Hervé Novelli se réjouit d’avoir créé une bulle

mercredi 27 janvier 2010 à 18:20, par edan

Hervé Novelli s’est récemment réjoui de la hausse impressionnante de création d’entreprises en 2009 [1]. Une explosion de 75 % par rapport à l’année précédente qui représente 580 000 nouvelles entreprises [2]. Ces chiffres semblent en désaccord avec les faits qui ont marqué l’année 2009, à savoir une hausse du chômage et les 61 595 fermetures d’entreprises (une augmentation de 11,4% ).

Plus précisément, 55% des créations sont faites par des néo-entrepreneurs, à savoir 320 000 auto-entrepreneurs. Ils ont bénéficié des avantages de ce statut, simple et sans contraintes, créé par le secrétaire d’État aux PME et candidat UMP aux régionales dans la région Centre, Hervé Novelli.

En ouvrant à tous les portes de l’entrepreneuriat, le secrétaire d’état ne prend pas la mesure des risques possibles par cet engouement non-mesuré : le manque évident de solidité financière, la création d’une micro-concurrence féroce dans des secteurs de services, une couverture sociale indexée sur le chiffre d’affaire. D’autant que, sur les chiffres que l’on possède, être auto-entrepreneur ne fait pas de miracles : 153700 auto-entrepreneurs ont généré un chiffre d’affaires de 499 millions d’euros sur les 9 premiers mois de l’année 2009, soit un peu plus de 360 euros par mois et par auto-entrepreneur [3]. Pas de quoi pavoiser...

« Environ 50% des auto-entrepreneurs sont des demandeurs d’emploi ou des personnes sans aucune autre activité. Le profil de l’auto-entrepreneur (jeune, à faibles capacités d’investissement, peu diplômé) ne joue donc pas en faveur des nouvelles structures. » [4].

Non maitrisé et enveloppé de beaucoup d’espoir, le risque de cet enthousiasme est tout simplement la création d’une bulle qui explosera dans de très courtes années.


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commentaires
Hervé Novelli se réjouit d’avoir créé une bulle - fopadéconé - 23 avril 2012 à 16:39

INTERDIT de faire de la location en auto-entrepreneur.
VOUS...la FEDAE, vérifier leur activité avant de valider les dossiers .
J’ai fermé mon entreprise de " Location de matériel " en juin 2011 après 16 années d’activité .
Aujourd’hui, je n’ai aucun revenu et chaque jour qui passe me coûte de l’argent sur mon entreprise.
Tout le matériel est à l’abandon.
J’attends des explications sur cette anarchie.


Hervé Novelli se réjouit d’avoir créé une bulle - Didier - 30 janvier 2010 à 19:26

Un auto-entrepreneur dans les services, ne paie que 23% de charges en tout et pour tout.
Pour un salarié, il lui est retenu 22% de charge sur son salaire.
Qui va payer les charges patronales manquantes des auto-entrepreneurs ???
Autrement dit : Qui va boucher le trou de la Sécu ?
La réduction des charges est offerte par Novelli. Patrons, n’embauchez plus, sous-traitez à des auto-entrepreneurs, vous payerez moins de charges.


pas dit ! - lilian - 27 janvier 2010 à 19:47

dans les pays anglophones ce statut est resté très populaire, et je vous prie de croire qu ’il etait pas aussi complet et facile que le nôtre ! 320 000 inscrits, je trouve ca pas mal pour un lancement. a mon avis ca va etre au moins autant d inscrits l année prochaine. moi je dis bravo novelli, en plus il est bien positionné pour devenir le futur gagnant aux elections regionales centre


pas dit ! - Eric Ciechanowicz - 28 janvier 2010 à  12:46

Le plus dur dans notre pays c’est de faciliter les démarches : cette année après avoir rénové pendant 3ans une maison à Carnac. J’y ai créé un bar, La Tonnelle et 3 emplois. Tous les travaux sont aux normes et mieux. MAIS je n’ai toujours pas l’autorisation de recevoir le public... j’attends depuis le 10 juillet 2009, nous sommes en Janvier 2010... quand j’ai protesté et attiré l’attention sur les 3 emplois que je créais "on" m’a demandé si la création d’emplois est une obsession chez moi (!) Au lieu de m’aider on a cherché à me noyer sous la paperasse... et moi qui croyais mériter une médaille !

Oui, il y a des choses à faire en France, donner un statut aux créateurs d’emplois, les protéger contre la jalousie et l’incurie (voire la corruption) avec des lois simples... faire comprendre que les chefs d’entreprises sont au moins aussi précieux et respectables que les autres citoyens et tellement plus efficaces pour lutter contre la crise. Les autoentrepreneurs ne feront pas tous fortune, mais ils auront participé à faire vivre l’économie du pays...

