Régionales 2010

1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune

Gymnastique dialectique et démocratie en action
jeudi 24 décembre 2009 à 12:51, par bombix

Un jour oui, un jour non, mais un jour ... zut ! Au PCF du Cher, on pratique la gymnastique dialectique à grands coups de consultations démocratiques régulières. Un jour la démocratie dit qu’il faut aller au combat avec le PS, un jour elle dit que non. Qu’importe le nom de la liste, pourvu qu’on ait les places, murmurent les caciques du PCF qui ont décidément la bougeotte. Sauf que les choses pourraient ne pas être si simples. Qui va à la chasse (aux voix) perd sa place, c’est bien connu.

1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune

Demi-tour, gauche !

« Je n’arrive pas à comprendre pourquoi en politique, ce qui fait débat est toujours prétexte à psychodrame », écrivait récemment en langage fleuri Yannick Bedin [1]. A le lire, la question des places n’est pas primordiale, elle arrive en dernier. Non, non, l’essentiel, ce sont les idées ; l’essentiel, c’est le débat ! Sont-ils vilains ces gens du PS, qui s’obstinent à envisager de faire alliance avec le MoDem au second tour des régionales. Eh bien c’est décidé : le PCF du Cher ne fera pas liste commune avec ces gens-là !
Sauf que le vrai motif n’est pas là. Selon la lettre envoyée par Philippe Fournié aux militants socialistes : « Nous avons pris acte de leurs demandes que nous avons qualifié de peu raisonnables, ils souhaitaient conserver leurs 4 élus. Le Bureau Fédéral réuni le 14 décembre, à l’unanimité, a souhaité faire des propositions concrètes au PCF afin de leur permettre d’intégrer la liste socialiste : au premier tour les places 3, 6 et 10 au second tour les places 3, 6 et 10 avec un poste au cabinet du président et 1 poste de vice-président. » Donc le compte n’y était pas. Le PCF voulait quatre places, le PS ne lui en propose que trois.
La démocratie avait contourné la décision des communistes de la région Centre de proposer des listes Front de Gauche au 1er tour [2] ; au nom de la démocratie toujours, changement radical de perspective : dans le Cher, ce sera finalement une liste Front de gauche au 1er tour. Ça c’est de la dialectique ! La substance est dynamique, le concept est travaillé par la puissance du négatif au PCF du Cher ! Un jour oui, un jour non, mais un jour ... zut !

Ça coince !

Eh ! c’est que les autres communistes, qui avaient fait sécession lors du passage en force pour l’union avec le PS, ne l’entendent pas de cette oreille. Mais qu’allez-vous donc imaginer, ce n’est pas du tout la question des places qui fait tourner « le débat en psychodrame ». C’est le grand débat des idées ! Yannick Bedin : « Le débat a été très riche et parfois vif : il a porté essentiellement sur notre projet pour la Région Centre et notre positionnement pour les prochaines élections régionales, après la décision du Parti socialiste de ne pas constituer dès le premier tour de liste d’union. » Tiens, comme c’est curieux. Cette fois, ce serait le PS qui aurait décidé. « Le débat a été riche » : admirons la langue de bois — « et parfois vif », traduire : ils se sont engueulés ferme. Au point dit-on, que le chef de file des réfractaires serait parti en claquant la porte. Après s’être démené pour réunir ses gens (réfractaires du PC, PG, M’PEP et NPA), pas facile de leur demander de s’effacer parce que les chefs veulent se positionner sur les places éligibles.
Ce qui est toujours très amusant en politique, c’est que les gens qui grenouillent pour placer leurs pions et se moquent du quart comme du reste des idées en appellent toujours, immanquablement, au projet et à l’union : « je rappelle aussi que le PCF a toujours privilégié l’union dans ce département » dixit toujours Yannick Bedin.

Rien n’est clair !

« Je suis satisfait que l’unité se fasse à l’issue d’une phase qui risquait de voir partir sur deux listes des membres du PCF. Aujourd’hui les choses sont plus claires. » Ce qui est clair, pour l’instant, c’est que le PCF ne fera pas liste commune avec le PS au 1er tour. Ce qui n’est pas clair du tout, c’est la composition de la liste Front de gauche. Le PCF réussira-t-il à imposer ses candidats ? L’actuel Front de gauche pourrait ne pas l’entendre de cette oreille.

En clair, la liste Front de gauche pourrait envoyer sur les roses (c’est un comble !) les caciques du PCF qui veulent conserver leurs places bien au chaud au Conseil Régional. L’hypothèse n’est pas exclue qu’une liste Front de gauche s’oppose à une liste communiste, avec une troisième liste PS, et pourquoi pas une petite liste d’extrême gauche. « L’enjeu des élections régionales est maintenant de faire en sorte que le Front de gauche pèse le plus possible dans la perspective d’une fusion de toute la gauche au second tour. » termine Y. Bedin.

Le 1er tour est fini, embrassons-nous !

Autrement dit, après s’être bien déchiré et ridiculisé, tout ce petit monde s’embrassera au second tour. Pour défendre une politique commune d’opposition à Sarkozy ? Mais qui peut croire encore à toutes ces salades ? Le PS aura-t-il changé entre le 1er et le 2nd tour ? Sarkozy n’a t-il pas placé au gouvernement, au FMI, dans des commissions diverses [3] et variées un nombre bientôt plus important de gens du PS que de sa propre famille politique ? Un élu communiste est beaucoup plus franc. Il déclarait récemment à un collaborateur de l’Agitateur : « Lorsqu’on est aux responsabilités, on gère. Il n’y a plus ni droite, ni gauche. » Oui, mais ça, coco, si tu veux, c’est pas très porteur auprès des électeurs. Il ne faut toujours pas désespérer Billancourt. Même si ça devient de plus en plus difficile. D’autant que les Billancourt de France seront bientôt tous fermés.

