De l’art ou du cochon ?
Comme un carambolage dont on ne pourrait jamais déterminer le point de départ… Soit : cette semaine la PQR (la NR du 16 avril) titre à propos d’une « Matinale sonore » à Noirlac : « de l’art ou du cochon ? ». Soit : cette semaine, l’invitation de Tom de Pékin au Transpalette d’Emmetrop qui remue le landernau bien pensant en présentant deux pongistes asiatiques se branlant la queue toutes couilles dehors.
Alors on se demande bien pourquoi cette drôle d’interrogation (Art ou Cochon ?) qui se retrouve attribuée à Noirlac, puisqu’il s’agit en l’occurrence d’une opération culturelle de l’OREI (Organisation des Recherches sur les Environnements Invisibles) où l’on voit des chercheurs (?) stéthoscope sur la tronche auscultant pieusement les pierres, histoire de retrouver des bruits fossiles.
Tout le monde y croit et pour faire vrai, on voit même le dirlo de Noirlac équipé d’une oreillette tel un docteur Knock qui joue le jeu. Peut-être bien qu’on pourrait entendre les derniers restes des hurlements orgasmiques des moines poussés lors d’orgies dantesques voici quelque cinq cents ans ?
Hé bah non, le journaliste de la NR nous parle très sérieusement des « vestiges sonores qui ont emprunté les failles de l’espace-temps »… On nous renvoie à des chercheurs américains qui seraient parvenus à entendre des « sons antérieurs à Edison » (incroyabale, non ?). On nous balade avec une poterie antique : « lorsqu’elle a été façonnée, le stylet a pu jouer le rôle de microphone… » et puis c’est la conclusion, grandiose, je cite : « Hallucinant. Et révolutionnaire, si l’on parvenait à entendre les bruits d’Athènes au IVe siècle avant J.C. Mais en attendant, écoutons Noirlac ! »…
Voilà, c’est tout. On a bien compris, c’est très sérieux, c’est pas une secte d’allumés financés par le Conseil Général, c’est une véritable équipe de chercheurs et faut pas plaisanter avec cette nouvelle science qu’ils appellent la « Paléophonie ». D’ailleurs, c’est très sérieux car le but – dit-on officiellement - c’est d’attirer le « grand public » à Noirlac ; A cet égard, on peut être sûr que le légendaire sens de l’ouverture des berrichons saura reconnaître la validité du projet quelque peu onéreux. Alors pourquoi ce titre ? Pourquoi cette interrogation : ART ou Cochon ? car personne n’évoque les couinements potentiels de tous les moines libertins passés par Noirlac ?
Heureusement, pour la validité et le sérieux de notre presse locale, la réponse nous parvient quelques jours plus tard : le génial Tom de Pékin débarque à Bourges au Transpalette d’Emmetrop pour une belle exposition faite de dessins pornographiques à colorier par les visiteurs (les crayons de couleurs sont fournis).
L’invitation – en illustration de cet article – est superbe : deux pongistes, Pine, le premier, joue en double avec Pong, son ami. Et alors ? me direz-vous… bah faut y regarder de plus près parce qu’avec un réel talent, Tom de Pékin nous présente ces deux jeunes et sémillants asiatiques se branlant consciencieusement la queue turgescente avec, et c’est un exploit, chaque paire de couilles ressorties de leur short bien serré autour de leur petit cul.
Au dos de l’invitation, c’est encore plus hilarant : on nous invite au vernissage (lundi prochain à 18h) avec une séance de coloriage à partir de 19h. On imagine avec délice les familles recomposées amenant leurs gamins et gamines pour s’exercer au remplissage coloré des bites, couilles et chattes qui ne manquent pas dans l’exposition du Transpalette.
Tom de Pékin s’y montre très imaginatif quoiqu’un peu académique, du moins si l’on considère que les parties fines à trois, les doubles pénétrations, les branlettes réciproques, les bites éjaculant dans un grand feu d’artifice, les glands défonçant de gentils petits trous du cul sont des pratiques largement rebattus par la filmographie porno… que tous nos enfants connaissent désormais parfaitement grâce au câble.
