concernant la jeunesse. Ca ne vaut pas mieux que la politique pour vieux cons qui est menée nationalement, et localement.

#13768 | Répond au message #13766
Bourges, ville petit bras - Eulalie - 1er août 2008 à  16:47

Ouais, je ne sais pas si vous êtes de LO en fait. J’ai bien des doutes.

Je maintiens que ces jeunes ont été agressé par la police (car je ne vois pourquoi ils seraient allés raconter des sornettes aux journaux) et que c’est une atteinte à leur intégrité physique et morale parce qu’il y a eu utilisation de matraque, de menottes, de menaces verbales, de tutuoiement policier. et qu’il y a donc atteinte aux Droits de l’homme et du citoyen. J’ai tendance à zapper le gaz lacrymo, mais je les crois. Et certains ont été arrêtés.

Il n’y aura certainement aucune suite donnée à cette soirée, aucune preuve. OK. Vous me qualifiez de naïve. C’est vrai, vous avez raison. En fait, plus je refléchis, plus je me demande si cette "anodine volente" délocalisation de jeunes n’était pas un petit entraînement.... Après tout, à Bourges, on a pas souvent l’occasion de se mettre en situation réelle.
C’est une ville bien calme.

#13772 | Répond au message #13766
Bourges, ville petit bras - Cyrano - 1er août 2008 à  19:05

Je n’ai pas le temps de répondre posément, Eulalie. En attendant, juste quelques petites remarques :

Je n’ai jamais dis que j’étais de Lutte Ouvrière. Il est vrai, qu’à tout prendre, c’est de cette organisation politique dont je me sens proche - je n’ai rien dis de plus. Si vous vous faites du souci pour cette organisation, le plus simple c’est de prendre contact avec eux.

Je n’utilise pas de références culturelles pour faire chic - de même, j’ose espérer que vous n’utilisez pas Ionesco pour faire bien ?

Je ne ré-oriente certes pas le sujet sur le "coma éthylique des jeunes". Comme vous aviez ironisé sur les messages d’Eve, il me semblait opportun de faire remarquer que vous ne pouviez pas rayer ses réponses d’un trait de plume ironique. Un rassemblement comme celui dont il est question n’est pas simplement de la fête joyeuse. Ce n’est pas la télé qui invente le binge-drinking. C’était donc, là, juste un apparté.

C’est tout pour le moment - je vois un message (non signé), daté d’aujourd’hui, 14:38. Mister K a répondu. Les illusions alimentent les préjugés, et vice versa. Ça abuse d’un coté comme de l’autre (même si, certes, les illusions sont toujours plus sympathiques que des préjugés et partent d’un meilleur sentiment).

PS : j’ai cité Jules Renard, certes... c’est pas une raison pour me citer : « dire sur ce forum que ces "jeunes cons" (je vous cite) » - et surtout pour m’inventer une citation imaginaire ! Pour faire bien ?

#13775 | Répond au message #13772
Bourges, ville petit bras - Eulalie - 1er août 2008 à  22:49

Qui a écrit en citant Choron " on ne doit plus dire fils de cons, mais parents de cons" ? Le Pâpe ?

Ecoutez Monsieur Cyrano, je n’ai pas besoin de votre morale pour me dire ce que je devais écrire ou non sur cette soirée.Le binge- drinking est certainement une référence de marque mais voyez vous, je me la mets là ou je pense en ce qui concerne cette soirée. Votre solidarité avec les propos de Eve sont touchants.

Si des personnes malintentionnées viennent prétendre tout et n’importe quoi sous cet article que vous trouvez exagéré c’est peut-être parce que j’ai dit violence policière et que je fais référence aux Droits de l’Homme. Une sale manie chez moi parfois. Ou alors la photo de la matraque les attire. Je sais pas, on dirait qu’ils aiment ça.