[1cf. son dernier billet : Prendre nos responsabilités

[3La dernière en date, la commission Rocard-Juppé sur le grand emprunt. Ou comment nos crânes d’oeufs s’entendent comme larrons en foire pour augmenter encore la dette publique.

commentaires
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - 9 janvier 2010 à 10:59

Les sécessionnistes sont rentrés au bercail, au premier coup de sifflet. Il n’y aura pas de liste Front de Gauche. Ou plutôt, il y aura une liste PC cachée derrière le label Front de Gauche.


#25306
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - duclos - 9 janvier 2010 à  13:07

Grincheuse, aigrie... je ne sais que choisir comme adjectif pour qualifier cette réaction. Vous devriez vous réjouir que tout rentre dans l’ordre ; vous devriez être heureux que le PCF mette tout son poids dans cette bataille : c’est quand même grace au PC que le Cher s’est classé deuxième département en France pour le FdG aux européennes derrière l’Allier. Le Fdg sans pc n’a aucun sens...

#25307 | Répond au message #25306
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - 10 janvier 2010 à  23:54

Alors ça c’est bien une réponse de "coco" ! le FdG c’est le PC ! Les bons scores c’est encore grace au PC ! On se demande bien pourquoi les "coco" partent pas tous seuls et préfère venir faire les "coucou" en venant récupérer le travail fait par les autres partis du FdG, après s’être fait jeter par le PS...

#25314 | Répond au message #25307
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Saint-Just - 9 janvier 2010 à  16:14

Mais qui étaient les "sécessionnistes ?
Merci de votre réponse.

#25308 | Répond au message #25306
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Pascale - 28 décembre 2009 à 23:05

Pour remettre tout le monde hors des rails, je me permets de conseiller un texte datant de 1972, qui émane de l’OJTR (organisation des jeunes travailleurs révolutionnaires) et qui propose (déjà ?) de revenir à "la base". On peut ne pas être d’accord sur tout ce que dit ce texte (et c’est mon cas) mais il est assez revigorant, en outre amusant et ne concerne pas, loin de là, que le simple parti communiste...car c’est un peu trop facile.

Il suffit de taper "Le militantisme, stade suprême de l’aliénation" sur le moteur de recherche.

Bonne lecture.


#25166
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - bombix - 29 décembre 2009 à  00:19

Avec un lien c’est mieux. Je propose celui-ci, qui semble agréé par l’orthodoxie. La littérature révolutionnaire a aussi ses apocryphes.
1. Si j’ai bien compris, ce texte oppose "le révolutionnaire" au "militant". Au PCF, je vois bien encore quelques militants. Reste-t-il des révolutionnaires ? C’est une question, même pas ironique. J’avais déjà posé la question, d’une autre manière, dans cette brève.
2. D’autre part, si j’ai bien compris également, la contestation dont parle cet article part de certains militants et remet en cause la façon de faire des chefs. C’est donc "militants d’une sorte" contre "militants d’une autre sorte", non ? Une affaire de militants, et non pas une affaire qui oppose militants et révolutionnaires. Ce qui est cohérent avec le point 1.
3. Le révolutionnaire évoqué par ce texte de 1972 n’est-il pas lui-même un mythe ? J’avais bien aimé un livre de F. Alberoni, qui s’appelle "Le choc amoureux" et qui parlait de l’amour, le fait de tomber amoureux, comme du "plus petit mouvement social à deux" ; ce qui est intéressant dans l’hypothèse, c’est de définir l’amour comme un phénomène social, et pas comme le fait spontané d’une subjectivité dans son bel isolement. L’intérêt, c’est que ça permet de faire comprendre d’autres phénomènes sociaux. Ainsi, selon Alberoni, tomber amoureux n’est pas différent, en nature, de l’engagement révolutionnaire, ou de la conversion religieuse. Dans les trois cas, il y a transgression. On part d’un ordre dont on conteste la légitimité, et on va vers un autre ordre. Mais être amoureux, ou être révolutionnaire, ou entendre la voix de Dieu, ça ne dure pas. On créé un couple et parfois on se marie, on devient militant d’une organisation avec sa bureaucratie, ses manies et sa bourgeoisie, ou on rentre dans un ordre religieux. Bref, on quitte un ordre, mais on a le plus vif désir d’en retrouver un.
L’amoureux éternel, le "révolutionnaire", le mystique sauvage ... ça n’existe que dans la (mauvaise) littérature.
Non ?

ne concerne pas, loin de là, que le simple parti communiste...car c’est un peu trop facile.

Qu’est-ce qui est un peu trop facile ? Cette remarque n’est pas très élogieuse à l’égard des militants du PCF et de cette organisation politique en général. Je m’explique : faut-il ne pas la remettre en question, quand elle déraille, au motif "qu’on ne tire pas sur les ambulances" ? Dans ce cas, ce n’est pas celui qui tire sur "l’ambulance" qui est le plus cruel, c’est celui qui désigne l’ambulance. Drôle de manière de prendre sa défense.

