Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko

mardi 16 juin 2009 à 14:17, par B. Javerliat
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko
Sarkozy - Cohn-Bendit

Ce qui est remarquable avec l’écologie, c’est qu’elle se vend bien quand elle est de droite. Alors que l’écologie, jusqu’alors portée par la gauche faisait péniblement quelques pourcents, la liste de Cohn-Bendit explose les compteurs avec plus de 16% des voix. Car il s’agit bien du « succès » de Cohn-Bendit et non pas de la liste Europe Ecologie dans le scrutin du 7 juin. Les deux autres « têtes d’affiche », José Bové et Eva Joly n’étaient que les cautions respectivement « de gauche » et « modérée » pour ratisser plus large.
Cohn-Bendit, qui se déclare « Européen convaincu » est en fait un européiste convaincu. Il participe depuis 15 ans à la mise en place de cette Europe libérale qui nous dirige actuellement, il est favorable au capitalisme et l’économie de marché, (il se qualifie de « libéral-libertaire ») et il a été favorable au TCE et au Traité de Lisbonne. Bref, Cohn-Bendit est clairement de droite.

L’écologie de droite, c’est fun !

Mais, objecteront les plus naïfs ou les plus faux-culs, « l’écologie ça n’est pas de la politique, c’est pour le bien de la planète ! » Exact. Que l’on soit de droite ou de gauche, riche ou pauvre, on est tous concernés par l’écologie et la survie de la planète. Exact , mais tout faux...
L’écologie de gauche est déprimante : elle vous explique qu’il faut réduire sa consommation de manière drastique, que ce soit d’énergie ou de biens, donc réduire son train de vie. Certains vont encore plus loin en parlant de « décroissance ». Ils sont sûrement dans le vrai, mais ce discours est encore « intellectuellement inacceptable » pour la très grande majorité d’entre nous.
L’écologie de droite, elle, est beaucoup plus fun : il ne s’agit pas de consommer moins, mais de « consommer mieux » (pour pouvoir consommer plus longtemps), il ne s’agit pas de ne plus polluer, mais de polluer moins (pour pouvoir polluer plus longtemps). Ca s’appelle le « développement durable ». Regardez bien ces deux mots côte à côte : il n’y a rien qui vous gêne ? Peut-on honnêtement penser qu’il est possible de durablement, donc infiniment se développer dans un environnement fini (on n’a qu’une seule Terre, à ma connaissance) ?

L’écologie, une aubaine pour le capitalisme.

Le capitalisme, actuellement en pleine crise, a bien compris le profit qu’il pouvait tirer de la schizophrénie de nos contemporains : «  les déchets ça pollue, mais je veux pouvoir changer de téléphone portable tous les six mois. L’agriculture ça pollue, mais je veux pouvoir manger des fraises en hiver. La voiture ça pollue, mais je veux pouvoir en changer tous les deux ans pour une neuve. »
Alors les marchands vous proposent des téléphones ou des écrans plats « issus de matériaux recyclés » fabriqués par des esclaves du sud-est asiatique (il y a plus de téléphones portables que d’habitants sur la planète). Ils vous vendent des fraises produites en Espagne mais cueillies par des travailleurs, payés une misère, issus des pays pauvres de l’Europe de l’est (à qui on retire les passeports durant tout le temps de la récolte).
Le cas de l’automobile, symbole s’il en est, du « développement » occidental, est symptomatique. Pour pouvoir encore et toujours plus vendre de voitures, les constructeurs vous expliquent qu’il faut changer votre voiture pour une neuve, moins polluante. Les pouvoirs publics en rajoutent une couche en offrant une « prime à la casse » pour soutenir la croissance sans laquelle l’économie libérale s’effondre. Sauf que ces voitures « moins polluantes », pour des raisons de coût de main d’œuvre, sont toutes fabriquées dans les pays de l’ancien bloc communiste fraîchement convertis à l’économie de marché. Résultat, à chaque fois qu’un Français ou un Allemand achète une voiture « moins polluante », il accentue un peu plus le chômage dans son propre pays. Pour peu qu’il travaille chez Renault ou chez Volkswagen, c’est son propre chômage qu’il fabrique !