Cela dit, remarquez que cet article est dans "Point de vue", c’est le mien, et je le maintiens, il n’engage que moi. Alors quand vous viendrez me prouver que ces jeunes étaient ou risquaient le coma éthylique on appellera une ambulance plutôt que les flics, ce sera plus sur pour ces gens qui rentrent dans la majorité avec un beau cadeau local pour leur bac.
Il est bien loin le temps de nos parents où la république remettait aux bacheliers un dictionnaire ou une encyclopédie. ;-)

#13779 | Répond au message #13775
Bourges, ville petit bras - Eulalie - 2 août 2008 à  13:49

" cet article est dans "point de vue" et il n’engage que moi : " mais il n’y aurait pas l’Agitateur un peuBéranger du ciboulot , je me serais pétée la ruche en voyant des cornes partout ;-)

#13789 | Répond au message #13779
Bourges, ville petit bras - Eulalie - 2 août 2008 à  01:52

Cela dit Cyrano, si un jour vous avez le temps, j’aimerais bien savoir comment vous appellez ce que la police a fait à ses jeunes si ce n’est pas de la violence (et SVP pas avec la méthode à Eve qui consiste à présenter pire comme violence policière. ). Vous dites que je suis dans l’illusion et que ça nourrit les préjugés. J’aimerais savoir ce que vous appelez illusions. (Ou alors vous prétendez que ces jeunes qui ont témoigné à la presse locale ont eu des hallucinations ? ). Bon, mais ce que vous appelez "préjugés" c’est-à-dire le post qui dit en substance "bienfait à ces jeunes, et vive le gaz lacrymo" de 14h38 moi j’appelle ça une une grave réaction.

Et je n’ai pas fait cette article pour être sympathique. C’est parce que de mon point de vue (mais mon petit doigt me dit que je ne suis pas seule à Bourges et ailleurs à penser ça ) , il ne faut surtout pas laisser passer ces méthodes policières pour rien, pour une fête de jeunes gens. Et je crois que c’est du devoir des élus locaux de le faire si la police ne le fait pas elle même. (même ceux de droite évidemment, mais bon je compte pas sur eux, cela dit j’aimerais être agréablement surprise). Ce sont peut-être des illusions de ma part, OK, mais ça ne devrait pas l’être. Ce n’est quand même pas nourrir de l’idéalisme que de refuser que la police fasse comme ça avec des jeunes en foire. Ou alors c’est qu’on est tombé bien bas à Bourges et il semble bien que c’est là qu’on est.

#13783 | Répond au message #13775
Bourges, ville petit bras - Jean-Michel Pinon - 2 août 2008 à  01:59

Ou alors c’est qu’on est tombé bien bas à Bourges et il semble bien que c’est là qu’on est.

Cela ne fait même aucun doute...

#13784 | Répond au message #13783
Bourges, ville petit bras - 2 août 2008 à  09:20

et ailleurs ?
chateauroux, nevers, blois, montluçon, moulins ...

#13787 | Répond au message #13784
Bourges, ville petit bras - Mister K - 2 août 2008 à  10:42

et ailleurs ? chateauroux, nevers, blois, montluçon, moulins ...

Dire que ailleurs, c’est pareil ou pire n’est pas une consolation. C’est juste une bonne excuse pour continuer à baigner dans sa médiocrité...

#13788 | Répond au message #13787
Bourges, ville petit bras - Cyrano - 5 août 2008 à  08:57

« cet article est dans "Point de vue", c’est le mien ». Il ne m’avait pas échappé, Eulalie, que c’était votre "point de vue". Par contre, j’ignorais qu’il était du plus mauvais goût de discuter de ce point de vue – puisque toute remarque semble vous mettre dans tous vos états.

Vous rappelez que la police doit proportionner l’utilisation de la force en fonction du but à atteindre. Il faut aussi proportionner son courroux. Si vous criez sanns cesse "au loup !", votre alerte ne vaudra plus rien lorsque le loup sera effectivement là. Quelques lycéens bousculés début juillet à Bourges, d’une part ; ce qu’on entend actuellement sur la situation des personnes dites "sans-papier" dans les centres de rétention, d’autre part – ce n’est pas la même chose. Vos formules : les Droits de l’Homme et du Citoyen qui « ont été bafoués », des personnes traitées « comme des animaux qu’on rabat » s’appliqueraient mieux à ce que vivent ces pauvres diables dans leur vie quotidienne et là où on les parque. En utilisant à tout bout de champ certaines grandes expressions, en les appliquant de façon innapropriée, on ne les valorise pas - au contraire.

