Conseil municipal du 20 mars 2009
Un troisième conseil municipal mensuel un tantinet ennuyeux par moment – et pas très animé (ça se ressent d’ailleurs dans l’article atone du Berry Républicain), et du coup, j’ai peu à raconter. Mais on ne peut pas avoir une suspension de séance houleuse à chaque fois. Comme d’hab, un conseil municipal sous la houlette du chef, seul chef, donc de monsieur le maire. Il y a même un petit encadré dans le Berry Républicain, page 8, sur « le silence des adjoints politiques ». Comme quoi, y’a pas que nous que ça amuse.
Impots locaux : on nous prend pour qui, au fait ?
La presse quotidienne régionale a choisi évidemment de rapporter principalement les débats sur les impôts locaux. C’était traité dès le début (point 2 de l’ordre du jour). Y’a qu’à se reporter aux articles de la presse quotidienne régionale du samedi 21 mars.
Le débat se résume simplement : Irène Félix rappelle au maire sa promesse électorale de ne pas augmenter les impôts locaux. Le maire dit que, certes, il augmente les impôts locaux, mais il baisse la taxe d’ordure ménagère. Donc, ça reste pareil. On peut avoir des doutes malgré tout : lors du conseil municipal précédent, il avait été dit que la collecte des ordures ménagères transférée à l’agglo nécessitera des investissements et donc, vraisemblablement une augmentation de la taxe. Irène Félix dira : « On est pris pour des imbéciles. »
Alain Tanton prend la parole : « J’ai trouvé madame Félix mesurée dans ses propos. » Ah bin ça alors ? En disant qu’on nous prend pour des imbéciles, la Irène est soft ? Alain Tanton veut-il insinuer qu’en fait, avec cette histoire de taux et de vases communicants impôts locaux-collecte ordures ménagères, c’est pire : la majorité municipale nous prend carrément pour des cons ?
Petites mesquineries : majorité : 1 point - opposition : 1 point
Exit Jean-Luc Julien (A Gauche Bourges), Charlotte Blot fait son coming-out dans l’opposition municipale. Pas forcément évident de causer dans cette première participation : elle s’en sortira cahin-caha plutôt bien. Et ça va donner au maire et à l’opposition de gauche PS-PC l’occasion de montrer de l’élégance.
Le dernier point avait été traité : "38. Associations Tourisme. Subventions 2009". Le maire pouvait clore le conseil. Charlotte Blot demande à revenir sur le point 38. Juste une information : « Pourquoi le Hameau de la Fraternité est-il classé dans les associations ? » Une question bien anodine. Monsieur Fleury aurait pu répondre d’une phrase. Pas question, le maire dit : « Je ne reviens pas sur un point qui a été délibéré. » Non mais ! Se montrer moins rigide que d’habitude ? même avec une personne pas encore habituée avec les arcanes d’un conseil municipal ? Surtout pas ! Minable.
Heureusement, l’opposition de gauche PS-PC-Verts sera plus princière. Dès le début du conseil, y’avait le point 5 : "Démission de Monsieur JULIEN. Communauté d´Agglomération Bourges Plus. Désignation des membres. Modification". Il faut remplacer Jean-Luc Julien : Charlotte, tout naturellement, est candidate. Ça semble être une formalité. Mais... surprise générale ! l’opposition de gauche propose elle aussi un candidat : Joël Crotté. Ceux qui assistent au conseil municipal ne le connaissent peut-être pas : on entend le son de la voix de Joël Crotté que de très, très rares fois (et de plus, il n’est même pas présent à ce conseil, trop drôle). Il faut donc voter à bulletins secrets. La majorité de droite trop amusée par ces bisbilles gauche-gauche décide de ne pas prendre part au vote. Et pitoyablement, la gauche vote : Charlotte a une voix (on suppose que c’est la sienne ?), Joël Crotté a 11 voix (Colette Cordat ne prend pas part au vote).
Un grand fait d’armes. Minable. Et on se gausse de la majorité votant comme un seul homme ? Et là, on a les membres de l’opposition municipale qui font pareil. Aucune-aucun n’a trouvé la chose mesquine, cé pas bo.
