Editorial Mai 2009

On nous fait marcher

samedi 2 mai 2009 à 12:46, par Mister K

Certains vont penser que je ne sais pas compter ou que j’ai six mois d’avance. Certes, mathématiquement, nous ne sommes pas tout à fait à la mi-mandat de Sarkozy ; mais politiquement, c’est sûr, il a fait plus de la moitié du chemin, la dernière année du quinquennat (au moins) allant être à coup sûr consacrée à la campagne électorale présidentielle de 2012.

Au moment où j’écris ces lignes, il ne fait quasiment aucun doute que Sarkozy sera réélu s’il se représente en 2012. Cette perspective effraie vraisemblablement au moins la moitié de la France et c’est bien là le paradoxe. Déjà en 2007, j’avais eu du mal à trouver des personnes affirmant avoir voté Sarkozy [1]. Et en 2009, deux ans après, on a beaucoup de mal à lui trouver des défenseurs [2]. Pourtant, cet homme a bien été élu et devrait, sauf miracle, être réélu en 2012. Alors qu’est-ce qui cloche ? Car, à part défiler, marcher pour faire entendre son mécontentement ou ses messages, seul le vote de 2012 pourrait nous débarrasser de notre président tout fou [3]. Seul hic, il faut trouver un vrai projet soutenu par un ou une candidate crédible pour le remplacer. Et là, c’est pas gagné...

Si vous vous posiez la question suivante "que m’a apporté, concrètement, la politique de Sarkozy depuis 2007 ?", la réponse serait vraisemblablement pour la très grande majorité des français : "rien". Remarquez que j’ai pris le parti de poser la question à titre individuel et non à titre collectif. La vraie question serait, évidemment, "qu’est ce que la politique de Sarkozy a apporté à la France et aux français ?". Mais il est foncièrement impossible de répondre à une telle question sans avoir des vraies données, pas manipulées a des fins électorales. Alors, on ne répondra pas à la question, on laissera les militants UMP faire leur boulot et ceux d’opposition (tous les autres !) faire le leur. Par contre, on peux essayer de répondre à une autre question : "qu’avez-vous retenu de l’action politique de Sarkozy depuis 2007 ?". A première vue, tout le monde a retenu qu’il était très actif voir sur-actif. Alors ? Oui, alors, le Fouquet’s, ça, ce n’était pas de l’action. Le bateau de Bolloré non-plus. Le divorce d’avec Cécilia et le mariage avec Carla, ça c’était du cirque. Non, non, je vous parle d’action politique, du concret. Ah ! Le paquet/bouclier fiscal ... oui, ça c’est une action. Quand je disais tout à l’heure que la plupart des français n’avaient rien obtenu personnellement de la politique de Sarkozy, ce n’était évidemment pas le cas pour tout le monde : les plus riches ont bénéficié de la politique de notre petit président. Et quoi d’autre ? Non, "travailler plus pour gagner plus" c’était un slogan. D’ailleurs, certains ont travaillé plus pour gagner pareil (Continental) et personne ne songe même à ce que leurs heures supplémentaires soient payées comme telles..."J’irai chercher la croissance avec les dents", ça aussi c’était un slogan.
Non, il a fait plein de choses Sarkozy, vous avez forcément retenu d’autres actions. Oui, très bien ! Il a effectivement supprimé la publicité sur la télévision publique après 20h00. Remarquez que ce n’était pas dans son programme...D’autres choses ? Non, ce n’est pas un piège, il a fait beaucoup d’autres choses, réfléchissez-bien ! Oui, la réforme de la justice de Rachida Dati [4]. Bon, ok, vous ne savez pas très bien en quoi consiste cette réforme, mais c’était très important, la justice, c’est important dans une démocratie. Non, le "casse-toi pauv’con", ce n’était pas une action, c’était une réaction. Ah, quelqu’un a été condamné pour avoir affiché cette citation devant la voiture du président ? Oui, parfois, la justice est injuste ou imparfaite. En France, le crime de lèse-président existe toujours...et Sarkozy fait appliquer cette loi contrairement à ces prédécesseurs ; on ne peut quand même pas lui reprocher de faire appliquer la loi, non ?
Et Julien Coupat accusé de terrorisme et en prison depuis plus de 6 mois sans, semble-t-il, de preuves ? Bah, c’est rien. Cela lui apprendra à être d’ultra-gauche. Et la justice ? Bah, elle n’est pas parfaite, voilà tout. Bon, il a fait quoi d’autre Sarkozy ? Allez, un petit effort...Oui, on peut passer à l’international. Après tout, le Président de la République représente la France à l’étranger, c’est le chef des armées. Oui, il a réintégré la France dans l’OTAN. Bon, cela c’est facile, c’est tout récent. Il a "relancé l’europe", oui ! En fait, il est à l’origine d’un mini-traité dans lequel une bonne partie ce qui avait été rejeté démocratiquement par les français, les irlandais et les néerlandais a été inclus [5]. Il a contribué a donner à l’Europe, une image foncièrement anti-démocratique [6]. Ce qui ne vous empêchera pas d’aller voter pour les prochaines élections européennes, hein ? Bon, rien d’autres ? Quand même, vous n’avez pas oublié l’action de Sarkozy lors de la guerre entre la Russie et la Georgie ? Si ?! Vous êtes vraiment injustes...

