Conseil municipal de Bourges du 29 janvier 2010 (2nde partie)

La politique municipale en 90 minutes chrono

mardi 2 février 2010 à 10:30, par Cyrano

Point 1 : délégation d’attribution au maire - laissez-moi faire...

C’est à dire que le conseil municipal permet au maire de prendre certaines décisions sans qu’elles soient votées au conseil. Le maire, selon l’exposé du point, "est ainsi chargé de la plupart des tâches de gestion courante susceptibles d’alourdir les ordres du jour du conseil". Et heureusement, car le conseil même mensuel durerait des plombes.

Mais on demande au conseil municipal d’augmenter le nombre des décisions (une vingtaine) qui peuvent être prises par délégation. Entre autres : prendre toute décision pour les marchés et accords-cadres d’un montant inférieur à 193.000 € HT ainsi que décisions sur les avenants quels que soient leurs montants. Et aussi : exercer au nom de la commune le droit de priorité, prendre des décisions concernant les diagnostics d’archéologie préventive, etc.

Irène Félix (Parti socialiste) exprimera une « assez grande réticence » à l’extension de ces délégations, arguant que le conseil municipal étant mensuel, on est ainsi assez proche des décisions. Yannick Bedin (Parti communiste) y voit « un risque de priver les assemblées du conseil de débats. » Mais le maire le dira : « Il y a un exemple récent où j’ai du prendre une décision très, très rapidement ». Ah... alors, évidemment, dans ce cas, bien sûr, alors... Mais ? mais cet exemple, au fait, c’est quoi ? Hélas, personne ne demandera...

Point 1 : puisque on parle de décisions non votées...

Colette Cordat (Lutte Ouvrière) prend exemple des femmes de ménage de l’IMEP, dont c’est le dernier jour de travail, justement, aujourd’hui, jour du conseil. Elles sont virées, puisque c’est une société privée qui va faire le ménage, et ça « on n’en a jamais discuté au conseil municipal, je trouve ça choquant. ». Notre maire ne répond pas sur le sort des femmes de ménage virées. Il se contente de dire : «  Qu’est ce que vous allez dire aux personnes qui travaillent dans le privé ? ». Et si on se bat contre une délocalisation ? Mon dieu, que va-t-on dire aux ouvriers taïwanais ?

Inter-Bibli bibelot de Blot

Un conservateur va être mis à disposition de la ville et de sa vénérable ancienne bibliothèque municipale (point 4). C’est l’occasion pour Charlotte Blot (A Gauche Bourges) de revenir sur un de ses dadas : elle ne se résout pas à la suppression du prêt inter-bibli. D’ailleurs elle dit que suite à une présence sur le marché de la ville (marché des Halles, I suppose), elle a recueilli 245 signatures d’usagers réclamant le rétablissement du service inter-bibli. Hum ? Je ne sais pas comment la pétition était formulée, mais entre nous, sur le marché du samedi, dégoter 245 personnes concernées par l’ancienne bibliothèque municipale, ça alors, n’est-ce-pas, on n’aurait pas cru.

Parcelles : on nous fait la totale

Le Berry Républicain l’a bien repéré le réjouissant point 8 concernant l’échange de parcelles entre la ville de Bourges et le Conseil Général (pour l’aménagement de la rocade). La présentation de cet échange de parcelles vaut un détour. On résume :

Sachant que la ville voulait échanger la parcelle AX102 et AX 103 contre l’AX 351 du Conseil Général. Mais sachant que le conseil général veut 610 m2 pour AX 102 et 298 m2 pour AX 103 - car le 1er échange de 532 m2 ne convenait pas - comme ça, on a 908 m2 - et sachant que la ville n’achète donc que 766 m2 de AX 351 et non 1131 m2. En déduire : en combien de temps la baignoire de AX 102 sera vide ? Et à quelle heure se croiseront les parcelles AX 103 et AX 351 ? « Tout le monde a suivi ? » comme l’écrit notre quotidien local. Ça, par contre, yes, on veut bien que ça soit délégaté au maire.

Le maire réveille Joël Crotté

Les abords du palais Jacques-Cœur vont être aménagés avec de beaux pavés en pierre naturelle - y compris l’escalier reliant la ville haute et la ville basse. André Decourt (opposition de gauche) qui était déjà intervenu sur le manque de places de parking en remet une couche : les abords aménagés de ce palais vont réduire le nombre de places de parking (et André Decourt interviendra une troisième fois, sur un point suivant, encore pour les places de parking).

Serge Lepeltier : « Monsieur Crotté, lui, doit s’en réjouir ! » Monsieur Crotté (Opposition, tendance Vert) : « .... ».

