Capitalisme éthique ?

lundi 3 novembre 2008 à 05:09, par bombix
Capitalisme éthique ?
Joseph Mallord William Turner, l’Incendie du Parlement, 1834

« Ce que disent aujourd’hui les néo-libéraux, les économistes académiques eux-mêmes l’ont réfuté dans les années 30. Ils ont montré qu’il ne peut pas y avoir d’équilibre dans les sociétés capitalistes. Ces éco- nomistes n’étaient pas des révolutionnaires ni des marxistes. Tout cela a été démontré, et jamais réfuté. »

Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insi- gnifiance Entretien avec Daniel Mermet, Editions de l’Aube, 1998

Philippe Bensac le « libéral » entonne dans son dernier billet la chanson du « capitalisme éthique » ! Comme ils sont touchants aujourd’hui, tous ces politiciens de droite qui n’avaient de cesse hier, avant que la crise financière n’éclate, de nous vanter les vertus du marché et de la dérégulation pour « libérer » les forces productives, contre « l’oppression étatique » mère de tous les maux. Ainsi, il y aurait désormais un bon capitalisme – celui des entrepreneurs créateurs de richesses – et un mauvais, celui des spéculateurs et des tondeurs de coupons. On pourrait faire remarquer à ces braves « libéraux » combien il est dommage qu’ils n’aient pas fait cette distinction plus tôt. On n’a guère entendu Philippe Bensac faire le procès des patrons voyous, des banquiers irresponsables, des boursicoteurs et des traders fous avant ce mois d’octobre 2008. Qu’on examine la littérature à destination des militants de Démocratie Libérale ou des jeunes loups ultra-libéraux de l’UMP dont s’est nourri Bensac : on constatera que ce n’est pas précisément cet ennemi-là qui est visé ; bien plutôt la sociale-démocratie redistributive à la française, née après la seconde guerre mondiale, et assimilée outre-atlantique, là ou souffle l’esprit du libéralisme à l’anglo-saxonne (pas celui de Benjamin Constant, mais de F. von Hayek et deMilton Friedman) à une forme de socialisme soviétisant [1] !

On voit aujourd’hui où cette dérégulation et ce culte du marché roi – qui viennent de loin mais ont débuté pour de bon dans les années 80 — nous ont menés. C’est un grand incendie qui s’est allumé depuis la crise des subprimes de l’été dernier. Un marché non régulé est obligatoirement véreux. On pouvait le deviner. Mais la crise que nous vivons enseigne de plus qu’il est nécessairement voué à l’échec. Du chaos ne naît pas l’ordre, mais la catastrophe. Qui seront les victimes ? D’abord les plus pauvres, on s’en doute bien. Mais les classes moyennes risquent également de ne pas être épargnées. Alors, partout, on tente de nous faire croire que la crise est endiguée et que ses effets seront limités, grâce aux interventions des États. Mais c’est un mensonge de plus [2] , et de taille ! Car non seulement nul n’est en mesure de chiffrer les sommes colossales qui vont encore sombrer dans les abysses sous l’effet du maelström – mais, beaucoup plus important, c’est désormais la solvabilité des nations qui est en question. Là se trouve sans doute la différence majeure entre la crise actuelle et celle de 1929. Que les banques ne se fassent pas mutuellement confiance est classique en temps de crise. Mais, jusqu’alors, elles avaient coutume de se fier au « prêteur en dernier recours » qu’est l’Etat d’après la théorie classique. On n’a jamais vu un Etat faire faillite... Sauf qu’on en vient désormais, non sans raison, à envisager cette hypothèse [3]. Ainsi, apparaît au grand jour l’impuissance radicale du politique à réguler une économie dont il a, par négligence, impuissance, inconscience ou vénalité, consacré l’autonomie.

Comme il est comique d’observer ceux qui ont allumé le feu ou porté la torche venir aujourd’hui jouer les pompiers d’opérettes. Quelle surprise d’abord de voir un Etat — déclaré il y a peu "en faillite" par le 1er ministre François Fillon — trouver la bagatelle de 360 milliards d’euros dans les fonds publics [4] pour soutenir des banquiers richissimes qui ont confié leur destin à des voyous. Plus fort peut-être : en écoutant Sarkozy aujourd’hui, on croirait presque qu’il fréquente assidûment depuis des années les forums sociaux altermondialistes et que son programme politique s’est inspiré des travaux du Conseil Scientifique d’Attac ! Qui a oublié, pourtant, qu’un élément essentiel du programme d’inspiration libérale du Président de la République élu il y a quelques mois reposait sur l’idée de faire de chaque Français un propriétaire ? Relancer l’économie par l’immobilier donc. Et doper l’immobilier par le crédit, dans un pays rongé par le chômage et la précarité. Booster la croissance en (sur)endettant les ménages dont le pouvoir d’achat ne cesse d’être grignoté. Le calque exact des recettes infaillibles qui font vaciller les Etats-Unis aujourd’hui !

On apprécierait donc que ceux qui ont soutenu avec toute leur foi les forces qui ont préparé et mis en branle la catastrophe dont, répétons-le, nous ne vivons aujourd’hui que les prodromes, se taisent – au moins par pudeur.

Au reste, cela a-t-il du sens de parler de « capitalisme éthique [5] » ? L’immoralité du capitalisme financier n’est rien d’autre que l’immoralité du capitalisme tout court ! Naguère il est vrai, le capitalisme d’entreprise, avec ses patrons paternalistes et leurs « valeurs bourgeoises » mâtinées de christianisme, était encore encombré de scories moralisatrices. La fin des trente glorieuses et le début de la mondialisation ont simplement épuré le système. Sur quoi repose-t-il, au bout de compte ? Partout et toujours, la prospérité du capitaliste repose sur sa capacité à extraire de la plus-value. Or la seule puissance productive de richesse est le travail des hommes. La prospérité du capitaliste – patron d’autrefois ou habile financier d’aujourd’hui — est donc basée, uniquement — sur sa capacité à exploiter le travail humain. Le coeur du système, son moteur, aujourd’hui hier et toujours est l’exploitation de l’homme par l’homme, comme on disait au bon vieux temps où on lisait encore Marx. À quoi s’ajoutent aujourd’hui la menace à l’encontre des écosystèmes et l’exploitation des ressources naturelles jusqu’à épuisement dont le XIXème siècle de Marx n’avait pas idée mais dont nous commençons à imaginer les conséquences.

Rien de moral là-dedans, puisque dans ce rapport, l’un des termes (le travailleur) est pris comme moyen (par le capitaliste) au service d’une fin : l’appétit jamais assouvi de faire de l’argent. Etre moral, c’est au contraire considérer autrui toujours comme une fin en soi, et jamais comme un moyen [6]. Il n’y a pas de capitalisme moral.

Mais on comprend quel intérêt ont nos politiciens de droite de nous jouer le couplet du capitalisme moral. L’enjeu est d’abord, pour eux, de faire oublier leurs responsabilités dans le déclenchement de la crise majeure qui commence ; il s’agit aussi de sauver ce qui peut l’être dans un système qui s’effondre sur lui-même. Hâbleurs et idéologues ils étaient. Hypocrites et toujours idéologues ils demeurent.

Ajoutons simplement pour terminer que puisque Bensac débute son billet avec une évocation des prochaines élections au sein de l’UMP locale, on doit sans doute aussi comprendre que les vaillants petits soldats umpistes du néo-libéralisme pur et dur ne se sentent pas prêts à jouer les boucs émissaires de service.

A l’UMP, on pense sans doute déjà aux prochaines échéances électorales. Pour faire bonne figure et ne pas perdre la confiance des électeurs, le temps est-il venu de séparer le bon grain de droite de l’ivraie ultra-libérale ?

[1Relire par exemple ma brève parue il y a à peine un an, Cherchez l’erreur

[2On citera pour mémoire, parmi de nombreuses perles : N. Sarkozy, 16 août 2007 :«  Je suis convaincu que ce mouvement de marché ne saurait affecter durablement la croissance d’une économie qui est très très robuste », C. Lagarde, 17 août 2007 :« Il faut garder raison, ce n’est pas un krach », Christian Noyer, Gouverneur de la banque de France, 26 juin 2008 :«  Il n’y a pas de deuxième vague de la crise », enfin last but not least, John Mc Cain, 15 septembre 2008 :«  Les fondements de l’économie américaine sont très solides »...