Bon, pour résumer, deux choses-l’une : soit vous n’avez pas retenu grand chose de l’action de Sarkozy, soit il n’a pas fait tant de choses qu’on le dit. Vous dites que c’est un peu les deux ? Certainement.

Donc, oui, ce n’est pas un scoop, Sarkozy fait surtout dans l’agitation médiatique . Et sa popularité, il la doit en grande partie à la récupération des thèses du Front National autour de l’immigration et de l’insécurité ; autant qu’à sa grande gueule et ses gesticulations et affirmations sans lendemain. D’ailleurs, pour se faire réélire, nul doute qu’il va de nouveau employer ces recettes magiques. Comment ça vous n’allez pas le réélire ? Bien sûr que si ! Plutôt deux fois qu’une oui ! On ne me la fait pas à moi...vous avez une mémoire de moineau, vous ne vous intéressez pas vraiment à la politique sauf pour les à-coté people. Et vous allez me faire croire que vous allez changer ? Bon, remarquez, tout est possible... En attendant, votre seul recours [7] à Sarkozy, c’est d’aller manifester ; car l’animal va encore sévir jusqu’en 2012. Et en 2012, vous voudriez changer de Président ? Mais vous voulez le remplacer par qui pour faire quoi ? Car le Sarkozy, lui, il vous a fait marcher en 2007, il vous fait marcher en 2009, il vous fera marcher en 2012...jusqu’en 2017 si il le faut. Lui, il s’en fout, il se la pète à l’Elysée, il se prend pour un star mondiale, limite le sauveur de la planète, et vous voulez lui casser son jouet ?

Remplacer Sarkozy ? Par qui, pour faire quoi ? C’est bien la vraie question. Mais pour pouvoir y répondre, il faudrait dès aujourd’hui se remettre à faire et à s’intéresser à la politique, au sens noble du terme ; et arrêter tout de suite la people-itique qui favorisera toujours l’éternel candidat Sarkozy, trop à son aise dans ce domaine. Première suggestion, il faudrait commencer par appeler un chat, un chat. Non, nous ne sommes pas dans une crise financière, nous sommes en pleine crise du capitalisme [8] doublée d’une crise morale. Dans ce pays et dans le monde en général, la répartition des richesses est injuste. Le travail, pour la très grande majorité de la population, n’est pas rémunéré à sa juste valeur. Le système économique actuel, dont les gains sont censés bénéficier à tout le monde, ne joue son rôle que dans la théorie des économistes libéraux. Ces théories libérales vous font marcher depuis la fin de la seconde guerre mondiale et nous ont entrainé dans une dictature qui ne dit pas son nom [9]. Sortir de cette dictature, proposer un système plus juste, c’est la première des priorités. Et il faut s’y mettre tout de suite, en avançant des idées, des propositions. Voilà un vrai sujet dont l’opposition devrait saisir de suite. Sinon, nous n’aurons pas fini de nous excuser en vain pour les générations futures. Si rien ne bouge, nous continuerons vainement à marcher. Et ceux qui gagneront le plus seront toujours ceux qui ne travaillent pas.