Un impôt devient acceptable s’il est peint en vert.

L’écologie de droite est aussi bien pratique pour faire passer les pilules amères du libéralisme. L’une des idées avancées par les écologistes pour tenter d’enrayer la destruction de la planète, est la « taxe carbone » : plus un produit ou un service rejette de carbone, plus il est taxé. Cela permettrait de surtaxer les produits chinois, par exemple, avant leur entrée en Europe. Ces mêmes Chinois seraient donc incités à prendre des mesures écologiques pour réduire la pollution due à la fabrication de leurs produits et éviter d’être taxés. C’est beau, c’est facile à comprendre, sauf qu’en Europe, c’est impossible. L’alpha et l’oméga de l’Europe libérale c’est de supprimer toute entrave au libre échange. Instaurer une taxe carbone reviendrait à instaurer une barrière douanière aux frontières de l’Europe. Et ça, les traités européens l’interdisent formellement. La taxe carbone européenne n’est donc pas près de voir le jour.
Mais les libéraux ont bien vu le parti qu’ils pouvaient en tirer. En France, par exemple, le MEDEF rêvait de la suppression de la taxe professionnelle, et Sarkozy l’a fait : d’ici la fin de l’année, il n’y aura plus de taxe professionnelle. Il faut donc trouver des recettes fiscales de remplacement. Et devinez par quoi ? Par une "taxe climat" qui taxerait les consommateurs d’énergie fossiles, vous et moi, pour nous inciter à utiliser des énergies « propres » fabriquées par des industriels débarrassés de la taxe professionnelle.

C’est pas beau l’écologie de droite ? Décidément, si l’on n’y prend pas garde, écologie et libéralisme sont faits pour s’entendre.

Vous avez voté quoi, le 7 juin, vous ?

commentaires
Un impôt devient acceptable s’il est peint en vert - 10 septembre 2009 à 17:17

Et voila le premier impôt vert de droite : une "taxe carbone" sur les consommations d’énergie fossiles (pétrole, gaz, charbon, GPL). Cela se traduira par une augmentation de près de 4,5 centimes par litre de fioul ou de gasoil, de 4 centimes par litre d’essence et d’environ 0,4 centime par KWh de gaz. Merci qui ? Aux écolos ramollos et amis de Sarko : Cohn-Bendit, Hulot et Cie !

Voir en ligne : La taxe carbone, mode d’emploi

Pour ceusses qui l’ignoreraient, une taxe sur les produits pétroliers existe déjà en France depuis...1960 ! Elle s’appelle la TIPP. Elle représente les deux tiers du prix de l’essence que vous achetez et rapporte environ 25 milliards d’euros par an aux finances publiques.


#23756
Une députée de moins pour les Verts - 9 juillet 2009 à 09:09

Europe Ecologie : Billard démissionne des Verts et se rapproche de Mélenchon
AFP 08.07.09 | 13h12

La députée Martine Billard a annoncé mercredi qu’elle démissionnait des Verts pour se rapprocher du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, critiquant "cette évolution au centre que subissent les Verts avec Europe Ecologie".

Mme Billard participera en décembre avec M. Mélenchon au "congrès de fondation programmatique" d’un "Parti de gauche écologiste".

"Je démissionne des Verts", a annoncé la députée de Paris lors d’une conférence de presse commune à l’Assemblée nationale avec Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, ex-membres de l’aile gauche du PS et co-fondateurs du Parti de Gauche fin 2008.

"Nous sommes écologistes et de gauche, nous ne nous retrouvons plus dans cette évolution au centre que subissent les Verts avec Europe-Ecologie", a dit Mme Billard, un mois après le triomphe de Daniel Cohn-Bendit et de ses listes aux élections européenes.

