SANTÉ

Quand la médecine parallèle devient perpendiculaire...

lundi 27 octobre 2008 à 09:16, par Charles-Henry Sadien

Les dérives sectaires ne se manifestent pas uniquement dans le domaine religieux. La médecine représente ainsi le terreau privilégié à des pratiques déviantes dangereuses. À Bourges, des spécialistes se sont réunis autour du Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM) afin d’évoquer le sujet et de sensibiliser un public venu relativement nombreux.

Quand la médecine parallèle devient perpendiculaire... Chacun est libre de ses croyances, aussi farfelues soient-elles. La résurrection du Christ dans la religion Catholique n’a probablement rien à envier à l’histoire des Raëliens à propos des petits bonshommes verts venus de l’espace. Là où cela coince, c’est lorsque ces croyances deviennent dangereuses pour un individu ou un groupe d’individus. On parle alors de dérives sectaires.

C’est ce qu’ont essayé d’expliquer longuement et précisément les intervenants de la conférence sur « les dérives sectaires dans le domaine de la santé », organisée dernièrement à Bourges par le Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM). Echaudés par les tentatives de banalisation des risques sectaires par le gouvernement et les médias, [1] Jean-Claude Dubois (Président Régional du CCMM), Henri-Pierre Dubord, conseiller de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), Maître Daniel Picotin, avocat à la Cour, le Docteur Régis Aubry, responsable des soins palliatifs du C.H.U. Besançon, et Jacques Miquel (Président national du CCMM), ont fait oeuvre de pédagogie.

Selon Henri-Pierre Debord, 3000 médecins seraient, en France, « influencés par le phénomène sectaire ». Environ 250 à 300 pratiques de soins seraient incertaines car insuffisamment fondées scientifiquement. Cependant, les intervenants de la conférence sont tous d’accord pour reconnaître la distinction entre des dérives thérapeutiques pouvant relever du “simple” charlatanisme et ce qui se rapporte à ce que les spécialistes nomment les “dérives sectaires”.

Il existe en effet une douzaine de critères d’appréciation du risque sectaire : la rupture avec l’environnement d’origine, la croissance des exigences financières, le trouble à l’ordre public (rupture avec les pratiques de soins allopathiques), la tentative d’infiltration des pouvoirs publics, le discours antisocial, les démêlés judiciaires et mesures disciplinaires prononcées par l’Ordre National des Médecins...

Le détournement des mécanismes économiques et financiers comme l’utilisation du droit de propriété intellectuelle avec la création de « marques déposées » pour protéger une pratique thérapeutique, fait partie également de ce faisceau d’indice permettant d’établir l’existence d’un risque sectaire. C’est le cas de la « Méthode du Docteur Hamer » qui part du principe que les maladies graves et incurables sont la conséquence de chocs psychologiques dont on ne peut guérir que par un suivi "psychogénéalogique". L’appellation “Germanique Nouvelle Médecine” (GNM) du Docteur Hamer est protégée : pour pratiquer cette méthode de soin, il faut beaucoup d’argent et l’aval du fameux docteur qui tisse ainsi un réseau mondial de “dérapeutes” [2] dont il tire des revenus substantiels.

Exploitation des failles et des fragilités

« Nous nous interdisons de juger de toutes croyances, l’important, ce sont les dérives », insistait plusieurs fois Jean-Claude Dubois, Président Régional du CCMM, se présentant comme laïque. Maitre Picotin insistait bien là-dessus, lui aussi, soulignant que « tout charlatan n’est pas un gourou ». Cependant, les dérives sectaires sont particulièrement dangereuses dans le domaine de la santé. Elles sont souvent plus pernicieuses car orchestrées par des médecins diplômés, ayant donc une certaine crédibilité auprès de leurs patients.

Le Docteur Aubry dans son récit, n’a cependant voulu stigmatiser ni les médecins, ni les patients. Pour lui la dérive thérapeutique prend corps dans la fragilité du malade et de son entourage familial, prêt à croire aux miracles pour garder un peu d’espoir. Mais elle trouve aussi sa source dans les limites de la médecine allopathique. Quand des années d’étude de la médecine et d’expériences pratiques ne peuvent venir à bout de terribles maladies, le médecin, qui sait alors qu’il ne sait rien, peut facilement basculer en eaux troubles, en orientant ses patients vers des processus thérapeutiques de dérives sectaires.