#25167 | Répond au message #25166
HS : mauvaise littérature - vid’da - 29 décembre 2009 à  17:51

3.je ne comprends pas le lien que vous faites de ce texte avec le livre dont vous parlez...
résumé le révolutionnaire à un romantique est quelquechose qui a souvent été fait...
 : (

1.
une fois qu’on se débarasse de l’appartenance à tout parti et donc de tout pret à penser qu’on serait sensé redistribuer à tout notre entourage :au travail en famille au marché ..
que l’on sait ce qui ne nous plait pas et que ce qui nous plaira est à inventer..ce n’est plus vraiment en tant que militants que l’on se considere...
pis dans l’truc à inventer y a surement quelquechose sur la façon d’se parler d’se comporter les uns par rapport aux autres...
pour moi militant c’est insultant , ça veut dire tu prends la tête aux gens, t’es relou tu crois tout savoir c’que t’as lu dans ton tract ...et en plus faut qu’tu nous colles les autocollants d’ta chapelle partout les murs !!!
 : (

2.
plus que question de changer la façon de faire des chefs il me semble même que l’idée serait de faire sans...
et il y a le refus de se considérer comme militant qui découle d’une critique du militantisme...on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une autre sorte de militants....
c’est autrechose que des militants ....
 : )

3.
pis moi j’croyais qu’la hype aujourd’hui c’était plus à l’autonomie façon désabusée genre contre l’amour et tout !!!
 : )

#25188 | Répond au message #25167
[HS] mauvaise littérature - bombix - 29 décembre 2009 à  18:41

Bon, on est HS, mais continuons. Alberoni ne réduit pas le révolutionnaire à un romantique. Il part d’une thèse, que l’on trouve par exemple chez Bataille, selon laquelle le désir se caractérise essentiellement par la transgression. Partant, il identifie des phénomènes que l’on distingue d’habitude, comme le fait amoureux, ou la conversion religieuse, ou l’engagement révolutionnaire. Ce sont tous des "mouvements sociaux". Le fait amoureux étant un mouvement social comme un autre, "le plus petit mouvement social à ... deux" ;-) . Ensuite, il dit, et ça me semble juste, que la transgression n’est pas un état dans lequel on peut se maintenir. On transgresse un ordre, mais on va nécessairement vers un autre ordre. L’amoureux, ou le mystique, ou le révolutionnaire ne peuvent pas rester dans leur état amoureux, mystique, ou révolutionnaire. Ils construiront quelque chose, il s’inscriront dans une tradition, dans des institutions ... ( J’extrapole, mais on trouve qq chose comme ça dans la théorie des stades chez Kierkegaard, ou dans la description de l’ouvert chez Bergson dans Les deux sources) Bref, ils se réinscriront dans un ordre. Il m’a semblé que la critique faite par le révolutionnaire au militant pouvait se comprendre avec cette grille de lecture. C’est une hypothèse, une voie d’exploration. Pas une Vérité. Il y a d’autres critiques sociologiques qui ont été faites du militantisme, sérieuses. Voir les travaux de Robert Michels par exemple. Je ne me situais pas sur ce plan.
Sur le texte en question, qui date de 1972, il émane de l’Organisation des Jeunes Travailleurs Révolutionnaires, qui fut fondé en 1970 à l’instigation du PSU (le parti de Michel Rocard qui bosse aujourd’hui avec Juppé pour Sarkozy ;-) ) Il avait pour devise la formule de K. Liebknecht : "La jeunesse est la flamme de la révolution" ;-) Un peu romantique quand même, non ? Ce n’est pas forcément une injure. Il se saborda vers le milieu des annés 70 ... et plusieurs de ses membres ont du faire une belle carrière au PS. L’influence situationniste dans ce texte est évidente.
Source : http://www.cira.ch/catalogue/index.php?lvl=notice_display&id=4293

pour moi militant c’est insultant , ça veut dire tu prends la tête aux gens, t’es relou tu crois tout savoir c’que t’as lu dans ton tract ...et en plus faut qu’tu nous colles les autocollants d’ta chapelle partout les murs !!!

Pour moi militant, c’est "organisé". Il faut de la vie et de la spontanéité certes, mais il faut aussi de l’organisation, si on veut être efficace. Il y a un temps pour la réflexion, un temps pour l’action. Et quand on s’est décidé, il faut y aller. Ne pas oublier non plus l’étymologie, qui est la même que celle de militaire, miles, militis : le soldat. Le militant a un côté guerrier. La politique s’affronte au réel qui n’est pas le monde des bisounours. Donc, non, rien d’insultant dans militant.

#25190 | Répond au message #25188
[HS] mauvaise littérature - vid’da - 29 décembre 2009 à  21:36

les gens qu’ont écrit le texte oui bien sur référence au situationnisme surement finis au ps et compagnie mais bon ce truc de refuser le militantisme c’est partagé par pas mal de monde de différentes façons ,je vois pas l’intéret de dire que c’est des quelquechose d’une autre sorte puisqu’ils condamnent ce quelquechose ....
on peut dire que dans le type révolutionaire il y a des gens qui sont militants et d’autres des révolutionnaires d’une autre sorte...(voir meme plusieures autres sortes )

je viens de voir dans un dico que s’investir dans un syndicat reviendrai à militer..moi je voyais dans le militant le côté distribution de tract surtout alors je sais plus trop.....en tout cas ce que je sais c’est que la plupart des militants me font penser à des missionaires bien plus qu’à des guerriers...
mais sans savoir si il y a besoin d’organisation ou pas (je dirais oui)pourquoi refuser que quelqu’un se dise révolutionnaire sans se reconaitre militant et vouloir le ranger malgré lui dans la case militant d’un autre genre.....?????
c’est pas tres sympa !!!
 : )

pis sur l’histoire du livre la révolution l’amour la transgression, c’est une vision du révolutionnaire (ou du moins de ceux qui désirent la révolution comme avenir) je comprends mieux que plus qu’un lien avec le texte il s’agissait d’une aide à sa compréhension ou du moins d’une façon de le comprendre ...
apres j’comprends pas tout..par exemple l’amoureux quand c’est obligé il n’y peut rien ça change d’ordre il est toujours amoureux ou pas , de la même personne ??
c’est tu es amoureux et apres t’es marié et t’es revolutionnaire et apres t’es au ps ???
 : )

#25195 | Répond au message #25190
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Pascale - 29 décembre 2009 à  19:47

Les liens, je ne sais pas les mettre, je suis nulle en informatique. Merci d’avoir réparé ce manque en donnant les références.

