Moutons noirs

mardi 9 décembre 2008 à 23:20, par bombix

Du véritable ennemi des moutons

Moutons noirs
« J’ai entendu conter que les moutons que l’on mène à la capitale pour y être égorgés meurent de chagrin dans le voyage, s’ils ne sont pas accompagnés par leur berger ordinaire. Les choses sont ainsi par la nature, car il est vrai que le berger pense beau­coup aux moutons et au bien des moutons ; les choses ne se gâtent qu’à l’égorgement ; mais c’est chose prompte, séparée, et qui ne change point les sentiments.

Les mères brebis expliquent cela aux agneaux, enseignant la discipline mouton­nière, et les effrayant du loup. Et encore plus les effrayant du mouton noir, s’il s’en trouve, qui voudrait expliquer que le plus grand ennemi du mouton c’est justement le berger. »

Alain, 1923 [1]
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Police spectacle, presse complice

« Vingt interpellations, dix gardes à vue, 150 policiers mobilisés : le gouvernement a frappé fort contre un groupuscule qui serait responsable des attentats sur le réseau TGV.  »

Libération, 12 novembre 2008.

« Sur les neuf personnes interpellées le 11 novembre à Tarnac, il n’en reste que deux en détention provisoire. : Julien Coupat, 34 ans, présenté comme le chef du groupe, et son amie Yldune, 25 ans. Tous deux comme Gabrielle H. , sont soupçon­nés d’avoir commis des dégradations sur des voies ferroviaires. »

Le Monde, 04 décembre 2008

Résumons : des « attentats sur le réseau TGV », on est maintenant passé à « des dégradations sur des voies ferroviaires ». Et de la responsabilité, on est passé au simple soupçon. Le journal Libération et une bonne partie de la presse française se seraient honorés de ne pas avoir servi d’agence de communication au ministère de l’intérieur après les arrestations du 11 novembre ...
Une presse aux ordres, sans distance critique aucune, c’est cela aussi la maladie de notre « démocratie ». On va y revenir.

Du terrorisme en Sarkozie : état des lieux

La France sarkozyste, qui va avoir fort à faire avec la crise qui croît et embellit, crise dont les causes sont à chercher dans les failles d’un capitalisme débridé dont on nous chantait il n’y a pas si longtemps toutes les vertus, a donc entamé une croisade contre le « terrorisme ». A défaut du vrai terrorisme, avec bruit, sang et fureur, on se contentera pour l’instant de celui que l’on a, à savoir le « terrorisme idéologique ».
Michele Alliot-Marie, nous apprennent les journaux, est persuadée depuis plusieurs mois que « l’affaiblissement à droite comme à gauche des partis politiques qui permettent d’exprimer des frustrations sociales se traduit par l’apparition de mouvement radicaux et violents. » On se prend ici à rêver : et si l’affaiblissement des partis politiques qui ne font que permettre d’exprimer les frustrations sociales était l’occasion de voir émerger une force politique qui aurait pour objectif de diminuer ces frustrations, en s’attaquant à la question sociale, justement ...
En attendant , quelle aubaine ! En Sarkozie, on avait justement besoin d’un ennemi. Le voilà bien identifié.
Ennemi d’abord en ceci qu’il pense mal. Ennemi parce qu’il pense. Tout court. Toujours dans les colonnes du Monde, on apprend que la place Beauveau enquête sur « l’ultra gauche » depuis des mois. Dans une réunion qui réunissait le 26 novembre des patrons du CAC 40 membres du club des directeurs de la sécurité des entreprises (CDSE) le sous-directeur de la protection économique à la direction centrale du renseignement intérieur, Gilles Gray, évoque «  une philosophie qui se développe en Europe  ».
L’interpellation des neuf de Tarnac est « un message fort adressé à ceux qui auraient des velléités de commettre des actes semblables » On pensait que dans une démocratie digne de ce nom, une action de police était censée réprimer des actes délictueux. Or pour l’instant, la police et la justice n’ont aucune preuve. Qu’importe, puisque ce qui est important, c’est de « délivrer un message. » Car ce que savent la ministre et ses flics, c’est que le terrorisme débute quand on commence à lire, à penser, à parler, voire à écrire. Voilà le vrai crime. Celui que dénonçait, d’ailleurs, dans les forums de l’Agitateur le sarkozyste Philippe Bensac, adjoint au maire UMP de la ville de Bourges, au diapason de la paranoïa ambiante. [2]
Ce dérapage est au demeurant intéressant à titre de symptôme. Il indique que pour un sarkozyste bon teint, le terrorisme commence avec les mauvaises pensées. Mieux vaut prévenir que guérir. Au nom de ce sain principe de précaution, va t-on bientôt organiser une purge dans les bibliothèques ? Désigner les bons et les mauvais auteurs ? Faudra-t-il bientôt repérer les lecteurs [3] ? Puis finalement éliminer les livres, comme dans le roman prophétique de Ray Bradbury, Farenheit 451 ? Car toute oeuvre de l’esprit porte en elle le danger de la négation. Penser, c’est dire non, disait Alain, pour le citer encore.
Dans Libération [4], Giorgio Agamben énonce fort justement les conclusions qu’on peut tirer à partir de cette ténébreuse affaire : « La seule conclusion possible ... est que ceux qui s’engagent activement aujourd’hui contre la façon (discutable au demeurant) dont on gère les problèmes sociaux et économiques sont considérés ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien même aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clarté qu’aujourd’hui, dans de nombreux pays européens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu’on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques et qui n’ont rien à envier à celles qui étaient en vigueur en Italie pendant le fascisme. »

Julien Coupat est dorénavant désigné comme le chef de la bande, et, pour cela, est maintenu en prison. Il se trouve qu’il est aussi l’auteur présumé d’un petit livre, L’insurrection qui vient, publié par La Fabrique en 2007. La question qui se pose est donc celle de savoir si Coupat risque vingt ans de tôle parce qu’il est un criminel, ou parce qu’il a écrit un livre. Et puisqu’en France, le délit d’opinion existe de nouveau, il est instructif de se pencher sur l’objet du délit. Un livre qui intéresse et excite Sarkozy et ses flics à ce point ne peut pas être tout à fait mauvais.

