Un TGV en 2040 ?
Le projet de loi dit Grenelle de l’Environnement devait être examiné cet automne par l’Assemblée Nationale. Texte important qui statue sur la programmation ou non d’une ligne grande vitesse Paris-Lyon via Clermont-Ferrand et Bourges.
Voici le texte de l’amendement numéro 2062 présenté par le gouvernement, et adopté en première séance le jeudi 16 octobre 2008.
« III. – La poursuite du développement du réseau de lignes ferrées à grande vitesse aura pour objectifs d’améliorer les liaisons des capitales régionales avec la région parisienne, de permettre des liaisons rapides entre elles grâce à des lignes transversales et des lignes d’interconnexion en Ile-de-France, de favoriser l’intégration de la France dans l’espace européen grâce à la connexion du réseau de lignes à grande vitesse français avec les réseaux des pays limitrophes.
« Le transport ferroviaire régional, élément structurant pour les déplacements interrégionaux, interurbains et périurbains, contribuera à diffuser à l’effet de la grande vitesse au profit de l’ensemble du territoire.
« Parallèlement, la qualité de la desserte des agglomérations qui resteraient à l’écart du réseau à grande vitesse sera améliorée en termes de vitesse, de fiabilité et de confort. À cette fin, pourront notamment être prévus des aménagements portant sur les infrastructures existantes, ainsi que la construction de compléments d’infrastructures nouvelles, en particulier à la traversée des aires urbaines saturées. La desserte de la Normandie sera améliorée dans ce cadre. Le cas échéant, il pourra être recouru à des contrats de service public financés par un système de péréquation.
« L’État contribuera, à hauteur de seize milliards d’euros, au financement d’un programme d’investissements permettant de lancer la réalisation de deux mille kilomètres de lignes ferroviaires nouvelles à grande vitesse d’ici 2020.
« Ce programme de lignes à grande vitesse pourra porter sur :
« - la ligne sud-Europe-Atlantique constituée d’un tronçon central Tours-Bordeaux et des trois branches Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Hendaye et Poitiers-Limoges,
« - la ligne Bretagne-Pays-de-la-Loire,
« - l’arc méditerranéen avec le contournement de Nîmes et de Montpellier, la ligne Montpellier-Perpignan et la ligne Provence-Alpes-Côte d’Azur,
« - la desserte de l’est de la France, avec l’achèvement de la ligne Paris-Strasbourg et des trois branches de la ligne Rhin-Rhône,
« - l’interconnexion sud des lignes à grande vitesse en Ile-de-France.
« Il fera l’objet d’une concertation avec les collectivités territoriales, en particulier les régions, à engager avant fin 2009. Cette concertation portera sur les priorités, les alternatives à grande vitesse, les tracés et les clefs de financement des projets. Elle tiendra notamment compte de leurs impacts sur l’environnement, en particulier sur la biodiversité, et des priorités établies au niveau européen dans le cadre des réseaux transeuropéens.
« Un programme supplémentaire de deux mille cinq cent kilomètres sera en outre défini incluant la ligne Paris-Clermont-Ferrand-Lyon, dont les études sont déjà engagées en vue d’un débat public. Dans ce cadre sera mise à l’étude la ligne Paris-Amiens-Calais, ainsi qu’un barreau est-ouest.
« Par ailleurs, le projet Lyon-Turin fait l’objet d’un traité international. »
Rien de nouveau donc. Le TGV Paris-Clermont-Lyon est « à l’étude ». Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat n’a donné aucune date indicative. À la question posée par André Chassaigne : « Quand ? » Bussereau a répondu : « Un schéma de l’ensemble de ces projets emblématiques sera proposé dans quelques mois. »
Bref, au printemps nous avons attendu le mois de juin. Au mois de juin nous avons attendu l’automne. Et à l’automne, nous attendrons encore quelques mois.
Une chose est certaine. Comme le reconnaissait Philippe Bensac sur son blog, le TGV Paris-Lyon via Clermont ne sera pas programmé dans la première phase de la loi du Grenelle de l’environnement, en dépit d’un « puissant et efficace lobbying ». Pas de projet de TGV avant 2020. Et il est tout à fait raisonnable de remettre à 2035 voire à 2040 l’idée d’une ligne grande vitesse passant par Bourges. Si elle voit le jour. Voilà donc « le projet majeur » de la campagne Lepeltier à l’eau, comme l’Agitateur l’annonçait dès le printemps 2008.
Le même Bensac affirmait péremptoirement sur son blog :« Le Grenelle de l’environnement étalonnera, par conséquent, le pouvoir et le rayonnement des élus Berrichons de progrès en cette fin d’année 2008. »
Eh bien voilà qui est « étalonné ». Pour s’en convaincre, il suffit d’ailleurs de lirele compte-rendu de la séance à l’Assemblée Nationale :
— M. Yves Fromion : « Et il n’y a pas qu’Orléans : une autre ville la vaut bien, pour avoir été longtemps capitale de la France : Bourges... »(Sourires sur les bancs du groupe UMP.) (souligné par nous)
Ils se paient carrément sa tête, les petits copains de Fromion, députés de l’UMP à l’Assemblée.
Et la nôtre, accessoirement.