C’est après avoir lu ce texte que je suis allée sur le site de "L’agitateur" et que je me suis disposée à agiter un peu moi aussi en conseillant cet écrit aux accents provocateurs, en soulignant que je n’étais pas d’accord avec tout, bien sûr. Il y a des raccourcis historiques très gênants.

Non, ce qui m’a paru intéressant, c’est le fait que certains ... militants (l’OJCR était constituée de militants) justement se moquent d’eux mêmes et appellent à une remise en cause personnelle, à la fois morale et psychologique. Pour ma part, je pense qu’il y a certaines formes de militantisme qui répondent bien aux descriptions données dans le texte, toutefois très systématique. Car entre le militant rigide et discipliné qu’on trouve dans toutes les organisations - et plus principalement dans les plus petites, quand elles ne sont pas en lien avec la réalité, donc amenées à un certain sectarisme - et le militant qui vit son engagement comme une libération et un épanouissement, on trouve toutes les nuances possibles.

C’est donc cet aspect, et avant tout celui- là, que j’ai voulu pointer. Ne jamais laisser de blanc seing, à personne, savoir se remettre en cause. Tout en sachant qu’il y a des périodes très dures où c’est nettement moins facile : quand la répression frappe à mort, il y a d’autres priorités, malheureusement. Nous n’en sommes pas là.

Je pense qu’au PCF il y a d’authentiques révolutionnaires, il suffit de taper sur le moteur de recherche pour s’en convaincre, mais encore une fois je ne suis pas en mesure de donner de liens, et puis je ne veux pas faire de pub : chacun de soi-même est comptable.

Pour ce qui concerne la "brève", je laisse à l’auteur de la phrase sur la démocratie et le communisme la responsabilité de ce qu’il a dit, d’autant que je ne connais pas le contexte du discours dans laquelle elle a été prononcée. Prise telle quelle, je suis en désaccord.

Tout à fait d’accord par contre sur cette transgression que constituent l’état amoureux, l’engagement politique : ce sont souvent des périodes fécondes sur le plan personnel et affectif, mais transitoires. Après, peut être qu’on passe de la "croyance" au "savoir", peut être que certains restent "fidèles", non par désir de retrouver un "ordre" comme vous l’écrivez, mais par une sorte de sagesse acquise au fil des ans et de l’expérience. Il y aura eu alors un changement qualitatif, et on ne sera jamais plus comme avant.

C’est pourquoi l’homme en société n’est pas parfait, mais peut être sans doute perfectible, de sa propre initiative et selon des rapports bien dialectiques. Incorrigiblement j’ai un idéal (et pas une utopie) et il est communiste. L’organisation est un outil, un moyen de faire connaître cet idéal, pas une fin en soi. Si l’outil qui a fait ses preuves dans le passé ne convient pas ou plus, il faut le réparer ou le changer. Ca peut mettre du temps. Certains n’ont pas la patience ou les moyens.

C’est pourquoi effectivement il faut remettre en question ce qui nous semble dérailler : on peut aussi élargir et regarder plus loin, plus vaste, que l’horizon tout à fait dépassable des régionales et que l’attitude d’une seule organisation, qui ne porte pas à elle seule tout le poids des responsabilités (c’est cela qui me semble trop facile). Une organisation politique existe par rapport à d’autres organisations, dans une société particulière, dans une histoire non linéaire, complexe : c’est cette interaction qui me fait me poser des questions en ce moment.

#25192 | Répond au message #25167
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - bombix - 29 décembre 2009 à  20:44

Les liens, je ne sais pas les mettre, je suis nulle en informatique. Merci d’avoir réparé ce manque en donnant les références.

Personne n’est nul. Il y a une petite icône avec un doigt pointeur dans la ligne de dessus de la boite message. Il faut surligner le texte en passant la souris dessus, bouton gauche appuyé, puis cliquer sur cette icône. Ensuite indiquer l’URL (adresse web : http://... etc.) dans la boite qui s’ouvre, puis valider (bouton OK). Faire un copier/coller de l’URL : c’est plus pratique, et on risque moins de faire des erreurs.

Pour ce qui concerne la "brève", je laisse à l’auteur de la phrase sur la démocratie et le communisme la responsabilité de ce qu’il a dit, d’autant que je ne connais pas le contexte du discours dans laquelle elle a été prononcée.

Il y a un lien vers le discours in extenso.

Incorrigiblement j’ai un idéal (et pas une utopie) et il est communiste.

C’est tout à votre honneur. Seulement, je ne sais pas si tout le monde met exactement la même chose derrière le mot "communiste" ... Donc il faudrait préciser un peu. Et puis il y a le poids de l’histoire ... qu’on ne peut pas rayer d’un trait de plume.

on peut aussi élargir et regarder plus loin, plus vaste, que l’horizon tout à fait dépassable des régionales et que l’attitude d’une seule organisation, qui ne porte pas à elle seule tout le poids des responsabilités (c’est cela qui me semble trop facile).

Elle est au moins responsable de son fonctionnement interne.

