Rompre et se rassembler
Rassembler « la gauche de la gauche », pour faire « front » lors des prochaines élections européennes en juin 2009 : le Front de gauche, lancé dimanche 8 mars par le PCF et le nouveau Parti de Gauche, fondé à l’initiative de J.L Mélenchon et Marc Dolez, tenait meeting vendredi 13 mars 2009, en soirée, au restaurant du Carré d’Auron. En présence de Marc Dolez lui-même, de Francis Wurtz, député européen, et des ténors locaux du PCF, dont Jean-Claude Sandrier.
Rompre avec les politiques libérales des états européens
Un public assez nombreux — composé surtout de militants et de sympathisants communistes — est venu écouter les orateurs à la tribune ce vendredi soir. Le mot d’ordre, c’est Jean-Claude Sandrier (PCF) qui l’énoncera : proposer une politique qui rompe avec le libéralisme dont la crise actuelle, par ses effets sociaux et économiques, montre assez le caractère désastreux, et rassembler, à gauche, autour de ce projet.
Paroles de citoyens et de militants
La soirée s’ouvre avec le témoignage de Hamid, inquiété pour s’être refusé à un prélèvement ADN [1], et relaxé l’après-midi même après la mobilisation d’organisations politiques, de syndicats et d’associations, dont le PCF. En substance, il déclare que le pouvoir actuel ne s’attaque pas seulement aux droits et aux acquis des travailleurs, mais aussi aux libertés fondamentales des citoyens. Qu’en conséquence, défendre ces libertés fondamentales, c’est aussi soutenir les forces politiques qui luttent contre la politique de Nicolas Sarkozy.
Puis la soirée se poursuit avec la prise de parole d’une syndicaliste de MBDA qui égrène les problèmes rencontrés par les entreprises dans le cadre européen, et évoque les difficultés nouvelles des syndicalistes qui travaillent dans un cadre juridique élargi, au sein d’un système de règles hétérogène.
Une autre responsable syndicale, travaillant à la Poste, vient dresser le bilan — sinistre — de la libéralisation de ce secteur, aussi bien du point de vue des conditions de travail des agents (de moins en moins nombreux) que du service rendu au public.
L’intervention des militants locaux s’achève avec la prise de parole d’une jeune femme membre du Mouvement de la Paix, officine communiste, qui rappelle quelques vérités sur l’OTAN et ses finalités, et l’hostilité de son mouvement à cette organisation, à l’heure où la France s’apprête à la réintégrer.
Rompre et se rassembler
C’est alors au tour de Jean-Claude Sandrier de s’exprimer. Le député communiste, Président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée Nationale, expose les motifs pour lesquels il est important de se mobiliser à l’occasion des prochaines élections européennes. Selon J.C. Sandrier, la crise sans précédent que nous vivons, et les mouvements sociaux actuels, montrent assez que le capitalisme est un système en faillite, et qu’il faut, sans plus tarder, construire et proposer un projet alternatif. L’enjeu, martèle-t-il, c’est tout à la fois « rompre », et « rassembler ».
Rassembler la gauche de la gauche ? Pas facile ...
Le NPA a d’ores et déjà signifié sa volonté de faire cavalier seul, et de ne pas s’associer au Front de Gauche, pour les européennes de 2009. Pourtant, une partie de l’organisation de Besancenot, le NPA « unitaire », ne suivra pas pas cette consigne. Le MRC rejoindra-t-il l’initiative du tout nouveau Parti de Gauche et du PCF ? On note dans la salle la présence de J.P. Saulnier, venu en camarade saluer l’ex-socialiste Marc Dolez, ou pour donner un signe politique ?
Une gauche digne de ce nom
Marc Dolez, justement, prend alors la parole pour signifier avec un lyrisme de bon aloi l’importance historique de l’époque que nous vivons, qui, si nous n’y prenons pas garde, pourrait voir « sombrer la République ». Dans ces circonstances, il rappelle la responsabilité des hommes politiques de gauche (une « gauche digne de ce nom ») de relever les défis du temps, et d’abord de rompre avec le « social-libéralisme », de plus en plus « libéral », de moins en moins « social » ...
Il appartient enfin au député européen Francis Wurtz de conclure la soirée. Quatre vingt pour cent des lois votées par le Parlement le sont sous l’injonction de la Commission Européenne. Le destin politique et économique du pays se joue clairement à Bruxelles et à Strasbourg. Dans un discours élégant, précis et savant, F. Wurtz évoque les rouages complexes des institutions européennes et donne, à partir de quelques exemples, une idée de l’impact du travail des députés européens sur notre quotidien.
Dans la salle, on écoute sagement
Dans la salle, pas ou peu de réactions. Les gens écoutent sagement. Ils applaudissent quand un orateur fait une envolée particulièrement réussie. Mais il n’y a pas de débat à la fin du meeting. On ne donne pas la parole à la salle pour que les gens s’expriment. Tout est organisé sous une forme un peu spectaculaire, avec Yannick Bedin comme maître de cérémonie. On sent bien que la parole descend du haut vers le bas. Ce qui a été dit à la tribune n’est pas inintéressant, mais pourquoi ne laisse t-on pas les gens poser des questions ?
Il faut rassembler les troupes pour marcher en ordre serré à la bataille des prochaines élections européennes. Le PCF étale son savoir-faire, indéniable. Mais cela sera-t-il suffisant ? Quelles chances pour ce Front de gauche ? Si le « rassemblement » ne semble pas évident, la volonté de « rupture » l’est-elle davantage ? Dolez a été très longtemps membre du Parti Socialiste. Mélenchon aussi. Mieux, il a appartenu au gouvernement de la gauche plurielle sous Jospin, et restait alors bien silencieux sur les mesures libérales du gouvernement auquel il appartenait. Les communistes eux-mêmes n’ont-ils pas accepté de travailler avec Mitterrand qui a imposé la construction européenne dans sa forme actuelle, avec les conséquences que nous connaissons ?
« On a rien sans se bagarrer ! »
La soirée se termine. Derrière moi, un couple déjà âgé de militants évoquent leur vie au travail et les luttes qu’ils ont menées. La dame parle de la séquestration d’un directeur d’usine lors d’un conflit social. Le monsieur des négociations musclées auxquelles il a participé comme responsable syndical. Une voisine intervient et leur fait alors remarquer la passivité actuelle des « jeunes » ... « Ils leur faudra aller dans la rue, tonne-t-elle, on a rien sans se bagarrer. »
Ne marque-t-elle pas ainsi assez précisément la limite de l’exercice de la soirée qui s’achève ?
