EDITO JUIN 2009

Sans filtre

jeudi 4 juin 2009 à 17:07, par Mister K

« Enfin, dernière péripétie, la loi Hadopi. C’est la première tentative pour organiser enfin cette jungle inextricable qu’est devenu Internet. Quelles que soient ses imperfections techniques, cette loi a plusieurs mérites. D’abord, d’engager enfin la démarche de régulation d’Internet : faire entrer ce merveilleux outil dans les règles. »

Tout est dit. Contrairement à ce que vous pourriez croire, cette phrase n’a pas été prononcée par le Président de la République, ni par un membre du gouvernement de François Fillon, ni même par un membre de la majorité UMP. Elle a été écrite par Claude Allègre dans une
tribune
pour l’hebdomadaire "Le Point". Bon, l’ancien ministre socialiste n’est plus crédible depuis très longtemps [1], n’empêche qu’il met en avant un besoin ou une tentation des gouvernants de tous les pays : celui de contrôler internet.

La première tentative de contrôle, le premier étage de la fusée, c’est donc Hadopi. Le second étage est passé en Conseil des Ministres le 27 Mai 2009 : il s’agit du projet de loi LOPPSI. Sous prétexte de protéger le bon citoyen contre la pédopornographie et tout un tas de maux qui hantent internet comme le monde réel, la loi prévoit l’installation de filtres chez les FAI et même l’installation de mouchards sur les ordinateurs des internautes soupçonnés de cybercriminalité. A noter au passage, que la technique du filtrage d’internet est actuellement utilisée en
Chine
, le pays de la répression de Tiananmen dont "on fête" les vingt ans cette année. C’est bien sûr la porte ouverte à toute les fenêtres.

On va tout droit vers une guerre ouverte entre internautes et gouvernants. Et la course au "surarmement numérique" ne fait que commencer. On peut s’attendre à ce que très rapidement, tous les supports numériques soient cryptés de même que les transmissions d’informations sur internet...même les plus anodines. On peut également s’attendre à la multiplication et la croissance des réseaux numériques parallèles. D’un espace relativement pacifié et neutre, l’intervention des gouvernements et leur volonté de contrôle sur internet risque de générer un guerre numérique dont personne ne sortira vainqueur.

Si on en croit un article de
Numérama
, Nicolas Sarkozy a véritablement décidé de reprendre la main sur un des rares médias dont il n’a pas les faveurs. En France, il a la main sur toutes les manettes pour agir et "réguler" cet internet frondeur. Reste l’Europe, où son seul allié dans la quête du contrôle d’internet serait Sylvio
Berlusconi... C’est donc sur le terrain de l’Europe que l’on peut
éventuellement, faire en sorte d’éviter cette prise en main de la toile par les états.

Est-ce que le parlement européen issu des l’élections européennes du 7 juin 2009 sera partisan d’un internet sans filtre et pourra peser
concrètement en ce sens sur l’exécutif européen ? Rien n’est moins sûr. C’est aux citoyens européens d’essayer d’agir dans ce sens lors de l’élection...mais aussi et surtout après. Devant l’offensive à laquelle elle devra faire face, il se pourrait bien qu’une Europe numérique informelle naisse avant l’Europe politique ou sociale.

[1Sauf peut-être auprès de Sarkozy et des tenants UMP de l’ouverture à gauche

commentaires
Sans filtre - 5 juin 2009 à 08:13

Les sénateurs semblent s’inquiéter du non respect du droit à la vie privée dans le domaine de l’informatique. Ils viennent de remettre un rapport intitulé « La vie privée à l’heure des mémoires numériques. Pour une confiance renforcée entre citoyens et société de l’information ». Extrait :

Valeur fondamentale de nos sociétés démocratiques, le droit à la vie privée n’en est pas moins confronté, depuis quelques années, à l’apparition de nouvelles « mémoires numériques », conséquence de nombreuses évolutions ayant pour effet principal ou incident de collecter des données permettant de suivre un individu dans l’espace et le temps, à savoir :

 la recherche d’une sécurité collective toujours plus infaillible ;
 l’accélération des progrès technologiques (géolocalisation, le Bluetooth, les RFID, nanotechnologies...) ;
 la tendance à l’exposition de soi et d’autrui sur Internet, au travers notamment des réseaux sociaux.