[3cf. Le Monde, 11.10.2008 : La solvabilité des Etats commence à préoccuper les opérateurs. Après la défaillance des banques, faut-il maintenant craindre celle des Etats ? [...]Pourquoi l’Etat islandais serait-il plus solvable que les banques islandaises en déroute qu’il vient de nationaliser dans l’urgence ? En rachetant les banques pourries et leurs actifs toxiques, ne devient-il pas lui-même pourri et toxique ? La question se pose, même si c’est de façon moins aiguë, pour tous les grands pays qui, aujourd’hui, utilisent massivement les fonds publics pour sauver leur système bancaire.

[4On nous explique que cet argent ne sera pas déboursé, mais servira d’assurance pour rétablir la confiance nécessaire aux prêts interbancaires. Or pour rendre confiance, en situation de crise particulièrement, il faut se baser sur des fonds réels. Quelle genre de confiance feriez-vous à votre assureur si vous doutiez de sa capacité à vous rembourser en cas de sinistre ? Pour que l’expédient soit efficace, on doit supposer au minimum que l’Etat dispose de cet argent. Mais on nous expliquait auparavant qu’il n’avait plus d’argent ... A un moment ou à un autre, il faut donc qu’on nous ait menti.

[5Les socialistes français réformateurs le souhaiteraient bien, même si, selon les termes d’un récent article de Michel Rocard, il s’agit d’un « principe fragile » ; après avoir rappelé les scandales des grandes entreprises mondiales poursuivies en justice, d’Enron à Arthur Andersen, Rocard n’affirmait-il pas : "Le plus grave, le plus massif, et sans doute le plus immoral de ces scandales ne relève pourtant pas de la même catégorie puisqu’il est légal [...] A un tel niveau d’immoralité, le système n’est plus défendable, et cela ne manque pas d’être inquiétant dans nos sociétés fragiles parce que complexes [...] L’âpreté au gain de cette nouvelle couche de rapaces, actionnaires et dirigeants, pousse aujourd’hui les entreprises à la fraude, pour compte personnel ou pour compte d’autrui. Je ne vois pas la justice capable de triompher de forces aussi massives." et de conclure : "Il va devenir nécessaire de plafonner fiscalement les hautes rémunérations, de limiter à l’extrême les OPA, et de mettre fin au racket des cabinets spécialisés sur les pouvoirs d’actionnaires. Tout cela, pour être efficace, devrait se faire au niveau européen. C’est affaire de moralité publique autant que de cohésion sociale et c’est aussi le seul moyen de sauver la libre entreprise en lui rendant sa respectabilité." Voeux pieux ? cf. Michel Rocard : Le capitalisme éthique, un principe fragile, Le Monde, 09.01.2007

[6On se reportera à ce sujet aux démonstrations kantiennes qui fondent notre morale laïque : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » énonce les Fondements de la métaphysique des moeurs, Seconde section. Il faut ajouter que la crise écologique commande de mobiliser d’autres principes moraux, par exemple le principe responsabilité formulé par Hans Jonas, puisque nous sommes responsables de l’univers naturel (et pas seulement social) que nous laisserons à nos descendants.

commentaires
La France en faillite ? - B. Javerliat - 30 novembre 2008 à 19:30

France 5 a diffusé cet après midi un docu-fiction intitulé « La France en faillite ? » suivi d’un débat dirigé par Nicolas Beytout, ancien directeur de la rédaction des Echos puis du Figaro.

Dans le genre conditionnement des esprits, c’est hallucinant.
En gros, une apologie de la pensée unique, les dépenses publiques sont en train de ruiner la France, une culpabilisation des individus à outrance, une préparation des esprits à devoir payer la catastrophe.
La seule note discordante vient de Laurent Joffrin, c’est pour dire !
Si vous ne l’avez pas vu cet apres-midi, ça repasse ce soir, dimanche 30 novembre à 23H05 .
Je sais, c’est tard, mais ç’est à voir tellement c’est incroyable.
Sarko n’a même pas besoin de nommer les dirigeants des chaînes publiques, ils font la propagande de sa politique tous seuls !
Bande annonce : http://videos.france5.fr/video/iLyROoafJYOx.html


#14911
La France en faillite ? - Eulalie - 1er décembre 2008 à  12:57

oui, nous payons une redevance télé pour recevoir la pensée unique, et le dimanche AM , ça doit toucher pas mal de gens. En plus, France 5, à la base c’est pas i-télé, ou la 6 ou tf1..... Ca se veut un minimum intellectuel et culturel.

Je n’ai pas relu l’article de Bombix en son entier, mais je crois me souvenir qu’il fait allusion dans cet article à la Société du Mont pèlerin grand think tank néoliberal, ou néoconservateur, c’est pareil. J’ignore comment une emission arrive sur un écran de télé. Mais on peut supposer sans aucun délire qu’il y des commandes faites aux PDG des chaines, aux réalisateurs etc... qui doivent répondre à des critères bien précis.

Je pense que derrière nos écrans, nos radios, nos journaux papiers il y a surtout les think tanks qui cherchent à diffuser leur pensée dite révolutionnaire par eux, telles que sur ce site du think tank Institut Turgot

"Danger, faillite" sont leurs mots préférés pour tout ce qui est du service public. Et ça passe bien sur à la télé. Et ce sont des intellectuels.

Et ce qu’il faut savoir c’est que le service public d’impôt est devenu beaucoup plus fliquant des non payeurs de la redevance télé....

Cela dit, personne ne nous oblige à la regarder. Payer est notre seule obligation. Mais nous la regardons. Combien de temps va tenir l’esprit critique ? Tout ce que je peux vous dire, c’est que dans mon entourage personnel, des gens pas dutout idiots à la base, regardent ces chaines qui s’adressent principalement à la classe moyenne réputée assez cultivée. Eh bien croyez-moi ou pas, leur niveau de résistance intellectuelle, de sens critique, à force de regarder la télé, a largement baissé. Je ne leur jette pas la pierre, car tout est fait de façon à ce que ça se passe comme ça, sans brutalité, dans la douceur de l’écran, dans le débat faussement démocratique du plateau télé de ce genre d’emission, etc.... Et ça rentre dans la tête tout en douceur.... "faillite, danger"

#14914 | Répond au message #14911
La France en faillite ? - Eulalie - 2 décembre 2008 à  11:49

Il n’y a pas que des Thinks Tanks néoliberaux ou néoconservateurs en fait. Y"en a même de gauche et d’extrême gauche. Ou y’en a même de ni de droite, ni de gauche, ce qui serait même plutôt leur mission au départ. D’après ce que j’ai lu, en France on a pas trop la culture Think Tanks (c’est plutôt américain à la base et philantrope, mais certains ont mal viré et par exemple ont mis Bush au pouvoir...). Mais ça vient de plus en plus, et par exemple y’a des PS qui font partie d’un Think Tank appelé La Forge. Et en Europe également ça prend forme de plus en plus.

Donc, je dis pas qu’à chaque fois qu’on regarde une emission, qu’on lit un article de journal, qu’on entend Sarko causer, ou Fillon, ou Machin faut se demander de quel think tank ça vient. D’autant qu’un think tank ne cherche pas forcément à passer à la télé, ou être politisé, mais y’en a... Je suppute juste que vu notre tendance à nous américaniser, en France, en Europe, va falloir qu’on vive et décrypte aussi sans négliger l’ existence de ces tanks de la pensée . Bon, voilà, c’est une suggestion.

A quand sur France 5 une emission sur les Thinks Tanks ? dans C’dans l’Air ? ou dans Riposte ?

En attendant ce jour, voici le site de l’Observatoire Français des Think Tank.

#14921 | Répond au message #14914
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 21 novembre 2008 à 09:56

Lu dans le dernier billet de Philippe Bensac le « libéral » :

Le vote démocratique n’a de valeur que par la réduction de l’assymétrie informationnelle dont chacun sait qu’elle arrange les manipulateurs de tous poils.

Quelqu’un comprend ?


#14826
Capitalisme éthique ou La Pravda ? - Mister K - 21 novembre 2008 à  11:11

Bensac a participé à un séminaire de propagande de l’UMP et il croit qu’on lui a révélé LA vérité. Il recrache texto la bonne parole gouvernementale avec la caution "d’universitaires". C’est un bon petit soldat. Il démultiplie là la propagande gouvernementale sans plus de réflexion.