Et si on pousse plus loin la réflexion, ne peut-on pas se demander pourquoi il est absolument nécessaire de se rendre aux urnes en juin 2009. Le PCF veut sauver ses élus et se maintenir dans la représentation nationale et européenne. Mais quels intérêts les citoyens ont-ils de légitimer, en participant au scrutin, le jeu des institutions européennes dont le fonctionnement anti-démocratique s’est assez largement manifesté lors de la récente et scandaleuse ratification du Traité de Lisbonne ?
vu sur Libé que Robert Hue crée un nouveau parti pour rassembler la gauche.....
http://www.liberation.fr/politiques/0101601195-hue-lance-le-mup-au-secours-de-la-gauche
j’espère que ça ne génera personne que je préfère en rire....
Je reproduis ci-dessous intégralement un texte paru sur Socialisme maintenant, et reproduis par le site La Sociale. L’équipe de rédaction de La Sociale indique "La pertinence de ces réflexions suffit à justifier leur diffusion et leur mise en discussion.".
En effet.
Bonne lecture, et bonnes conclusions surtout.
1. C’est en ouvrant - verbalement - la perspective d’une rupture avec le capitalisme, ses partis, c’est en préconisant un front et un programme communs que la SFIO, lourdement plombée par son passé colonial, après bien des péripéties, devint sous la houlette de François Mitterrand le nouveau Parti Socialiste.
Le Parti Socialiste d’aujourd’hui est totalement bloqué. Pour se refonder « à gauche » il doit rompre… avec lui-même. C’est impossible. Le Parti Socialiste dirige 21 des 22 régions françaises. Il co-gouverne le pays avec Sarkozy et l’UMP. La SFIO avait peu de militants, notamment des militants syndicaux (FO-FEN), le PS n’en a quasiment plus. D’autant que la FEN a explosé et que FO n’a plus beaucoup de militants… Le PS est devenu, à l’image de toute la social-démocratie européenne, un parti bourgeois. Ni plus, ni moins, même si certains le considèrent encore à travers le filtre d’une histoire idéologisée. La construction européenne qu’il a menée à bien s’est refermée sur lui comme un piège. Le PS n’a plus de marge de manœuvre. Le respect des traités européens vaut programme national.
DSK au FMI, Pascal Lamy à l’OMC, Commission de députés et sénateurs socialistes, communistes et UMP pour « régler la crise économique », Commission sur l’emprunt Roccard-Juppé, etc, etc…
C’est du jamais vu. Nicolas Sarkozy cannibalise le PS en recrutant un maximum de dirigeants.
Evidemment, c’est une politique à courte vue. Le PS est dévitalisé. Une partie de plus en plus importante de ses dirigeants attend un « coup de fil » de l’Elysée.
Le jour où la bourgeoisie aura besoin d’un parti d’opposition, le PS ne sera plus en mesure de jouer ce rôle. Si on considère que l’UMP est le « parti républicain » de la vie politique française, le PS en est devenu un « parti démocrate ». En ce sens Manuel Vals est logique de réclamer un changement de nom.
2. Deux « petits événements » sont intervenus auxquels la plupart des militants n’ont pas nécessairement réagi.
Une vieille canaille néo-stalinienne, André Gérin, député-maire de Vénissieux, s’est dressé de sa petitesse pour alerter salariés et jeunes : le port de la Burqua menace la société et la République ! Evidemment UMP, PS l’ont plébiscité. Stigmatisez, stigmatisez, il en restera toujours quelque chose. La Burqua concerne quelques milliers de femmes en France. C’est regrettable, mais c’est tout. Pourquoi ces cris d’alarme, ces appels à la répression, à la loi (!). Evidemment il s’agit de faire le procès de ces femmes et au-delà de la menace « islamiste ». Sarkozy applaudit.
Au même moment, une fraction de la CGT, avec l’accord tacite des autres syndicats sauf SUD a donc expulsé des centaines d’Africains sans papiers qui occupaient depuis des mois la Bourse du Travail, Boulevard du Temple à Paris .
LO, Emmanuel Terray ont soutenu les « syndicats ». Le NPA a rappelé qu’ il « n’ a pas soutenu cette occupation » de la Bourse du travail par les sans papiers, tout en trouvant que la méthode de leur expulsion « n’était pas acceptable ». Toute « la gauche de la gauche » a soutenu les syndicats. Les matraqueurs. Cette opération a d’ailleurs été approuvée par les médias dans leur ensemble… L’attitude du « NPA » a été jugée « responsable ». Les gens sérieux savent que les bureaux des syndicats ne sont pas faits pour accorder l’aide aux plus pauvres, aux plus démunis… D’ailleurs les sièges des syndicats ne sont pas faits pour les salariés.
Entre la Burqua et les sans papiers, il y a un lien. Ici et là, ce sont des gens se réclamant du PCF, de la gauche de la gauche, qui sont à la manœuvre ! C’est un signe, une honte.
3. Après l’échec de ses listes aux élections européennes, le NPA a rencontré le PG et en quelques minutes a scellé un accord. Pour les travailleurs immigrés ? non ! Pour une campagne commune pour leur régularisation ? non. Les questions en débat étaient sérieuses.
En quelques minutes, ce qui a été refusé pendant des mois par le NPA a été accepté. Un accord de liste commune avec le PG et avec le PCF et un engagement de se désister, au second tour, pour le PS aux régionales !
Le NPA refusait de s’allier avec le PG aux européennes sous le prétexte que le PG et le PCF allaient faire bloc avec le PS aux régionales, et là, hop, c’est fait !
Où est passé le programme anti-capitaliste ?
Où est passée la lutte pour virer N. Sarkozy ?
Soyons sérieux : Nicolas Sarkozy a reçu J. L. Mélenchon à l’Elysée au lendemain des élections. Et même le président a raccompagné le leader du PG sur le perron ! J. L. Mélenchon qui a fait éditer l’auto collant « casse-toi pov’ con » dont, faute de mieux, des millions de manifestants se sont saisis, a tenu publiquement à souligner « le sens de l’humour » du Président et « la courtoisie de l’ entretien ». L’homme est raisonnable. Chacun l’a compris : tout ça ce n’ était pas « pour de vrai ».
4. Ces événements constituent évidemment une catastrophe politique. Des militants se battront, des dirigeants protesteront1, un grand nombre de camarades réclameront la démocratie… N’empêche, le processus du NPA comme facteur d’espoir, comme possibilité d’agir pour le socialisme est cassé. Le sectarisme ne guide pas nos réactions. L’analyse des faits.
Il est absurde de présenter le résultat des européennes comme simplement marqué par le phénomène de l’abstention. Le refus de voter est un refus. Plus ou moins conscient. Plus ou moins raisonné. Mais un refus. L’alliance du PG et du NPA sur une politique de classe, contre les traités européens, pour le respect du Non, contre Sarkozy, pour le socialisme aurait permis de rassembler des millions de salariés et de jeunes. De lier l’élection, les grèves, les manifestations. D’offrir une alternative au bloc UMP-PS. De lutter contre la dérive vers le « dialogue social » avec Sarkozy.
