La Suisse, ce pays anti-démocratique

jeudi 3 décembre 2009 à 09:53, par B. Javerliat
La Suisse, ce pays anti-démocratique

Ce week-end, la Suisse a encore montré son caractère anti-démocratique.

Après avoir réuni suffisamment de pétitionnaires, comme le permet leur Constitution, les Suisses ont obtenu de leur gouvernement l’organisation d’une votation [1]. Durant la campagne, pratiquement tous les médias et partis politiques avaient défendu le « non » à cette votation. Les sondages donnaient par ailleurs le « non » largement gagnant. Le soir du scrutin, le « oui » l’a emporté à 57%. Que croyez-vous qu’il advint ? Le gouvernement suisse a inscrit dans la Constitution le résultat de la votation.

Nous sommes-là devant un cas flagrant de déni de démocratie.

Si l’on compare à la France, pays des droits de l’homme et du peuple souverain, il en est tout autrement.

En 2005, comme l’obligeait leur Constitution, les Français ont eu à se prononcer sur un référendum proposé par leur Président. Durant la campagne, pratiquement tous les médias et partis politiques avaient défendu le « oui » à ce référendum. Les sondages donnaient par ailleurs le « oui » largement gagnant. Le soir du scrutin, le « non » l’a emporté à 53%. Que croyez-vous qu’il advint ? Le président [2] suivant et le Parlement ont modifié la Constitution.

Autre exemple de la démocratie exemplaire de la France, le pays des droits de l’homme et du peuple souverain.

En 2008, le Parlement français votait une loi qui autorisait le référendum d’initiative populaire. Ni une ni deux, lors du débat sur la privatisation de La Poste, les Français ont fait une pétition pour soumettre la question à référendum. Que croyez-vous qu’il advint ? Le président, qui avait oublié de signer le décret d’application, n’organisa pas de référendum.

Avec ces quelques exemples, on voit bien que la France est un pays bien plus démocratique que la Suisse.

D’ailleurs, Daniel Cohn-Bendit, farouche défenseur de la souveraineté populaire, ne s’y est pas trompé. Il a sermoné le peuple suisse qui a mal voté en déclarant que « les Suisses n’ont qu’une solution : se mobiliser et revoter ». Comme ont dû le faire les Irlandais.

[1Mot très courant en Suisse pour parler d’un référendum d’initiative populaire.

[2La minuscule n’est pas un oubli.

commentaires
La Suisse, ce pays anti-démocratique - B. Javerliat - 10 décembre 2009 à 11:47

Sur le même thème, cette réaction de Jean-François Kahn :

Ce n’est pas le résultat de la votation suisse qui nous interpelle le plus brutalement ; c’est le décalage entre le résultat et les sondages qui, la veille encore du scrutin, n’accordaient pas plus de 30% des suffrages à ce "oui" qui a finalement frôlé les 58%. Distorsion inouïe. Qui signifie quoi ? Que le terrorisme de la « bien-pensance » est effectivement efficace en cela qu’il interdit aux citoyens d’exprimer, quand on les interroge, ce qu’ils pensent vraiment. Mieux, il les incite, par réaction à ce qu’ils perçoivent comme une oppression, à radicaliser l’expression de ce qu’ils ressentent dans leur for intérieur. Ils n’osent plus faire entendre un sentiment qui les fera désigner comme ringards, xénophobes, racistes. Mais chaque fois qu’ils en auront l’occasion, ils feront payer cher cette retenue subie à ceux qu’ils considèrent comme les flics de leur pensée.

Souvenons-nous : il y eut, en 2002, les aboiements lepénistes d’électeurs qui ne supportaient plus d’être traités comme des chiens. Bulletin de vote en forme de glaviot. Il y eut, également, les 55% de « non » au référendum européen. Les diabolisés exaspérés jaillissent de leur boîte comme des petits diables. Quelles conséquences en a-t-on retiré ? Aucune. Les divins tyrans de l’idéologiquement correct ont-ils compris qu’il valait mieux faire assaut de pédagogie que de manier systématiquement le knout ? Se sont-ils avisés que leur hyperdomination médiatique leur imposait la plus grande écoute de l’expression artificiellement étouffée des différences ? Absolument pas, ils persévèrent. 58% des Suisses sont des salauds facistoïdes et des barbares. C’est bien connu…

Et de poursuivre :

Toute approbation du vote suisse sous-tend une prise de position radicalement anti-laïque. (...)

L’intégralité de l’article dans le n° 659 de Marianne du 5 au 11 décembre 2009


#24895
Nicolas Sarkozy réagit - Mister K - 8 décembre 2009 à 15:41

Dans une tribune accordée par le journal Le Monde, Nicolas Sarkozy semble répondre en partie à cet article.