J’ai démarré www.lavieenarts.com en 1993 j’avais 30m², j’en ai plus de 1000 aujourd’hui j’ai donné du travail à + de 20 personnes et permis à tant d’autres de progresser dans la vie. Mais sincèrement on ne fait pas fortune en France, on fait des jaloux. Choisir d’entreprendre, c’est choisir de donner. C’est plonger dans l’aventure pour la liberté. Parfois on prend des coups. il faut continuer. Ne laissez jamais les médiocres vous empêcher de continuer. Eux ne créent rien, ils acceptent juste de consommer le fruit de votre énergie d’entrepreneur. Merci à tous ceux qui comme Monsieur Novelli font chaque jour de notre Pays un endroit un peu meilleur. il y a un entrepreneur qui sommeille en chacun de nous il faut juste lui donner les conditions pour s’épanouir... Courage

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pas dit ! - edan - 29 janvier 2010 à  01:38

je comprend très bien votre histoire : celle d’un entrepreneur qui donne beaucoup et prends des risques pour atteindre des objectifs à la fois économiques, personnel et collectifs. Mais pour en revenir à l’article, j’analyse différemment les chiffres annoncés en fanfare. La création de sociétés est en baisse par conséquent moins de risques, pas d’investissements, peu de solidité, ...La réussite du statut d’auto-entrepreneur, dans un pays qui n’est pas porté par la doctrine libérale, n’est pas pensable. Que cela soit un statut de transition vers la création d’une entreprise ou d’un complément de salaire, pourquoi pas. Mais de là penser que cela va réveiller l’entrepreneuriat ou dynamiser les PME qui n’arrivent pas à passer les frontières, j’ai quelques doutes ... Le problème est plus profond.

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Novelli le paon paré des plumes du geai - Cyrano - 2 février 2010 à  12:36

C’est Martine Aubry qui prononce en 1998, devant les députés, le discours inaugural de la discussion sur la Loi contre les Exclusions. Elle était alors Ministre de l’Emploi et de la Solidarité sous le gouvernement Jospin (et sous la présidence de jacques Chirac). Mais ce n’est pas le gouvernement de gauche qui a fait le forcing pour cette loi. Ce n’était que le point d’orgue d’une série de propositions et d’activisme de personnalités éminentes d’ATD-Quart-Monde (Geneviève Anthonioz de Gaulle et Lucien Duquesne). Si l’assemblée nationale n’avait pas été dissoute en 1997, il est vraisemblable que c’est un ministre chiraquien qui aurait endossé la paternité de cette loi.

Novelli n’a pas inventé la poudre

Il en va de même pour Hervé Novelli et la loi fixant le statut d’auto-entrepreneur. Le Secrétaire d’Etat a fait mettre en formes juridiques un projet (publié début 2008) porté par François Hurel, ancien délégué général de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprise). C’est d’ailleurs cette APCE qui a pratiquement tout conçu le statut d’auto-entrepreneur (et aussi le kit auto-entrepreneur). Monsieur Novelli était là tout simplement au moment où ce projet devait trouver concrétisation juridique, le point d’orgue d’un processus. Le projet de Francois Hurel reprenait lui-même certaines propositions faites par Renaud Dutreil, quelques années auparavant, lorsqu’il était Ministre des Affaires Sociales.

Lilian, lorsque vous écrivez dans votre message : « moi je dis bravo novelli », ça semble d’un enthousiasme largement excessif - et ça témoigne d’une méconnaissance du cheminement qui nous amené à ce statut d’auto-entrepreneur.

la micro-entreprise kif-kif

C’est une double méconnaissance d’ailleurs. Car le statut d’auto-entrepreneur ne surgit pas des sables comme une ile volcanique surgissant de l’océan. Excuses, je voulais dire : ne surgit pas de l’océan comme une source jaillissant dans le désert. Excuses (bis), bref : ça ne vient pas de rien. Il ya avait avant cela le statut de la micro-entreprise qui est très, très proche du statut d’auto-entrepreneur.

La principale différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur réside surtout dans les formalités de création devenues d’une facilité dérisoire (les formalités de création de la micro-entreprise étant déjà très simples). Même plus besoin de demander un extrait du casier judiciaire, même plus besoin de demander à son propriétaire une autorisation d’exercice, même plus besoin de payer une somme modique d’une centaine d’euros pour l’inscription, etc. (je cite de mémoire). Il suffit simplement de se connecter via internet, de remplir le formulaire, de choisir son domaine d’activité, puis on clique pour envoyer tout ça, en l’accompagnant du scan d’un justificatif de domicile, et du scan recto-verso de sa pièce d’identité. Ensuite, on reçoit de l’INSEE un numéro de Siret : on est chef d’entreprise, ça pète, ça ! C’est tout, c’est gratos, c’est zéro euro.

La différence entre les deux statuts est sibylline (y compris dans les prélèvements obligatoires) et tient donc surtout dans une formalité. Alors, il ne faut quand même pas trop claironner sur Hervé Novelli et y aller de louanges largement surdimensionnées : « moi je dis bravo novelli » (Lilian), ou « Merci à tous ceux qui comme Monsieur Novelli font chaque jour de notre Pays un endroit un peu meilleur » (sic !) de Eric Ciechanowicz.

Le rush déjà...

Puisque les supporters de Novelli semblent ignorer d’où viennent les idées et ce qui préexistait avant, je rappellerai que déjà, durant les années 2007 et 2008, la création d’entreprises individuelles utilisant ce statut micro-entreprise représentait la moitié du nombre de création d’entreprises. En 2007, sur 321.400 entreprises créées, 162.300 étaient des entreprises individuelles. En 2008, sur 327.400 entreprises créées, 166.700 étaient des entreprises individuelles.

C’est mieux de parler en ayant des éléments de la réalité en main.

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