En s’opposant à cette possibilité, le NPA a provoqué une catastrophe politique. L’accord pour les régionales qui vient d’être si brusquement adopté révèle bien que l’opposition du NPA était purement opportuniste, fondée sur l’ espoir d’un bon coup électoral que confortaient quelques sondages favorables. Sur le terrain des « luttes » il signait d’ailleurs unitairement avec le PS, le PCF, le PG… toutes les déclarations d’appui à la politique des directions confédérales avant chaque nouvelle journée « d’action », journées d’actions qui, inscrites dans l’ horizon du « dialogue social » avec Sarkozy, ont si bien réussi à saccager la combativité des salariés lors de ce premier semestre.
Alors que s’ouvrait la crise mondiale du capitalisme et que les premières conséquences s’abattaient sur les salariés, alors que dans le même moment se fondaient le PG et le NPA, il n’était pas écrit que le PG et le NPA ne servent à rien.
Soyons bien clair : il est absurde de gloser sur l’abstention populaire, alors que, pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, il était possible dans un des principaux pays européens qu’une alliance PG-NPA atteigne 20% et devance le PS ! Alors, alors oui, concrètement la question du gouvernement pouvait être posée, non de manière abstraite, mais concrètement. Il fallait miser sur les réserves d’auto-organisation des masses. Ce n’est pas de la politique fiction. Une dynamique politique était prête à se mettre en route. _ _ Le NPA, le NPA plus que le PG sur ce point, a bloqué le chemin.
De même quand des dizaines d’entreprises sont confrontées à la délocalisation, au chômage, seule une action politique, partant des entreprises mêmes, pour unifier, coordonner les usines, peut permettre d’inverser le rapport de force. Mais pour ça, il fallait une discussion sur la situation politique, la démocratie dans l’organisation et avec les salariés, une campagne au service de la construction de cette mobilisation et de cette coordination, et pas ces « visites » à la porte des usines pour dire trois mots filmés par les caméras de télévision.
Là aussi, il faut réfléchir. Toute la politique du NPA est déterminée par la présence dans les médias et le lien avec la direction de la CGT.
Tout le monde en est là.
C’est un secret de polichinelle que le dernier remaniement ministériel a tardé, car, jusqu’au bout, N. Sarkozy a espéré débaucher un dirigeant de la CGT pour en faire un ministre.
Tout va très vite.
On ne peut pas se le dissimuler, c’est un nouvel échec. Mais l’histoire n’est pas encore écrite. Nous devons aider à inscrire en termes de conscience cet échec. Les ressources de l’ activité des salariés sont déterminées notamment par la résistance qu’ils doivent opposer au système qui les précipite dans l’abîme. Les salariés français ne peuvent compter que sur leurs propres forces.
« De défaite en défaite, jusqu’à la victoire finale » Victor Serge
Paris 24 Juillet
1 Voir les réactions magnifiques de G. Sarda militant du 19e, des huit membres du CPN, militants de l’Est de la France, de divers comités et responsables.
Dommage qu’on ne puisse lire les "réactions magnifiques de G.Sarda militant du 19è, des huit membres du CPN, militants de l’Est de la France, etc..." ; je ne trouve pas le lien, même sur le site d’origine du texte... Ce serait plutôt intéressant de donner un écho à ces gens là, non ?
Oui ...
Bah, à défaut, pas mal d’éléments ici. Tendance CLAIRE ;-)
Ce texte est d’une indigence crasse ; il n’ouvre aucune perspective et renvoie tout le monde dos à dos. Franchement, qui peut croire que ceux qui écrivent de telles inepties ont un quelconque intérêt à changer réellement les choses ? Ils se complaisent dans des analyses verbeuses, militent pour militer parce que ça les occupent. On est dans le pire gauchisme stérile qui a fait tant de mal au mouvement ouvrier. Ce texte est malhonête de surcroît concernant l’occupation de la bourse du travail de Paris. L’occupation par la CSP 75 n’a reçu le soutien d’aucune orga sérieuse parce qu’elle a été pensé d’abord comme une machine de guerre contre la CGT qui dans le même temps menait la lutte en faveur de centaines de salariés sans papiers. Dans l’affaire, les sans papiers de la bourse ont été manipulés par des militants irresponsables et par la préfecture de Paris :
Je vous donne lecture du point de vue de Sud Paris et celui d’Emmanuel Terray.
« L’union syndicale Solidaires Paris rappelle que l’occupation de ces locaux depuis mai 2008, à l’initiative de la Coordination Sans Papiers 75, n’a jamais reçu l’approbation des organisations syndicales.
En effet, à l’heure où certaines d’entre elles (trop peu nombreuses) prenaient encharge la lutte des travailleurs sans-papiers, il était paradoxal d’engager cette action d’occupation de la Bourse du Travail. »
Le point de vue argumenté d’Emmanuel Terray, anthropologue et militant de longue date de la cause immigrée :
« Je voudrais donner mon sentiment sur l´évacuation de la Bourse du Travail et sur les réactions qu´elle a entrainées. Je le fais à titre personnel, puisque la LDH a pour l´instant décidé de ne signer aucun texte et de ne participer à aucune réunion sur ce sujet. Mais comme, dans le cadre de l´UCIJ, j´ai suivi de près l´ensemble de la séquence qui a conduit à cette évacuation, je ne saurais rester indifférent et muet devant certaines affirmations et certaines attitudes.
1. En ce qui concerne la violence de l´opération, comme toujours en pareil cas nous sommes en présence de versions rigoureusement contradictoires ; comme je n´ai aucune raison de mettre en doute ni la parole des uns ni celle des autres, je ne porte pour l´instant aucun jugement. Au surplus, je ne connais pas d´expulsion qui ait été menée à coup de bouquets de fleurs.
C´est donc bien sur le fond qu´il faut se prononcer plus que sur la forme.
2. De fait, on ne saurait porter un jugement politique sur cet épisode en l´isolant du processus d´ensemble dont il a été le résultat. L´évacuation de la Bourse n´est pas tombée du ciel, elle est le produit d´une histoire sur laquelle il faut revenir.
3. Le point de départ de cette histoire, c´est le mouvement de grève des travailleurs sans-papiers lancé le 15 avril 2008 à l´initiative de la CGT, de Droits-Devant et de Femmes-Egalité. Pendant des semaines, ces travailleurs vont poursuivre la grève et l´occupation, dans des conditions souvent très dures, pour arracher leur régularisation.