L’insurrection qui vient

On peut lire sur le site internet de l’éditeur de L’insurrection qui vient la mention suivante :

« Manuel du parfait petit saboteur » (Marianne), « bréviaire anarchiste » (Libération), « manuel de l’insurrection » (Le Parisien) : L’Insurrection qui vient a les honneurs de la presse, ces jours-ci. Pourtant, lors de sa parution en mars 2007, cette presse avait été des plus discrètes, ce qui ne nous avait pas étonnés : nous avons l’habitude. [...] Aujourd’hui, L’Insurrection qui vient est citée dans tous les articles sur « la cellule invisible », ses méfaits et ses membres supposés. On aurait pu espérer que les journalistes prendraient le temps de lire ce petit livre de 128 pages, mais ce sont des gens pressés : il est plus rapide et moins dangereux pour leur carrière de reprendre sans état d’âme excessif les communiqués de la police. Ceux qui ont lu le livre savent qu’il ne s’agit ni d’un manuel ni d’un bréviaire, mais d’un texte d’une originalité et d’une hauteur de ton exceptionnelles.

Concernant la presse, celui qui a écrit ces lignes n’a rien exagéré. Après avoir lu le bouquin de Coupat/Comité invisible, on pourra par exemple se reporter à «  l’article » paru dans Libération du 13 novembre 2008 pour se faire une idée de l’inféodation de la presse française en général, y compris de gauche, au pouvoir sarkozyen.

Hélas pour la petite clique des valets plumitifs, quiconque en a le désir peut se reporter directement à la source – ici en l’occurrence le texte dont il s’agit — pour se faire sa propre opinion.
J’ai donc lu l’Insurrection qui vient, et vous pouvez faire de même puisque le texte est disponible entéléchargement. A défaut d’être originale, la prose de Coupat/Comité invisible est néanmoins de qualité. Ce disciple de Debord écrit bien, et dit souvent des choses justes. Beaucoup des constats qui sont dressés sont parfaitement exacts. Mais on peut y lire d’énormes sottises aussi. Ce mélange de vérités et d’erreurs manifestes, voire d’affirmations scandaleuses [5], n’est d’ailleurs pas ce qui est le moins troublant dans ce petit livre.

Le point de départ est un refus, le refus de la présente organisation sociale. Puis sont déroulées les conséquences que ce refus implique : l’appel à la révolte, et l’examen des moyens pour la mener.

Les enfants de Debord

Comme chez leurs aînés « situs », on sent chez Coupat et ses copains une jubilation qui naît du fait même de la révolte. L’insurrection est belle en elle-même et pour elle même. Aucune téléologie ne la justifie. La révolte n’est plus le passage obligé mais temporaire au moyen duquel un ordre social s’effondre pour permettre l’émergence d’un nouvel ordre [6]. La révolte est la négation de tout ordre. L’insurrection en elle-même et pour elle-même est le seul type d’action imaginable pour nous qui vivons la « fin de l’histoire », qui est aussi la fin du politique. L’insurrection est donc le moyen de faire encore de la politique quand le politique a fait faillite. Voilà l’enseignement des émeutes modernes, et singulièrement des émeutes de banlieues en décembre 2005. Le livre s’ouvre d’ailleurs sur leur rappel : «  Toute cette série de frappes nocturnes, d’attaques anonymes, de destructions sans phrases a eu le mérite d’ouvrir à son maximum la béance entre la politique et le politique. Nul ne peut honnêtement nier la charge d’évidence de cet assaut qui ne formulait aucune revendication, aucun message autre que de menace ; qui n’avait que faire de la politique. Il faut être aveugle pour ne pas voir tout ce qu’il y a de purement politique dans cette négation résolue de la politique. »

Fort bien. Le problème à partir de là consiste à montrer comment faire durer ce qui ne peut être que transitoire. Car la transgression d’un ordre social s’achève toujours soit par l’émergence d’un nouvel ordre, soit par le retour à l’ordre ancien, souvent pire. La réaction thermidorienne n’est pas un accident de l’histoire ; elle est inscrite dans la logique des révolutions. Coupat/Comité invisible en est bien conscient puisqu’il écrit : « La question, pour une insurrection, est de se rendre irréversible. L’irréversibilité est atteinte lorsque l’on a vaincu, en même temps que les autorités le besoin d’autorité, en même temps que la propriété le goût de s’approprier, en même temps que toute hégémonie le désir d’hégémonie. »
Seulement il ne nous dit pas comment on arrive à ce résultat. En l’absence, on est donc en droit de supposer que L’insurrection qui vient est une oeuvre littéraire avant d’être un manifeste politique. Un livre où l’on rêve l’histoire, au lieu de la penser. Et puisqu’il s’agit de rêver, l’auteur ne se prive pas d’user des moyens du rêve que sont l’analogie, la généralisation hâtive, les rapprochements indus [7]. Un critique du livre [8] nous semble viser juste quand il écrit : « Ce ton affirmatif et pourtant approximatif joue avec la généralisation. Mais il ne le fait pas du point de vue de l’histoire, mais du point de vue d’un quotidien à revisiter. La généralisation ici est justement la part historique vue à travers l’angle du quotidien. C’est exactement le point de vue dominant : ne plus comprendre ce que l’histoire a de fondamentalement différent du quotidien, prôner une révolte qui s’installe dans le monde bâti autour d’un quotidien.  »

En somme il y a tout lieu de croire qu’en refusant tout ce qui rappelle une médiation – organisation, vote, représentation, etc. — bref tous les moyens nécessaires pour installer le changement dans la durée – on renforce le règne actuel et sans partage de l’immédiateté, et l’aliénation qui en découle. S’il y a une critique juste de certaines formes de représentation, elle n’autorise pas le rejet a priori de toute représentation. D’autant que paradoxalement, quiconque parle, ou mieux écrit, même le poète ou le prophète, généralise, use de la représentation, ne présente jamais « une fleur » mais parle nécessairement toujours de « l’absente de tous bouquets ».
Ces critiques n’ont guère de chance de désarçonner un situationniste pour qui un texte est moins la trace d’une recherche spéculative, qu’un appel à l’action au moyen de laquelle il éprouve, affirme et intensifie le sentiment qu’il a de la vie, de sa vie. S’il faut donc critiquer L’insurrection qui vient, ce n’est pas dans les failles logiques de son argumentation. Qu’importe la logique et qu’importe l’argumentation ! Les émeutiers de 2005 n’avaient pas besoin de ce livre pour se mettre en mouvement. Et ce livre atteint sa vérité quand il retourne au silence dont il est né et vers lequel il tend. Chez les « autonomes de l’ultra gauche [9] », on ne parle pas pour s’expliquer, se convaincre et finalement se décider. On « palabre » pour agir. La palabre est en elle-même une forme de l’action et ne se justifie qu’en tant que telle.

« Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. »

On n’aurait pas de mal à montrer que le style de ce genre de texte, les thèses qui y sont défendues ne sont en rien originaux. La prose de Coupat/Comité invisible a une histoire et une géographie. Elle est la digne héritière, au-delà même du situationnisme de Debord, de toute une tradition intellectuelle française née au XXème siècle. Pour qui s’intéresserait à ces généalogies, on renverra à l’ouvrage déjà ancien mais toujours essentiel de Vincent Descombes, Le même et l’autre [10], lequel désigne précisément l’interprétation kojevienne [11] de la philosophie hégélienne comme le moment où se renversent les rapports du discours et de la violence – le discours philosophique n’étant plus censé faire digue à la violence mais devenant son vecteur.

Il n’y a là rien moins qu’une forme de nihilisme, c’est vrai. On peut le déplorer. Il serait peut-être plus utile de s’interroger sur les causes de son émergence. Le nihilisme, comme phénomène culturel, lui non plus n’est pas nouveau. Il naît dans la Russie de la fin du XIXème siècle. Le nihilisme n’a qu’une seule cause : le désespoir. Le nihilisme advient quand grandit le sentiment qu’il n’y a plus d’issue. La « fin de l’histoire » ne date pas d’hier. On peut lire dans les carnets de Dostoïevski, alors qu’il prépare son grand roman Les Possédés (1872), cette description de Netchaëv, le plus célèbre nihiliste russe : « L’idée principale de Netchaëv est de tout raser, c’est la première chose à faire et la plus nécessaire. » « Le principe de Netchaëv, son mot nouveau, est de soulever enfin la révolte, une vraie, et plus il y aura de troubles et de désordres, de feu et de traditions écroulées, mieux cela vaudra.  » Et Dostoïevski d’ajouter, proposant une distinction dont Camus se souviendra : « Netchaëv n’est pas un socialiste, mais un révolté. » [12] Le socialiste se propose de faire la révolution. Le révolté s’en tient à sa révolte nue dont il craint toujours qu’elle ne lui soit volée et récupérée pour reconstituer l’ordre oppressif qu’il a combattu.

On ne tranchera pas dans ce débat. On ajoutera simplement que si le nihilisme naît sur le terreau fertile du désespoir, les responsables politiques seraient alors bien inspirés de prendre des mesures pour endiguer ce désespoir.

Après les émeutes de 2005, le gouvernement de droite où siégait Sarkozy promit des mesures enfin efficaces pour combattre le sentiment justifié de relégation et d’abandon dont souffraient et souffrent encore les habitants de ces quartiers. Où en est-on aujourd’hui ? Yasid Sabeg, qui préside le comité d’évaluation et de suivi de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) déclairait au Monde le 12 novembre 2008, c’est à dire le lendemain de l’arrestation des neuf de Tarnac : « Le gouvernement n’a pas vraiment de politique, elle n’est qu’une succession d’avatars. La rénovation urbaine en est un exemple. Alors qu’elle est mise en avant comme une priorité fondamentale, elle vient d’être sacrifiée [...] c’est l’attitude de l’Etat qui est problématique : il se désengage des politiques de développement urbain depuis des années. S’il y a un domaine où il faut plus d’Etat, c’est bien celui-ci. A l’Etat d’être porteur de l’intérêt général, de combattre la séparation spatiale croissante entre populations, de veiller à une juste allocation des ressources [...]La dislocation sociale qui en résulte constitue un vrai trouble à l’ordre public. De ce point de vue, nous n’avons pas tiré les leçons des émeutes de 2005. La relégation territoriale, la séparation spatiale des communautés, les difficultés d’accès aux droits fondamentaux comme l’éducation ou l’emploi, la transmission des inégalités sur plusieurs générations atteignent des proportions insupportables. Avec l’invisibilité des minorités dans le champ de la représentation, la révolte va s’inscrire dans le paysage français. On ne peut pas dire aux jeunes des quartiers "on a un plan" et manquer à la parole donnée. »

Voilà. Tout est dit ou à peu près. A l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends que des émeutes ont éclaté à Athènes, dans des circonstances assez semblables à ce qui s’est passé en France en 2005. Preuve s’il en fallait que le problème n’est pas résolu et qu’il n’est pas spécifiquement français.

Epilogue

« Le drone qui, de l’aveu même de la police, a survolé le 14 juillet
dernier la Seine-Saint-Denis dessine le futur en couleurs plus franches que toutes les brumes humanistes. Que l’on ait pris le soin de préciser qu’il n’était pas armé énonce assez clairement dans quelle voie nous sommes engagés.
 »

L’insurrection qui vient

« Tout s’est bien passé. Aucun fait grave n’est venu entacher le Printemps de Bourges. Jean-Paul Bisiaux, le directeur départemental de la sécurité publique du Cher, respire [...] « La trentaine de caméras de surveillance qui scrutent la ville nous ont bien aidés. Tout comme l’hélicoptère de la gendarmerie qui a permis d’avoir une vision des mouvements de foule et du dispositif de sécurité ». Seul problème : l’Ecureuil, qui survolait le centre-ville à basse altitude, n’a pas fait dans la discrétion, au grand dam de Berruyers gênés jusqu’à 4 h du matin par le bruit des pales. » (souligné par nous)

La Nouvelle République, Le printemps dans la ville sans fausse note grave, 21 avril 2008.