« Attention, la médecine a beaucoup à apprendre des médecines parallèles. Elle gagnerait à plus de modestie et à davantage d’écoute. Même si leur efficacité n’est pas toujours prouvée, les médecines parallèles peuvent donner de l’espoir. Il est scientifiquement établi aujourd’hui que la force morale et la volonté du patient jouent un rôle important dans la lutte contre la maladie. Mais il faut être extrêmement vigilant : les médecines parallèles sont parfois perpendiculaires lorsqu’elles excluent la médecine allopathique », a souligné le Docteur Aubry.

Le Cher n’est pas épargné par les "enfants dingos"

Un exemple de risque de dérive psychosectaire, ce sont les « faux souvenirs induits », pratiqués par certains thérapeutes douteux qui partent du postulat que tous les symptômes de leurs clients sont dus à un abus sexuel occulté. « Ce sont des dizaines de petits Outreau qui peuvent éclater en France », a averti Maître Picotin.

Dans le département du Cher, ce sont surtout les enfants “un peu dingos” qui sont la cible privilégiée des “dérapeutes”. Vous avez un enfant trop gâté souffrant de certains troubles du comportement tels que l’hyperactivité, l’autisme, la dyslexie ou qui est tout simplement en échec scolaire ? Alors, vous avez un enfant indigo, qui viendrait des étoiles pour sauver le monde, « méditer, faire des voyages interdimensionnels, léviter ou communiquer avec des êtres d’autres dimensions ». La dérive sectaire, ne se trouve pas dans cette croyance. Elle se manifeste par le fait que les théoriciens de cette croyance s’opposent au diagnostic des psychiatres et les empêche d’appliquer aux enfants un traitement approprié. On imagine les drames que cela peut induire sur des enfants schizophrènes par exemple. En Aquitaine, Maître Picotin a recensé treize thérapeutes d’enfants indigos. À Bourges et dans le Cher, le CCMM a pris en main des dossiers épineux...

[1Polémique sur les déclaration d’Emmanuelle Mignon, qui, alors qu’elle était encore directrice du cabinet de Nicolas Sarkozy, déclarait que les sectes étaient « un non-problème en France », tandis que les médias semblaient n’avoir lu que les quelques pages traitant du satanisme dans l’épais rapport annuel de la Miviludes.

[2Pour reprendre l’expression employée par Maître Picotin au cours de la conférence.

commentaires
UMP-Sectes : même combat ! - Jean-Michel Pinon - 17 septembre 2009 à 09:42

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009-extra2/20092002.asp#P245_44650

NO COMMENT ! Un bel exemple d’accrobate de la part de l’UMP pour ne pas répondre aux questions, provoquer une contre polémique et justifie sans le dire une mesure prise uniquement pour empêcher la dissolution de l’entreprise de scientologie qui a escroqué des dizaines de milliers de personnes.

Procès de la Scientologie

M. le président. La parole est à M. Philippe Vuilque, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Philippe Vuilque. Ma question s’adresse à Mme Alliot-Marie, garde des sceaux et ministre de la justice.

Notre assemblée a été victime en mai dernier d’une énorme bourde législative, aux conséquences désastreuses pour la lutte contre les dérives sectaires. Le président de la commission des lois, dans sa frénésie législative (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), nous a présenté une proposition de loi fourre-tout, dite « de simplification et de clarification du droit ». Une disposition de cette loi, votée sans débat le 12 mai dernier par votre majorité – le groupe socialiste, je le rappelle, s’est prononcé contre –, supprime en effet la peine de dissolution d’une personne morale pour escroquerie. Cette disposition était bien mal venue, au moment même ou le parquet de Paris requérait la dissolution de la scientologie pour escroquerie en bande organisée, dissolution qui va devenir impossible.

Plusieurs députés du groupe de l’Union pour un mouvement populaire. Vous n’avez rien vu et rien dit !