[1A part les militants UMP pur sucre évidemment

[2A part les militants UMP pur sucre évidemment

[3Et en attendant, la manifestation est le seul moyen démocratique de faire infléchir la politique fantôme du gouvernement fantoche de François Fillon

[4Remarquez que l’on colle systématiquement le nom de Dati à cette réforme, allez savoir pourquoi...

[5En fait, c’est le fameux plan B. Fabius avait raison.

[6Un autre exemple, HADOPI, montre qu’il méprise carrément les députés européens

[7Recours qui n’en est pas vraiment un, c’est surtout du dépit

[8Le mot peut faire mal aux oreilles de certains, pourtant, c’est le juste mot, pas de la nov-langue libérale

[9Tout cela pour éviter une autre dictature, communiste celle-là

commentaires
On nous fait marcher - XUEDOB - 23 mai 2009 à 00:06

................ COURE !


#23169
On nous fait marcher - JD - 6 mai 2009 à 15:52

« ...la dernière année du quinquennat (au moins) allant être à coup sûr consacrée à la campagne électorale présidentielle de 2012. »

Je pense que Sarkozy n’a jamais arrêté sa campagne. On le voit d’ailleurs très bien avec ses désormais classiques "effets d’annonces". Il s’agite dans tout les sens par une omniprésence de terrain en annonçant des mesures qui ne voient jamais le jour.
Ce que l’on appel "effet d’annonce" n’est pas si loin de ce que l’on appelait autrefois "promesses de campagnes".
C’est la rançon du quinquennat à la Sarkozy : la campagne est continuelle.

Quant à sa possible réélection en 2012, on sait tous qu’à moins qu’apparaisse au PS une personne capable de rassembler (alors que jusqu’à aujourd’hui il n’y a que gens capables de diviser), il n’y aura pas d’autre alternative que François Bayrou, même si cela impliquera forcément un gouvernement de coalition arc en ciel.

Les gens gauche en sont conscients, le MoDem l’a toujours proposé, l’UMP sarkozyste en a peur : le vote utile en 2012, ce sera le vote François Bayrou.


#23064
On nous fait marcher - Mister K - 6 mai 2009 à  16:05

le vote utile en 2012, ce sera le vote François Bayrou.

JD, on vous sent déjà parti en campagne pour 2012...

#23066 | Répond au message #23064
On nous fait marcher - 6 mai 2009 à  17:16

L’article parle de 2012, je parle donc de 2012.
Où est le problème ?

Surtout qu’il ne s’agit pas là d’une réflexion partisane mais bien d’un constat basé sur du bon sens.
Avec les données dont nous disposons aujourd’hui (cela peut changer), je ne vois pas quelle autre alternative existe à une non réélection de Sarkozy.

Mais si vous en voyez une, n’hésitez pas à me la proposer !

#23069 | Répond au message #23066
On nous fait marcher - JD - 6 mai 2009 à  17:17

J’ai oublié le "JD" dans cette précédente réponse.

#23070 | Répond au message #23069
On nous fait marcher - Mister K - 6 mai 2009 à  18:00

L’article parle de 2012, je parle donc de 2012. Où est le problème ?

JD (j’imagine...), qui vous a parlé d’un problème ?

Surtout qu’il ne s’agit pas là d’une réflexion partisane mais bien d’un constat basé sur du bon sens.