[1Éléments d’une doctrine radicale. 165 propos écrits de 1906 à 1914 et de 1921 à 1924. Paris : Librairie Gallimard, 1933, 4e édition. Collection “Les documents bleus” no 24

[2Alors que j’avais cité Surveiller et punir de Michel Foucault, celui-ci déclarait : « Bombix ... seriez vous membre de l’ultra gauche ? Il est vrai que les attaques incessantes sur l’agitateur contre le TGV pourraient le laisser penser. Plus sérieusement, faites attention à ne pas déclencher, par vos exortations de plus en plus nihilistes, des comportements extrêmes indignes [...] vos écrits ont une portée qui vous échappe. J’en appelle à votre sens de la responsabilité.  » Pour Bensac, il suffit donc de citer un philosophe critique qui interroge le système carcéral dans des textes théoriques, pour d’une part faire partie de l’ultra gauche, d’autre part porter une responsabilité dans les crimes terroristes. Quelle malhonnêteté ! Tenter de faire croire que le rappel des mensonges de Serge Lepeltier — qui a fait du passage du TGV à Bourges le thème principal de sa campagne électorale alors qu’il n’avait aucune assurance à ce sujet — peut être assimilé, grâce à la pratique écoeurante de l’amalgame, à des « attaques » vis à vis du TGV. Mieux : des attaques terroristes ! Ces propos et ces méthodes jugent Bensac. Définitivement.

[3Espèce en voie de disparition, et qui va subir de nouvelles et graves pertes dans ses rangs après la mise en place de la réforme de l’enseignement Darcos. Pour l’heure, Sarkozy concentre ses efforts sur la télévision qu’il entend maîtriser, en réinventant l’ORTS (Office de radio-télédiffusion sarkozyenne).

[4Terrorisme ou tragi-comédie, Giorgio Agamben philosophe italien, Libération, 19-11-08 « Giorgio Agamben est sans doute aujourd’hui l’un des penseurs les plus lus au monde. Son oeuvre foisonnante traite à la fois de linguistique et de philosophie politique. On le connaît surtout pour ses analyses subtiles et féroces de ce que Michel Foucault appelait le "biopouvoir", c’est-à-dire la manière dont le pouvoir s’insinue dans les corps pour s’emparer de la vie même de ceux qu’il gouverne. Agamben entend lui résister. » Extrait d’une notice du Monde, 28.11.2008

[5Comme par exemple une incitation à brûler les écoles (p. 22) ; injonction au demeurant contradictoire en qu’elle émane d’un ancien très bon élève... Comme par exemple encore la fascination pour l’action violente pour l’action violente : à la suite de quelle perversion de l’esprit peut-on essayer de faire passer pour des héros trente types qui tendent un guet-apens à deux policiers isolés (p. 117)

[6Supposé meilleur !

[7Bassora n’est pas la Courneuve quand même

[8Dans l’un des meilleurs commentaires de L’Insurrection qui vient que j’aie trouvé sur internet : L’insurrection qui vient, et au-delà

[9Sous réserve que cette dénomination ait un sens ; il semble s’agir moins d’un concept pour désigner une force politique que le nom d’un fantasme de Madame la Ministre de l’intérieur, promptement repris et claironné par la valetaille journalistique.

[10cf. Vincent Descombes, Le même et l’autre, 40 ans de philosophie française, Les Editions de Minuit, 1978

[11Est-ce un hasard si Alexandre Kojève figure parmi le peu d’auteurs cités par L’insurrection qui vient ?

[12Citations extraites du livre de N. Gourfinkel, Dostoïevski notre contemporain, Calman-Levy, 1961, p. 229

commentaires
Moutons noirs - 3 décembre 2009 à 21:13

Les "dix" de Tarnac ont décidé de ne plus respecter les contrôles judiciaires. Dans une tribune publiée par Le Monde, ils déclarent « Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver ». Et d’ajouter : « Ce qui nous est arrivé n’était pas centralement destiné à nous neutraliser nous, en tant que groupe, mais bien à impressionner le plus grand nombre ; notamment ceux, nombreux, qui ne parviennent plus à dissimuler tout le mal qu’ils pensent du monde tel qu’il va. On ne nous a pas neutralisés. Mieux, on n’a rien neutralisé du tout en nous utilisant de la sorte. » Ils risquent la révocation de leur contrôle judiciaire et le retour en prison.

En ligne : Tarnac : "Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires"


#24764
Moutons noirs - 21 décembre 2009 à  18:07

Ils risquent la révocation de leur contrôle judiciaire et le retour en prison.

Non seulement, ils ne retournent pas en prison, mais en plus, leur contrôle judiciaire est allégé, du jamais vu. La justice se rend une nouvelle fois ridicule.

#25045 | Répond au message #24764
Affolante Irène - 28 mai 2009 à 06:51

Le silence de la gauche locale à propos de l’affaire Coupat était jusqu’alors pesant et généralisé. Irène Félix est la première à intervenir sur le sujet : "Je vais encore affoler les aiguilles de certains de mes lecteurs. Mais tant pis (...) Il n’est pas faux de dire que plus le pouvoir s’acharne, plus il donne raison à la théorie d’une classe dominante qui a besoin de terrorisme pour rester acceptable dans une société qu’elle a rendu invivable." Il était temps, Coupat devrant être libéré prochainement. Nul doute que ses collègues de "gôche" vont alors rejoindre le cortège des vierges effarouchées et dénoncer ces 200 jours d’incarcération pour délit d’opinion.


Voir en ligne : Julien Coupat
#23224
Moutons noirs - 12 mai 2009 à 20:25

4e demande de remise en liberté rejetée pour Julien Coupat

Incarcéré depuis la mi-novembre, il clame son innocence et se dit victime d’un dossier monté de toutes pièces pour des raisons politiques. De nombreux comités de soutien ont été constitués.