"On a vu apparaître dans Europe-Ecologie une grande partie de Génération Ecologie, qui est de droite. Nous, on n’est pas de droite, on est de gauche", a affirmé la députée de Paris, qui a toujours incarné l’aile gauche des Verts où elle a passé 16 ans.

"Nous appelons les écologistes qui se reconnaissent dans l’antilibéralisme et dans l’antiproductivisme à participer collectivement" à la fondation de ce nouveau Parti de gauche écologiste, a-t-elle lancé.

Mme Billard a dit qu’elle s’exprimait également au nom de Paul Ariès, "objecteur de croissance" et directeur du journal "Le Sarkophage", absent de la réunion.

"Pour le Parti de Gauche, c’est une formidable nouvelle", "enthousiasmante", s’est félicité M. Mélenchon.

"On va essayer de faire ce qui est le coeur du projet du Parti de gauche, un parti creuset. Il faut que les différents éléments produisent un métal, une matière nouvelle", a déclaré l’eurodéputé.

"Nous ne les accueillons pas comme les porteurs d’une vérité révélée devant laquelle nous nous écroulerions béats d’admiration", a toutefois prévenu M. Mélenchon, adhérent du PS pendant 31 ans avant de fonder son parti.

"Combien de gens vont sortir (des Verts, ndlr), je serais incapable de vous le dire. On refera le point en septembre", a dit Mme Billard.

Martine Billard est députée de Paris depuis juin 2002. Elle était l’une des quatre députés Verts avec Yves Cochet, François de Rugy et Noël Mamère. Dans l’hémicycle, elle intervient régulièrement sur les projets de loi sociaux.


#23461
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - jaber - 24 juin 2009 à 15:56

ah non ! "consommer mieux" c’est totalement de gauche ! Que la droite veuille récupérer ça c’est un fait ,mais c’est bien de gauche.

On consommera toujours, même dans une société parfaite et fantasmée il faut bien se nourrir, se loger, se vêtir etc....


#23386
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - Mister K - 24 juin 2009 à  17:41

ah non ! "consommer mieux" c’est totalement de gauche ! Que la droite veuille récupérer ça c’est un fait ,mais c’est bien de gauche.

Les idées sont ni de droite ni de gauche, elles sont à tout le monde. Et de toute façon, à droite, tout ce qu’ils peuvent récupérer, il le récupèrent (surtout si c’est en euros), c’est ça le développement durable...

On consommera toujours, même dans une société parfaite et fantasmée il faut bien se nourrir, se loger, se vêtir etc....

Oulala...vous êtes un dangereux réactionnaire, vous ;-))

#23390 | Répond au message #23386
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - Mister K - 16 juin 2009 à 20:59

Cet article part d’un postulat : le 7 juin 2009, c’est l’écologie de droite qui a gagné.

Alors deux choses : le 7 juin 2009, l’écologie a fait un bon score, certes. Ce score traduit certainement une victoire pour l’écologie politique à travers la prise de conscience généralisée des problèmes d’écologie. Et cette prise de conscience, qui n’est pas totalement nouvelle, s’est pour une fois traduite par un nombre de voix conséquent pour Europe Écologie, la liste d’union des verts et de nombreuses associations et mouvements écologiques. Mais dans l’absolu, il ne s’agit en rien d’une victoire : le mouvement écologiste reste minoritaire en Europe et aura seulement 51 députés sur 736. Donc, Europe Écologie avec 14 députés représente bien la seconde force politique en France ex-aequo avec un PS exsangue - sur la base des dernières élections européennes - , mais c’est seulement la cinquième force politique en Europe...derrière le groupe ADLE (Alliance of Liberals and Democrats for Europe). Est-ce que ces 51 députés vont pouvoir entraîner les 685 autres vers des décisions où l’écologie est prise en compte voir devient moteur ? Rien n’est moins sûr. Le 7 juin 2009, c’est bien la droite qui a gagné en France et en Europe...et pas sûr que cette droite soit aussi "écolo" qu’elle le prétend.