Si ces trois tendances constituent de nouveaux défis au regard du droit à la vie privée, notre cadre juridique sur la protection des données personnelles y apporte dans une très large mesure des réponses adaptées et pérennes, peut-être, paradoxalement, parce qu’il les a précédés.

Toutefois, nos règles de droit paraissent relativement inadaptées aux enjeux de la mondialisation et aux spécificités d’Internet : d’une part, il existe des divergences d’interprétation concernant l’applicabilité du droit communautaire aux traitements de données effectuées par des entreprises situées en dehors de l’Union européenne, en particulier aux Etats-Unis, d’autre part, Internet pose des questions nouvelles au regard du droit à la vie privée, telles que sa conciliation avec la protection de la propriété intellectuelle, le statut de l’adresse IP (est-ce une donnée à caractère personnel ?), l’inflation de pratiques commerciales « anonymement intrusives », comme la publicité ciblée, ainsi que la difficulté pour les internautes à faire valoir leurs droits. Le rapport d’information formule 15 recommandations pour mieux garantir le droit à la vie privée à l’heure du numérique et renforcer ainsi la confiance des citoyens à l’égard de la société de l’information :

Faire du citoyen un « homo numericus » libre et éclairé, protecteur de ses propres données
 Renforcer la place accordée à la sensibilisation aux questions de protection de la vie privée et des
données personnelles dans les programmes scolaires
 Promouvoir l’organisation et le lancement d’une campagne d’information à grande échelle
destinée à sensibiliser les citoyens aux enjeux liés à la vie privée et à la protection des données à
l’heure du numérique ainsi qu’à les informer des droits que leur reconnaît la loi « informatique et
libertés »
 Promouvoir rapidement la création de labels identifiant et valorisant des logiciels, applications et
systèmes offrant des garanties renforcées en matière de protection des données personnelles

Renforcer les moyens et la légitimité de la CNIL- Créer une redevance, de faible montant, acquittée par les grands organismes, publics et privés,
qui traitent des données à caractère personnel
 Déconcentrer les moyens d’actions de la CNIL par la création d’antennes interrégionales
 Renforcer la capacité d’expertise et de contrôle de la CNIL
 Rendre obligatoires les correspondants informatique et libertés pour les structures publiques et
privées de plus de cinquante salariés
 Rendre publiques les audiences et les décisions de la formation restreinte de la CNIL

Compléter le cadre juridique actuel
 Soutenir la dynamique en cours tendant à la définition de standards internationaux dans le
domaine de la protection des données personnelles
 Affirmer sans ambiguïté que l’adresse IP constitue une donnée à caractère personnel
 Créer a minima une obligation de notification des failles de sécurité auprès de la CNIL
 Réunir sous une seule autorité, la CNIL, les compétences d’autorisation et de contrôle en matière
de vidéosurveillance
 Réserver au législateur la compétence exclusive pour créer un fichier de police
 Réfléchir à la création d’un droit à « l’hétéronymat » et d’un droit à l’oubli
 Inscrire dans notre texte constitutionnel la notion de droit au respect de la vie privée


Voir en ligne : Rapport d’information n° 441 du 27 mai 2009
#23284
Sans filtre - 4 juin 2009 à 17:42

La solution : le routeur anti-Hadopi
photo.png

 Aucun accès internet requis
 Détecte automatiquement les réseaux wifi environnants et "casse" leur mot de passe
 Gestionnaire de téléchargements Bittorrent intégré : plus besoin de laisser votre PC allumé

 ;-)


Voir en ligne : Routeur anti-Hadopi
#23282
Sans filtre - anatolem - 9 juin 2009 à  17:56

Je pense que Tor peut lui aussi être la solution.
Tor vous protège en faisant rebondir vos communications à l’intérieur d’un réseau distribué de relais maintenus par des volontaires partout dans le monde : il empêche qu’une tierce personne scrutant votre connexion internet connaisse les sites que vous avez visité, et empêche les sites que vous avez visité de connaître votre position géographique. Tor fonctionne avec beaucoup de nos applications existantes, comme les navigateurs web, les clients de messagerie instantanée, les connexions à distance et tout un nombre d’applications se basant sur le protocole TCP.
Des centaines de milliers de personnes à travers le monde utilisent Tor pour une grande variété de raisons : les journalistes et les blogueurs, les défenseurs des Droits de l’Homme, les agents d’application des lois, les soldats, les entreprises, les citoyens de gouvernement répressif, et de simples citoyens.
Cordialement.

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