#25194 | Répond au message #25192
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Pascale - 30 décembre 2009 à  14:21

Peut être pas nulle, mais vraiment pas douée : munie de ces précieux encouragements, j’essaierai...

Pour ce qui concerne le lien vers le discours commémoratif, je suis tombée sur la page "Not found", puis j’ai fini par trouver toute seule. A la lecture, il me semble que Sandrier répondait implicitement (et pas forcément de la meilleure manière), non pas à l’idée de communisme (qui est une démocratie poussée à l’extrême), mais à la pratique communiste : communistes accusés régulièrement en France et ailleurs, parfois à raison, souvent à tort, d’être d’horribles sectaires sanguinaires (pardon, d’horribles staliniens). Image modernisée de l’ancien Bolchevik au couteau entre les dents.

A propos de l’idéal communiste, il est bien difficile de faire court sans sombrer dans la caricature et l’aphorisme. Essayons quand même de préciser un peu :

L’idéal communiste, grosso modo, est, à l’échelle internationale,la communauté des biens, la société sans classes, donc sans état (théorie du dépérissement de l’état : Marx), le dépassement du salariat et des rapports marchands, donc l’abolition du capitalisme. "Surgit alors une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous" : Marx, "Le Manifeste". En cela il cousine avec l’anarchisme. Mais selon la théorie marxiste, le communisme ne peut pas arriver d’un coup, sans transition : on passe par une société socialiste où la collectivité s’approprie les moyens de production (je fais trop court).

Le communisme ne se conçoit pas sans ses rapports à l’Histoire et son rapport (dialectique) entre théorie et action. C’est pourquoi il s’est enrichi, en France par exemple, des luttes révolutionnaires des Sans Culotte, de la Conjuration des Egaux de Babeuf, des luttes de 1848, de la Commune de Paris. Il s’est appuyé sur la première révolution prolétarienne de l’histoire, en Russie, puis dans d’autres pays pour construire et peaufiner son projet, amendable donc à l’envi (c’est une théorie, pas un dogme). Pour faire connaître ce projet et le porter plus efficacement, il s’est doté d’une organisation de lutte appelée "communiste" et qui a vu le jour en France en 1920. On peut être communiste sans appartenir à une organisation communiste. On a eu différentes sortes de communismes : communisme primitif, communisme utopique, communisme scientifique. C’est, je crois, au XXème siècle et en ce début de XXIème, le communisme marxiste (scientifique) qui fait plutôt consensus.

Les principes fondamentaux du communisme en tant que mouvement sont le soutien aux luttes émancipatrices sur le plan international comme sur le plan national, l’impulsion de la lutte contre l’exploitation en général, la défense des opprimés.

Jusque là, je pense que tous les communistes sont en accord.

Après, il y a effectivement "le poids de l’histoire" : les tatonnements, les erreurs, la bureaucratie et les crimes sont à mettre à son actif et ils restent à dénoncer et à analyser de manière plus approfondie et moins partiale. Mais on oublie de parler le plus souvent des avancées considérables sur le plan notamment social et ce n’est plus un scoop d’affirmer que beaucoup de ceux qui ont vécu dans les pays socialistes regrettent la médecine gratuite, le plein emploi, le logement bon marché, le large accès à la culture et à l’éducation, les équipements collectifs, les valeurs humanistes et internationalistes défendues...L’idéologie capitaliste occidentale est telle que tous les amalgames sont faits, dans une logique binaire, qui consiste à réduire par exemple l’URSS à Staline et Staline au Goulag. Il en va de même en Chine (la révolution culturelle), à Cuba (le lider Maximo Castro - que les gens n’appellent jamais ainsi là bas), au Vénézuéla (les médias nous inondent des "dérives dictatoriales" de Chavez) ...

Sans renoncer à une démarche critique, je reste respectueuse des tentatives faites pour accéder à une société plus juste et de ceux qui ont essayé, dans des circonstances parfois extrêmement périlleuses, de rester "du bon côté de la barricade" et qui bien souvent en sont morts, sans se prendre pour des héros.
C’est là que je diverge sans doute de certains mouvements qui se réclament, eux aussi, du communisme. Mais pour l’objectif, il reste le même.

J’ai conscience de ne pas avoir fait le tour de la question, loin s’en faut...

Enfin, je pense que je n’arrive pas à me faire comprendre à propos de la critique faite à la fédération du Cher du PC. Toujours dans un souci d’analyse plus objective, je crois qu’il ne faut pas isoler les décisions prises par le PC de son histoire locale, ni de ses liens avec les diverses organisations - petites ou plus influentes - Ca n’empêche évidemment pas la critique, les désaccords quant à la stratégie adoptée (le fonctionnement interne), et les exigences structurantes d’éclaircissement sur les contenus des projets. Mais je pense qu’il est bon d’aller plus loin, de ne pas perdre de vue un premier objectif qui est cher à nombre d’entre nous : l’union pour une "république démocratique et sociale’, aux antipodes des fiefs moyen âgeux locaux ou des villages d’Astérix. La route est longue et pleine d’embûches.