Yannick Bedin exprime un avis sur cet espace. Et là, incredible but true, là, soudainement, Joël Crotté bouge, s’ébroue, et il lève la main ! Serge Lepeltier le voit : « Monsieur Crotté a retrouvé la parole... ». Colette Cordat ayant levé la main avait fait remarquer que y’a 1/3 d’augmentation du prix de revient de l’aménagement des abords. Puis, Serge Lepeltier : « Monsieur Crotté, je veux vous entendre... » et il lui passe la parole.

Joël Crotté : « Je suis pour le centre-ville piéton avec pistes cyclables et parkings en périphéries ». C’est tout ? oui... pas un mot de plus. Et sur ce, il poursuivit son hibernation.

La voiture du maire

Le point 14 concernait la réhabilitation d´un terrain de football en gazon synthétique. Évidemment, Charlotte Blot émettra des doutes sur la validité de ce genre de gazon. Je ne sais plus comment mais la discussion dérivera. On y apprendra que notre maire a une voiture hybride (moitié bagnole-moitié vélo ?), une Toyota, et qu’il en est content. Personne n’osa ironiser sur le fait que Toyota en ce moment rappelle un million de véhicules pour défaut de fabrication. Philippe Bensac propose à Charlotte Blot de faire un tour dans la voiture du maire pour se rendre compte des qualités de sa voiture. Il s’ensuit une hilarité presque générale. J’en ai vu qui étaient plutôt gênés de la plaisanterie.

Dormez en paix

Vers la fin de ce conseil municipal primesautier, Thierry Poisle présenta le Plan Communal de Sauvegarde de la Ville de Bourges : un gros pavé d’au moins 200 pages. Le maire le fera parvenir sur cd-rom aux conseillers municipaux. Mais 200 pages de risques pour Bourges, ça fout les ch’tons ! Ils ont du y inclure l’attaque par des chauve-souris enragées.

Et il s’ensuivit quelques autres points avalés à bonne cadence. Il était 19h30. Un record à battre.


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La politique municipale en 90 minutes chrono - bombix - 2 février 2010 à 20:35

Inter-Bibli bibelot de Blot

Un conservateur va être mis à disposition de la ville et de sa vénérable ancienne bibliothèque municipale (point 4). C’est l’occasion pour Charlotte Blot (A Gauche Bourges) de revenir sur un de ses dadas : elle ne se résout pas à la suppression du prêt inter-bibli. D’ailleurs elle dit que suite à une présence sur le marché de la ville (marché des Halles, I suppose), elle a recueilli 245 signatures d’usagers réclamant le rétablissement du service inter-bibli. Hum ? Je ne sais pas comment la pétition était formulée, mais entre nous, sur le marché du samedi, dégoter 245 personnes concernées par l’ancienne bibliothèque municipale, ça alors, n’est-ce-pas, on n’aurait pas cru.

Charlotte Blot a parfaitement raison. Il suffit de se promener dans les rayons de la médiathèque pour constater combien est absente toute littérature un peu spécialisée - dans le domaine scientifique ou littéraire. Quand à la bibliothèque des Quatre Piliers, il faut vraiment le vouloir pour y accéder. Fermée le lundi, fermée le mardi, ouverte le mercredi, le jeudi, et le vendredi de 15h00 à 18h00 seulement !!!, et le samedi matin de 9h00 à 12h00. Bref, ouverte pour les retraités, et encore ! Tout le fond antérieur à 1945 inaccessible au prêt, pour des raisons de sauvegarde du patrimoine.
Les prêts interbibliothèques permettent aux berruyers — qui ne disposent pas de bibliothèque universitaire digne de ce nom — d’accéder à des ouvrages spécialisés. Il n’y a pas de culture vivante sans bibliothèque fournie et variée.
Mais la municipalité de Bourges, comme l’opposition, s’en contrefichent bien. Il est plus rentable électoralement de graisser les bottes à Colling à coup de centaines de millions ... que de laisser en place les outils — peu onéreux finalement — qui existent pour faciliter la vie des quelques berruyers cultivés ou simplement curieux et qui désirent s’informer à la source. Ou des grand(e)s étudiant(e)s qui vivent parfois encore à Bourges et qui terminent leurs travaux universitaires. Et on prétend faire de Bourges une ville pour étudiants. De qui se moque-t-on ? Vraiment ?
Il est certain qu’il est difficile de faire une campagne d’affichage sur ce thème ... Une vraie politique culturelle est incompatible avec la politique spectacle. Elle est donc condamnée.