À l´époque chacun est d´accord pour considérer que ce mouvement marque un tournant capital dans l´histoire du mouvement des sans-papiers, pour au moins deux raisons : c´est la première fois que les travailleurs sans-papiers recourent aussi massivement et courageusement à l´arme de la grève pour faire avancer leur cause ; par ailleurs, c´est aussi la première fois depuis 1980 qu´une grande organisation syndicale s´engage résolument pour défendre les sans-papiers, non seulement en tant que sans-papiers, mais aussi en tant que travailleurs, avec tous les effets que cela peut produire dans l´opinion.
Nous portons donc sur ce mouvement une appréciation très positive. C´est cette appréciation que j´exprime au nom de l´UCIJ, lors du meeting CGT de la Halle Carpentier.
4. C´est au moment même où ce mouvement est en plein développement que la CSP 75 occupe la Bourse de Travail. Quelles que soient les raisons alléguées et les intentions implicites, cette occupation est incontestablement un coup porté à la CGT et au mouvement de grève, puisque le fonctionnement de l´UD-CGT de Paris est gravement perturbé, pour le plus grand plaisir de la Préfecture.
Dès ce moment-là, les associations membres de l´UCIJ estiment unanimement que la CSP 75 « se trompe de cible » et « risque de porter préjudice à l´ensemble des sans-papiers ».
5. Cependant comme la CGT tente de résoudre le problème par la discussion, nous joignons nos efforts aux siens. Il faut rappeler que c´est sur l´intervention de la CGT que les occupants de la Bourse ont pu déposer leurs dossiers ; et les conditions de dépôt ont été discutées à la Préfecture par une délégation qui comprenait des représentants de la CSP 75, des représentants des associations et qui était conduite par le secrétaire de l´UD. CGT, Patrick Picard.
À la même date, la CGT et les associations proposent de suivre l´ensemble des dossiers, et qu´en contre partie la Bourse soit évacuée. Ces propositions sont refusées par la CSP 75.
6. Au cours du mois de juillet, le projet d´une prise de position collective est discuté au sein de l´UCIJ. Après des débats animés, nous arrivons à un texte commun, rédigé par Violaine Carrère (Gisti). Ce texte rappelle notre appréciation sur l´occupation -elle se trompe de cible- les propositions que nous avons faites, et notre inquiétude face aux refus qui nous ont été opposés. Je tiens ce texte à la disposition de ceux qui l´auraient oublié.
Son but était de convaincre les représentants de la CSP 75 de l´impasse où ils s´engageaient et de leur isolement.
7. Quelques jours plus tard, le bureau du GISTI décide de ne pas signer le texte ; il est aussitôt suivi par RESF. Or le texte n´avait de sens que dans la mesure où il était porté par l´ensemble des associations : ces retraits le rendent inutile, et il est « classé sans suite ». Désormais les associations ne diront plus rien sur l´occupation de la Bourse.
Le sens de ce silence est clair : il signifie que l´occupation de la Bourse ne concerne pas les associations, que c´est le problème de la CGT, et d´elle seule. Du même coup, la CSP 75 peut entretenir l´illusion que son action est moins isolée qu´il ne paraît parmi les associations.
8. Tout ceci trouve une confirmation éclatante lors de la réunion qui s´est tenue le 13 avril 2009 au Gisti sur la régularisation par le travail. Alors que Raymond Chauveau (CGT) aborde le problème posé par l´occupation de la Bourse, Stéphane Maugendre (Gisti) qui préside, lui coupe immédiatement la parole pour dire que ce problème n´est pas à l´ordre du jour et qu´on n´en parlera pas.
9. Il faut dès lors une belle dose d´hypocrisie pour jouer la surprise effarouchée devant une expulsion dont tout le monde savait -y compris les occupants eux-mêmes- qu´elle allait tôt ou tard se produire. A partir de juillet 2008, les associations se sont interdit toute prise de position, toute intervention qui aurait pu favoriser la recherche d´une autre issue. Elles ont délibérément laissé les occupants de la Bourse en tête-à-tête avec la CGT : elles sont donc mal placées aujourd´hui pour pousser des cris d´orfraie et donner des leçons à quiconque. D´autant que si la même aventure était arrivée à l´une ou l´autre d´entre elles, aucune n´aurait attendu 14 mois pour récupérer ses locaux...
10. En ce qui concerne l´avenir, il n´est pas sérieux de dire : « oublions le passé et embrassons-nous ». Les conflits refoulés reviennent toujours et toujours de façon pathologique. Il est encore moins sérieux de jouer les Ponce Pilate et de dire « les responsabilités sont partagées, il y a des torts de part et d´autre » ; à mon sens, il faut vider l´abcès : c´est la seule façon de repartir sur des bases politiques saines. Le texte de juillet 2008 pourrait nous fournir un excellent point de départ.
En second lieu, il faut écarter toute mesure qui tendrait à pérenniser le campement installé devant la Bourse. La prolongation de ce campement risque à tout moment de provoquer de nouveaux incidents et d´aggraver la tension. Les associations qui souhaitent venir en aide aux campeurs peuvent toujours mettre leurs locaux à leur disposition.
En troisième lieu, je suis prêt à lutter pour la régularisation des occupants de la Bourse comme je suis prêt à lutter pour la régularisation de tous les sans-papiers, ni plus ni moins. Pendant des mois, certains ont reproché à la CGT de privilégier une catégorie de sans-papiers en oubliant les autres : il ne serait donc pas cohérent de créer une nouvelle catégorie de sans-papiers « prioritaires » : les occupants de la Bourse.
Enfin, je veux rappeler les enjeux décisifs que sont pour le mouvement dans son ensemble la grève des travailleurs sans-papiers et l´engagement résolu de la CGT à leurs côtés. Qu´au nom de l´affaire de la Bourse, ces enjeux soient désormais tenus pour quantité négligeable, cela me paraît une erreur politique majeure et une attitude complètement irresponsable.
Emmanuel Terray le 30 juin 2009
Emmanuel Terray (né en 1935) est un anthropologue français. Ancien élève de l’École normale supérieure (de 1957 à 1961), agrégé de philosophie, il s’oriente rapidement vers l’anthropologie après avoir découvert les Structures élémentaires de la parenté de Claude Lévi-Strauss, et en vient à soutenir une thèse sous la direction du médecin et anthropologue Pierre Huard, consacrée à l’ethnosociologie des Didas de Côte d’Ivoire. Il cherche alors à constituter d’une anthropologie politique qui puisse s’inscrire dans le projet marxiste de Louis Althusser[1]. Installé depuis quelques années à Abidjan, où il avait été nommé doyen de l’université, il doit revenir à Paris après événements de Mai 68, pour lesquels il avait affiché trop de sympathie. Il intègre alors la nouvelle équipe de l’Université de Vincennes. Il soutient en 1984 son doctorat d’État sous le patronage de Georges Balandier avec une thèse sur le royaume Abron du Gyaman (publiée en 1995), et devient directeur d’étude à l’EHESS. En dehors de son œuvre anthropologique (en grande partie publiées en articles dans des revues spécialisées), Emmanuel Terray a signé une série d’essais plus personnels à partir de la fin des années 1980. Il s’y confronte à sa propre histoire et à sa formation philosophique et politique. »
je ne trouve pas que ce texte renvoie tout le monde dos à dos....