Ce qui est drôle, c’est qu’il considère que la France du "non" de 2005 s’est réconciliée avec la France du "Oui". La myopie est quand même un sacré fléaux des dirigeants...


#24854
Nicolas Sarkozy réagit - B. Javerliat - 8 décembre 2009 à  17:00

Mmouais... Encore un texte écrit par Gaino. Le vrai fléau, ce serait bien le journalisme actuellement. Je sais bien que la "tribune libre" est une pratique courante au Monde. Mais quand même, ouvrir ses colonnes sur un simple claquement de doigts du Président de la République aurait bien tendance à me navrer. Je rappelle que ce mec a déjà tous les medias audiovisuels à sa disposition, que ses interventions sont diffusées sur toutes les chaines au point qu’on se croirait souvent en Union Soviétique en allumant sa télé, qu’on ne peut pas voir un JT sans sa gueule, merde !

#24855 | Répond au message #24854
La Suisse, ce pays anti-démocratique - XUE - 7 décembre 2009 à 22:54

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#24837
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - criTique - 4 décembre 2009 à 12:54

Oui Monsieur Bernard ! Vous avez entièrement raison.
Il y a tellement de choses évidentes qui vous sautent aux yeux mais beaucoup préfèrent tourner la tete de leur plein grès ou sur recommandation de la presse et des biens pensant.
J aimerais voir plus souvent des articles de ce genre dans l agitateur, ca permettrait d etre plus crédible et d ouvrir un véritable débat non truqué.
J aime pas qu on me dise ce que je dois penser, lire ou dire ni meme voter au nom des grands principe de la democratie.
Au plaIsir de vous lire !


#24773
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - 5 décembre 2009 à  07:25

Sur le même thème, cet article du Courrier International

Extraits :
... « Une majorité de Suisses, en dépit de toutes les injonctions, se sont arrogé la liberté d’exprimer une autre opinion que celle souhaitée par les politiques et les intellectuels. Il faut avoir une vision bien étriquée de la démocratie pour considérer qu’un référendum ne devrait aller que dans un sens. » ...

... « Les inquiétudes répandues aujourd’hui par les fonctionnaires européens ou les journalistes allemands sont tout aussi erronées : l’Union européenne en particulier, mue par son ambition de devenir un Etat, s’est transformée en un instrument de déni de la démocratie. Nombre d’institutions de Bruxelles sont conçues du haut vers le bas, et fondées sur une solide méfiance vis-à-vis de leurs propres populations. En Suisse, c’est exactement le contraire : ici, la démocratie s’est implantée en tant que mode de gouvernement fondé sur la méfiance institutionnalisée du bas vers le haut. Les initiatives et les référendums, les droits élémentaires du peuple sont l’épée de Damoclès des citoyens contre la classe politique. » ...

En ligne : Un “oui” à la démocratie et aux valeurs européennes

#24785 | Répond au message #24773
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - bombix - 5 décembre 2009 à  08:24

Hum ... hum ... Article du Courrier International, certes, mais qui est rédigé par Roger Köppel. Lequel dirige l’hebdomadaire zürichois Weltwoche. Weltwoche soutient inconditionnellement le blocherisme. cf. Weltwoche : les croises du blocherisme
Bon, et c’est qui ce fameux Blocher ? Un politicien suisse, à droite, très à droite. Sur sa fiche Wikipédia, on apprend : « Dans les années 1980, Christoph Blocher anime le Groupe de travail d’Afrique du Sud ou Arbeitsgruppe Südliches Afrika (ASA) qui soutient les lois sud-africaines en faveur de l’apartheid. »
Ça pue un peu quand même, non ?
« Proposant un programme socialement conservateur et économiquement libéral, il est considéré comme populiste par la majorité des médias. Il prône une politique appelant à la protection des intérêts et des traditions suisses et au durcissement de la politique d’immigration et d’asile, afin de « protéger l’indépendance, la prospérité et la réputation du pays ainsi que la sécurité de la population » selon lui. »

Bref, Blocher, un genre de Le Pen suisse ? Les référendums d’initiative populaire, c’était d’ailleurs dans le programme du FN il me semble ...

#24786 | Répond au message #24785
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - B. Javerliat - 5 décembre 2009 à  08:36

Les référendums d’initiative populaire, c’était d’ailleurs dans le programme du FN il me semble...

Hum ... hum ... Cette phrase est lourde de sous-entendus...

#24787 | Répond au message #24786
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - bombix - 5 décembre 2009 à  13:58

Hum ... hum ... Cette phrase est lourde de sous-entendus...