#25206 | Répond au message #25194
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - bombix - 30 décembre 2009 à  17:15

Merci pour cette longue réponse. J’ai rétabli le lien qui était effectivement cassé, suite certainement à une réorganisation du site du PCF.
Je ne rentrerai pas dans les détails de votre description. Chaque phrase pourrait être le sujet d’un débat interminable. Sur l’histoire, par exemple, est-il vrai que la révolution russe fut "une révolution prolétarienne" ? Il aurait fallu que les prolétaires eussent un rôle réel dans la conduite des événements, les prolétaires, et pas le parti censé les représenter. Cf. mon compte rendu du dernier bouquin de Collin : « Lénine avait défini la dictature du prolétariat comme le régime dans lequel la cuisinière s’occuperait des affaires de l’État. Il voulait dire qu’elle s’occuperait des affaires de l’État sous la conduite du parti, cet intellectuel collectif censé incarner la "conscience de classe". [19] » Mais quand le parti agit et dirige en lieu et place de la classe ouvrière, il finit par l’écarter du pouvoir. La cuisinière continue à faire la cuisine tandis que les bureaucrates planifient l’économie et effectuent les tâches de commandement qu’exige l’exercice effectif du pouvoir ... »
Concernant le présent, vous écrivez « l’idéal communiste, grosso modo, est, à l’échelle internationale, la communauté des biens, la société sans classes, donc sans état (théorie du dépérissement de l’état : Marx), le dépassement du salariat et des rapports marchands, donc l’abolition du capitalisme. » Mais quelles sont les forces politiques réelles qui portent encore cet idéal, concernant par exemple, non pas le dépassement, mais l’abolition du salariat ? On trouve ça dans le programme du PCF ?
Il me semble qu’à défaut d’un programme réel, il ne s’agit même plus d’un idéal régulateur. Bref, il n’existe plus à gauche, si l’on excepte quelques officines et chapelles, que des organisations réformistes — qui veulent aménager le capitalisme, et pas le détruire.

D’autre part, on ne peut pas ne pas relier cet état de chose avec le bilan "du socialisme réel" — et son effondrement consécutif.

Donc, avec toutes les nuances qu’on voudra, il y a un problème dans l’héritage communiste.

A partir de là, deux camps s’affrontent : ceux qui pensent que les reproches qu’on peut adresser au "socialisme réel" n’invalident en rien le projet qui dans sa substance, garde son intérêt et sa valeur : ce sont des accidents de l’histoire ; ceux qui pensent que le système lui-même, en son être propre, était mauvais, et qu’il faut tout reconstruire sur de nouvelles bases — en essayant de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce n’est pas dans de vieilles outres qu’on fera du bon vin.

On ne tranchera pas ici ce débat. Mais au moins poser la question me semble nécessaire.

Il me semble, pour finir, excuser la comparaison, que souvent les responsables du PCF sont un peu comme les curés. Hypocrites comme eux. Ils manipulent une énorme masse idéologique — « défense des opprimés »,« société sans classe », « abolition du salariat »,« philosophie de l’histoire dialectique » etc. — en paroles, tandis que dans les faits ils gèrent une situation réelle dans laquelle cette idéologie est mise entre parenthèse.

En somme, il n’y a pas congruence entre discours et pratique politique. L’effondrement électoral n’est-il pas au moins le signe d’une réelle crise de confiance ? Pire, on voit de véritables manipulations se faire jour pour faire conserver leurs pouvoirs à une poignée d’élus ... qui, a défaut d’avoir résolu la question sociale, ont résolu leur propre question sociale.

Je pense pourtant, personnellement, que nous sommes dans un moment historique particulier, et que les choses évolueront. Nous ne sommes pas à "la fin de l’histoire". Je terminerai donc en citant Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair obscur surgissent les monstres ... » Le dernier monstre en date étant Sarkozy et le sarkozysme ...

#25208 | Répond au message #25206
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Saint-Just - 30 décembre 2009 à  18:58

Pire, on voit de véritables manipulations se faire jour pour faire conserver leurs pouvoirs à une poignée d’élus ... qui, a défaut d’avoir résolu la question sociale, ont résolu leur propre question sociale.

Le dernier monstre en date étant Sarkozy et le sarkozysme ...

Au moins, avec vous, on ne fait pas dans la dentelle et les grands mots sont de mise : "installés" ou presque pour les uns, "monstre" pour l’autre. Le problème, c’est qu’analyser le réel à partir de ces bases, très réductrices et confinant à l’idéologie, devient mission impossible, ou plutôt, si !, chose aisée et confortable.

#25210 | Répond au message #25208
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - bombix - 30 décembre 2009 à  19:55

Au moins, avec vous, on ne fait pas dans la dentelle et les grands mots sont de mise : "installés" ou presque pour les uns, "monstre" pour l’autre.

Sur le premier point, c’est l’objet de l’article. Vous voyez donc qu’une analyse est possible. D’ailleurs, ce n’est même pas une analyse, c’est une constatation. Démentez en apportant des éléments nouveaux, plutôt que de démarrer la chasse à "l’idéologue". Mais la seconde solution est plus facile, je vous l’accorde.
Sur le second, j’ai cité Gramsci. Monstre est une métaphore. Sarkozy est un « monstre » dans la mesure où il détricote un bon nombre d’acquis sociaux. Ce n’est un secret pour personne qu’entre la droite bourgeoise et conservatrice à la Chirac et la droite néo-libérale et agressive à la Sarkozy, on a franchi un palier ... pour le pire ...

Le problème, c’est qu’analyser le réel à partir de ces bases, très réductrices et confinant à l’idéologie, devient mission impossible

Je vous invite à lire un certain nombre d’articles publiés sur ce webzine qui traitent du sujet. Tous ces textes ont demandé du travail : de documentation, de réflexion, et d’écriture. Par exemple Cherchez l’erreur. Par exemple Le travail c’est la santé Par exemple Sarkozy est fils, la dérive Par exemple Moutons noirs Par exemple Sociétés de contrôles Par exemple Démocratie sociale et réforme du temps de travail etc. J’aime particulièrement ce dernier article qui m’a demandé pas mal de travail. Je n’avais rien vu sur la question dans la littérature militante du coin. Le sujet en valait pourtant la peine : régresser au XIXème siècle sur la question du temps de travail. Vous fréquentez les blogs politiques locaux ? Vous trouvez des informations et des analyses à vous mettre sous la dent ? Ou seulement de l’autopromotion le plus souvent de très médiocre qualité ?
D’ailleurs, vous, avec vos beaux principes « non idéologiques », vous produisez quoi exactement ? Merci de nous indiquer les références.