Et puisque on est, avec l’Agitateur, dans le seul lieu de discussion sur la vie locale, le moins qu’on puisse faire c’est d’accepter de discuter, ne pas prendre toute remarque comme un crime de lèse-majesté de son "point de vue" - comme si on vous cassait un joujou. Eulalie, un point de vue différent, une remarque, ce n’est pas, comme vous l’écrivez, une leçon de morale vous enjoignant ce que vous devez écrire ou ne pas écrire (ce ressenti là est d’ordre privé). C’est tout simplement un point de vue différent - que vous pouvez prendre la peine de lire ; et même - pourquoi pas – y répondre honnêtement et aimablement.

#13798 | Répond au message #13783
Bourges, ville petit bras - Eulalie - 5 août 2008 à  17:26

Je vous ai lu Cyrano, et je ne suis pas d’accord avec vous. La violence policière (puisque c’est d’elle dont il s’agit) ne commence pas au "niveau" de celle faite aux sans-papiers. Je précise le terme "commencer" : non dans le temps, mais dans le degré. "Etre" la force de l’ordre, dans le cadre de son travail demande je crois justement de la reflexion sur la violence, puisque ce sont les forces de l’ordre qui ont les armes, les méthodes, les outils pour faire violence qu’ils n’ont pas à utiliser avec systématisme justement parce qu’ils sont aussi les garants de la démocratie. C’est aussi du rôle des politiciens qui représentent l’Etat, armé de ces forces de l’ordre Bon, nous ne sommes pas d’accord sur ce qui s’est passé ce soir là, pour ma part, il ne s’agissait pas d’intimidation, ni de bousculade policière. Et ce n’est pas non plus le nombre de victimes qui fait la force de la violence (je dis ça parce que vous dites "quelques lycéens". Un seul aurait subi cette intervention violente et disproportionnée, il aurait toujours s’agit de violence)

Et je crois avoir accepté la discussion avec vous, ne pas avoir été dans le courroux, ni avoir manifesté qu’il était du plus mauvais gout de discuter de cet article (que je ne considère pas comme un joujou, et, au passage je vous "remercie" d’infantiliser l’article ;-)) Je ne crie pas sans cesse au loup, je dis que les politiques locaux sont mous et muets sur cette atteinte aux Droits de l’Homme et du citoyen par la violence. Mais, votre intervention, montre que cela reste à démontrer. Et c’est bien cela que je trouve dommage... pour ces jeunes gens dont "tout le monde se fout" et qui j’espère passent de très bonnes vacances. Je n’avais nulle intention de les représenter (ils ne m’ont pas élue ;-)) mais juste revenir sur cette soirée avec des termes il me semble appropriés. Et je remercie l’Agitateur d’avoir accepté l’article qui vaut ce qu’il vaut "intellectuellement". Cordialement Cyrano avec lequel je ne suis pas dutout d’accord, mais alors pas dutout.

#13801 | Répond au message #13798
Bourges, ville petit bras - Cyrano - 6 août 2008 à  11:39

Eulalie, je vous remercie de cette réponse plus calme. Vous déplorez, dans votre "Point de vue", que la presse régionale ne donne pas de suite à cette histoire de dispersion de début juillet. Et vous vous indignez à ne rien lire des politiciens locaux de gauche sur cette histoire. Vous consultez les blogs, les sites, les journaux : rien.

Il ne vous vient pas à l’idée que, là où voyez une atteinte aux droits de l’Homme, c’est peut-être tout simplement parce que il n’y a pratiquement rien, ou pas grand chose ? Si des faits de violence particulièrement choquants s’étaient déroulés ce soir là, croyez-vous que les lycéennes-lycéens ne le feraient pas plus savoir ? que les parents de ces jeunes personnes ne se manifesteraient pas ? que les journalistes locaux ne s’y intéresseraient pas un peu plus ? et que - nonobstant les absences vacances - les politiciens et –ciennes de gauche n’en profiteraient pas pour se fendre d’un communiqué – ou du moins, pour mettre un billet sur un blog ? Certes, y’a les vacances, mais les vacances sont Wi-fi maintenant. Yannick Bedin, écrit sur son blog : « Les billets sur ce blog vont s’espacer, mais je n’hésiterai pas à intervenir si l’actualité locale l’exige. » C’est daté du dimanche 6 juillet 2008 (justement, le 6...). Yannick est assez sensible et vigilant sur ce genre d’histoires là : il n’en parle pas. Il n’a pas jugé bon d’intervenir par la suite sur le sujet. Certes, je ne veux pas faire de Yannick l’aune mesurant la pertinence des sujets, mais, malgré tout...