Oui ... enfin non. Il me semble que c’est clair. Les forces fascisantes, s’appuyant sur le populisme, peuvent dévoyer la démocratie. Ils la respectent pour parvenir au pouvoir, et ensuite ils l’écrasent. Ca s’est déjà vu dans l’histoire.
 Il se pose un problème en démocratie, concernant le rapport de la majorité à la minorité. En tous cas, une minorité conserve ses droits fondamentaux, quoi que le vote de la majorité décide. Le vote suisse exprime une défiance identitaire à l’encontre de pratiques religieuses supposées "étrangères". Il est discriminatoire et s’appuie sur une conception de l’identité fixiste.
 Donc ce qu’il faut faire remarquer, c’est qu’en démocratie, il y a des choses qu’on peut et qu’il faut mettre au vote, et d’autres qu’on ne doit pas mettre au vote. En France, une telle votation aurait été impossible, parce qu’inconstitutionnelle.

Cela dit, le principe de faire revoter les gens tant qu’ils "n’ont pas bien voté" est assez insupportable. Mais quand on a dit ça, on a pas réglé tous les problèmes qui se posent au fonctionnement de la démocratie.

#24793 | Répond au message #24787
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - B. Javerliat - 5 décembre 2009 à  15:15

en démocratie, il y a des choses qu’on peut et qu’il faut mettre au vote, et d’autres qu’on ne doit pas mettre au vote.

Qui décide ?

#24794 | Répond au message #24793
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - bombix - 5 décembre 2009 à  17:47

Qui décide ?

Grave question. Il est supposé que le cadre constitutionnel qui décide ce qui est ce et qui ne peut pas être soumis au vote — on ne soumet pas au vote une proposition qui contredirait les termes et l’esprit mêmes de la Constitution — et l’affaire de la volonté générale. La volonté générale ne peut errer, dit Rousseau, parce qu’elle s’identifie avec la volonté de chacun. Ce qui décide ici, c’est le consensus. Fondé en raison ? Le même Rousseau en tout cas prend bien soin de ne pas confondre la volonté générale et la volonté de tous. La première est une volonté morale, la seconde une simple coalition d’intérêts. « Il y a bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ; celle-ci ne regarde qu’à l’intérêt commun ; l’autre regarde à l’intérêt privé, et ce n’est qu’une somme de volontés particulières. » (Du contrat social, 2-8)
Qu’une majorité de suisses, chrétiens protestants, catholiques ou agnostiques décident que les suisses musulmans ne peuvent exercer leur culte librement, avec les rites et dans les bâtiments qu’ils choisissent, correspond peut-être aux intérêts particuliers d’une partie de la population suisse (ou ce qu’ils croient être tels) — mais cela contredit l’intérêt commun qui dit que chacun, en droit, doit pouvoir croire ce qu’il veut et pratiquer le culte de son choix. En ce sens, la laïcité, qui assure à chacun la liberté religieuse, et l’expulsion hors de l’espace public des affaires religieuses (pour préserver cette liberté justement, et assurer la paix civile) n’est pas un ornement, mais un élément organique du pacte républicain.

#24795 | Répond au message #24794
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - B. Javerliat - 5 décembre 2009 à  18:57

Grave question en effet. Mais quelle question ? Il ne s’agit pas de commenter le résultat de la votation en Suisse, je m’en garderai bien, c’est un peuple souverain. De plus, comme vous le soulignez, c’est parfaitement conforme à la Constitution Suisse. Il s’agissait de comparer les pratiques entre la Suisse et la France, où d’un côté on assume les règles qu’on a choisi, et de l’autre on les change en cours de partie.

En creux, et vous avez raison, ces quelques lignes que j’ai commises mettent en évidence cette contradiction : peut-on être démocrate et estimer que certains sujets sont trop compliqués ou "sensibles" pour être soumis au peuple ?

A titre d’exemple, et plus proche de nous, on pourrait citer
l’Orange Berruyère qui a publié un billet intitulé "Et si l’écologie n’avait pas sa place en politique ?". En résumé, il y est dit que la question écologique est trop importante pour la soumettre aux politiques qui ont le gros défaut d’être eux-mêmes soumis à des élections populaires : « Je pense que le politique n’est pas là pour prendre la place des scientifiques, qu’il doit laisser ceux-ci travailler et se quereller tranquillement, qu’il doit se fier à ce qu’il en ressortira. Ce n’est pas au politique d’affirmer la validité, ou non, de considérations scientifiques, fussent-elles écologiques. » Vous aviez d’ailleurs réagi par une "prise de bec" intitulée "Un drôle de démocrate" Je suis parfaitement d’accord avec les arguments développés. En particulier quand vous dites "Le peuple est souverain. Comment dégager la volonté générale du peuple souverain ? Par la consultation, par le système des urnes."