Voir en ligne : Soutien aux inculpés du 11 Novembre
#23097
Moutons noirs - 28 avril 2009 à 10:52

Curieux article aujourd’hui dans le Berry Républicain. En plein milieu des pages consacrées à Bourges et sa région, un article en pleine page à propos du livre de Marcel Gay sur l’affaire dit des "9 de Tarnac". Article interessant au demeurant, mais, la géographie est formelle, Tarnac c’est pas dans le coin. Et Marcel Gay n’est pas journaliste au Berry Républicain mais à... l’Est Républicain. On ne va pas bouder notre plaisir, pour une fois que le BR publie un article un peu dérangeant pour le pouvoir, mais quand même, ça aiguise la curiosité. Une recherche sur gogole nous apprend que toutes les éditions du groupe "La Montagne", auquel appartient le BR, publient le même article. Tarnac est en Correze, zone couverte par les journaux du groupe, on comprend mieux.

"Le coup de Tarnac"

Le Mot de l’éditeur :

Dans le langage courant un « coup de Jarnac » est un coup porté en traître. Au-delà du rapprochement phonétique, « l’affaire de Tarnac » exprime le malaise que l’on éprouve face à une situation déloyale. Le 11 novembre 2008, la police arrête dans un petit village de Corrèze des individus soupçonnés du sabotage des lignes TGV deux jours plus tôt. Ils sont jetés en prison sous l’incrimination de terrorisme. Des preuves ? Aucune. Des présomptions ? Elles sont fragiles pour l’instant. À l’évidence, l’enquête de police a été ficelée à la va-vite.
Notre contre-enquête jette un doute sur les charges qui pèsent contre les prévenus : des photos manipulées, une revendication en Allemagne ignorée, des enregistrements officiels volatilisés… L’affaire de Tarnac n’est pas un banal fait-divers. Elle symbolise les dérives autoritaires et sécuritaires d’un pouvoir aux abois face à la montée de la contestation et à l’aggravation de la crise économique. La pénalisation des luttes sociales, la criminalisation des mouvements collectifs ne peuvent que conduire à la radicalisation de tous les combats contre l’injustice. Jusqu’à l’insurrection ?

L’auteur :
Marcel Gay, journaliste à L’Est Républicain, chargé notamment de la rubrique judiciaire.

Interview de M.Gay sur France3 Limousin-Poitou-Charentes :

Curieusement, le site web de l’Est Républicain ne contient aucun article sur Tarnac


#23002
Nicolas le Petit - 11 mars 2009 à 09:43

Nicolas Sarkozy est un homme de moyenne taille, […] c’est un personnage vulgaire, puéril, théâtral et vain. Certes, ce cerveau est trouble, ce cerveau a des lacunes, mais on peut y déchiffrer par endroits plusieurs pensées de suite et suffisamment enchaînées. C’est un livre où il y a des pages arrachées. A tout moment quelque chose manque. Nicolas Sarkozy a une idée fixe, mais une idée fixe n’est pas l’idiotisme. Il sait ce qu’il veut, et il y va. A travers la justice, à travers la loi, à travers la raison, à travers l’honnêteté, à travers l’humanité, soit, mais il y va. Ce n’est pas un idiot. […]

M. Nicolas Sarkozy se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu’il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l’ambition.

Alors il ne parle pas, il ment. Cet homme ment comme les autres hommes respirent. Il annonce une intention honnête, prenez garde ; il affirme, méfiez vous ; il fait un serment, tremblez. Machiavel a fait des petits.

Annoncer une énormité dont le monde se récrie, la désavouer avec indignation, jurer ses grands dieux, se déclarer honnête homme, puis au moment où l’on se rassure et où l’on rit de l’énormité en question, l’exécuter. […]

Grâce à cette façon de faire, il a toujours à son service l’inattendu, grande force ; et, ne rencontrant en lui-même aucun obstacle intérieur dans ce que les autres hommes appellent conscience, il pousse son dessein, n’importe à travers quoi, nous l’avons dit, n’importe sur quoi, et touche son but.

Il recule quelquefois, non devant l’effet moral de ses actes, mais devant l’effet matériel.

Dans ses entreprises il a besoin d’aides et de collaborateurs ; il lui faut ce qu’il appelle lui-même "des hommes". Diogène les cherchait tenant une lanterne, lui il les cherche un billet de banque à la main. Il les trouve. De certains côtés de la nature humaine produisent toute une espèce de personnages dont il est le centre naturel et qui se groupent nécessairement autour de lui selon cette mystérieuse loi de gravitation qui ne régit pas moins l’être moral que l’atome cosmique.

Aujourd’hui il en est environné, ces hommes lui font cour et cortège ; ils mêlent leur rayonnement au sien. A de certaines époques de l’histoire, il y a des pléiades de grands hommes ; à d’autres époques, il y a des pléiades de chenapans.

M. Nicolas Sarkozy a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte. […]

Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît […] dans tous les éloges qu’on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clefs bien faites. Tout est là. … Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l’assaisonnait de cette façon. […]


Voir en ligne : D’après "Napoléon le Petit" par Victor Hugo
#22475
Nicolas le Petit - momo - 11 mars 2009 à  11:13

et vous oubliez le principal : il sert d’exutoire à tous les névrosés de la démocratie qui cherchent quotidiennement une raison de la détruire.

Faites vous soigner car le grand soir c’est pour plus tard.

#22477 | Répond au message #22475
Nicolas le Petit - Jean-Michel Pinon - 11 mars 2009 à  13:01

Ce cynisme de l’ultra droite qui donne des milliards d’argent public aux entreprises qui sont - il faut le dire - les premières assistées de France, aura bientôt une fin. Tout le discours électoraliste de Sarkozy s’est écroulé en même temps que la crise, et il en a bien conscience. Il ne reste plus aux utopistes ultra libéraux que le mépris, la haine et leur éternelle connerie. Continuez à agiter des épouvantails pour éloigner la vérité du terrain, continuez à faire peur aux gens, continuez à flatter la démagogie des gens en tenant des discours néo-fascistes et dignes de la France de Vichy. Comme dirait un célèbre poète russe : "Manges des ananas, bouffes des gélinottes, ton dernier jour viendra, bourgeois".