« Je ne crie pas sans cesse au loup, je dis que les politiques locaux sont mous et muets sur cette atteinte aux Droits de l’Homme et du citoyen par la violence. » Bin voui... vous ne criez pas au loup, soit, mais vous criez à l’atteinte aux droits de l’Homme et du citoyen (ce n’est pas rien, ça ! et c’est crier au loup) pour quelques interpellations. Aucun lycéen n’a été arrêté, personne ne s’est retrouvé en comparution immédiate, personne n’a eu besoin d’être soigné pour un quelconque bobo. Quelques interpellations musclées de jeunes, selon la formule (si vous savez faire autrement, faut l’enseigner à la police), et pour solde de tout compte, 5 ou 6 jeunes en cellule de dégrisement. Bah...

Evidemment, Eulalie, puisque vous écrivez que la police s’est comportée envers les jeunes « comme envers une manifestation violente, des émeutes, des criminels. », alors, que dire devant une telle formule surréaliste ? Si c’est ce que vous appelez « juste revenir sur cette soirée avec des termes il me semble appropriés », les bras m’en tombent. J’aurais presque envie de dire que c’est pas sympa d’écrire ça pour ceux qui, dans des circonstances diverses, ont vraiment été réprimés violemment.

Quant à la pertinence du dispersement... quant au symptôme que ça peut révéler (Mister K)... ça, c’est une autre histoire.

#13809 | Répond au message #13801
Bourges, ville de vieux. - Archie - 5 août 2008 à  18:28

Mister K, bonjour,

Je suis totalement d’accord avec vous.
Sauf sur un point : Bourges est déjà une ville morte.

Je suis née à Bourges et j’ai quitté la ville il y a longtemps mais j’aimais cette ville.
J’y reviens à peu près régulièrement, ce qui me permet de constater ses changements.

Dans les années 50-60 c’était une ville très animée, surtout dans le centre.
En dehors de la Rue Moyenne, les petits commerces entretenaient une circulation constante de
piétons et de voitures.

Aujourd’hui tous ont été remplacés par des boutique de "fringues", des restaurants,de marchands de musique, de vendeurs d’immobilier
qui n’attirent pas le chaland tous les jours et à toute heure.
Ajouter à cela que les rue sont devenues piétonnes ou à sens unique : ce qui décourage ceux qui pourraient encore y venir.
Comme vous le faisiez remarquer, tout est fermé à 19h, et si dans la journée on ne rencontre pas grand monde, le soir après 19h
il n’y a plus un chat dehors.

La ville est morne, pas de fleurs pour égayer un tant soit peu les rue aux façades plutôt sombres et peu ensoleillées.
Les transports en commun ne sont compréhensibles que pour les habitués et les chauffeurs manquent d’amabilité
quand vous avez l’audace de leur demander un renseignement.
Dans les quartiers où vous rendez vous avez l’impression d’être épié avec suspicion. On se demande même si un éclat de rire
ne serait pas déplacé dans cette atmosphère.

Mon fils, qui n’a jamais vécu à Bourges, ne peut s’empêcher chaque fois qu’il m’accompagne de répéter que c’est
un"trou", un " bled paumé" comme il n’en a jamais vu, même au fin fond de la Lozère, où il n’y a rien faire.

L’atmosphère est plutôt triste et je suis peinée de voir que "ma" ville ait changée à ce point.
Mais j’espère que sont nombreux ceux qui voudraient y apporter de vrais changement pour la rendre plus accueillante.

#13804 | Répond au message #13757
Rhinocérite - Archie - 5 août 2008 à  17:17

Rien n’est grave n’est-ce pas tant que cela ne vous arrive pas à vous ?
Et puis insulter, frapper, interdire de manifester collectivement sa joie,
c’est bien dans les attributions de la police.Elle est là pour ça !

#13800 | Répond au message #13748