Imaginez un matériau quelconque qui possède des caractéristiques qui lui permettent de résister à certaines forces que l’on exercerait sur lui. Un matériau possédant une forte élasticité va plus ou moins se déformer, mais reprendre sa forme dès que la ou les forces que l’on exerce sur lui deviendront nulles. C’est l’exemple du roseau qui plie. Un matériau non élastique ou peu élastique, lui, va rompre ou être définitivement déformé dès le moment que la force exercée sur lui sera suffisamment importante. Pour chaque matériel, on est capable de calculer les cas limites, les contraintes, qui permettent d’avoir une idée des forces que l’on peut exercer sans dommage pour le matériau, de connaître sa résilience. Tout cela sur un matériau uniforme. Mais bien entendu, le matériau peut s’user, se fissurer, se fatiguer, ne plus être homogène. On entre alors dans le cadre de la mécanique de la rupture.
En 2007, quand Nicolas Sarkozy a proposé à tous les français, la rupture, il n’avait certainement pas cela en tête. Pourtant, son matériau à lui, ce sont les français. Par chance pour lui, les français de 2007 étaient bien plus souples, bien plus élastiques que les français de 1980, conditionnés qu’ils avaient été, petit à petit, par le monde forcément merveilleux de l’entreprise et sa doctrine à dominante libérale. Une fois élu en Mai 2007, il a donc pu exercer des pressions économiques et sociales plus fortes qu’il aurait pu le faire 30 ans auparavant, profitant ainsi d’un travail de fond de la société libérale durant cette période. Pourtant, en cette fin d’année 2008, Nicolas Sarkozy serait bien inspiré d’inspecter de plus prêt "son matériau" afin de vérifier qu’il ne lui pète pas à la gueule. Car on sent dans la population française de l’usure, des fissures, de la fatigue. Cette population, qu’il rend de moins en moins homogène à force de pressions diverses et variées, accentuant les écarts entre les plus riches et les plus pauvres, favorisant ouvertement une catégorie de population très aisée tout en stigmatisant les plus pauvres, cette population est de moins en moins prévisible, de moins en moins calculable. Cette rupture que Nicolas Sarkozy avait promis, on la sent de plus en plus proche au sein de la population. Et les fissures ne viennent pas forcément d’ultra-gauche mais peut-être du français tout à fait moyen. Le point de rupture n’a jamais été aussi proche. Nicolas Sarkozy, on le sait, tient ses promesses [1]. Mais il n’est pas certain qu’il maîtrise la mécanique de la rupture...
[1] Enfin, c’est ce qu’il vend
La mécanique de la rupture
- philippe bensac
- 19 décembre 2008 à 15:30
Bonjour Mister K,
connaissez vous la mécanique des fluides ? Si non, je vous conseille le cours en ligne suivant : http://ead.univ-angers.fr/~chaussed/MMC/meca.pdf
Vous pourrez découvrir que le corps social est beaucoup proche de ce spectre que de la mécanique des solides à laquelle vous faites référence.
La sociologie humaine se rapproche ainsi davantage de cette définition "wiki" :
La mécanique des fluides est l’étude du comportement des fluides (liquides et gaz) et des forces internes associées. C’est une branche de la mécanique des milieux continus qui modélise la matière à l’aide de particules assez petites pour relever de l’analyse mathématique mais assez grandes par rapport aux molécules pour être décrites par des fonctions continues.
Elle se divise en statique des fluides, l’étude des fluides au repos, qui se réduit pour l’essentiel à l’hydrostatique et dynamique des fluides, l’étude des fluides en mouvement.
L’étude de la mécanique des fluides remonte au moins à l’époque de la Grèce antique avec Archimède qui fut à l’origine de la statique des fluides.
Aujourd’hui, la dynamique des fluides est un domaine actif de la recherche avec de nombreux problèmes non résolus ou partiellement résolus. Elle utilise systématiquement des méthodes numériques qu’on regroupe en anglais sous le nom de Computational fluid dynamics.
Dans certains problèmes particuliers, faute de modélisation numérique correcte des phénomènes, des modèles réduits sont utilisés. Pour cette raison, et aussi pour présenter des lois empiriques, la mécanique des fluides utilise systématiquement des nombres sans dimensions.
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La mécanique de la rupture
- Militari
- 19 décembre 2008 à 20:49
Non vraiment, Mister K a été vraiment gentil avec Bensac...Bensac, c’est "les habits neufs de l’empereur" revisité : il n’y a vraiment plus que lui pour donner un quelconque crédit à ses propos. Il est "nu"(l) mais ne le voit pas. Franchement, on atteint les sommets du ridicule. Je ne comprends pas pourquoi S. Lepeltier s’est flanqué de ce personnage infatué, ce qui expliquerait peut-être ses dernières initiatives politiques hasardeuses et qui ont viré au désastre (présidence de l’UMP du Cher, candidature sans avenir pour les régionales). En 1968, alors que Sartre pérorait devant des étudiants, l’un d’eux lui cria : "Sartre, sois bref !" . Sartre comprit qu’il n’était plus compris. Que quelqun se charge de dire à Bensac de se taire, il est temps, mais peut-être déjà trop tard pour la droite berruyère qui commence à s’inquiéter de l’avenir que leur promet ce genre de personnage (cf Cosyns et Fromion).
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