En quoi, est-ce l’écologie de droite qui aurait gagné à travers la liste Europe Écologie (si toutefois cela à un sens) ? L’article se base sur la personnalité de Cohn-Bendit qui serait "libérale-libertaire". Alors, je suis peut-être un peu dépassé, mais je pense qu’on ne peut en aucun cas confondre libéral-libertaire avec libéral tout court. Ensuite, est-ce qu’on juge une formation politique à une personnalité où à son programme ? Personnellement, je préfère penser que le programme est primordial...sinon, on se retrouve comme le PS, avec des tonnes de personnalités, mais pas de programme. Certes, la personnalité des leaders est importante, et celle de Cohn-Bendit a permis incontestablement de percer lors de cette élection européenne. Mais ce n’est certainement pas tout. Dernier argument, Cohn-Bendit était pour le TCE et pour la traité de Lisbonne. Sauf qu’il n’était certainement pas convaincu, mais qu’il pensait comme un certain nombre de gens qui se disent de gauche que, même si ce n’était pas la panacée, le TCE ou le Traité de Lisbonne étaient un petit pas vers une Europe un peu meilleure. C’était l’attitude des europhiles optimistes.
Et pour aller au bout du sujet et être véritablement honnête, il faut quand même souligner que Europe Écologie propose dans son programme un nouveau processus constituant radicalement différent du TCE auquel adhère vraisemblablement Cohn-Bendit. Est-ce que, à la vue de ces points, on peut, sérieusement, dire que Cohn-Bendit est de droite ? Certainement pas. Cohn-Bendit est à la droite du NPA ou de Lutte Ouvrière, certes...mais certainement à la gauche du PS.

Cet article semble vouloir démontrer que les verts ne sont pas rouges (on enfonce des portes ouvertes)...mais ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas "rouges" qu’il sont de droite. On est donc vraiment dans la caricature. Je regrette donc l’absence total de nuances de cet article et son point de départ erroné et manipulateur. Pour le reste, si j’ai le temps, j’essaierai d’y répondre par un article...


#23340
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - mobal - 16 juin 2009 à  22:56

Il vous aura "échappé" que pour beaucoup ,le message présenté par Eva Joly était le plus important . Il consistait essentiellement dans une lutte contre la corruption ,les paradis fiscaux . De droite ? De gauche ?
En connaissant la droiture et l’opiniatreté du personnage ,je pense qu’elle peut mettre un pied dans la fourmilière et par là faire bouger concrètement les choses ,sans qu’il soit prioritairement indispensable de raisonner de façon binaire .
Il n’est qu’à lire les ouvrages relatant sa lutte contre la corruption en france ,les adversaires avaient toutes les couleurs .

#23342 | Répond au message #23340
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - Paul Emique - 17 juin 2009 à  17:02

Merci de défendre les vers.....les verts..... les vairs.... les verres...... on manipule....un coup à droite... un coup à gauche.....un coup au centre !!!???..... et moi je suis paumé..... Servez moi un p’tit vair.... de rosé (Sancerre mélangé au Bordeaux) C’est ça la politique ? que c’est chouette ! ..... Je vai pas tarder de prendre ma carte chez les 60%..... Vainqueurs des dernières ERPH (Euh ! Rot Pêt Haine)

#23343 | Répond au message #23342
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - XUEDOB - 18 juin 2009 à  14:56

vert c’est pas mur

#23344 | Répond au message #23343
Ecolos ramollos : les bons amis de Sarko - charly - 21 juin 2009 à  10:45

l’écologie n’a jamais fait partit de la gauche ! ce sont les écolos français qui ont inventez cela pour aidez les partis à gagnés, mais ont se rend compte que maintenant qu’ont parle d’écologie sérieux, et sans alliance, elle peu gagné !!! et tant mieux ! la gauche n’a pas a avoir le monopole d’un parti universel

#23361 | Répond au message #23344