Ah, ben c’est vous qui le dites. Pour moi, ce n’est pas du bon sens et c’est donc forcément partisan ;-)
Le bon sens est une notion très discutable, surtout comme argument politique...

#23072 | Répond au message #23069
On nous fait marcher - 6 mai 2009 à 10:25

"qu’est ce que la politique de Sarkozy a apporté à la France et aux français ?"

Réponse ici (à mettre dans vos favoris) :


Voir en ligne : Sarkofrance
#23057
On nous fait marcher - Coco de Bourges - 4 mai 2009 à 23:21

Il est sûr que tant que nous ne nous intéresserons qu’aux hommes ou aux femmes providentiels, les conservateurs (capitalistes, libéraux, enfin tous ceux qui contrôlent le pouvoir médiatico économique) ont de beaux jours devant eux.

Personne n’a voté voté UMP, tout le monde est mécontent de la politique de l’UMP mais SARKOZY serait réélu ?

Et si nous faisions de la politique en nous intéressant aux contenus des programmes, aux moyens à mettre en oeuvre pour les appliquer et changer (dans le bons sens) la vie de tout un chacun. Quel partage des richesses ? Partage de la valeur ajoutée, rémunération du travail. Véritable service public ...etc. Qui porte, continue de porter un programme de justice, d’égalité sociale, de meilleure répartition et comment les citoyens peuvent-ils devenir acteur de leur destin sans se retourner vers le messie, le sauveur suprême ?

On fait (les grands médias) de nos hommes politique des "stars" (people). Ils ne sont que nos élus. Si nous ne sommes pas content, ne les réélisons pas.

Si on a voté NON en 2005, ne votons pas en 2009 pour des listes qui ont proné le OUI et acceptent le traité constitutionnel libéral même remodelé à la mode Lisbonne. Soyons cohérents : ou alors ne venons pas nous plaindre.


#23040
On nous fait marcher - JD - 6 mai 2009 à  15:33

« Si on a voté NON en 2005, ne votons pas en 2009 pour des listes qui ont prôné le OUI et acceptent le traité constitutionnel libéral même remodelé à la mode Lisbonne. Soyons cohérents : ou alors ne venons pas nous plaindre. »

C’est bien gentil de demander de la cohérence en ne votant pas pour des listes s’étant prononcées pour le OUI au référendum, encore faudrait-il qu’il existe une cohérence dans le NON majoritaire...

Car si le NON a gagné, ce n’est pas seulement car les citoyens espéraient voir surgir un traité moins libéral et plus social (qui n’a d’ailleurs jamais pointé le bout de son nez), c’est aussi parce que beaucoup d’entre eux ont voté contre l’Europe en tant que telle (notamment l’extrême droite).

Alors certes, l’Europe libérale n’est pas la panacée et il est important aujourd’hui de construire une Europe sociale.
C’est d’ailleurs un des enjeux des élections européennes : devons nous réélire l’ultra-libéral Barroso ? Si nous ne voulons pas, alors ne votons pas UMP.
C’est aussi simple que cela et ça n’a pas grand chose à voir avec le référendum de 2005.

#23063 | Répond au message #23040
On nous fait marcher - 6 mai 2009 à  15:55

Alors certes, l’Europe libérale n’est pas la panacée et il est important aujourd’hui de construire une Europe sociale.

Baratin ! Mais plus personne ne vous croit plus désormais. Après le déni de démocratie qu’a représenté le Traité de Lisbonne, la seule attitude politique qui vaille pour faire respecter la démocratie - c’est à dire pour faire respecter la décision du peuple souverain - c’est le boycott de ces élections. UMP ou PS, même combat. Que le nombre d’électeurs — que j’espère important — qui ne participeront pas à cette supercherie manifestent au moins par ce geste l’absence totale de légitimité de ce parlement européen. Le roi est nu, l’europe aussi, mais surtout les politiciens de tous poils et leurs discours mensongers.