#25212 | Répond au message #25210
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Saint-Just - 30 décembre 2009 à  20:57

Je ne pensais pas provoquer telle ire ! Je concède que, tout comme vous, j’ai cédé, un moment, à la facilité. Sur Gramsci, que j’ai lu moi aussi, mais dans ma jeunesse, il m’est toujours apparu comme un intellectuel séduisant, dont l’antienne si souvent reprise a fait florès. Mais au-delà justement de cette idéologie gramscienne à son tour dominante, il faut quand même avouer que les Cahiers de prison, fussent-ils rédigés sans aucun apport extérieur, n’ont pas contribué à un grand renouvellement de la pensée révolutionnaire...Mais c’est affaire de goût...
Pour les autres, les "installés", les connaissez-vous ? Pensez-vous "sérieusement" qu’ils se livrent à la guerre des places ? Il me semble que c’est réduire à peu de choses l’engagement de militants qui ont été invités par les leurs à briguer des fonctions électives. Mais, sans doute, suis-je naïf, ignare, incompétent....

#25213 | Répond au message #25212
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - bombix - 30 décembre 2009 à  21:04

Je ne pensais pas provoquer telle ire ! Je concède que, tout comme vous, j’ai cédé, un moment, à la facilité.

Non pas d’ire. Un peu de nervosité, tout au plus. ;-)

Mais, sans doute, suis-je naïf, ignare, incompétent...

Je n’ai jamais dit ça.

#25214 | Répond au message #25213
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Pascale - 30 décembre 2009 à  23:40

Bon, je n’aurais pas dû parler de l’idéal communiste de cette manière, car je vois bien que ça mène à des confusions.

Que le "programme" du PC ne prône pas l’abolition du salariat, ce n’est pas bien étonnant, ça n’est pas à l’ordre du jour. A l’ordre du jour, à mon avis, c’est davantage l’appropriation des moyens de production, c’est à dire, comment construire le socialisme au XXIème siècle. Le communisme, c’est peut être bien pas demain la veille.

Car l’idéal, c’est un ... idéal, c’est à dire qu’on cherche à l’atteindre, en s’en donnant les moyens, certes, mais que c’est très long. Même si un Lénine, dans sa fougue et son bonheur révolutionnaires d’avoir tenu plus longtemps que la Commune de Paris pensait (et combien d’autres avec lui !) que la révolution socialiste allait s’étendre à l’échelle internationale et que par conséquent le communisme allait pouvoir s’installer, euh, sur ce coup là, force est d’avouer qu’il se trompait et qu’il n’avait pas prévu un certain nombre d’événements. Ma foi, "il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun".

A propos de Lénine, et parce que j’ai parcouru l’article sur le bouquin de Collin, je suis au regret de signaler que la vision déformante a encore frappé. Voici le texte exact de Lénine à propos de la cuisinière :

"Nous ne sommes pas des utopistes. Nous savons que le premier manoeuvre ou la première cuisinière venus ne sont pas sur le champ capables de participer à la gestion de l’Etat... Mais ... nous exigeons la rupture immédiate avec le préjugé selon lequel seuls seraient en état de gérer l’Etat, d’accomplir le travail courant, quotidien de direction, les fonctionnaires riches ou issus de familles riches. Nous exigeons que l’apprentissage en matière de gestion d’Etat soit fait par les ouvriers conscients et les soldats, et que l’on commence sans tarder, c’est à dire qu’on "commence" sans tarder à faire participer à cet apprentissage tous les travailleurs, tous les citoyens pauvres... Il va de soi que les erreurs seront inévitables quand ce nouvel appareil fera ses premiers pas."
1er octobre 1917, Lénine, "Oeuvres" tome 26 pp 81 à 134 (paru dans un journal dont je ne me rappelle pas le nom, trop difficile à prononcer, russe)

Ce n’est pas tout à fait la même chose, non ? De grâce, ne prenez pas les révolutionnaires pour des jobards idiots. Mais c’est vrai que certains ont une propension tout à fait désagréable à prendre les cocos pour des cons, manipulés ou manipulateurs : oui, des communistes comme Picasso, Joliot-Curie, Langevin, Nazim Hikhmet, Pablo Neruda, Politzer, Decour, Aragon, Eluard, Pignon, Soboul... Des salauds ou des cons.

Ah ! pas comme Aron, Böll, Koestler, Russell, Nabokov, Jaspers, Williams... tous participant au "Congrès pour la liberté de la culture", luttant en sous main contre l’idéologie communiste, arrosé par la CIA de 1950 à 1969, congrès qui avait des bureaux dans 35 pays du "monde libre" et dont le scandale a été dénoncé, mais pas médiatisé. Toutes ces personnalités ont dit qu’elles "ne savaient pas." Des salauds ou des cons ?