M. Jean-Claude Lenoir. Démago !

M. Philippe Vuilque. Quand on veut simplifier et clarifier le droit, on corrige la forme, mais sans toucher au fond. À plusieurs reprises, en commission des lois, nous nous sommes élevés contre cette façon de travailler dans la précipitation permanente.

Cette affaire scandalise et consterne tous ceux qui, toutes tendances politiques confondues, luttent contre les dérives sectaires, dont mes collègues membres du groupe d’études sur les sectes que j’ai l’honneur de présider.

M. Yves Nicolin. Récupération !

M. Philippe Vuilque. Je n’ose penser, madame la garde des sceaux, que la chancellerie, voire le Président de la République qui, en d’autres temps, recevait Tom Cruise, scientologue internationalement connu (Protestations sur les bancs du groupe UMP), cautionne cette disposition.

Ma question est simple : que comptez-vous faire pour remédier rapidement à une situation inacceptable et scandaleuse ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR.)

M. le président. La parole est à Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés.


Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés.
Monsieur le député, il est inexact de dire que l’Église de Scientologie…

M. Philippe Vuilque. Ce n’est pas une Église, madame !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État. …ne pourrait subir de sanctions du fait des accusations d’escroquerie qui pèsent sur elle.


M. Bernard Roman.
Il n’a pas dit cela !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État. Vous qui êtes un membre éminent, puisque vous en êtes secrétaire, de la commission des lois, laquelle a examiné la loi du 12 mai dernier,…

M. Jean-Luc Warsmann.
Par trois fois !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État.
…vous devez savoir, car je ne doute pas que vous ayez attentivement participé à ses travaux…


M. Jean-Claude Lenoir.
Il n’était pas là !

Mme Michèle Alliot-Marie, garde des sceaux. …– et je ne fais peser sur vous aucune des suspicions que vous évoquiez quelque peu légèrement pour d’autres –, vous devez savoir, donc, que si la loi du 12 mai dernier n’a pas repris ni mentionné la dissolution, les textes en vigueur permettent néanmoins de sanctionner de tels actes.


M. Bernard Roman et M. Michel Sapin.
Mais pas de dissoudre !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État. En effet, ils permettent de faire peser sur tout groupement ou association soupçonné d’escroquerie des sanctions qui vont d’une amende ou de la fermeture des locaux jusqu’à l’interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle ou sociale.

M. Philippe Vuilque. Ce n’est pas la dissolution !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État. Les juges du fond n’étant pas tenus par les réquisitions du parquet, ils pourront le cas échéant prononcer l’interdiction définitive d’exercice sur le territoire national à l’égard de la Scientologie.


M. Bernard Roman.
Cet argument est invraisemblable !

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d’État. Cela étant, je suis tout à fait prête, comme j’ai eu l’occasion de le dire, à discuter avec la commission des lois, rapidement si besoin est, d’une nouvelle formulation de la dissolution, en espérant que vous serez présent lors de ce débat. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes UMP et NC.)


#23817
UMP-Sectes : même combat ! - L’horloger de saint - S - 22 octobre 2009 à  23:25

je remarque deux points positifs et un point négatif. Je le citerai en dernier :

Premièrement, des réquisitions nécessaires sont peut-être dans des esprits, imposant bien sûr des textes de lois (essayer de dissoudre l’église catholique et apostolique romaine pour voir), Monsieur Roman va travailler très dur, mais des ébauches vont naitre, ... si ça a lieu !. dans cet esprit les conséquences sont "boule de neige". L’escroquerie est retenu. Nous savons tous que l’interprétation de l’homme est dangereuse et cela quand il n’est pas civilisé correctement (situation actuelle) ... (manuel de code civil, indispensable). Il y a des méchants, a l’attaque.

Quand aurons nous un outil "efficace", il existe, ...vraiment efficace contre les dérives de la manipulation.... belle utopie... il faudrait qu’il y est un dieu, un homme au dessus de tous, écouté et respecté. là pour l’instant on a Nicolas alors tout doux, ...

Le point positif est qu ’il faut faire la chasse au vilain abusateur(1) de richesse, ça ce passe pas trop mal... la pression est bien plus vicieuse que beaucoup ne peuvent l’entr apercevoir.