#23065 | Répond au message #23063
On nous fait marcher - Mister K - 6 mai 2009 à  16:10

l’absence totale de légitimité de ce parlement européen

En fait, ce sont les gouvernements européens et la fameuse commission européenne qui contestent en permanence la légitimité du parlement européen. Il s’agit donc d’un problème institutionnel, qui ne sera pas réglé par le traité de Lisbonne. Tant que l’Europe ne sera pas fédérale, il n’y aura pas de véritable Europe politique ou sociale...et il n’y aura pas de véritable démocratie en Europe.

#23067 | Répond au message #23065
On nous fait marcher - 6 mai 2009 à  17:35

Je n’ai jamais compris cette idée que le fait de ne pas voter pouvait être bénéfique à la démocratie. Si vous n’appréciez pas le traité de Lisbonne, votez pour quelqu’un qui est contre, ce sera bien plus éfficace.

#23071 | Répond au message #23065
On nous fait marcher - 6 mai 2009 à  16:30

devons nous réélire l’ultra-libéral Barroso ? Si nous ne voulons pas, alors ne votons pas UMP.

Sûrement pas pour le PS non plus. Les groupe socialiste européen s’appelle le PSE, et le PSE a toujours voté les directives libérales de l’Europe (encore pas plus tard qu’il y 1 mois) et si Barroso* est président de la Commission européenne, c’est en grande partie grâce aux voix du PSE. Nous faire croire que voter PS c’est voter anti libéral serait à se tordre de rire si ça n’était pas si grave.

*Barroso a commencé sa carriere politique comme président des étudiants maoïstes lors de la révolution des œillets en 1974. Puis il a soutenu le socialiste Mario Soares pour virer ultra-libéral à la cinquantaine. Un peu comme Dany le rouge, quoi ;-)

#23068 | Répond au message #23063
On nous fait marcher - 4 mai 2009 à 13:41

Ségolène c’est pas du people ??
Votez Martine,plus intelligente, plus sensée


#23034
On nous fait marcher - 4 mai 2009 à 11:51

En lisant cet édito, on réalise que Sarko a pratiquement réussi. Deux ans après son élection, confortable et massive, faut-il le rappeler, l’agitation frénétique (névrotique ou égotique, diront les spécialistes) du personnage a parfaitement réussi à masquer l’objectif que lui ont fixé ceux qui l’ont propulsé au pouvoir : réaliser en France ce que Margaret Thatcher a réalisé en Angleterre il y a un peu plus de 20 ans : la révolution libérale.

Avec un talent remarquable, Sarko arrive a détourner l’attention des plus fins observateurs de la politique qui se laissent enfumer par le talent de bonimenteur du personnage. Car ne nous y trompons pas : à la fin de son quinquennat, la France aura changé de régime. Des valeurs républicaines, liberté, égalité, fraternité, il ne restera plus rien. Seule restera une idéologie fondée sur une seule valeur : l’argent. L’argent érigé en unique valeur, la généralisation du profit comme seul projet de société, l’argent comme seul critère de réussite.

Dès son avènement, Sarko a immédiatement pris des mesures en faveur des plus riches : « paquet fiscal », « bouclier fiscal », quasi-suppression des droits de succession, légalisation du travail au noir avec la défiscalisation des heures supplémentaires, … Sarko n’a pas été ingrat avec ceux qui l’ont fait élire. Mais tout cela n’est rien comparé à ce qui va suivre. Car l’objectif principal de la révolution libérale est de supprimer toute activité qui ne soit pas soumise aux lois du profit. Et en premier lieu, les services publics. « Le gouvernement n’est pas la solution, il est le problème » disait Reagan, autre pilier de la révolution libérale.