Il semble émaner de gens souhaitant une organisation en rupture avec le capitalisme et ce qu’ils jugent être leurs collaborateurs le PS et le PC...
Le NPA aurait put selon eux remplir cette fonction ,peut être le croient ils ou l’espèrent ils encore...
Et pour le coup ce que j’y trouve d’intéressant est la lecture de la démarche de ce parti pour les élections européennes puis pour les régionales qui semblent arriver...
"Toute la politique du NPA est déterminée par la présence dans les médias " me semble bien résumé la ligne de cette orga ou du moins de ses dirigeants...
L’on peut aussi préciser que cette lecture est déjà faite depuis un moment par pas mal de gens ,le journal le PlanB en a fait un de ses chevaux de bataille ...
Aussi je trouve que ce texte donnerait presque raison aux arguments du front de gauche pour le rassemblement lors des élections ,et c’est ainsi que je trouve qu’il a toute sa place en tant que sorte d’épilogue de tout ce qui a put se dire lors des européennes....et particulièremnt sur ce sujet "rompre et se rassembler"...
Quand aux perspectives qu’il ouvre il est vrai que c’est plus que restreint, après je pense que toute personne ne se reconnaissant pas dans le médiaco-électoralisme en est là , encore plus si il a cru que le NPA pouvait être une alternative à tout ça...
Et déjà faire le commentaire de ce qui ne va pas est comme un premier pas, n’est-ce pas...?
Et déjà faire le commentaire de ce qui ne va pas est comme un premier pas, n’est-ce pas... ?
Et puis recommencer, et échouer encore ... mais mieux. ;-)
« Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better. » (Worstward Ho)
Les socialistes français continuent leur double langage. En exemple, le récent vote sur le 3ème paquet de directive sur la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz au parlement européen. Par libéralisation, entendez démantèlement complet des entreprises intégrées de service public comme EDF et GDF, au nom de la sacro-sainte "concurrence libre et non faussée". Comme à son habitude, le PSE (Parti Socialiste Européen) a voté comme les libéraux, ce qui n’est pas une surprise. Plus intéressant est d’observer le vote des Socialistes français. Et là, pas de surprise non plus ; la majorité a voté pour, comme l’ensemble du PSE. Et parmi ceux-ci Françoise Castex, Vincent Peillon, Stéphane Le Foll, Pervenche Bérès, Jean-Louis Cottigny, Béatrice Patrie, Bernard Poignant, Catherine Trautmann. Quelques courageux se sont abstenus : Benoît Hamon et Harlem Désir . Encore plus courageux, Kader Arif et Henri Weber (celui qui a été parachuté dans notre circonscription pour l’élection du 9 juin) n’ont pas pris part au vote. Seules deux députées européennes ont voté contre : Marie-Noëlle Lienemann et Anne Ferreira. Qu’en pensent les Yann Galut, Irène Félix et autre "Pierre DEDET, secrétaire de la section du P.S de Bourges" ?
Une étude à venir qui porte sur l’année 2008, fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des votes par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen.
Un score digne de la Douma de l’ex Union soviétique. Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas.
Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé, ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l’un des deux groupes à choisi l’abstention 8 fois. C’est à dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535 votes.
Voir en ligne : Lire la suite ici :Dire gauche et droite votent pareil est inexact. Le PSE vote souvent comme le PPE c’est vrai. Il existe un autre groupe à gauche GUE-GVN (Gauche unitaire européenne et gauche verte nordique) qui compte une quarantaine de membres (dont les députés communistes France WURTZ et J.Hénin) à qui l’on doit notamment le rejet du TCE en 2005, la directive sur les 65 heures hebdomadaire de travail... C’est dans ce groupe que siègeront les députés européens du Front de Gauche. Donc, on a le droit de choisir à gauche !!
Dolez a été très longtemps membre du Parti Socialiste. Mélenchon aussi. Mieux, il a appartenu au gouvernement de la gauche plurielle sous Jospin, et restait alors bien silencieux sur les mesures libérales du gouvernement auquel il appartenait. Les communistes eux-mêmes n’ont-ils pas accepté de travailler avec Mitterrand qui a imposé la construction européenne dans sa forme actuelle, avec les conséquences que nous connaissons ?
Tout est dit.
Dolez ministre de Jospin ? J’igorais. En tous cas je préfère ces socialistes qui font son chemin, qui restent fidèle au vote Non de 2005 en votant Non au Traité de Lisbonne soumis par Sarko au Congrès avec quelques autres députés et sénateurs socialistes, puis créent leur parti sur des valeurs et des objectifs à gauche, oui je préfère cela à l’inverse...suivez mon regard. Sur les autres événements, oui il y a eu des erreurs et alors ? Ils votaient quoi en 1992 pour Maastricht ces pourfendeurs de l’Europe libérale d’aujourd’hui ? Faut-il leur accrocher cette casserole aussi. Toutes les excuses peuvent être trouvées pour refuser l’unité. Faudra pas se plaindre si rien ne change après.
Tout est dit ? Mais qu’est-ce qui est dit ? Que les hommes n’ont pas le droit aux doutes ? à l’expérience ? Qu’il est interdit d’évoluer, de tirer les leçons du passé ?
Il y a sans doute des chanceux qui ne se sont jamais trompés, qui sont sûrs de la voie à suivre, qui ont grandi et vivent dans la certitude... Mais permettez-moi d’avoir peur de ces certitudes et de ce sectarisme. Permettez-moi aussi de penser que l’enjeu n’est pas de mettre en cause la sincérité des uns et des autres (et d’ailleurs, qu’ont vraiment à gagner Dolez et Melenchon dans ce combat où les uns les accusent de trahison, et les autres ne les considereront jamais des leurs ?... ) L’enjeu, c’est comment ici et maintenant être efficace, comment ici et maintenant mettre tout en oeuvre pour changer notre système économique et faire renaître l’espoir ! Les procès en sincérité sont d’un autre temps. Les gens ne se résument pas à ce qu’ils ont été. C’est un principe humaniste de base, qui protège de tous les totalitarismes.
