Gestion municipale : Bourges au bord du gouffre
Contrairement à sa promesse électorale, le maire de Bourges Serge Lepeltier (RPR) a annoncé son intention de proposer une augmentation des impôts lors du prochain Conseil Municipal du vendredi 14 décembre 2001, confirmant une rumeur qui circulait dans la ville depuis plusieurs semaines. Les finances de la villes seraient depuis plusieurs mois dans une situation très délicate, mais le maire de Bourges avait choisi le silence pour ne pas compromettre ses chances de réélection. Selon lui, la dégradation spectaculaire de la situation financière de la ville résulterait d’une hausse importante des dépenses de fonctionnement, notamment en raison du coût de la police municipale et de la Maison des associations. Serge Lepeltier évoque également une hausse de l’effectif du personnel municipal et l’importance du coût des primes d’ancienneté. Il devrait faire prochainement état d’une politique d’austérité pour l’année 2002, avec une baisse des dépenses de fonctionnement, une limitation des dépenses d’investissement (abandon du projet de construction d’une piscine), et d’une augmentation des impôts. Du côté de la CGT, le personnel refuse de porter le chapeau : "Il y a des gens, parfois de gros salaires qui sont mis au placard. On en arrivera au troisième directeur technique alors que les deux autres continuent à être payés. Un autre directeur de la prévention-sécurité va être embauché alors que l’autre est au placard... Le budget de fonctionnement est de 608 millions de francs, le personnel représente 256 millions de francs, ce qui fait 42% : on est donc en dessous de la moyenne", expliquent les responsables de la CGT. L’opposition municipale de gauche dénonce quant à elle la gestion financière hasardeuse de Serge Lepeltier : "si la ville était une entreprise, elle serait aujourd’hui devant le Tribunal de Commerce", a ironisé Irène Félix (PS), faisant référence aux déclarations d’intention de l’actuel maire de Bourges qui au moment de sa première élection en 1995 avait dit vouloir "gérer la ville comme on gère une entreprise".