Darcos t’es foutu... les lycéens sont dans la rue...
Au-delà du sourire ou du souvenir... que nous arrache cette formule, on peut légitimement se poser la question : pourquoi ce recul de Xavier DARCOS et du gouvernement sur la réforme des lycées ?
Interrogation légitime car c’est au rouleau compresseur et sans tenir le moindre compte des oppositions que les réformes du travail le dimanche ou de l’audiovisuel, par exemple, avancent.
Alors pourquoi ce recul, et en échos, pourquoi cette mobilisation importante des lycéens ?
Sous prétexte d’adéquation entre l’école et la société on fabrique pour les universités des pôles d’excellences à l’américaine. Sous prétexte de performance on réduit de façon drastique les postes d’enseignants.
La réforme proposée ne porte pas sur la façon de former de nouveaux citoyens « bien dans leur siècle », mais sur la façon de « sortir » l’école des responsabilités régaliennes de l’état, pour la livrer toute nue aux exigences du CAC 40…
Autrement dit, prendre à l’échelle de la nation, la responsabilité de former des générations pour lesquelles le rapport à l’entreprise est substitué aux repères civiques.
C’est donc profondément une question de société qui se joue avec ces réformes.
Si la question de l’échec scolaire, de l’accès de tous aux plus hautes études est posée de façon cinglante, si une adéquation entre l’école et l’entreprise est nécessaire, c’est vers l’efficacité des moyens mis en oeuvre, plutôt que dans leur réduction, qu’il faut aller chercher les solutions.
Cette mobilisation ne tient donc pas du folklore lycéen, elle n’avait rien d’évident, on peu même dire qu’il était plus probable dans le contexte ambiant qu’il ne se passe rien ! Et pourtant voici la première grève qui fait reculer le gouvernement Sarkozy !
Certains « experts politologues » que l’on connaît trop vont même à dire dans leur “clairvoyance habituelle” que nous voici revenu au temps de Chirac. Autrement dit que la rupture Sarkozy c’est fini !
Cette analyse n’est selon moi pas plus juste que celle tendant à dire que la France s’enflamme. Mais il serait tout aussi faux de minimiser cette mobilisation.
Elle porte sur le contenu, la qualité même de l’enseignement, sur le devenir du système scolaire. Elle témoigne donc d’une prise de conscience LOURDE de la jeunesse vis à vis du sort qu’on lui réserve. Comment sinon interpréter ce recul gouvernemental ?
En ce sens cette mobilisation est un vrai virage, elle met à nu, face à l’opinion, face à la jeunesse, les véritables intentions du pouvoir sarkosien.
Quelles en seront les implications pour les mouvements à venir comme le maintien de la poste dans le service public ?
Je tiens le pari que nos enfants nous ont fait entrevoir le soleil.