Une précision sur ces "unitaires du NPA" qui rejoignent le fdg, C’est un petit, tres petit goupe mené par Christian Picquet (ex LCR) qui va aller dans ce front.
lors du congré de fondation du NPA, la motion sur l’alliance avec le fdg a recueilli 18%, c’est sur cette base que Picquet a décidé, sans consulter les autres camarades ayant voté cette motion, de rejoindre le fdg. En clair, en tout et pour tout ce n’est qu’environs 20 personnes du NPA qui rejoindront ce front, Il est donc bien triste de voir le fdg se gargariser de ses unitairesNPA alors qu’ils ne représentent vraiment rien au sein du nouveau parti.
La plupart des camarades ayant voté la motion minoritaires restent donc dans le NPA, font la campagne européenne du NPA et bien sur continuent de proposer une alliance, mais en restant au sein du parti, chose logique et synonyme de démocratie interne du parti, malgrés les haut cris de C.Picquet
Quand fait de la non alliance, je dois avouer que le PC/PG se font d’énorme illusion sur la portée d’une élection comme celle ci, au vue des chiffres d’abstention aux dernier scrutins européens.
l’unité oui, dans les luttes, dans les urnes pourquoi pas mais de façon claire et durable...
Les unitaires de Picquet ? Combien de divisions ? aurait dit le père Joseph. L’unité dans les urnes se construit au fur et à mesure. Ce sont les électeurs qui valident cette stratégie...ou une autre. Faut pas tirer de plans sur la comète pour après. L’europe et les régions c’est différent. Et puis si ça marche aux européennes, pourquoi pas aux régionales. La LCR qui a la première cassé le rassemblement antilibéral, réédite son coup. C’est une sacrée responsabilité.
Je me souviens qu’aux européennes de 1999, Krivine et Vaccheta, Députés européens LCR n’avait pas eu toutes ces préventions pour demander au PCF de rejoindre le groupe GUE-GVN à Strasbourg. Faut dire qu’il y avait des moyens à la clé...dont ceux d’embaucher un certain O.Besancennot comme attaché parlementaire.
Et apres camarade ?
donc nous sommes des briseurs d’unité électoral pour un scrutin qui interesse pas grand monde, bien que et ça la dessus on est surement d’accord le parlement européen soit un lieu de décision.
je préfere l’unité dans toute les luttes qui vont arriver, que le NPA et le PC soient des haut parleurs, des relais des salariée en lutte, des sans pap qu’on expulsent... plutot qu’un cartel électoral sans lendemain (qui chante)
quand tu dis l’europe et les région c’est différent, ben non, la aussi il y a des stratégie identique, rompre avec des gestions socio libérale, etes vous pret ? aux europénne oui mais pas aux régionales, étonnant non ?
L’unité dans la rue oui...mais on voit bien que ça suffit pas si on ne se pose pas la question du pouvoir et de la gestion. Sarko l’a compris qui joue sur les divisions de la gauche. Gérer les région avec le PS ? Et alors si le projet proposé, qui est forcément un compromis, va dans le sens des intérêts de la population. Aujourd’hui, si par exemple le Conseil général du Cher était à droite, nombre d’asso culturelles, sportives seraient menacées de disparition, les cantines des collèges seraient privatisées et j’en passe. Pour l’Europe c’est autre chose : il y a une vraie ligne de fracture entre le PS, les Verts, le PRG sur l’orientation libérale de l’Europe et le PCF, le NPA, le PG, LO, et d’autres.
Bonjour,
Dans un précédent article daté du 12 mars, vous écrivez : "Le PCF est à l’agonie. ". Dans cet article vous écrivez " Le PCF étale son savoir-faire, indéniable ." ? Le 12 mars à l’agonie, le 15 le sursaut ? Ni à l’agonie, ni de sursaut : travail et pérsévérance, même si tous les grands médias nous ignorent. 6000 personnes au Zénith de Paris avec Gisèle Halimi en introduction, le soutien d’Evo MORALES..... et rien à la télé, la radio. On fait ce qu’on peut avec l’environnement qu’on a. Imaginez qu’une autre organisation ait rassemblé de cette manière, cela n’aurait-il pas fait la une des médias ?. Un passage à la télé touche quelques centaines de milliers voir millions de personnes. Avec nos petits bras quelques milliers. On continue.
" Le mouvement de la paix "officine communiste ?" le terme officine ne vous parait t-il pas déplacé pour qualifier le rassemblement de personnes éprises de paix et de liberté ? (OFFICINE : Nom féminin singulier : local de pharmacie où sont élaborées les préparations ou péjorativement endroit où se préparent des actions douteuses). Et si toutes étaient membres du parti communiste, il ne serait pas à l’agonie ! Témoigner sur les risques d’intégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN ne me semble pas "douteux".
" Mais il n’y a pas de débat à la fin du meeting." : C’était effectivement un meeting de lancement d’un rassemblement.
"Ce qui a été dit à la tribune n’est pas inintéressant, mais pourquoi ne laisse t-on pas les gens poser des questions ?" Vous avez raison, la soirée aurait pu continuer mais déjà 18H30-21H00 c’est long et il faut jongler avec les agendas des participants. Je ne doute pas qu’il aura d’autres soirées.
"Si le « rassemblement » ne semble pas évident, la volonté de « rupture » l’est-elle davantage ?" Il m’avait semblé que les intervenants avaient tous à leur manière essayer de tirer les enseignements du passé. La création du parti de gauche est bien l’un de ces enseignements, quand on ne pas faire bouger à l’intérieur alors on essaye d’ouvrir d’autres perspectives a dit Marc DOLEZ.
"Et si on pousse plus loin la réflexion, ne peut-on pas se demander pourquoi il est absolument nécessaire de se rendre aux urnes en juin 2009" : Sur ce sujet, là encore, je trouve que Francis WURTZ a développé un certains nombre d’arguments en particulier sur la popularisation du contenu du traité constitutionnel que les dirigeants européens ne voulaient pas diffuser, sur la mise en évidence de la directive "Bolkestein".
Il est important d’élire des représentants qui analyseront, informeront, dénonceront si nécessaire et ferons des contrepropositions. Et rappelons le,l’objectif n’est -il pas d’être majoritaire ! Le travail de rassemblement qu’à pu mené F. WURTZ avec des forces très diverses en Europe montre l’importance de ces élections européennes.
A bientôt dans les débats et dans l’action.
Bonjour,
D’abord vous constaterez que l’Agitateur, à la différence des grands média, parle du Front de gauche, quand il se manifeste à Bourges. Pourtant, nous croyons nous souvenir aussi que par souci de ne pas froisser la PQR, un des responsables locaux du PCF n’a pas souhaité que nous informions sur la naissance d’un comité de soutien à Hamid et Karim, avant la conférence de presse officiellement prévue. Vous êtes bien critiques avec les « grands média », mais vous vous pliez à leurs règles, quand vous en ressentez la nécessité ...