Le problème, c’est que la démocratie ne s’arrête pas aux urnes. Et que les coûts de communication, de propagande gouvernementale, pour distiller dans les esprits LA vérité, celle du gouvernement (ou dans d’autres cas, celle de la municipalité de Bourges...), il l’oublie. Et à cette propagande se voit opposer la liberté de parole qui elle ne coûte rien aux citoyens. Tout le monde n’est pas prêt pour accepter le "va voter puis ferme ta gueule...", bien heureusement. Et cela, dans la tête d’un certain nombre de gens favorables à la politique à vue de Sarkozy, ça créé pas mal d’asymétries informationnelles ;-)

Mais sur le fond, Bensac a raison...mais il faudrait que tous "les joueurs" soient honnêtes et que les chiffres et les éléments soient fournies à tous par des parties neutres et objectives...ce qui est très rarement le cas, on est là dans le monde de l’utopie. Et puis quand on a fait du contrôle de gestion, on a une petit idée de comment présenter les chiffres sous un jour qui convient à ses objectifs politiques...et ce n’est pas là, la moindre des manipulations.

#14828 | Répond au message #14826
Capitalisme éthique ou La Pravda ? - bombix - 21 novembre 2008 à  11:48

Oui, deux problèmes de "philosophie politique" dans ce blog de Bensac.
1) L’idée que la politique, c’est la "gouvernance" (la gouvernance n’est pas le gouvernement ; l’une s’adresse aux choses = primat de l’économique, l’autre aux hommes = primat du politique)
2) De manière concomitante, l’action politique devenant "l’administration des choses", les seuls "experts" sont qualifiés pour juger. Le suffrage universel est dès lors disqualifié.

1) Bien sûr tout cela est faux. On fait toujours de "la politique" mais par d’autres moyens ;-) Mais alors il faut pour contrer ce genre de discours en revenir à une critique de l’économie politique. Merci Marx. L’économique est politique de part en part.

2) Nos "libéraux" ne sont en rien des démocrates, et pour nombre d’entre eux, trahissent la pensée libérale des Lumières. La démocratie veut la République, et la République est sociale. Le néo-libéralisme est anti-démocratique, anti-républicain, et antisocial. Tout s’enchaîne. Ce pourquoi le débat européen est si important puisqu’on veut confisquer la démocratie, au nom de la gouvernance, par des instances dont l’existence et la légitimité ne viennent pas des peuples. Il faut repenser l’Europe sans l’européisme des "libéraux", autour de la vieille idée d’états-nations souverains. Construire l’Europe avec les peuples et non contre eux.

Ceci dit, une simplification administrative française est concevable. On pourrait montrer que la régionalisation s’est aussi accompagnée d’une reféodalisation. Le débat sur ce terrain reste ouvert.

#14829 | Répond au message #14828
Walt Disney fleuron du capitalisme éthique - bombix - 4 novembre 2008 à 13:18

Comme des millions d’hommes et de femmes, Disney vous a sans doute fait rêver lorsque vous étiez enfant. Comme des millions de personnes, vous connaissez, et appréciez sans doute l’espiègle souris Mickey, ou encore Winnie, l’ourson gourmand. Le succès de l’entreprise Disney a aussi de quoi faire rêver :

Plus de 35 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2007

 Des milliers de produits de consommation (jouets, meubles, montres, stylos, livres, vêtements etc),

 Des centaines de chaînes de télévision, des sites Internet, des services de téléphonie mobile, des labels musicaux, des jeux vidéo, des magazines, des films, etc.

 5 parcs d’attractions en Californie, en Floride, à Tokyo, à Paris et à Hong Kong.

Mais derrière la magie Disney, une ONG chinoise, la SACOM (Association des étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises) a découvert un autre univers en enquêtant chez deux fournisseurs de Disney situés dans la province du Guangdong, dans le Sud de la Chine.

·Dans les usines de Tianyu Toys et Yonglida Toys, des centaines d’ouvriers chinois, majoritairement des femmes, fabriquent pour Disney des peluches et autres jouets à l’effigie des personnages de la marque, dans des conditions extrêmement dures et dangereuses.

Jusqu’à 15 heures de travail par jour

·Tianyu Toys impose une journée de travail de 12 à 15h. Il n’est pas rare que la journée finisse à minuit. Pendant la saison haute, lorsque les commandes affluent, les ouvriers ne sont même pas autorisés à prendre de jours de repos. Chez Yonglida, des conditions similaires ont pu être observées, et les ouvriers manquent tous de sommeil.

Des salaires de misère

Chez Tinayu Toys, une ouvrière en charge de la couture finale des peluches « Winnie l’ourson » gagne à peine 1 centime d’euro par pièce fabriquée. Pour atteindre des salaires à peu près soutenables, les ouvriers sont contraints de faire de nombreuses heures supplémentaires. La direction impose en outre des quotas de production, et si les ouvriers ne les atteignent pas, ils ne sont tout simplement pas payés.

« Pendant la saison basse, je gagne à peine 48 à 58 euros par moi, ce qui est bien en dessous du salaire minimum légal qui est de 67 euros par mois.. L’hébergement et la nourriture me coûtent 12,6 euros, ce qui correspond à peu près à un quart de mon salaire, automatiquement déduit de ma paye. Le reste me suffit à peine pour vivre… ».

·Ouvrière du département assemblage de Tianyu Toys

Des conditions de travail dangereuses

·Dans l’atelier « peinture » de Tianyu Toys, les ouvriers souffrent de la chaleur insoutenable qui règne dans les locaux. Les ventilateurs restent généralement éteints, pour « préserver la qualité de la peinture et du produit fini ». Les ouvriers disent souffrir de graves maux de tête et d’estomac tant ces odeurs sont insupportables.

- Des dortoirs insalubres

Chez Yonglida, les ouvriers dorment dans des dortoirs exigus et surpeuplés. Chaque dortoir accueille ainsi entre 8 et 16 ouvriers. L’odeur dans les toilettes communes est abominable et les locaux sont infestés de rats et autres vermines.

Selon Disney, le respect des droits humains chez ses fournisseurs est au centre de ses préoccupations. À l’instar des autres grandes multinationales du jouet, Disney s’est dotée dès 1996 d’un Code de conduite, à destination des fabricants qui contient la liste des exigences de la société en matière notamment de droits de l’Homme au travail et qui couvre l’ensemble des droits fondamentaux des travailleurs. Il a été traduit en 50 langues, accompagné de milliers de formations, et de dizaines de milliers d’audits sociaux, réalisés dans plus de 50 pays à travers le monde, y compris en Chine.

Et pourtant, les enquêtes le prouvent, ces dispositions ne sont pas appliquées. Alors, d’où vient le problème ?

« La Walt Disney Company s’engage à promouvoir et maintenir des pratiques internationales de travail responsables à la fois dans ses opérations de licence et de sous-traitance directe partout dans le monde ».

(Extrait du Site Internet de Disney)

Des ouvriers qui n’ont pas voix au chapitre

Chez Tianyu et Yonglida Toys, aucun des ouvriers interrogés par la SACOM n’avait jamais entendu parler du Code de Conduite Disney... pire, chez Tianyu Toys, l’enquête de la SACOM révèle que, en prévision des audits, la direction avait préparé une série de questions-réponses types à destination des travailleurs. Des sessions de formation destinées à leur apprendre comment répondre « correctement » aux questions des auditeurs ont même été organisées. Les employés étaient prévenus : « s’(ils) répond(aient) mal aux questions des auditeurs, (l’usine) perdrait des commandes et (ils) perdr(aient) leur emploi »…

En Chine, les travailleurs ne sont pas libres de former des syndicats de leur choix ou d’y adhérer, puisque le gouvernement n’a pas souscrit aux normes fondamentales de l’Organisation internationale du travail sur la liberté d’association et de négociation collective. Or, les organisations de la société civile le martèlent depuis des années : pour que les droits des travailleurs soient réellement respectés dans les pays producteurs, il faut avant tout que les travailleurs connaissent leurs droits et qu’ils soient en mesure de les défendre eux-mêmes.

http://www.peuples-solidaires.org/article893.html


#14567
Capitalisme éthique ? - 3 novembre 2008 à 17:17

« et assimilée outre-atlantique, là ou souffle l’esprit du libéralisme à l’anglo-saxonne (pas celui de Benjamin Constant, mais de F. von Hayek et de Milton Friedman) »

Sauf votre respect, il est clair que vous ne savez absolument pas ce don vous parlez !

Déjà mettre Hayek grande figure de l’école autrichienne dans les "anglo saxon" frise le ridicule.
Ensuite assimiler Hayek et Friedman... c’est un peu comme dire que Marx et Proudhon c’est pareil ...