Pour les libéraux, les services publics sont une manne gigantesque. Déjà, et sous la pression de l’Europe libérale, l’énergie, les transports, les télécommunications, les autoroutes …, ont été privatisés. Les services publics en France, c’est 50% du PIB. Imaginez les profits qu’il est possible de réaliser en privatisant l’éducation, la santé, les retraites, la justice, la sécurité… Les libéraux en rêvaient, Sarko va le faire. Ce sera d’autant plus facile qu’il y a longtemps que la fraternité a été remplacée par le « chacun pour soi », et que déjà le « tous contre tous » fait des ravages.

Avec Sarko, la République est en danger. Le pacte social qui régit notre société depuis plus de 60 ans est chaque jour consciencieusement démonté. Ne nous y trompons pas : notre président n’est pas “fou-fou”, comme vous dites. Il sait parfaitement où il va. Vers une société où l’égalité ne sera plus qu’un concept, au bénéfice de quelques uns et au détriment de tous les autres. Libéralisme et liberté sont deux mots qui ont la même racine, se targuent les libéraux. C’est à dessein que le terme "libéraux" est employé ici en lieu et place de "capitalistes". Car la liberté des libéraux capitalistes, c’est celle du renard libre dans un poulailler libre (merci, Marx).


#23031
On nous fait marcher - Mister K - 4 mai 2009 à  15:05

l’agitation frénétique (névrotique ou égotique, diront les spécialistes) du personnage a parfaitement réussi à masquer l’objectif que lui ont fixé ceux qui l’ont propulsé au pouvoir : réaliser en France ce que Margaret Thatcher a réalisé en Angleterre il y a un peu plus de 20 ans : la révolution libérale.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cela.
 1 La plupart des gens qui ont voté Sarkozy en 2007 sont contre l’ultra-libéralisme. Une bonne partie a voté pour son coté sécuritaire, pour ne pas dire son coté Lepeniste. Seule une élite (économique) espérait "une modernisation de la France", comprendre, aller plus loin dans le libéralisme.
 2 Je ne suis pas sûr que Sarkozy lui-même, sache très bien où il va d’un point de vue économique. Il est très mauvais en économie (il a été un piètre ministre de l’économie) et n’a pas, dans ce domaine, une véritable politique. C’est au coup par coup, au grès des évènements, peut-être aussi au grès des pressions de ses riches amis. En tout cas, il n’a rien d’un libéral pur sucre.
 3 Je suis tout de même d’accord qu’avec Sarkozy, on continue la casse du service public et que les valeurs fondatrices de notre République sont souvent malmenées. La nouveauté avec Sarkozy, c’est vraiment la mise à mal de ces valeurs, car, coté casse du service public, le travail a été commencé par ses prédécesseurs dont certains étaient de gauche...

Globalement, accorder à Sarkozy ne serait-ce qu’un plan, qu’une vision pour l’avenir (peu importe la vision), ce serait lui accorder une intelligence qu’il n’a pas. Sarkozy est quelqu’un d’impulsif, qui réagit au coup par coup, qui vit au rythme des médias et qui peut se contrarier lui-même du jour au lendemain sans aucun état d’âme. Ce serait, de plus, aussi, lui accorder un pouvoir qu’il n’a pas : même si l’arrivée de Sarkozy semble avoir donné du poids au politique, ce n’est qu’un mirage. Le vrai pouvoir est toujours économique : quand un banquier décide qu’il ne veut pas avoir pour actionnaire l’état, c’est le banquier qui décide, pas Sarkozy. Saviez-vous, par exemple, que désormais, l’état français est le premier actionnaire de BNP Paribas ? Mais avec ses 17% (de mémoire, il faudrait vérifier le chiffre...), l’état n’a pas un seul représentant au conseil d’administration de BNP Paribas...c’est pas beau la vie ?

#23035 | Répond au message #23031
On nous fait marcher - 4 mai 2009 à  20:10

Je ne suis pas sûr que Sarkozy lui-même, sache très bien où il va d’un point de vue économique.