– Concernant « l’agonie du PCF », je pense qu’il n’y a pas d’exagération dans la formulation. Dois-je vous rappeler le score de MG Buffet aux dernières élections présidentielles ? 1,95 % des voix. Un commentateur faisait cette remarque : « Si l’on retient comme base 100 le score de Georges Marchais en 1981, M. Hue était déjà tombé à 54 en 1995 puis à 19 en 2002. Mme Buffet plonge à 15. » C’est dire qu’en ¼ de siècle, le PCF a dilapidé son capital électoral. Et dois-je vous rappeler cette vérité douloureuse, que c’est dans le vote ouvrier que les pertes sont les plus sensibles : « Ce décrochage, amorcé en 1981, aggravé à la fin des années 1980 par le transfert du vote ouvrier et populaire soit vers le PS, soit vers le Front national, est encore confirmé en 2007. Alors que Le Pen recueille environ 25 % de ce vote, Besancenot y dépasse sa moyenne nationale (7 %) tandis que Buffet stagne à 2 %. Pire, parmi les sympathisants de la CGT, Le Pen réunit 12 % du vote, Besancenot 9 % et Buffet 7 % - contre 18 % à Hue en 2002. » (Stéphane Courtois, Le Monde, 22/05/2007)
Ces faits et ces chiffres n’étant guère contestables, il n’en demeure pas moins qu’une organisation comme le PCF, qui dans des régions comme le Cher, a encore quelque puissance de feu (cf. les derniers résultats de Sansu et de Sandrier à Vierzon) dispose encore d’« un savoir faire indéniable ». Je ne vois pas de contradiction entre les deux propositions.
– J’ai employé le terme officine, en pensant « arrière-boutique » ; je voulais simplement signifier que c’était encore le PCF qui parlait. Voilà. J’étais venu à une réunion du Front de gauche censée donner la parole à plusieurs organisations politiques, j’ai surtout entendu des militants et des cadres du PC. Devant une assemblée composée essentiellement de communistes ou de sympathisants communistes.
Vous avez raison, la soirée aurait pu continuer mais déjà 18H30-21H00 c’est long et il faut jongler avec les agendas des participants
J’étais à la soirée, et je peux témoigner qu’elle a plutôt commencé vers 19h10 que vers 18h30. Aucune importance au reste. Il me semble que le problème de l’agenda n’en est pas un. On parle beaucoup de « démocratie participative », et patati, et patata. Je constate que dans les faits les méthodes sont toujours les mêmes. C’est ce que j’ai résumé par la formule : « On sent bien que la parole descend du haut vers le bas. » Je crois que quelque chose changera à gauche, et en politique d’une manière générale, quand la parole ira du bas vers le haut.
Ce qui me fait venir à l’essentiel. Contrairement à ce que pouvait laisser espérer l’initiative de JL Mélenchon, je ne pense pas que quelque chose de significatif soit né en France avec le Parti de gauche. A peine né, et peut-être même avant d’être né, voilà une formation politique obsédée par ses stratégies électorales. Peut-être parce que ses fondateurs sont des notables élus ? A mon humble avis, on met la charrue avant les boeufs. Avant de se présenter aux suffrages des électeurs, on aurait tout intérêt à consulter la base, faire une analyse de la situation, faire des propositions élaborées démocratiquement. Ça ne se fait pas en trois jours ni même en trois mois. Mais le calendrier électoral contraint paraît-il. Au reste, les bilans des « collectifs 29 mai » et l’impossibilité de se fixer sur une candidature pour la présidentielle de 2007 disent assez la difficulté de ce genre de démarche, et d’aucuns, échaudés, ne sont pas près à participer à nouveau à ces mascarades. Mais difficile ou pas, c’était nécessaire. Et en faire l’économie est à mon sens le plus sûr moyen de courir à l’échec. On verra bien au mois de juin ; le refus, prévisible, du NPA de participer au Front de gauche ne laisse rien augurer de bon.
– Sur la nécessité de participer aux élections de juin. Vous dites : « l’objectif n’est -il pas d’être majoritaire ! » Cet optimisme me semble un tantinet délirant. Vous ne serez pas majoritaires, et ces élections passées, la donne ne changera pas significativement en Europe. En revanche, en participant à ces élections, vous cautionnez politiquement un dispositif radicalement étranger à toute philosophie républicaine et démocratique. Mais j’aurai l’occasion d’y revenir dans de prochains articles.
Bien à vous,
PS : A propos de votre remarque « A bientôt dans le débat et dans l’action » je vous rappelle que pour un marxiste, le débat, quand il est bien mené, c’est à dire quand il est producteur d’idées de près ou de loin en rapport avec le réel – parce qu’elles ont un contenu et une densité, c’est déjà de l’action. Je vous renvoie au mot de Marx, d’ailleurs cité par le savant Francis Wurtz vendredi soir : « Il est évident que l’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes : la force matérielle doit nécessairement être renversée par la force matérielle ; mais la théorie elle aussi devient force matérielle dès qu’elle saisit les masses. » (Karl Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844)
J’ai employé le terme officine, en pensant « arrière-boutique » ; je voulais simplement signifier que c’était encore le PCF qui parlait. Voilà. J’étais venu à une réunion du Front de gauche censée donner la parole à plusieurs organisations politiques, j’ai surtout entendu des militants et des cadres du PC. Devant une assemblée composée essentiellement de communistes ou de sympathisants communistes
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Je vois que vous êtes mieux renseigné que moi sur ces nouvelles dizaines d’adhésions réalisés. Certains intervenants auront appréciés vos propos. Je suis berruyer, je pensais connaitre pas mal de communistes, mais là vos propos me réjouissent, cela dépasse mes espérances.
PS : A propos de votre remarque « A bientôt dans le débat et dans l’action » je vous rappelle que pour un marxiste, le débat, quand il est bien mené, c’est à dire quand il est producteur d’idées de près ou de loin en rapport avec le réel
Oui mais ! Les communistes sont-ils tous des marxistes ? Suis je obligé d’adhérer à chaque phrase écrite par MARX.
Donc à bientôt dans les débats et dans l’action. Pour moi cela a une signification qui ne semble pas vous plaire, tant pis c’est la mienne.
Adhérez, venez débattre et vous serez dans l’action.
En revanche, en participant à ces élections, vous cautionnez politiquement un dispositif radicalement étranger à toute philosophie républicaine et démocratique.
Eléctions, pièges à cons ? ET que fait-on, on boycote ? Pour l’instant je ne vois pas d’autres systèmes pour peser, ou au moins contrôler et informer comme l’a très bien fait F. WURTZ (Un mandat et il a le taux record de participation aux séances).
Adhérez, venez débattre et vous serez dans l’action.
Tout est dit. Et dans l’ordre.