Hayek est jusnaturaliste et évolutionniste en économie.
Friedman est positiviste en droit comme en économie.

Leur travaux sur la crise de 29 différent RADICALEMENT quand aux solutions à y apporter du fait de théories ayant des paradigmes différents. Accessoirement Hayek à eu son Nobel 74 sur les crises et cycles économiques.

Ces Article vous éclairerons sur l’école autrichienne.
http://jesrad.wordpress.com/2008/10/06/les-raisons-de-la-crise-economique-une-contribution/
http://herve.dequengo.free.fr/Mises/MMC/MMC_3.htm


Voir en ligne : les raisons de la crise economique - une contribution (1931)
#14563
Capitalisme éthique ? - bombix - 3 novembre 2008 à  18:05

Sauf votre respect, il est clair que vous ne savez absolument pas ce don vous parlez !

Sauf votre respect, il est clair que vous n’avez pas lu ce que j’ai écrit. Je n’ai nullement dit que Friedman et Hayek avaient les mêmes positions sur tous les sujets, j’ai dit que le « libéralisme » défendu par Bensac (et les libéraux français de Démocratie Libérale) se référait d’abord à cette notion de libéralisme défendue par Hayek et Friedman en effet, et non pas au « libéralisme » au sens que prend cette notion chez certains penseurs des Lumières, comme Benjamin Constant.

Au passage, Friedman était présent à la conférence de la Société du Mont Pélerin. Par ailleurs, si je fais référence aux anglo-saxons, c’est que le néo-libéralisme des années 80 de Reagan et Thatcher fait explicitement référence à ces théoriciens. Et que c’est par le monde anglo-américain que les idées de Hayek et de Friedman ont été promues et valorisées sur la scène intellectuelle mondiale.

Le libéralisme est une notion fortement polysémique. Vous pouvez tenter de noyer le poisson si ça vous chante (et tenter de décrédibiliser mon propos, je ne suis pas dupe), le sujet de l’article n’est pas le problème de la définition du libéralisme. Il n’est pas non plus les convergences/divergences Hayek-Friedman. Le sujet de l’article, c’est le culte du marché, la dérégulation, le désaisissement du politique au nom d’une doctrine économique fumeuse, et les conséquences catastrophiques qui en découlent et qui auront un impact très concret sur la vie des gens. Si vous avez des lumières là-dessus, merci de nous en faire part.

#14564 | Répond au message #14563
Capitalisme éthique ? - alf - 4 novembre 2008 à  13:34

« référait d’abord à cette notion de libéralisme défendue par Hayek et Friedman en effet, et non pas au « libéralisme » au sens que prend cette notion chez certains penseurs des Lumières, comme Benjamin Constant. »

Hayek s’inscrit parfaitement dans une tradition jusnaturaliste des premier libéraux (en en rénovant brillamment l’argumentation) de défense et de recherche des institutions permettant de protéger la liberté à l’image de Tocqueville ou d’un Constant ou des pères fondateurs Américains ou d’un Hernando de Soto aujourd’hui, ça n’en est pas moins un économiste au même titre qu’un Turgot ou un Smith ou un Say. Le libéralisme n’est en rien polysémique, il recouvre simplement un domaine vaste de compétences, difficilement maitrisable par un seul homme.
Est libéral toute doctrine ou auteur qui cherche à protéger les droits dit "négatif" des individus, ceci inclut les auteurs sus-cité mais exclu Rawl ou Sen par exemple de mon point de vue que je classe donc plutôt comme "sociaux-démocrates".

Hayek et Friedman s’entendaient trés bien au mont Pélerin ça ne les empêche en rien d’avoir des analyse différentes, je classe bien plus Reagan et tacher du coté de Hayek mais la plus part des gouvernements ont appliqué les recommandation de l’école de Chicago pour combattre l’inflation France comprise.

« Et que c’est par le monde anglo-américain que les idées de Hayek et de Friedman ont été promues et valorisées sur la scène intellectuelle mondiale. » . Vous parlez d’une époque ou l’Europe voyaient émerger les pire totalitarismes que l’humanité ait connut raison pour la quelle Hayek et Mises ont fuit l’europe comme nombre de chercheurs. Votre "ultra-libéralisme anglo saxon" n’est que le chiffon rouge agité communément en France par les représentant d’un anti-américanisme primaire. La pensée de Hayek n’est pas plus anglo-saxonne que la physique de Einstein.

L’école de Chicago en revanche est l’héritière de l’école de Manchester et s’est imposé la bas parce que le libéralisme européen )anglais, suisse, autrichien, français italien espagnol), à littéralement été écrase par l’étatisme du 20e siècle et les autres combat idéologiques.

« c’est le culte du marché, la dérégulation, le désaisissement du politique au nom d’une doctrine économique fumeuse, et les conséquences catastrophiques qui en découlent et qui auront un impact très concret sur la vie des gens. Si vous avez des lumières là-dessus, merci de nous en faire part. »

Culte du marché !
Vous voyez midi à votre porte !
Depuis le début du 20e l’état contrôle partout le prix du crédit via les Banques centrales plus ou moins dépendantes et jamais la réglementation bancaire internationale n’a été aussi monstrueusement volumineuse (comme toutes les autres réglementations d’ailleurs).
Cherchez la ou vous n’avez pas l’habitude d’aller voir pour comprendre les causes de la crise, la littérature est pléthorique.

Voir en ligne : Petite introduction vidéo au causes de la crise.
#14568 | Répond au message #14564
Capitalisme éthique ? - bombix - 4 novembre 2008 à  13:59

Vous voyez midi à votre porte !

Je ne résiste pas au plaisir de copier-coller un extrait de l’intervention que j’ai fait sur le blog d’Irène Félix. Il s’applique tout à fait à votre cas. A la réalité du capitalisme, vous opposez les tables de la loi libérale ... Et ce faisant, vous continuez à croire que vous détenez la vérité. Puissance terrifiante de l’idéologie ...

Comme je découvrais votre réponse, presque par hasard et en même temps, j’ai entendu sur France Culture la canadienne Naomi Klein présenter son dernier livre *La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre*. Vous voyez que nous sommes bien loin d’un discours tranquillisant. Au contraire. Naomi Klein décrit une tendance dure du capitalisme actuel qui consiste à provoquer des crises graves, voire mettre certains pays ou régions en état de choc afin de pouvoir trouver de nouveaux débouchés pour l’économie de marché. Noami Klein souligne par exemple que, après le passage du cyclone Katrina qui dévasta la Louisiane, l’Etat fédéral américain a été singulièrement absent lors de la reconstruction ; les tenants de l’ultra-libéralisme en ont profité pour mettre en place une stratégie de privatisation généralisée, en particulier pour l’éducation. Qu’est ce que nous rappelle ici Naomi Klein ? Tout simplement cette vérité qui semble oubliée : le capitalisme obéit à un /conatus/, une volonté de puissance sans borne. Le livre semble passionnant, je l’ai commandé. Je tiens à faire remarquer une chose : il n’est pas écrit par une *théoricienne*, mais par une *journaliste*, qui se rend sur le terrain, et qui décrit des faits. Je vous mets en fin de message le lien vers l’émission pour que vous puissiez l’écouter, car outre la thèse présentée dans le livre, on assiste en direct à un conflit non pas d’idées, mais au conflit qui oppose un idéologue à un observateur (en l’occurrence une observatrice). L’idéologue, c’est Alain-Gérard Slama, pourtant fine lame intellectuelle. Qu’oppose-t-il à Naomi Klein ? Nous pas la réalité du capitalisme, mais la théorie du libéralisme ! Au capitalisme *tel qu’il est*, il oppose le capitalisme *tel qu’il devrait être*, si les libéraux avaient raison. C’est merveilleux. Il y a un passage délicieux où l’espiègle canadienne le compare à un trotskiste ; non pas quant au contenu de son discours, mais parce que le type de défense est le même. Lorsque en effet, dans les années 60, on objectait aux marxistes puritains la réalité vécue du socialisme réel en Union Soviétique, ils opposaient les tables de la Loi telles qu’ils les lisaient dans les écrits de Marx, Lénine, et Trotski. Même tactique chez Slama, et donc même cécité. Il reconnaît bien la catastrophe (comment la nier quand le constat est si précis et si serré ?) mais il rétorque : cela ne devrait pas être. Bon connaisseur des théoriciens libéraux, en particulier de F. Hayek, l’idée même que le capitalisme puisse progresser en provoquant des crises, lui semble tout à fait énorme et inconcevable ! Hayek ne nie-t-il pas l’idée même de table rase et le constructivisme qui lui est associé ? C’est l’un des centres de la doctrine. Eh ! Il faut simplement constater, pour lever le paradoxe, que le libéralisme de Hayek est une théorie. Et que la réalité du capitalisme, dans sa phase actuelle de développement, n’obéit pas à cette théorie. Le capitalisme se moque éperdument de Hayek, ce qu’Alain Gérard Slama n’est pas capable de réaliser. Des révisions déchirantes s’en suivraient sans doute