#22478 | Répond au message #22477
Nicolas le Petit - 12 mars 2009 à  09:54

Incroyable comme ce texte, écrit il y a plus de 150 ans, est toujours d’actualité ! On ne le répètera jamais assez :

Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. - Karl Marx

#22481 | Répond au message #22475
Moutons noirs - B. Javerliat - 26 décembre 2008 à 17:19

Julien Coupat reste en prison. Alors que sa remise en liberté avait été ordonnée par un juge des libertés et de la détention, la cour d’appel de Paris, sur demande du Parquet qui représente le Ministère public, vient de désavouer le juge et s’est prononcée pour son maintien en détention. Par la volonté de Sarko, un présumé innocent est maintenu en prison.

Dans le même temps, le même Sarko vient de gracier Jean-Charles Marchiani, ex préfet du Var, jugé coupable de trafic d’influence et condamné à 3 ans de prison.

La simple juxtaposition des faits suffit à décrire l’état de déliquescence dans lequel se trouve notre République depuis l’avènement de Sarko 1er


#19145
Moutons noirs - 16 avril 2009 à  14:42

Julien Coupat, mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » termine son sixième mois de détention.

« Sa détention provisoire se prolonge en dehors des règles de droit , » s’indigne Me Irène Terrel, son avocate. « Il n’a pas de casier judiciaire, les faits qui lui sont reprochés sont des dégradations qui n’ont rien à voir avec du terrorisme. Non seulement aucun élément matériel n’a été retrouvé, pas de trace d’ADN, ni d’empreinte, mais les faits sont revendiqués par d’autres, en Allemagne ! » (Un collectif antinucléaire d’outre-Rhin a, en effet, revendiqué les actions de sabotage et ce dès le 10 novembre.)

La France Sarkozyste n’est donc plus un état de droit.

Voir en ligne : Soutien aux inculpés du 11 Novembre
#22853 | Répond au message #19145
Moutons noirs - B. Javerliat - 17 décembre 2008 à 20:54

L’ultra-hyper gauche de Tarnac a une base arrière en Aveyron : les gastro-terroristes :

Ils n’ont malheureusement pas encore revendiqué la pose des pétards périmés dans les cabinets du Printemps Haussmann


#15650
Moutons noirs - 11 décembre 2008 à 01:39

« Tout s’est bien passé. Aucun fait grave n’est venu entacher le Printemps de Bourges. Jean-Paul Bisiaux, le directeur départemental de la sécurité publique du Cher, respire [...] « La trentaine de caméras de surveillance qui scrutent la ville nous ont bien aidés. Tout comme l’hélicoptère de la gendarmerie qui a permis d’avoir une vision des mouvements de foule et du dispositif de sécurité ». Seul problème : l’Ecureuil, qui survolait le centre-ville à basse altitude, n’a pas fait dans la discrétion, au grand dam de Berruyers gênés jusqu’à 4 h du matin par le bruit des pales. » (souligné par nous)

La Nouvelle République, Le printemps dans la ville sans fausse note grave, 21 avril 2008.

Un grand merci à M. Colling OU comme aurait pu écrire Guy Debord : quand la société du spectacle vient à l’aide de l’état policier... et vice-versa.


#15007
Moutons noirs - B. Javerliat - 10 décembre 2008 à 18:46

Pour en savoir plus, écoutez l’émission de Daniel Mermet "Là-bas si j’y suis"[1] du 10/12/2008 : Une petite épicerie tapie dans l’ombre. Ou comment l’Etat nous a menti avec le complicité des medias.

Ou sur le site de Daniel Mermet : http://media.la-bas.org/mp3/081210/081210.mp3

[1] Là-bas si j’y suis de Daniel Mermet (du lundi au vendredi à 15h sur France Inter) : "Se mêler de ce qui ne nous regarde pas alors qu’on ne nous demande rien".


Voir en ligne : Emissions "Là-bas si j’y suis" de Daniel Mermet, sur France Inter
#14995
Moutons noirs ou la tentation du terrorisme - philippe bensac - 10 décembre 2008 à 15:51

Mon cher BOMBIX,

vous n’êtes pas MALRAUX, loin s’en faut, mais vous avez la même attirance intellectuelle pour le héros anarcho-terroriste et la tentation du terrorisme.

Comme le souligne une thèse sur le sujet :

"le héros devient fasciné par la pratique de l’attentat, il s’éloigne aussi irréversiblement des hommes qui l’entourent. La présence permanente de la mort à ses côtés le libère paradoxalement des angoisses éprouvées par d’autres héros et lui donne un pouvoir illimité sur ses victimes. La tentation naît alors, car la métamorphose qui se produit en lui aboutit à faire de l’attentat un défi contre la création entière."

Fondamentalement différent du reste des personnages, le terroriste est en réalité l’illustration de valeurs singulières et parfois très influencées par la pensée nietzschéenne."

Attention, vous êtes sur une pente savonneuse. Une forme de fascisme.

Vous tentez de justifier des actes pouvant déboucher sur l’homicide par l’assimilation farfelue de la France à un Etat policier.

Je dénoncerai systématiquement cette manipulation grossière.

Par contre, il existe, et vous le savez bien, une autre forme d’anarchisme, positif et émancipateur de la condition humaine, celui qui consiste à limiter le poids de l’Etat dans la société, le libéralisme.


#14992
Moutons noirs ou la tentation du liberalisme - B. Javerliat - 10 décembre 2008 à  18:25

assimilation farfelue de la France à un Etat policier

Et ça c’est de l’assimilation farfelue à un Etat policier ?
- 28/11/2008 : Interpellation musclée d’un journaliste au petit matin à son domicile, menotté devant sa famille. Deux fouilles au corps.
- 19/11/2008 : Descente des stups dans une classe d’un collège du Gers avec lâcher de chien et fouille au corps d’une ado de 13 ans.
- 11/11/2008 : Prise d’assaut d’un village du Limousin par 150 gendarmes pour interpellation d’une dizaine de personnes devant toute la presse prévenue à l’avance de l’opération. Tous relachés sauf 2 qui restent à ce jour emprisonnés sans aucune preuve les reliant à la destruction de caténaires de TGV.

Dans le même mois, R. Dati trouve que le bon sens impose de pouvoir emprisonner des enfants de douze ans et F. Lefebvre veut détecter la délinquance dès l’âge de 3 ans.

Je dénoncerai systématiquement cette manipulation grossière.