J’ai peut-être tort de vouloir pousser la logique jusqu’au bout, et de penser que c’est valable quelque soit le sujet. Inversement, si cette logique a une limite, quelle est-elle, et n’est-ce pas le début de l’arbitraire quand on abandonne l’organisation d’une nation à une "élite éclairée" ?

#24797 | Répond au message #24795
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - bombix - 5 décembre 2009 à  19:45

peut-on être démocrate et estimer que certains sujets sont trop compliqués ou "sensibles" pour être soumis au peuple ?

Je crois qu’il n’y a pas de sujets "trop sensibles pour être soumis au peuple", et que la logique de la démocratie doit être poursuivie jusqu’au bout. Ce qui ne veut pas dire que pour qu’elle s’exerce correctement, elle n’exige pas des conditions.

La question de la détermination de la volonté générale n’est pas le problème de "l’élite éclairée" ; si c’est un problème moral, la conscience morale parle chez les plus simples. Le problème qui se pose à la démocratie est un problème d’éducation : faire en sorte que chaque citoyen soit en mesure de décider du bien commun. En période difficile, en période de crise, cette "voix de la conscience" a plus de mal à se faire entendre. Chacun se détermine d’abord selon ce qu’il juge son intérêt immédiat. C’est l’occasion rêvée pour les démagogues de tous poils — qui travaillent, eux, pour des intérêts très particuliers — et qui fouettent les passions les plus basses pour parvenir à leurs fins. Tous les fascismes naissent sur ce terreau.

Penser que "la science" est neutre et objective, et qu’elle prévaut sur le politique me semble une grave erreur. 1) Il n’y a pas de science qui ne soit prise dans des institutions - la science est sociale de part en part. 2) La science ne dit pas tout du réel. Parce qu’elle est inachevée. Parce qu’en droit elle est limitée. 3) La science n’a rien à dire sur les valeurs, elle n’est pas et elle ne doit pas être normative. Donc, bien sûr, l’écologie est politique.

#24798 | Répond au message #24797
Merci de nous rafraichir la mémoire ! - L’Orange Berruyere - 6 décembre 2009 à  02:02

En résumé, il y est dit que la question écologique est trop importante pour la soumettre aux politiques qui ont le gros défaut d’être eux-mêmes soumis à des élections populaires

Heu... Non. En résumé, je dis que le politique ne dispose pas des compétences nécessaires pour valider ou invalider une théorie scientifique et qu’en conséquence, il devrait plus s’attacher à garantir un exercice irréprochable de la pratique scientifique plutôt que de tenter de se prendre pour un chercheur.

Je me permets une auto-citation de la conclusion de mon article :

« Cela ne veut pas dire que le politique n’a pas son mot à dire en matière d’écologie, bien au contraire ! Seulement, plutôt que de s’attarder à vouloir trancher sur des querelles scientifiques, il ferait mieux de s’attacher à favoriser l’indépendance, le sérieux et la capacité d’autocritique du monde scientifique.

Tenir la recherche loin des lobbys, financer suffisamment, veiller au respect des protocoles de validation des théories scientifiques, garantir l’existence de recherches contradictoires, assurer la diversité de publication, mettre en place des systèmes de contrôle efficaces, faire respecter le principe de précaution …

C’est là, à mon sens, que le politique doit voir son travail écologique, ainsi que dans l’application et l’adaptation des consignes des scientifiques, pas dans des débats qu’il faut laisser aux chercheurs.
 »

#24799 | Répond au message #24798
[HS] Merci de nous rafraichir la mémoire ! - bombix - 6 décembre 2009 à  04:04

le politique ne dispose pas des compétences nécessaires pour valider ou invalider une théorie scientifique