Alors, hein ? N’est-ce point une belle réponse à ce titre quelque peu incongru posé sur Noirlac ? Car si la question « de l’Art ou du Cochon ? » devait être posée, le bon sens nous guide évidemment plus vers le Transpalette d’Emmetrop que vers le cloître des moines à grosse queue du sud du département.
Évidemment, si l’auscultation des pierres a conforté nos élus dans leur bienveillante indifférence, tel n’a pas été le cas pour Tom de Pékin. Avec deux pongistes toutes bites dehors, croyez-moi, ça les a réveillés nos élus ! Pensez donc : deux jeunes asiatiques dans la force de l’âge, ça vous réveillerait n’importe quel adjoint ou vice-président à la culture, plus aptes à comprendre les histoires de cul plutôt que les méandres de ce qu’on appelle « l’art contemporain ».
Et c’est bien le bas du verso de l’invitation de Tom de Pékin qu’a foutu le feu au cul, heu pardon, je voulais dire : le feu aux poudres. Car on y lit en tout petit – mais c’est écrit quand même – que la branlette en double de ces deux adolescents s’effectue avec le soutien de « la DRAC, la Région Centre, le Conseil Général du Cher , la Ville de Bourges et Radio Résonance ».
Comme prévu, la panique masturbatoire est partie de certains édiles et élus refoulés : et si des enfants allaient jusqu’à s’initier à l’art contemporain en allant au Transpalette durant le Printemps de Bourges ? C’est effectivement plus que probable durant cette période de vacances d’autant que l’association Emmetrop est largement soutenue et recommandée par la Préfecture et l’Education Nationale. Tom de Pékin le sait bien d’ailleurs : le Transpalette est situé au cœur de la Friche Emmetrop qui rassemble le Fédération des Œuvres Laïques (FOL), les Milles Univers (qui travaillent régulièrement avec les écoles), l’Ecole du cirque…
Et alors ? En quoi cette exposition et cet exercice de coloriage de bites, chattes et couilles relèverait-elle d’un quelconque délit ? Une incitation à la débauche, genre prévention hypocrite que l’on peut lire avant chaque film de cul de Canal plus : « Toutes personnes montrant à un mineur un film pornographique… ». Prions les Dieux du Cul pour espérer qu’aucun élu jaloux, qu’aucun laïc coincé, qu’aucune institutrice frigide n’aille faire un foin du diable pour embêter cette belle exposition relevant de la plus grande pédagogie.
Car disons le franchement : il est grand temps que les berruyers acceptent toutes les richesses que recèle le CUL ! Finissons-en avec tous nos doutes, toutes nos peurs concernant la pornographie et les enfants : rien n’est plus structurant, rien n’est plus rassurant qu’une bonne leçon de cul pour tous nos enfants, surtout ceux en bas âge ! Et rendons grâce à ce Tom de Pékin pour avoir osé hisser l’Art Contemporain à la hauteur de la Cochonnerie, histoire de répondre à la question vraiment réactionnaire posée maladroitement aux responsables de Noirlac : « de l’art ou… du cochon ? ».
« PINE ! PONG ! » - exposition de tom de Pékin, du lundi 20 au dimanche 26 avril. Vernissage lundi 20 avril à 18H et séance de coloriage à partir de 19H. Conférence de Vincent Simon, éducation populaire : dimanche 26 avril 15h. Le Transpalette – Emmetrop : 26, route de la Chapelle – 18000 Bourges. Tél : 02.48.50.38.61 mail : transpalette@wanadoo.fr et www.emmetrop.fr.fm
avec le soutien de DRAC, la région Centre, le Conseil général du Cher , la Ville de Bourges et Radio Résonance.
« Chantiers de l’OREI »
Abbaye de Noirlac. Dans le cadre des « Matinales » de Noirlac.
avec le soutien de DRAC, la région Centre, le Conseil Général du Cher, etc…