Moi aussi, voyez-vous, je dénoncerai systématiquement toute manipulation intellectuelle qui voudrait faire croire que le liberalisme est émancipateur de la condition humaine.

#14994 | Répond au message #14992
Le bensacisme - Mister K - 10 décembre 2008 à  20:40

M. Bensac,

que vous ayez totalement déliré suite à la perquisition du 11/11/08 et les aberrations médiatiques qui ont suivi, en assimilant ces actes de pseudo-terrorisme et des articles de bombix était déjà complètement outrancier et honteux.

Que vous persistiez, plus de un mois après montre que vous êtes totalement fou ou d’une malhonnêteté abyssale.
Je vous cite :

vous n’êtes pas MALRAUX, loin s’en faut, mais vous avez la même attirance intellectuelle pour le héros anarcho-terroriste et la tentation du terrorisme.

Attention, vous êtes sur une pente savonneuse. Une forme de fascisme.

Vous tentez de justifier des actes pouvant déboucher sur l’homicide par l’assimilation farfelue de la France à un Etat policier.

Là, on est clairement dans la diffamation, vous ne croyez pas ? Je vous rappelle que vous êtes un élu et que l’on ne s’attend vraiment pas à ce qu’un élu se comporte comme un pilier de bar. Là, c’est exactement ce que vous faites. Vos airs de pseudo-intellectuel ne trompent personne : vous êtes un idéologue de la pire espèce, un imposteur, un bouffon. J’espère que le Bensacisme n’est pas contagieux...et que nous ne choperons pas cette Très Grande Vérole ;-)

#14996 | Répond au message #14992
UMP : les vrais saboteurs du service public des transports, les vrais terroristes de la pensée et dans les actes, les vrais kamikazes libéraux ultra-sectaires - Jean-Michel Pinon - 10 décembre 2008 à  23:28

Qui sont les vrais casseurs ? Qui sont les vrais terroristes ? Qui sont les vrais saboteurs du service public des transports si ce n’est le gouvernement en place et toute sa clique de l’UMP ? Et puis qui fabrique l’ultra gauche (expression complètement débile du gouvernement pour qualifier des gens de gauche qui ne se reconnaissent ni dans la gauche institutionnelle et libérale, ni dans le sectarisme des partis d’extrême gauche trotskistes marxistes, staliniens et autres bestioles préhistoriques) ?

Avec sa politique de merde qui fabrique le désespoir, le sentiment d’injustice et la révolte, l’UMP est hautement responsable de cette soit-disant montée de l’extrême gauche.

Quand je vois la politique de l’Etat en matière de lutte contre les sans papiers et le zèle vichyste de ses bons petits soldats dans le département du Cher et partout ailleurs qui déversent des propos d’une monstruosité absolument insupportable, je me dis que les vrais terroristes de la pensée ou des actes ne sont pas ceux que l’on croit.

Allez je m’arrête je vais finir par glisser sur la pente du terrorisme à force de voir dans quel monde on vit, et quels sont les connards qui nous dirigent et qui veulent nous donner de grandes leçons !

Qu’ils crèvent !

PS : sinon, pour le reste, affirmer qu’un rédacteur glisse sur la pente du terrorisme parce qu’il porte un regard critique tout à fait légitime (et qui mérite au moins l’ironie) sur ce qui semble apparaître comme une manipulation politico-médiatique qui fait pchitt, c’est effectivement diffamatoire, à la fois pour le rédacteur mais aussi pour le webzine.

#15005 | Répond au message #14992
Ils nous vendent des idoles... - Jean-Michel Pinon - 11 décembre 2008 à  08:47

A écouter sur deezer le titre "héros" (ils nous vendent des idoles, nous voulons des héros) du groupe Expérience qui risque très bientôt d’être catalogué dans le genre musical de l’ultra gauche compte tenu de la situation démocratique de ce pays. Achetez ensuite l’album "Nous en sommes encore là," qui est vraiment excellent de nihilisme et qui correspond bien à la couleur d’une partie importante des la France d’en-bas aujourd’hui.

#15009 | Répond au message #14992
Moutons noirs ou la tentation du terrorisme - Alain Grizzly - 12 décembre 2008 à  14:49

Bein voyons !

Attention, vous êtes sur une pente savonneuse. Une forme de fascisme.

Vous êtes bien placés, les idéologues incendiaires de l’UMP, pour donner des cours de fascisme ! Vous savez faire en la matière !

Mais ne nous plaignons pas, pour une fois qu’un de leurs membres dit tout haut, sans se cacher, ce que pense tout bas le reste cette meute de charognards !

Merci Bombix de nous faire découvrir aussi ce genre d’individu, ça renforce nos défences immunitaires.

#15022 | Répond au message #14992
Moutons noirs ou la tentation du terrorisme - bombix - 16 décembre 2008 à  20:20

... le libéralisme

Vous déformez les mots et les concepts Bensac. Comme les gens dont vous défendez les intérêts. J’ai été frappé lors de la conférence de Gérard Filoche dernièrement à Bourges de constater à quel point le travail mené par cet érudit juriste, défenseur du droit du travail et militant, était un travail sur le langage. Avant tout il faut identifier les choses, les êtres et les relations avec les bons mots. Un salarié n’est pas un collaborateur de son patron. Il est dans une situation de sujétion qui empêche une collaboration, laquelle suppose un statut égal des collaborants. Les rapports de classes n’ont rien d’un partenariat social. Le mouvement des entreprises de France qui suppose que tous les acteurs qui y jouent un rôle, salariés et patrons, sont intéressés au même titre à la réussite de l’entreprise (qu’on appelait autrefois une usine), n’est pas la même chose que le Conseil National du Patronat Français, n’induit pas la même représentation des rapports entre patrons et salariés. En pervertissant le langage, vous mystifiez les consciences. Et en mystifiant les consciences, vous asseyez votre domination.