(1) une vilaine personne, plein de vices et de vertus refoulées qui abuse des faiblesses d’un plouc(s).

Deuxièmement, certains vont devoir revoir leur copie. c’est sur car la pression de nos chers fonctionnaires est présente. Alors pas d gaffe. ce que l’on détruit revient toujours en force dans ce petit monde de corruption. sagesse est de mise dans ce débat.

Pour le dernier point : un gros chantier que les dérives "sectaires" ( les détournements publics, privés, le vol, intimidation, pression sur le personnel, méchanceté, colère...et oui je dit vague), vous me direz ou est le point négatif ici face au débat. Et bien ce serai positif si ils se mettaient autour d’une table avec tout les gourous. Le point négatif est qu’ils ne se verront pas.

#24239 | Répond au message #23817
Que pensez des enfants "indigos" - 21 novembre 2008 à 13:31

Il existe certes des mouvements ou associations spirituels, Eglises qui dispensent des séances de psychothérapie et le font à dessein (inavouable) d’attirer et de conserver leurs adeptes (dépendance, outrageusement et d’une manière révoltante, contraire à la déontologie psychothérapeutique) : " ils ne savent pas ce qu’ils font " (Evangile).

Exemple des enfants "indigos" et la "secte Kryeon" (cataloguée comme telle dans le rapport parlementaire français n°2468 qui fournit une liste de sectes). "L’indifférence à la souffrance psychique des malades et de leur famille peut favoriser une forte perméabilité. "Les groupes sont protéiformes, ils s’adaptent à la demande", préviennent les spécialistes. Ainsi, Kryeon, un groupe qui cible des parents désarmés face au comportement de leurs enfants hyperactifs, surdoués ou violents. Dans la doctrine de la secte, ces "enfants indigo" sont appelés à gouverner le monde. Aux Etats-Unis, la sauce a pris." (Source)

"L’enfant indigo rapporte gros : il ne doit pas être éduqué comme les autres enfants puisque c’est lui qui est venu éduquer ses parents ! Ceux-ci doivent donc apprendre à le décrypter (50 euros la lecture d’un dessin d’enfant indigo), à se comporter correctement avec lui (quatre séances d’une heure et demie à 45 euros l’unité). Il leur est conseillé de le retirer des griffes des méchants professeurs (qui osent le réprimander), des psychologues et médecins classiques.

Il doit cesser de fréquenter les autres enfants, lesquels lui sont inférieurs, et être regroupé avec d’autres enfants indigo : mettez-le dans une communauté ad hoc, avec des thérapeutes qui vous feront un prix d’ami... Il ne manque en effet pas de spécialistes, d’êtres d’une élévation spirituelle bien plus haute que la vôtre, pauvre pomme, de thérapeutes auto-intitulés, de psychologues dévoués à leur prochain, de praticiens énergétiques », etc., tout prêts à mettre leur talent à votre service, et à s’occuper de votre enfant indigo."

Certains enfants ainsi marginalisés dérapent : "Et n’oubliez pas que si vous ratez son éducation, l’indigo peut devenir dingo : « Tous les jeunes enfants qui tuent leurs collègues ou leurs parents sont des enfants indigo (...) qu’on a interrompus quelque part dans leur mission », menace le sympathique Lee Caroll, histoire de culpabiliser efficacement les parents."
(Article du Canard Enchainé ).
Autre source : "L’enfant Indigo, la polémique !".


#14836
Syndrome des faux souvenirs induits » - 21 novembre 2008 à 13:10

et selon ce qu’en dit Maître Picotin "pratiqués par certains thérapeutes douteux qui partent du postulat que tous les symptômes de leurs clients sont dus à un abus sexuel occulté. « Ce sont des dizaines de petits Outreau qui peuvent éclater en France "

Voici l’analyse que j’en ait faite et qui a l’avantage de se baser sur ce qui se pratique réellement sur le terrain :

Extrait de la page "psychogénéalogie" de l’encyclopédie Wikipedia et qui est l’une de mes contributions :