Erreur :
« Je vais vous dire une chose : Vous les Britanniques, vous êtes devenus pour nous un modèle, une référence, et nous devons nous inspirer de ce que vous avez su faire, quelque soit la couleur politique de vos gouvernements, ces 20 ou ces 30 dernières années. »

Nicolas Sarkozy lors de sa visite d’Etat en Grande Bretagne au printemps 2008

On ne peut être plus clair, non ?

Version audio : http://www.tv-radio.com/ondemand/france_inter/POURTANT/POURTANT20090504.ram entre 12:37 et 12:57

#23037 | Répond au message #23035
On nous fait marcher - Mister K - 4 mai 2009 à  22:14

Oui, mais on pourrait tout à fait trouver des déclarations contraires, notamment suite à la crise économique qui s’est déclenchée en Septembre 2008. Depuis, par moment, on dirait que Sarkozy veut concurrencer Besancenot. Sarkozy est un flatteur. Il fait tout pour séduire son auditoire, peut importe l’auditoire. Aux Anglais il dira une chose, aux ouvriers de l’usine ArcelorMittal de Gandrange une autre, et au final il fera une troisième ou une quatrième chose, tout aussi bidon.

La preuve ici, que Sarkozy dit tout et son contraire, - Lettre d’une Anglaise à Nicolas Sarkozy - tirée du journal, pas spécialement anti-capitaliste, les échos. Extrait :

En mars de l’année dernière, vous rendiez visite à Her Majesty The Queen à Windsor. Vous n’étiez qu’emballement pour notre pays. Son modèle économique. Pourtant, tout n’était pas rose, déjà à cette époque, chez nous. Vous rêviez de copier notre exemple et vous lanciez « l’entente amicale ». Et voilà que l’autre jour, parlant aux Français à la télévision, vous nous jetez à la figure notre industrie disparue.

CQFD

#23039 | Répond au message #23037
On nous fait marcher - Allison - 3 mai 2009 à 18:20

"Remplacer Sarkozy ? Par qui, pour faire quoi ?" Une vraie question dites vous. Certes. Mais peut-être faut-il arrêter d’attendre ou d’espérer un remplaçant providentiel. Certes, pas de figure emblématique dans l’opposition, mais la seule réponse qui m’est venue à la question que vous posez est qu’il faut effectivement remplacer sarkozy ne serait-ce que pour le dégager d’une présidence dont il abuse et dont il n’a pas su prendre la mesure que l’on attend d’un président. Peut-être que l’urgence est qu’il ne soit pas au pouvoir et qu’il faille se résoudre à voter pour une candidature plus raisonnable et plus en phase avec la République. Les électeurs, au vue de la situation actuelle, devraient pê la jouer raisonnable et modeste.


#23029
On nous fait marcher - 3 mai 2009 à  20:43

« Au moment où j’écris ces lignes, il ne fait quasiment aucun doute que Sarkozy sera réélu s’il se représente en 2012. »

Si c’est Sarko contre PS c’est sûr, (on peut compter sur le PS pour perdre une élection imperdable) ! Tout l’enjeu est donc de savoir qui sera au second tour. Si c’est Bayrou, pas sûr que Sarko repasse (les sondages le donnaient déjà gagnant en 2007 s’il avait été au second tour). Le vrai dilemme pour ceux qui ne veulent plus de Sarko : voter PS au premier tour et Sarko gagne au second (jamais 2 sans 3) ou voter Bayrou, et Sarko a de grande chances de perdre (il y a des électeurs de droite qui ne veulent pas de Sarko) ! Que de tempêtes sous les crânes en 2012 à gauche ! Mais les vrais républicains ne devraient pas se tromper ...

#23030 | Répond au message #23029
On nous fait marcher - 4 mai 2009 à  13:04

voter PS au premier tour et Sarko gagne au second (jamais 2 sans 3)

Plutôt "jamais 3 sans 4", le PS a déjà perdu 3 fois de suite (Jospin 1995 et 2002, Royal 2007) !

#23032 | Répond au message #23030