Le premier travail est donc un redressement du langage et des mots. Donc, au sens propre du terme, contrairement à ce que vous affirmez,vous n’êtes pas un libéral, mais un libériste, un partisan du libérisme. Le libérisme est cette perversion du libéralisme qui a trahi les idéaux des auteurs libéraux classiques et qui combine tyrannie politique (dont l’affaire de Tarnac n’est qu’une illustration parmi d’autres) et liberté économique pour les puissants. Et pas plus que le libérisme n’est le libéralisme, la tyrannie n’est le fascisme. Après tout Sarkozy a été élu. Il y a d’autres moyens, plus efficaces, pour en limiter les nuisances, que l’appel à la rébellion gratuite et sans finalité. Vous le savez assez bien. Darcos vient de retirer son projet de loi sur la réforme du lycée avant même que le rapport de force ne s’engage. Ce ne sont pas des bombes qui ont fait échec au CPE, mais une mobilisation pacifique et déterminée. A ce propos, Julliard, le leader étudiant, vient de révéler les soutiens qu’il a reçu de Sarkozy dans cette affaire. Affirmation non démentie par le palais. C’est qu’il y a plusieurs renards dans le poulailler, aux ventres plus ou moins imposants, aux dents plus ou moins acérées ...

Et à propos de terrorisme : tout le monde sait bien que Ben Laden est d’abord et avant tout une construction étatsunienne. C’est bientôt Noël. Ah le charme des soirées familiales au coin du feu ... Comme je connais vos goûts, je ne vais pas vous conseiller la lecture d’André Malraux (encore que pour citer un auteur, il n’est pas inutile de l’avoir lu. Google rend bien service, mais enfin ...), qui fut homme d’action surtout dans ses romans. Regardez plutôt le mignon petit film de Walt Disney, L’apprenti sorcier, dans Fantasia. Belle allégorie des mésaventures de Bush au moyen-orient, en Irak, et en Afghanistan — à la différence près qu’aucun maître ne reviendra pour remettre de l’ordre dans la maison saccagée par un fils de famille, crétin et ex-ivrogne.

#15638 | Répond au message #14992
Moutons noirs - Sébastien Cosson - 10 décembre 2008 à 12:55

Merci beaucoup pour cette analyse de « l’Insurrection qui vient » ; elle complète et affine d’autres que l’on trouve ici et , ou l’on se retrouvera, je crois, sur l’essentiel. L’interrogation de Clarinette me semble légitime mais aucun, pour l’instant, ne s’est clairement situé sur le Comité Invisible. On reste dans un non dit qui me semble très dommage parce qu’on y gagnerait à mon sens en clarté, particulièrement pour en prendre la défense.

Il faut continuer de lutter, et pour cela, ne jamais lâcher sur la liberté d’expression (qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas)


Voir en ligne : http://smcj.free.fr
#14991
Moutons noirs - B. Javerliat - 10 décembre 2008 à 11:24
#14990
Qui en veut à la SNCF ? - bombix - 10 décembre 2008 à 10:59

Le tube de l’hiver : excellent !!!


#14988
Moutons noirs - clarinette - 10 décembre 2008 à 09:18

Merci pour cette analyse... Impressionnant, inquiétant, à l’heure où les émeutes continuent et s’amplifient en Grèce, et où l’on peut craindre la contagion jusqu’ici... (la craindre, ou l’espérer pour certains ?...)

Juste une chose : ce Julien Coupat serait "auteur présumé" de ce bouquin, c’est à dire quoi ? oui ou non ? comment le savoir ? est-ce qu’en fait il serait gardé en détention pour cela ? ... On parle aujourd’hui de l’anniversaire de le Déclaration des Droits de l’Homme : liberté de penser et d’écrire, ici en France ? pardon, en "Sarkosie"...


#14985
Moutons noirs - bombix - 10 décembre 2008 à  10:16

Julien Coupat, pour l’instant, est soupçonné de "dégradations sur des voies ferrés". La qualification de ces faits en actes "terroristes" justifie son maintien en détention provisoire.
Il y a donc bien un lien entre le livre et ce maintien en détention. La police, alertée par le criminologue Alain Bauer, a cru voir dans ce texte les prodromes de la mise en place d’un groupe du type "Action directe".

C’est dans ce contexte que se justifie l’action de la police et les arrestations du 11 novembre.

Pour l’instant, on en est où ? Des membres du supposé "noyau dur" ont été relâchés, ce qui selon l’avocate de Coupat « représente un premier pas fondamental et un désaveu radical de la manière dont cette affaire a été présentée politiquement et médiatiquement »
Car si on a affaire à des « terroristes », pourquoi les relâcher ? Et si ce ne sont pas des « terroristes », pourquoi tout ce cinéma ?

On ne sait pas grand chose du dossier et des éléments à charge précis contre les gens de Tarnac. MAM reconnaît qu’« il n’y a pas de traces d’attentats contre les personnes » (Le Monde 04.12)

Deux précisions encore : l’idée que J. Coupat serait l’auteur de l’Insurrection qui vient est une idée de la police. Le livre est signé du Comité invisible. A partir de là, on a imaginé une « cellule invisible », qui est de l’ordre du pur fantasme.

Le concept d’ « ultra gauche autonome » est aussi une construction du pouvoir et de la police. C’est une façon de nommer ce qu’on ne comprend pas.

En l’état, on ne peut que constater l’extrême faiblesse du dossier, la précipitation absurde du ministère de l’intérieur, l’emploi de procédures qui mettent gravement en cause le fonctionnement démocratique de notre pays, et surtout, surtout, la mise en évidence de complicités médiatiques éhontées, en particulier du journal Libération, qui malgré les efforts qu’il fait aujourd’hui pour rétablir la vérité, a couvert de façon lamentable cette affaire en ses débuts. Sa crédibilité en sera durablement affectée. (Libération, qui avait été créé par Jean-Paul Sartre ...)

Bref, cette affaire montre à l’évidence une démocratie malade, où les lois ne protègent plus les citoyens puisqu’on introduit des « exceptions » qui justifient tout et n’importe quoi, où le travail de l’opinion est le premier souci du pouvoir par une mise en spectacle continuel de son action, même la plus discutable, où la presse ne joue plus son rôle de contre pouvoir mais se découvre complice des pires manipulations.

Voilà la Sarkozie de 2008 ... et ce n’est pas fini, puisque Sarko vient de faire main-basse sur la télévision.

#14986 | Répond au message #14985