Vous pouvez écouter l’émission de FC ici. http://bombix.agitateur.free.fr/complements/NM/nklein.mp3

#14570 | Répond au message #14568
Capitalisme éthique ? - 5 novembre 2008 à  13:05

Il se trouve que j’ai fait des études d’ego en fac française et si je n’y ai a peu près pas étudié les auteurs libéraux réduits à la concurrence pure et parfaite (vaste blague démodée depuis les années 60) et à quelques équations sans sous jasent intelectuel (un peut comme s’il on prétendait enseigner la relativité en fessant apprendre par cœur e=mc2), j’ai en revanche bu jusqu’à la lie, du keynes, du Marx, et... du Lénine et du Rosa Luxembourg !!!

et bien
« Naomi Klein décrit une tendance dure du capitalisme actuel qui consiste à provoquer des crises graves, voire mettre certains pays ou régions en état de choc afin de pouvoir trouver de nouveaux débouchés pour l’économie de marché. »

Celà c’est exactement du Lénine sur la colonisation permettant au "capitalisme" de trouver du nouveau débouches... (cf:L’impérialisme, stade suprême du capitalisme).

Gageons que si l’on suivait les principes liberaux en la matiére comme l’on fait la Suisse, l’Irlande, et comme le prônaient Jefferson ou Bastiat, Les Etats que vous aimez tant n’auraient ni les moyens financiers ni constitutionnels pour aller balancer des bombes sur des innocents.

PS : le terme capitalisme (à la différence de libéralisme), ne signifie rien pour moi c’est juste une classification popularisé par Marx pour sa "théorie" historico-economique, à la différence de vous pour qui c’est un fourre-tout de ce que vous n’aimez pas, un peu le pendant de "l’axe du mal" chez bush et consort.

#14580 | Répond au message #14570
Capitalisme éthique ? - bombix - 5 novembre 2008 à  13:26

Il se trouve que j’ai fait des études d’ego en fac française

Joli lapsus. ;-)

et bien « Naomi Klein décrit une tendance dure du capitalisme actuel qui consiste à provoquer des crises graves, voire mettre certains pays ou régions en état de choc afin de pouvoir trouver de nouveaux débouchés pour l’économie de marché. »

Celà c’est exactement du Lénine sur la colonisation permettant au "capitalisme" de trouver du nouveau débouches... (cf:L’impérialisme, stade suprême du capitalisme).

Lisez son bouquin. Reprenez avec elle ses constats, suivez ses raisonnements et leur logique. Naomie Klein n’est pas dans la théorie, mais dans l’observation. Et ce qu’elle observe n’est pas très joli. Mais il est vrai qu’on peut toujours fermer les yeux.

le terme capitalisme (à la différence de libéralisme), ne signifie rien pour moi

On s’en doutait. Le meilleur moyen de résoudre un problème, c’est encore de ne pas le poser. Au passage, je n’ai pas dit que le libéralisme ne signifiait rien pour moi, j’ai dit que c’était un concept polysémique. Donc à éclaircir.

Bien à vous.

#14581 | Répond au message #14580
Capitalisme éthique ? - 5 novembre 2008 à  14:02

Ce terme "capitalisme" ne recouvre rien de cohérent pour moi, il reléve purement du paradigme marxiste.
Si l’on prend le critère d’accumulation, un kiboutz, un particulier ou un gouvernement soviétiforme accumule aussi du capital. Ce n’est vraiment au plus pour moi qu’un raccourci que j’utilise quand mon interlocuteur le fait pour raison pratique.

Pour moi il n’y a pas de logique de système comme chez Marx, il y a juste des gens qui respectent les droits des autres et qui souhaitent des institutions qui les protègent eux même de la violence des autres (ie : égalité devant la loi/droits "negatifs").

Et des gens qui agressent les autres par leur propres moyens ou au travers de hommes de l’état, tanto les syndicats ouvriers, aujourdhui les banquiers, les betoniers, les constructeurs automobiles face à la crise quand il n’ont pas su l’anticiper, hier le crédit lyonnais, la sidérurgie ou la SNCF.

#14584 | Répond au message #14581
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 4 novembre 2008 à  15:40

Depuis le début du 20e l’état contrôle partout le prix du crédit via les Banques centrales plus ou moins dépendantes

Bien au contraire, les libéraux n’ont eu de cesse que de s’affranchir du contrôle politique. En france, par ex :
 1973 : la Banque de France perd son rôle de service public.
 1993 : indépendance à la Banque de France par rapport à l’Etat
 1998 : intégration de la Banque de France à la BCE

En 1/4 de siècle, les libéraux ont privé l’Etat francais du contrôle de sa monnaie. S’en est suivi la marche forcée vers l’intégration dans l’europe des banquiers et des marchands, malgré le refus du peuple au referendum de 2005.

#14571 | Répond au message #14568
Capitalisme éthique ? - 5 novembre 2008 à  13:37

En 74 Giscard une fois président de la république vire le président de la banque de france Olivier Wormser qui avait refusé la politique plus inflationniste demandée 2 ans pour des motifs électoralistes plutôt quand il était ministre des finances. Le contrôle politique de la BC est une des pire calamité qui soit. l’indépendance est un moindre mal.

Encore que celle-ci soit dans les fait assez faible aux US ; mandat de 4 ans renouvelable sur proposition du président de la république, contre 8 ans non renouvelables pour la BCE (ce qui permet à Trichet de dire merde à Sarko et à sa casi totale incompétence économique.

Etre indépendant n’en fait pas un président de BC responsable (ie : sur ses bien propres) et à l’abri des erreurs.
Une banque centrale n’est pas plus capable de connaitre les besoins en crédit des uns et des autres qu’un ministère n’est capable de savoir ce que vous choisiriez en allant faire vos course au marché. La détermination du prix du crédit pat un monopole public relève du quasi planisme soviétiforme. Les Banques centrales sont la plus grande plaie qui soit, si ça ne tenait qu’a moi je les supprimerait illico pour enfin réassoire la monnaie sur un bien réel tel que l’or.

pour info :
Robert mundell Nobel 99 est favorable à l’étalon or
Milton fiedman Nobel 76 pour la supression des BC
Friedrich Hayek Nobel 74 favorable à l’étalon or ET à la supression des BC

Tous spécialiste des question monétaires

#14583 | Répond au message #14571
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 5 novembre 2008 à  14:28

Les Banques centrales sont la plus grande plaie qui soit, si ça ne tenait qu’a moi je les supprimerait illico pour enfin réassoire la monnaie sur un bien réel tel que l’or.

C’est en effet un point de vue qui peut se discuter. En attendant, tant qu’elles existent, il est surréaliste de les voir indépendantes de tout pouvoir politique démocratiquement élu.

#14585 | Répond au message #14583
Capitalisme éthique ? - 5 novembre 2008 à  16:57

Ben voyons, on va faire voter par référendum le prix du crédit, et puis le prix du sucre aussi, et des saucisses de Strasbourg, et puis de tous les biens tien !
La voiture à 1000€ ça vous dit.
Voté !

Comme le prouve la crise de 29 et l’actuelle qui ont clairement cette origine commune, l’abaissement fou du taux directeur de la FED suivi de son nécessaire relèvement rapide pour éviter une inflation galopante façon Zimbabwe. La manipulation politique du crédit est la chose la plus dangereuse qui soit.

Si tous les titres pourris avaient été gardé sur le sol US ce pays serait aujourd’hui en ruine complète, ses banques décimées, son état en faillite comme l’Islande et son taux de chômage bientôt à 10 puis 20 % voir plus. La monnaie est le système d’informatin véhiculant les signaux (prix) des capacités et des besoins dans une économie.

Vous ne vous rendez simplement pas compte de ce que vous dites.