"En psychothérapie, il est prioritaire que ce soit le patient qui découvre de lui-même un syndrome d’anniversaire, dans la mesure où il pourra faire émerger, au travers de ses ressentis, une vision de sa réalité qui lui permettra alors de quitter un scénario souffrant, dans lequel il n’était pas libre ; une des raisons serait qu’il aurait alors, par exemple, découvert qu’il répétait un comportement, guidé par une "loyauté familiale invisible" suivant le concept d’Anne Ancelin Schützenberger. Cette fidélité se rompt, la plupart du temps, quand elle devient consciente et donc visible, ce qui a des effets auto-libérateurs. Personne n’a certes le droit de mettre en doute ce que le patient aura découvert (notamment) comme syndrome d’anniversaire, et peu importe qu’il apparaisse, éventuellement, qu’une telle découverte ne repose pas sur des faits réels : seul compte leur valeur auto-thérapeutique et, ici, c’est le résultat positif qui compte. La psychogénéalogie n’a pas les mêmes finalités que la recherche scientifique, par exemple.

Le risque d’induction de syndrome des faux souvenirs en thérapies basées sur la psychogénéalogie a également été souligné. Il est toutefois le fait de thérapeutes sans doute inexpérimentés, ou ne respectant pas une déontologie élevée qui implique, entre autres, les contraintes incontournables d’une vraie relation d’aide (par nature neutre).

En psychothérapie digne de ce nom, ce qu’il faut privilégier de surcroît, c’est l’émergence et l’expression des ressentis des patients, en serrant de très près la manière dont ils perçoivent leur vécu, le psychothérapeute se gardant de toute interprétation personnelle. C’est ainsi qu’en aucun cas, le psychothérapeute ne peut s’octroyer le droit de douter, par exemple, de la véracité de souvenirs, même s’ils lui devaient apparaître faux ; le psychothérapeute est un facilitateur, ni censeur ni juge.

Qui peut d’ailleurs juger objectivement de la véracité d’un souvenir ? Le psychothérapeute travaille avec les croyances du patient et il se doit de les respecter, non de vouloir les faire changer, sauf si cela fait l’objet d’une demande claire du patient - dans le cas, par exemple, où le patient perçoit qu’une croyance déterminée est devenue plus nuisible qu’utile.

Il n’est donc pas approprié de lui faire changer la croyance qu’un tel souvenir est vrai (donc même s’il apparaissait que ce souvenir soit faux aux yeux du psychothérapeute, ce à quoi il ne peut évidemment arriver qu’au travers des ses propres filtres, de ses propres perceptions du réel, qui seront toujours subjectives) : la vérité absolue n’existe pas. La réalité du patient est le résultat de ce qu’il croit être, de ce qu’il croit vrai : ici encore, le symbolique ("comme si") rejoint le réel ("c’est") et, pour lui, peut même se confondre. Le psychothérapeute prend en compte cette réalité-là, qui est un mélange de symbolique et de réel, mais jamais celle que des éléments "objectifs" et extérieurs pourraient suggérer ; il ne s’agit pas de se comporter comme comme s’il s’agissait d’une science "exacte".

Mais dans le cas où le psychothérapeute induirait un faux souvenir, il outrepasserait alors sa fonction stricte de facilitateur vigilant et, en cela, il ne se comporterait plus comme un psychothérapeute digne de ce nom."

En savoir plus sur la psychogénéalogie


#14834
Syndrome des faux souvenirs induits » - Jean-Michel Pinon - 21 novembre 2008 à  13:23

Personne n’a certes le droit de mettre en doute ce que le patient aura découvert ( ...)

peu importe qu’il apparaisse, éventuellement, qu’une telle découverte ne repose pas sur des faits réels : seul compte leur valeur auto-thérapeutique et, ici, c’est le résultat positif qui compte.

Euh... c’est assez monstrueux votre texte. En gros, peu importe que le père d’un patient n’ait pas commis d’acte de pédophilie, du moment que la victime en est persuadé dans ses "souvenirs induits" car cela l’aide à se soigner !

Bref, cela ne fait que renforcer le fait que vos blablas de soit disant psychothérapeutes relèvent de la pure dérive de manipulation mentale. C’est grave et dangereux.

#14835 | Répond au message #14834