Le PS et le Modem sont verts
En 2009, en France, il n’y a pas eu de véritable campagne électorale européenne. Sans surprise l’abstention attendue a été au rendez-vous avec 60,2% [1], résultat du peu d’implication de la classe politique française pour la chose européenne, résultat de l’absence de médiatisation des actions du parlement européen et enfin, ce n’est certainement pas anodin, résultat de la trahison de la volonté du peuple français exprimée lors du refus du TCE en 2005.
Les grands vainqueurs de cette élection européenne, ce sont incontestablement Les Verts avec Europe Écologie. Ils sont les seuls à avoir réalisé une vraie campagne électorale européenne. Ce sont vraisemblablement les seuls à essayer de faire comprendre et faire aimer l’Europe. Ce sont également les seuls à avoir proposé un programme conséquent et clair qui propose notamment un nouveau processus constitutionnel européen. D’autres n’ont pas démérité comme Le Front de Gauche qui a, lui aussi, réalisé une vraie campagne électorale, pas véritablement centrée sur l’Europe mais en grande partie sur des enjeux franco-français de vote sanction contre Sarkozy et sa politique.
L’UMP, qui se présente en vainqueur de cette élection, est certes arrivé en tête en France. Mais leur campagne n’était pas plus européenne que celle de la plupart de leurs opposants. A l’anti-sarkozysme général, ils ont répondu par une forte personnalisation de la campagne en scandant le nom de Nicolas Sarkozy à toutes les sauces. Ils ont également mobilisé sur les peurs comme l’entrée de la Turquie dans l’Europe, l’immigration et la sécurité, continuant ainsi à chasser sur les terres du Front National. Il faudra suivre le vote des députés européens UMP afin de connaître leurs véritables convictions.
Enfin, ce qu’il faut retenir, c’est la claque que subit le Parti Socialiste et dans une moindre mesure, le Modem. Le PS a réalisé une campagne européenne tardive et à peu près illisible. Pour la première fois depuis longtemps, le PS n’est plus majoritaire à lui seul à gauche. L’addition des voix obtenues par les Verts, le Front de Gauche, le NPA et Lutte Ouvrière dépasse, a priori, les 20% et donc le score du PS. Quant au Modem, pourtant issu de l’UDF et donc, culturellement et historiquement pro-européen, il subit lui aussi un échec cuisant, lié vraisemblablement à son discours à géométrie variable selon ses intervenants.
Il est difficile de tirer de ces élections européennes en France, des conclusions européennes : les institutions européennes donnent finalement assez peu de pouvoir au parlement, le parlement européen n’aura pas de majorité claire. Au final, il est toutefois assez peu probable de voir l’Europe sortir d’une logique libérale : il faudrait pour cela que la majorité des gouvernements européens poussent dans ce sens en poussant à la modification des institutions et des traités qui régissent l’Europe.
Par ailleurs, s’il est difficile de tirer des conclusions nationales d’une élection européenne, on ne peut que constater que seule, une large union à gauche pourrait remettre en cause la reconduction au pouvoir de la droite en France. Pour l’instant, une gauche unie, cela semble être du domaine de la science-fiction...