Comme Sarkozy ou Royal les hommes politique ont systématiquement intérêt par démagogie (et incompétence) à faire pression pour l’abaissement des taux (un ptit coup de boost avant les élections, des maisons pour tous ..., etc. ).

C’est largement suite au 11/9, à la pression médiatique et politique énorme qui à amené à la guerre et qui à faite céder Greenspan (honte à lui) que nous devons la crise d’aujourd’hui (en plus de lois démagogiques comme catalyseurs).

Vous ne vous rendez simplement pas compte de ce que vous dites. Je ne peux pas être plus clair.

#14590 | Répond au message #14585
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 5 novembre 2008 à  18:01

Vous ne vous rendez simplement pas compte de ce que vous dites. Je ne peux pas être plus clair.

Si je ne me rends pas compte de ce que je dis, vous voudrez bien m’éclairer en développant vos propos, histoire justement d’y voir plus clair.
Pour développer les miens, je dis qu’il est aberrant, et a l’évidence dangereux, qu’un organisme qui a de tels pouvoirs ne soit contrôlé par personne. A vous lire, les banques centrales seraient des organismes vertueux, infaillibles, qui ne penseraient qu’au bien des peuples, à tel point qu’il serait impossible, que dis-je, impensable même de les contrôler. Comme si la finance était une entité autonome, tellement supérieure, qu’aucun pouvoir politique issu des urnes ne puisse appréhender sa mission quasi divine. Après tout, pourquoi ne pas nommer Trichet roi d’Europe ? Dans les années 60, De Gaulle disait : "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille". En 2000, Jospin a dit : "l’État ne peut pas tout". Entre temps, le "marché" a battu le politique par KO. Mais je ne me rends sûrement pas compte de ce que je dis...

#14591 | Répond au message #14590
Capitalisme éthique ? - Jean-Michel Pinon - 5 novembre 2008 à  13:29

bitude d’aller voir pour comprendre les causes de la crise, la littérature est pléthorique.
Voir en ligne : Petite introduction vidéo au causes de la crise.

J’ai visionné cette vidéo. C’est beau comme un film de propagande de l’ex Union Soviétique. Les extrèmes se rejoignent dit-on. Pour moi, vous êtes les communistes du 21ème siècle...

#14582 | Répond au message #14568
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 3 novembre 2008 à  18:31

Extraits de la lecture proposée par ce courageux anonyme :
« Mieux vaut un salaire peu élevé que pas de salaire du tout. »
« On admet généralement que la politique syndicale est responsable de l’étendue et de la durée du chômage. »
« Le travail serait également meilleur marché là où le travail à la pièce prédomine. »
« Une doctrine populaire rend la « rationalisation » responsable du chômage » (rationalisation à l’époque = productivité aujourd’hui).
« Ce n’est pas en raison de la « rationalisation », mais parce que les chômeurs ne sont plus obligés de chercher un nouvel emploi (à cause des aides aux chômeurs) que le chômage est devenu un phénomène durable. »

Comme quoi, malgré la démonstration par l’exemple de la crise actuelle, il en reste...

#14565 | Répond au message #14563
Capitalisme éthique ? - Miss_J - 3 novembre 2008 à 13:46

Cher bombix ;

je regrette que vous ne notiez que les partis sociaux démocrates européens ont toujours du mal à voir quelque chose d’immoral dans le capitalisme européens.

C’est un peu comme si les partis socialistes (hors allemagne) en Europe avaient tous des étiquettes de gauche, mais en fait étaient des partis de centre droit.

Mes deux questions que je vous pose sont : ce glissement vers la droite est-il un glissement de toute la société, ou alors, le recrutement des partis seraient-ils fait majoritairement dans un "entre-soi" des classes les plus riches baignant dans une idéologie de fait de droite ?

Je n’ai pas moi même la réponse, la seule chose que je vois c’est que l’assemblée représentant la nation n’a plus ni ouvrier, ni employé, ni SDF ... bref, que notre assemblée, et nos partis politiques représentent surtout une bourgeoisie.qui ne s’est donné comme seule mérite de naître.

Or comme vous l’aurez noté, la citation "ils ne sont donnés comme seuls mérite que de naître" est tirée de Figaro (de Beaumarchais) un libéral historique demandant la possibilité à chacun de pouvoir réussir non pour sa naissance, mais ses mérites. A titre personnelle, une droite vraiment libérale au sens de Beaumarchais ne me gênerais pas, mais la droite actuelle est une droite de conservation des privilèges héréditaires des plus riches (suppression de l’impôt sur les héritages) ; une droite de bourgeoise néo féodale.

Droite et gauche ne sont donc pas des critères pertinents. Et comme toi, je pense que nous avons eu tort de croire au lavage de cerveau depuis la chute du mur visant à dire que si le mur est tombé alors Marx avait tort. Ces deux éléments ne sont pas liés, et si Marx avait raison sur le fait que l’on échappe pas à la classe sociale dont on est issu alors peu importe que le PS soit de gauche, l’UMP de droite, ce serait justes deux partis bourgeois.

Si j’ai raison, tu as tort, que ce soit le capitalisme ou le socialisme, ou le jemefoutisme qui soit choisit comme idéologie c’est qui le met en oeuvre qui importe.


#14561
Capitalisme éthique ? - bombix - 5 novembre 2008 à  15:11

On pourrait réunir une bibliothèque entière sur les questions que vous soulevez. Je vais essayer d’y répondre quand même rapidement, en soulevant une série de questions plutôt qu’en apportant des « solutions »,
Sur le fait que je ne parle pas dans l’article des sociaux-démocrates ... ben c’est qu’ils ne sont pas au pouvoir en France pour l’instant. De fait, c’est Sarkozy qui a débloqué des milliards pour les banquiers ; le PS s’est contenté de s’abstenir. Il y a fort à parier qu’ils auraient fait de même, cependant. Mais ce n’est que de la supposition. Ce qui intéressant, je trouve, c’est le changement de discours de Sarkozy, et la tentative assez grossière de nous vendre un « bon » capitalisme, contre un « mauvais » ; c’est tout à fait démagogique et mensonger. On vise des individus qui seraient fautifs, alors que c’est un système entier qui est largement pourri. Cette histoire de capitalisme éthique est un rideau de fumée pour faire oublier certaines responsabilités.