Continuez comme ça, tout va bien.
un autre système pour peser ? la gréve générale...et pas une journée tout les 2 mois ....controle social quand tu nous tient !....c’est va voter quand on te le dit , va manifester quand on te le dit aussi,ta liberté c’est de choisir ton chef entre "moi je suis plus cela ou moi je suis plus ceci ,ce qui est sur c’est que moi je suis pour le rassemblement et pas les autres.."....c’est usant...et surement urgent de se réapproprier collectivement et horizontalement la chose politique...les jeux de partis et de syndicats sont un frein à notre émancipation !! ...si jamais c’est de ça qu’on cause...
« En revanche, en participant à ces élections, vous cautionnez politiquement un dispositif radicalement étranger à toute philosophie républicaine et démocratique. »
Pour ceux qui auraient encore l’envie de se déplacer pour voter, le manifeste du PSE
Voir en ligne : Manifeste du Parti Socialiste Européenmort de rire....j’ai lu le sommaire du manifeste.....si on te montre ca sans te dire d’où cela vient bravo à celui qui y voit un programme de gauche...vraiment le mot socialiste ne vous convient plus du tout...essayez au moins d’assumer et changer donc de nom ! ........."gérer l’immigration pour le progrés" : au moins l’europe sert a ca, plus besoin de se réclamer de l’internationalisme , ni même de le penser d’ailleurs..... bref pour moi tout ca c’est rien que du foutage de geule.....j’arrete là pasqu’entre ça et fabius ca fait de trop pour mon petit moral....ras le cul des bourgeois qui ne cherchent qu’à sauver un systeme pourri jusqu’à la moelle en amadouant ceux qui le subissent !!!
Ca aussi ca donne envie de voter
Voir en ligne : Changer l’Europe, maintenant !Je préfère celui ci :
Notre candidat "socialiste" lors de l’election européennes du 7 juin prochain est Henri Weber.
En Mai 68, ils montait sur les barricades (co-fondateur de la LCR).
Le 15 septembre 2007, il fêtait son mariage avec Fabienne Servan-Schreiber.
Jusque là, rien à redire. Il n’est pas interdit de se marier et le cheminement du petit révolutionnaire au gros bourgeois est un classique.
Sauf que les quelque 800 convives invités au Cirque d’Hiver (Le Fouquet’s était pris, sans doute) ont transformé ce mariage en happening politique : si tout le gratin de la gauche-caviar-cannabis était présent (de Jospin à Royal en passant par Laurent Ruquier ou Gérard Miller), on a pu y remarquer des UMP pur sucre telle Françoise de Panafieu, des idéologues pas vraiment de gauche tel Alain Minc, et surtout tous les transfuges de la gauche au gouvernement Sarko comme Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsch et Bernard Kouchner. Encore une fois, cela montre que l’UMPS est bien une réalité.
Si vous voulez "voter à gauche" tout en restant Sarko-compatible, votez Weber !
Lu dans la lettre d’info du PS :
« Tous dans la rue le 1er mai. Tous avec les socialistes pour crier sa colère face à une politique injuste et inefficace. Tous ensemble autour du même espoir de changement et de progrès social. La mobilisation du 1er mai doit être massive, historique. Car il est temps de dire Stop. Stop à un Président qui méprise les Français autant que les chefs d’État étrangers. L’Hebdo revient sur les dérapages du chef de l’État. Stop à l’Europe libérale et égoïste, destructrice d’emplois, comme le reportage chez Faurecia, dans ce numéro, le démontre trop bien. Le 1er mai, disons stop au duo Sarkozy-Barroso. »
2 questions :
– si la politique était injuste mais efficace, faudrait gueuler quand meme ou pas ?
– Ce Barroso là, il aurait pas commencé sa vie politique dans un petit parti d’extreme gauche (le Mouvement de réorganisation du parti du prolétariat) ? Un peu comme Henri Weber, quoi ...
Bonjour,
Je suis la syndicaliste de MBDA.
Certaines choses me choquent dans votre article. Tout d’abord, je suis entièrement d’accord avec les propos et les explications du "coco" de Bourges.
Je voudrais juste rajouter un commentaire.Je ne suis pas du tout d’accord avec le fait que les jeunes ne bougent pas. Il me semble que depuis le début de l’année scolaire, ils nous prouvent le contraire en descendant dans la rue pour soutenir les enseignants, chercheurs pour arrêter la casse de l’éducation.
De plus, pour ne citer que Bourges, lors des dernières manifestations unitaires, ils étaient là aussi dans les manifs. Je peux vous garantir qu’ils sont même de plus en plus organisés. J’en veux pour exemple le fait qu’ils viennent voir l’UL CGT de Bourges pour savoir comment s’intégrer dans les manifs. Mais attention, ils sont complètement indépendants.
Pour en revenir à l’UL CGT de Bourges, un Collectif jeunes (composé notamment de jeunes salariés) s’est monté et commence à prendre de l’ampleur. Et je peux vous garantir, qu’ils sont très motivés ...
Donc il faut arrêter de parler sans savoir. On sait très bien que les médias ne sont à la solde du pouvoir (mis à part certains dont L’HUMANITE, désolée c’est un journal communiste ..., le nouvel observateur - avec quelques réserves cependant)
Quant au meeting de vendredi à Bourges, c’était le lancement du FRONT DE GAUCHE. Mais je pense qu’il y aura d’autres réunions avec des débats. De plus, il faut aussi arrêter de dire que le Parti Communiste cherche à placer ses élus ou était majoritaire dans la salle. Ce qui est peut être vrai. De grâce arrêtez de taper sur les "cocos". Je pense que la majorité des communistes a évolué. Nous ne sommes plus au temps de Staline... Il faut aussi savoir être intelligent. Quant aux socialistes, là aussi, certains se sont rendus compte de leurs erreurs et montrent, comme le disait J.C. SANDRIER, beaucoup de courage en quittant un parti pour lequel ils ont milité une partie de leur vie. Ils ont tiré les leçons du passé. Et pourtant, je peux vous dire que à Bourges, si nous sommes maintenant MBDA, c’est grâce à la privatisation d’Aerospatiale par la Gauche. Depuis, nous sommes rentrés dans l’air du profit, du CAC 40 ... avec tous les départs "arrangés" en retraite de salariés qui n’ont même pas été remplacés.
Enfin pour conclure, qu’il faut être nombreux le 19 MARS et que, pour bien faire, il faut que nous prenions exemple sur nos camarades de la Guadeloupe. C’est dans les ACTIONS SOLIDAIRES de toutes et de tous que nous pourront arriver à faire bouger tous ces libéralistes.
DONC A JEUDI PROCHAIN 19 MARS 2009 A 10 H 30 A SERAUCOURT !!!