Oui, bon, depuis l’affaire Lyssenko, plus personne ne soutient la thèse contraire (1). Plus personne ne tombe dans le ridicule de politiser les chromosomes comme disait Jean Rostand.
Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant — et croire qu’on pourra régler tous les problèmes par les moyens de la science est une folie. Je me permets de vous renvoyer à un entretien avec JP Dupuy : « Quand j’étais petit, on me racontait dans la classe d’instruction civique que tous les malheurs de l’humanité venaient de ce que le progrès de la science ne s’était pas accompagné d’un progrès parallèle de la sagesse humaine. La science était pure, mais les hommes restaient mauvais. Quelle naïveté !
Je dois à Ivan Illich d’avoir compris que l’humanité a toujours dû se garder de trois types de menaces, et non pas simplement de deux – les deux auxquelles on pense d’abord : la force de la nature et la violence des hommes ; les tremblements de terre qui effondrent les cités glorieuses et la barbarie de la guerre qui massacre, mutile, viole leurs habitants. C’est en apprenant à mieux connaître la nature que les hommes ont réussi partiellement à la dompter ; c’est en devenant plus lucides sur les mécanismes de la haine et de la vengeance qu’ils ont compris que l’on peut s’entendre avec ses ennemis et qu’ils ont bâti les civilisations. Mais il existe un troisième front sur lequel il est beaucoup plus difficile de se battre, car l’ennemi, c’est nous-mêmes. Il a nos propres traits, mais nous ne le reconnaissons pas et tantôt nous le rabattons du côté de la nature, tantôt nous en faisons une Némésis haineuse et vengeresse. Le mal qui nous fond sur la tête depuis ce troisième front est la contrepartie de notre faculté d’agir, c’est-à-dire de déclencher des processus irréversibles et qui n’ont pas de fin, lesquels peuvent se retourner contre nous et prendre la forme de puissances hostiles qui nous détruisent. »

Dupuy est l’un des rares contemporains à essayer de conceptualiser la catastrophe. Le problème de la catastrophe, c’est qu’elle n’est pas crédible. « Elle n’est tenue pour possible qu’une fois réalisée, donc trop tard. » Si vous voulez un exemple d’un scientifique incapable de penser la catastrophe, écoutez Claude Allègre ...

(1) Sauf peut-être dans les sciences « molles », l’histoire par exemple. Voir par exemple l’inepte loi Gayssot.

#24800 | Répond au message #24799
La Suisse, ce pays anti-démocratique - La droite nationale - 3 décembre 2009 à 19:56

Ouais mon p’tit narnard, seulement ça n’aurait pas été plus mal de t’abstenir de faire ce genre de démonstration (j’en conviens, irréfutable) sur un référendum dont l’objet est précisément anti-démocratique. C’est comme tous ceux qui nous rapellent sans cesse que hitler est arrivé au pouvoir par les urnes. La démocratie a ses ratés elle aussi.


#24763
La Suisse, ce pays anti-démocratique - bombix - 4 décembre 2009 à  00:48

hitler est arrivé au pouvoir par les urnes.

C’est faux. Il est arrivé au pouvoir légalement, nommé par Hindenburg chancelier du Reich le 30 janvier 1933. Nuance. Il n’a jamais obtenu de majorité dans des élections libres.
cf. Encyclopédie Wikipédia : « Contrairement à une idée reçue fréquente, Hitler n’a jamais été « élu » chancelier par les Allemands, mais finalement « hissé au pouvoir » par une poignée d’industriels et d’hommes de droite. Et en dépit de son énorme poids électoral, jamais une majorité absolue des électeurs ne s’est portée sur lui, puisque même en mars 1933, après deux mois de terreur et de propagande, son parti n’obtient « que » 44 % des suffrages. Toutefois, il a atteint son objectif poursuivi depuis 1923 : arriver au pouvoir légalement. »

#24766 | Répond au message #24763
La Suisse, ce pays anti-démocratique - La droite nationale - 4 décembre 2009 à  01:09

Heu ben si c’est vrai ... CQFD vous même. C’est pas bien mais c’est vrai. Ue majorité à 44% c’est pas 50% mais c’est une majorité. Eh oui mon cher bomnix, le peuple allemand peut être completement demeuré ! et alors ?

#24768 | Répond au message #24766
La Suisse, ce pays anti-démocratique - B. Javerliat - 4 décembre 2009 à  17:04

même en mars 1933, après deux mois de terreur et de propagande, son parti n’obtient « que » 44 % des suffrages

Cette phrase vient juste de faire tilt dans ma p’tite tête. Parce que la possibilité d’accéder au pouvoir sans avoir la majorité des suffrages, c’est justement ce que propose Sarko avec le mode d’élection à un tour des futurs conseillers territoriaux.

#24776 | Répond au message #24766
La Suisse, ce pays anti-démocratique - 24 décembre 2011 à  10:10

Ah bon, on fait la comparaison avec la France. Trouvez-vous normal qu’en France 20 pour cent des Francais votant pour le FN ne sont représentés à l’assemblée. Non, la Suisse semble plus loyal que la France et je m’y connais car je mets une fois un pied dans l’un, une fois dans l’autre. Ma profession de magicien Suisse m’y autorise.

#34460 | Répond au message #24776