Maintenant, est-ce qu’on a une alternative ? Dans l’immédiat, ce n’est pas sûr.
1.Nous sommes dans une période charnière dans laquelle il n’y a pas de solutions toutes faites. Marx n’est pas mort, certes, et il y aurait urgence à le relire. Mais le XXème siècle a été aussi le siècle des totalitarismes et des socialismes de caserne. J’ai cité Castoriadis, que j’apprécie beaucoup, et qui a été l’un des premiers, avec Claude Lefort, à dénoncer le système soviétique d’une part, et aussi à marquer les limites d’une certaine orthodoxie marxiste. Castoriadis en appelait à l’imaginaire, et nous avons bien besoin de toutes les ressources de l’imagination pour trouver des solutions alternatives.
2.Quand on observe un peu la vie des idées, on s’aperçoit que beaucoup d’intellectuels sont des suivistes, et non pas comme on le croit souvent des innovateurs. Ainsi, après avoir soutenu les pires aspects du communisme soviétique, voire après s’être compromis avec le maoïsme, ils ont tourné leur veste et ce sont mis à lire ou relire Adam Smith et les penseurs libéraux. Fort bien. Il y avait des choses à tirer de ces lectures ; mais de là à passer par pertes et profits tous les acquis du mouvement ouvrier et à enterrer le projet émancipateur qui le portait, il y avait un gouffre.
3.On a vécu en France quelque chose de très curieux. Début des années 80, pendant que les pays anglo-saxons passaient au néo-libéralisme avec Reagan et Thatcher, nous avons nous élu un Président de la République socialiste, François Mitterrand, porté par une union de la gauche héritière des espoirs de la fin des années 60. Pendant deux ans, des réformes de gauche ont été entreprises. Puis en 1983, un tournant a été pris pour rejoindre le mouvement de conversion au libéralisme, en particulier à cause d’une part des premiers effets de la mondialisation, et aussi d’autre part parce que Mitterrand était européiste convaincu (à tendance monarchique). C’est l’Europe, il faut le dire, qui a empêché la réalisation d’un programme socialiste à la française. Depuis ce temps, le PS n’a eu de cesse de virer à droite, au point de perdre son identité. L’affaire européenne est encore ici décisive. Le PS ne s’est pas remis de ses divisions sur le Traité Constitutionnel européen. En gros, il est pris dans un dilemme : ou revenir à ses fondamentaux, mais alors on ne voit pas très bien ce qui le distinguera de ses « alliés » communistes ou d’extrême gauche, ou continuer sa mutation vers un parti centriste moderne, mais alors on ne voit pas bien ce qui le distinguera d’un Modem, ou même d’une UMP. L’ouverture si brillamment réussie par Sarkozy atteste que les différences avec le parti du Président sont à la marge.
4.Cette situation place nombre d’élus PS dans une position schizophrénique. D’une part, il ne doivent pas décevoir une partie de leur public traditionnellement formé à gauche ; d’autre part ils ont admis un certain nombre de présupposés, comme le règne sans partage du marché (« l’État ne peut pas tout » disait ce pauvre Jospin, et tout le monde a compris qu’il ne pouvait rien, ce qui lui a coûté son élection en 2002), la nécessaire construction européenne, etc. La solution pour eux est de pratiquer un double discours (un discours privé, et un discours public). Ou de naviguer en tirant des bords, par oscillation. Ou de noyer leur pratique politique dans un discours confusionnel. Ou de faire les trois à la fois. Nous en avons un exemple assez étonnant au niveau local avec Yann Galut, qui d’abord à la gauche du PS avec Julien Dray(Gauche socialiste), a soutenu ensuite le non au TCE, puis Ségolène Royal aux présidentielles (qui avait soutenu le Oui : pratique de l’oscillation) puis a soutenu la même « à l’insu de son plein gré » pour le congrès qui vient (pratique du double discours), et qui est en train de s’extasier sur la victoire d’Obama. Bon d’accord, Obama n’est pas Bush. Mieux vaut Obama que Bush. Mais enfin ... Obama est un démocrate américain, qui ne remet en cause rien des fondamentaux du système américain. Il a par exemple déclaré qu’il était d’accord avec Mc Cain pour permettre aux retraités qui ont atteint l’âge limite de continuer à travailler encore et encore le temps que la tempête financière se calme. Est-ce aux salariés retraités de payer pour les voyous de la finance ? Même Sarkozy n’oserait pas dire ça en France. Ah oui ! Il y a « la diversité ». Ah bon. En bon républicain, je considère par principe un blanc strictement égal à un noir ; je ne sais donc pas ce que cache cet argument de la « diversité ». Un hommage au communautarisme ? Une espèce de bien-pensance anti-raciste molle comme les socialistes savent bien faire ? Un appel aux « valeurs », larges et floues, et qui permettent d’oublier tout programme politique d’émancipation réelle ? Là, on est dans le troisième élement, ce que j’appelle l’élément « confusionnel » caractéristique de la démocratie d’opinion ; c’est le détestable modèle Ségo ...
5.Sur l’autre point que vous soulevez, la confiscation de la représentation politique au profit d’une classe sociale, c’est un vaste problème. C’est la rénovation des pratiques démocratiques qu’il faut essayer de penser, pour remplacer une démocratie formelle par une démocratie réelle... Il y a des espoirs du côté d’une certaine forme de démocratie participative (mais dont le concept risque fort d’être récupéré par des pratiques douteuses) Mais il y a surtout des efforts à faire du côté de l’éducation. Il faut rendre à l’école son rôle d’institution de la République qui donne sa chance à chacun, et qui en contre partie exige des efforts des enfants. Il y a là un cercle, car les classes sociales au pouvoir n’ont pas intérêt à le partager, le pouvoir. On ne doit donc pas leur faire trop confiance pour rétablir l’école dans son concept...

Sur votre dernière remarque je ne suis pas d’accord. On ferait un grand progrès si on fondait l’action politique non plus sur des idéologies mais sur une pensée exigeante qui prend en compte le réel d’une part (sans se raconter d’histoires : difficile), et d’autre part s’oriente sur des valeurs que je caractériserais en gros comme « humanistes », et ne sacrifiant rien à la désespérance. Gramsci disait "associer le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté". Mais ça c’est l’oeuvre des gens de bonne volonté assemblés. Ce n’est pas la charge d’un homme providentiel. "Il n’est point de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun ..." L’Internationale a raison sur ce point.

#14586 | Répond au message #14561
Capitalisme éthique ? - Eulalie - 6 novembre 2008 à  14:39

"Il a par exemple déclaré qu’il était d’accord avec Mc Cain pour permettre aux retraités qui ont atteint l’âge limite de continuer à travailler encore et encore le temps que la tempête financière se calme. Est-ce aux salariés retraités de payer pour les voyous de la finance ? Même Sarkozy n’oserait pas dire ça en France."

Non, il l’a pas dit, mais il l’a fait...grâce à l’amendement de Machin-Bidule de l’UMP. Et le syndicat traditonnellement de Gauche, c’est à dire la CGT, a dit que ça "l’inquiétait....". Comme si elle ne s’y attendait pas, comme si le PS qui s’en choque ne s’y attendait pas. A d’autres...donc, c’est bien normal que Yann Galut et le PS ne trouvent rien à redire aux propos d’Obama. Par contre, ils font semblant de s’offusquer de l’amendement de machin truc.

Ca les inquiète, c’est ça on y croit. Ca devrait les révolter.

La crise financière tombe à point pour faire passer cette régression en France mais qui était quand même évidente dans le discours de Sarko même s’il ne l’a pas dit mot pour mot. . Aux States, ça fait belle lurette que les pauvres vieux bossent pour manger, habiter (et encore faut voir comment ils "habitent"...)

Pendant qu’on cherche des alternatives, des imaginaires, des humanismes, les queues de la Soupe populaire enflent en France.

Et c’est pas à l’Assemblée nationale et au Sénat qu’on va se soucier de ça. Mais chacun voit midi à sa porte.

#14599 | Répond au message #14586
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 6 novembre 2008 à  12:04

Mes deux questions que je vous pose sont : ce glissement vers la droite est-il un glissement de toute la société, ou alors, le recrutement des partis seraient-ils fait majoritairement dans un "entre-soi" des classes les plus riches baignant dans une idéologie de fait de droite ?

Je tente une autre explication :
Peut-être touchons-nous là aux limites de la démocratie représentative : et si cette classe de "représentants" avait simplement fini par ne plus servir que ses propres intérêts ? Dans ce cas, ces intérêts sont-ils de droite ou de gauche ? Assurément non, ce sont les leurs, c’est tout.

Je vous concède qu’ils s’enquièrent parfois (avant chaque élection) de l’intérêt général. Mais là aussi, s’il ne s’agissait pour eux que de conserver leur fonction de représentant en essayant de se faire ré-élire ?

#14597 | Répond au message #14561
Capitalisme éthique ! L’Etat juge mais ne participe pas à l’activité. - Philippe BENSAC - 3 novembre 2008 à 11:59

Nicolas SARKOZY, au nom de l’Etat et donc de nos contributions fiscales, n’a pas souhaité prendre de participation dans les banques mais, au contraire, punir les banquiers en les garantissant moyennant un intérêt de l’ordre de 8% l’an selon le taux ressortant de l’application mathématique instituée dans son plan.

L’Etat doit rester un juge de la loyauté concurrentielle (DNCCRF),de la bonne pratique de la titrisation (AMF en France), du contrôle et d’alerte de certains titres étrangers sur nos marchés français(Banque de France)ou européens (BCE) et un prêteur institutionnel sur gage de solvabilité étalonnée.

Cette crise va permettre de purger les mauvais banquiers (ceux qui jouent les ressources des dépôts de leurs clients sur des marchés à risque plutôt que leurs fonds propres), les titres pourris qui restent néanmoins des titres négociables et intéressants sur les marchés à risque, et les agences para-étatiques de notation qui copinent au lieu de contrôler.
La crise de 2003, affaire ENRON et son contrôleur Arthur Andersen, avait permis de régler le problème de la vérification de la valeur des actifs des entreprises.

En aucun cas, l’Etat ne doit participer à l’activité. Sinon, quoique vous en disiez, vous recollectivisez le système financier donc l’entreprise.
Et il n’en est pas question.

Le chaos est le système, l’ordre éphémère en découlant n’en constitue qu’une pause historique.