Je ne sais pas s’il y a un problème dans l’héritage communiste, mais je sais qu’il y a un problème dans certaines lectures de l’héritage communiste, et des lectures qui ne me semblent pas honnêtes du tout. Tiens, Collin encore, qui soutient la thèse de Nolte, assimilant communisme et fascisme. Vous comprendrez aisément que, une bonne partie de ma famille, pour la plupart communistes, soit résistant contre l’occupant nazi, soit déportés dans les joyeux camps de Saxenhausen et Ravensbrück, et libérés par l’armée rouge (Staline commandant en chef), je ne puisse accepter ces affirmations le sourire complaisant aux lèvres. Nolte, qui a défrayé la chronique en Allemagne (mais pas en France) lors de la "querelle des historiens", a été taxé de révisionniste, et pas dans le bon sens du terme. Alors, ces gens-là, vous savez, je ne les tiens pas pour particulièrement crédibles.

Nous n’avons pas les mêmes lectures. Normal, nous ne pouvons pas nous démultiplier et chacun fait ses choix. J’ai lu sur la révolution russe "Dix jours qui ébranlèrent le monde", de John Reed ; j’ai lu "Le talon de fer" de Jack London sur le communisme. J’ai lu des écrivains soviétiques aussi (pas que ça, rassurez vous), dont le beau "Djamilia" d’Aitmatov, dont la langue orale, le Kirghiz, a été préservée et rendue écrite sous le "totalitarisme stalinien". Il y a eu certes des choses épouvantables, mais il y en a eu aussi de belles. Ce n’est pas tout noir ou tout blanc. Il faut juste chercher comment ne pas reproduire les mêmes erreurs. Et pour cela, il faut analyser le plus objectivement les choses, sans les idéaliser, mais aussi sans les diaboliser.

Nous nous retrouvons pourtant dans votre dernier paragraphe : "Nous sommes dans un moment particulier et les choses évolueront. Nous ne sommes pas à la fin de l’histoire". Puissions-nous ne pas nous tromper.

#25216 | Répond au message #25208
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - bombix - 31 décembre 2009 à  00:16

"Nous ne sommes pas des utopistes. Nous savons que le premier manoeuvre ou la première cuisinière venus ne sont pas sur le champ capables de participer à la gestion de l’Etat... Mais ... nous exigeons la rupture immédiate avec le préjugé selon lequel seuls seraient en état de gérer l’Etat, d’accomplir le travail courant, quotidien de direction, les fonctionnaires riches ou issus de familles riches. Nous exigeons que l’apprentissage en matière de gestion d’Etat soit fait par les ouvriers conscients et les soldats, et que l’on commence sans tarder, c’est à dire qu’on "commence" sans tarder à faire participer à cet apprentissage tous les travailleurs, tous les citoyens pauvres... Il va de soi que les erreurs seront inévitables quand ce nouvel appareil fera ses premiers pas."

Et ça s’est passé effectivement comme ça, n’est-ce pas ? (La date est importante)

Tiens, Collin encore, qui soutient la thèse de Nolte, assimilant communisme et fascisme.

Non non non. Absolument pas ! Vous avez sans doute mal lu. DC combat vigoureusement la thèse de Nolte
« Faut-il pourtant imputer aux bolcheviks la paternité et la responsabilité de toutes les horreurs du XXème siècle ? Selon l’historien allemand E. Nolte, la révolution russe aurait été la matrice des « totalitarismes » staliniens et nazis. Denis Collin combat vigoureusement cette thèse, qu’il qualifie de « révisionniste » : « le destin du XXème siècle, le déchaînement inouï de la cruauté auquel il a été donné d’assister, ne sont pas des conséquences de l’action des bolcheviks » Dans la chaine des causalités, il faut remonter plus loin, à la guerre de 14 : « Les près de 10 millions de morts ( dont 1,7 millions de Russes) qu’a causés cette guerre sont l’entrée directe et fracassante dans la sauvagerie moderne. Le nazisme eut été impossible politiquement et psychologiquement sans cet entraînement au pire dont la responsabilité directe et totale incombe au capitalisme libéral (on mettra sans difficulté l’Allemagne impériale dans cette catégorie) »

Ne pas confondre avec François Furet. ;-)

En revanche il affirme, et il a raison : « Après la collectivisation et le lancement du plan quinquennal, « ce qui était une tyrannie assez ordinaire (hélas !) devient un des pires régimes qu’ait connu l’humanité ... Avant cette date, les camps de déportations existaient déjà ... avec le régime stalinien, ils vont prendre une ampleur nouvelle et se transformeront même parfois en camps d’extermination massive ... Le régime stalinien, qui ressemble comme deux gouttes d’eau au régime nazi, est donc avant tout un régime de terreur et de guerre civile permanente. »

Mais là, je crois que nous n’arriverons pas à nous entendre sur la nature réelle du régime stalinien, et sur son bilan. Je ne suis pas un fan d’Annie Lacroix-Riz ;-)

Merci pour cet échange.

#25217 | Répond au message #25216
1er tour : PS et PCF ne feront pas liste commune - Pascale - 31 décembre 2009 à  09:09

Mea culpa pour Collin à propos de Nolte, mais l’assimilation nazisme/stalinisme ne passe toujours pas.
Annie Lacroix-Riz est à peu près la seule historienne française à aller au charbon, preuves archivistiques denses à l’appui. Sans être obligé d’être fan, on ne peut que reconnaître son sérieux. Elle a un parti-pris, comme nous tous.

Bonne fin d’année et merci également.

#25219 | Répond au message #25217
1er tour : PS et PCF feront liste commune au 2nd tour - vid’da - 25 décembre 2009 à 18:17

« L’enjeu des élections régionales est maintenant de faire en sorte que le Front de gauche pèse le plus possible dans la perspective d’une fusion de toute la gauche au second tour. »

donc le mec il va voter pour le front de gauche afin que le pc négocie au moins 4 places au second tour ...???


#25131