Des sous ! des sous !
Les impôts locaux, le centre hippique, la passerelle, etc. tout ça la presse quotidienne régionale en a traité. Y compris la délégation de service public pour la patinoire (voir la Nouvelle République). Le maire et Irène Félix se sont lancés dans une joute de chiffres byzanthins, de tableaux jésuitiques : je n’ai rien compris, rien. Divers points du conseil était dévolus aux subventions accordées par la ville de Bourges : associations sportives, action sociale, associations culturelles. Evidemment, les sous ne peuvent être donnés à tout le monde.
Anne-Marie Guillonneau intervient pour l’association Accroval (organisatrice de la fête du Val d’Auron) qui se retrouve avec 3.000 € de sub’ au lieu des 6.000 € de l’année précédente. Elle en profite pour rappeler cette information étonnante (non contestée) : 20% des habitants de Bourges vivent avec des minimas sociaux. Michel Verdier précise que, cette année, la municipalité a privilégié plutôt les associations de lutte contre la précarité.
Y’en a, bien sûr, qui touchent le jack-pot, avec des chiffres qui piquent les yeux. La Maison de la Culture : 649.000 € (subvention globale : 1.082.000 €). Il faut peut-être ajouter les sub’ pour le spectacle vivant de la Maison de la Culture : 56.600 €. Ensuite, on a le Printemps de Bourges. Le Réseau Printemps : 82.500 €, Printemps de Bourges : 647.000 €. Il ne faut pas oublier Emmetrop : 49.000 €. Le collectif Antre Peaux touche 5.000 €.
Quand El Qantara t’as rien...
Yannick Bedin était particulièrement faché : l’association El Qantara voit ses sub’ baisser drastiquement. Yannick Bedin accusera Philippe Gitton et la majorité municipale d’accorder et refuser certaines subventions en se basant sur des critères politiques. Il dira que El Qantara passant de 6.500 € à zéro est « punie pour des motifs politiques ». Il rappelle que El Qantara n’est pas une association débutante, qu’elle a organisé des manifestations culturelles qui avaient eu un gros succès et avaient nécessité de grandes structures d’accueil.
La majorité municipale répond que primo : y’a 1.500 € en moins de sub’ car l’accompagnement scolaire est effectué autrement. Et secundo : le dossier "Rencontres d’El Qantara" est un « dossier non-transparent », « le projet n’est pas clair ». donc, si le projet est plus précis « alors, on verra... Il existe des enveloppes non-distribuées justement pour ce type de projet. »
Colette Cordat en rajoutera une couche sur les subventions liées à des choix politiques du maire. Ainsi, L’UAL (Union Amicale des Locataires) se retrouve avec une sub’ de 500 €. L’UAL avait embêté monsieur le maire en s’opposant à certaines démolitions, etc. Colette Cordat le dit au maire : « C’est une sanction contre une association qui ne partage pas vos vues. »
L’arroseur arrosé
Le maire l’avait dit au conseil municipal précédent : un conseil municipal, ça se prépare, faut participer aux commissions, faut consulter les dossiers. Yannick Bedin fait remarquer que c’est très difficile de siéger dans des commissions qui ont lieu durant... les heures de travail.
Le point 36 concernait l’exploitation de la chaufferie urbaine. La présentation du point se terminant par "Il est donc proposé au Conseil Municipal de donner son avis sur cette demande."
Colette Cordat fait remarquer que l’exposé du point ne permet pas de donner son avis : « Il est écrit que des "mesures destinées à prévenir, réduire ou supprimer ces impacts [sur l’environnement] ont été définies". Vous nous demandez notre avis. Mais on n’a rien sur ces "mesures"... » Le maire : « Il y a un dossier. » (sous-entendu : pov’ nulle, t’as qu’à aller consulter le dossier...). Colette : « Je me suis rapproché des services comme vous le conseillez [rires sur les bancs da la majorité] et j’ai demandé à consulter le dossier : il est reparti... » Le maire [penaud] : « Ah... autant pour moi, alors... »
Pour une fois que notre maire se retrouve un peu pris à son propre jeu, on va terminer la-dessus. THE END