Pour une bon résumé des solutions du moment :

http://www.objectifliberte.fr/2008/09/paulson-plan-2.html

Bien à vous,

Philippe BENSAC


#14558
Capitalisme éthique ! L’Etat juge mais ne participe pas à l’activité. - B. Javerliat - 3 novembre 2008 à  12:38

Nicolas SARKOZY, au nom de l’Etat et donc de nos contributions fiscales, n’a pas souhaité prendre de participation dans les banques mais, au contraire, punir les banquiers en les garantissant moyennant un intérêt de l’ordre de 8% l’an selon le taux ressortant de l’application mathématique instituée dans son plan.

Vous êtes comique, vous ! En quoi cela punit-il les banquiers ? D’ou provient l’argent prêté aux banquiers ? Vous ne savez pas ? En tout cas pas des deniers de l’Etat, qui est en faillite selon votre premier sinistre, mais d’un emprunt à 4% aupres de financiers privés... donc des banques ! Les banques ont réussi l’exploit de se faire refiler de l’argent qu’elle ont auparavant prêté à l’Etat ! C’est pas beau, ca ? De plus, les banques ne remboursent que les intérêts (8 - 4 = 4%), le capital étant censé être restitué au terme du prêt. Que se passera-t-il si les banques ne peuvent (ou ne veulent) pas restituer ce capital ? Elles feront un nouveau prêt à l’Etat pour qu’il leur prête l’argent du capital dû ? C’est que vous ne comprenez vraiment rien ou que vous le faites exprès ?

En aucun cas, l’Etat ne doit participer à l’activité. Sinon, quoique vous en disiez, vous recollectivisez le système financier donc l’entreprise. Et il n’en est pas question.

Qu’est-ce qui vous permet d’être si péremptoire (il n’en est pas question) ? Gordon Brown ne l’a-t-il pas fait en Angleterre en entrant dans le capital des banques renflouées ? Etes-vous stupide au point de ne pas comprendre que banquiers retomberont dans les même travers (des travers pour nous, mais des objectifs pour eux) si personne n’est là pour les contrôler ? L’épisode tragi-comique de la Caisse d’Epargne et ses 700 millions “perdus” ne vous pose pas question ?

N’est-ce pas votre Président adoré qui a déclaré, à propos de France Télévision, que le fait que l’Etat soit le premier bailleur de fonds de la télévision publique, ça lui donnait un droit de regard sur la gestion et les programmes des chaines ? Ce qui serait bon pour l’un serait mauvais pour l’autre ? Faites au moins preuve de cohérence, à défaut d’honneteté intellectuelle.

#14559 | Répond au message #14558
Capitalisme sans éthique et l’Etat toc - Mister K - 3 novembre 2008 à  14:36

Nicolas SARKOZY, au nom de l’Etat et donc de nos contributions fiscales, n’a pas souhaité prendre de participation dans les banques mais, au contraire, punir les banquiers en les garantissant moyennant un intérêt de l’ordre de 8% l’an selon le taux ressortant de l’application mathématique instituée dans son plan

Nicolas Sarkozy n’a certainement pas voulu punir les banquiers. Les banquiers ont négocié avec le chef de l’état, quelque chose qui soit, au pire, neutre pour leur activité. D’ailleurs, il n’y a pas lieu de punir qui que ce soit. C’est la communauté financière toute entière qui est à blâmer mais aussi les états qui ont laissé faire. Et il n’y a aucune raison de punir les banquier français. Au contraire même, si Nicolas Sarkozy a souhaité que l’état intervienne, c’est pour protéger les banques françaises des distorsions de concurrence engendrées, par exemple, par la participation du Royaume-Uni au capital des banques britanniques. Bref, il ne faut pas faire passer des vessies pour des lanternes.

Quand au taux de 8% qui peut surprendre, il n’est en rien élevé. Pour prêter ces sommes, l’état à certainement emprunté à des taux oscillants entre 2.5 et 3.5%. Les banques prêteront ces sommes aux taux du marché soit entre 5 et 6%. Et ces sommes ne seront pas prêtées d’un seul coup. En attendant, elle rapporteront potentiellement aux banques entre 6 et 13% (au pire, c’est du 3.5%, mais je n’y crois pas trop !). Clairement, les banques ne sont pas punies du tout...

En aucun cas, l’Etat ne doit participer à l’activité. Sinon, quoique vous en disiez, vous recollectivisez le système financier donc l’entreprise. Et il n’en est pas question.

Cela, c’est tout sauf de l’économie. Pour moi, c’est de la pure idéologie. Quand au mot "recollectiviser" concernant la finance, il fait sourire...mais on reconnait bien là, la signature inimitable de Philippe Bensac. Dites à nos amis anglais qu’ils ont "recollectivisé" le système financier, je pense qu’ils sauront vous répondre.

Clairement, Sarkozy a fait un choix idéologique, il ne voulait pas que l’on dise que la France rentrait même partiellement dans le capital des banques (ce qui de plus n’est absolument pas une nationalisation d’ailleurs...). Il a donc créé sa propre impuissance. Il a beau jeu maintenant de houspiller les banques qui ne prêtent pas assez aux PME...il s’agit là d’un pur exercice de communication à destination du grand public. Il n’a aucun levier réel sur les banquiers à part celui de les convoquer à l’Elysée, ce qui doit bien les faire sourire. Tout cela, c’est de la comédie.

#14562 | Répond au message #14558
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 3 novembre 2008 à 09:05

C’est vrai que l’attitude des porte-flamme du libéralisme économique est pathétique. A bien des égards, elle fait penser ces personnes (ces fameux hommes et femmes de bonne volonté) qui ont cru en l’idéal communiste, et qui ont toujours refusé, jusqu’à la chute du mur de Berlin et l’effondrement soviétique, d’admettre qu’il ne produisait que des dictatures. Certains refusent toujours, d’ailleurs, vous explicant que s’il n’avait pas été accaparé par des fous ou des dictateurs, le communisme aurait réalisé le bonheur sur terre. Bref, qu’il serait possible d’imaginer un "communisme éthique".

Le libéralisme économique est aujourd’hui une dictature planétaire. La seule et l’unique. La "crise des subprime" actuelle en est peut-être son "mur de Berlin". Elle plonge les défenseurs du libéralisme économique dans le même désarroi : leur idéal s’effondre. On peut croire Ph Bensac sincère quand il dit qu’il se « réclame (du libéralisme) selon la définition de Benjamin Constant issue de l’humanisme des lumières ». On peut le croire sincère quand il dit qu’il réfute le « capitalisme de thésaurisation ou de spéculation insolvable, deux formes de destruction d’emplois, de richesses non partagées et de dévalorisation socio-économique » Il considère qu’il s’agit d’une simple dérive du libéralisme économique, qu’il est possible de corriger. A l’instar des communistes, il mélange cause et effets, et refuse d’admettre que l’asservissement des peuples est l’essence même du capitalisme. L’admettre serait renier une vie de militantisme.

Mais le capitalisme sera plus difficile à combattre que le communisme. Quand les peuples se révoltaient à Prague ou en Hongrie, les communistes envoyaient les chars. Les chars du capitalisme, c’est les milliards déversés sur les banques par les Etats, à la seule et unique fin d’essayer de faire perdurer le système. Et il y a de grandes chances que les banquiers y parviennent, les milliards étant beaucoup plus puissants que les chars.

Mais cette crise, en dehors des effets destructeurs qu’elle va produire, peut être salvatrice. Elle doit nous permettre de prendre conscience, et de comprendre les mécanismes et les fins du libéralisme économique. Les comprendre est la seule chance de pouvoir les combattre.

Internet est actuellement un outil puissant de diffusion du savoir. Dire qu’on ne sait pas ou qu’on ne comprends pas n’est plus possible. Seulement, ça prend du temps, et il faut vouloir. Partout, en cherchant bien, on peut trouver des ressources pour comprendre. J’avais mis il y a quelques temps un lien vers une video maintenant célèbre sur le web qui explique très clairement le mécanisme de création des richesses virtuelles par le capitalisme : l’Argent-Dette. Si vous ne l’avez pas fait, regardez-là. Lisez aussi les commentaires du forum, c’est enrichissant. En cliquant sur les liens, vous découvrirez un autre site : Bankers, contraction de "banker" (banquier en anglais) et "gangster". C’est une mine. On y trouve entre autre cette citation de Rothschild :

Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois.

Ainsi que la célèbre phrase de Kenneth Boulding :

Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut continuer à jamais (infini) dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.


#14555
Capitalisme éthique ? - B. Javerliat - 3 novembre 2008 à  13:01

Une compilation de videos sur le crack boursier : http://www.dailymotion.com/playlist/xnhqg_Sumermind_crack-boursier

#14560 | Répond au message #14555