Social

Mais qu’est-ce qu’on attend ?

Pour se remuer et secouer tout ça
jeudi 18 février 2010 à 09:30, par papagayo

Après avoir donné des milliards aux banques pour qu’elles continuent de s’engraisser on demande à nouveau aux salariés de sacrifier leur pouvoir d’achat à l’aune des retraites alors qu’il suffirait déjà que les charges sociales dues par les entreprises soient payés au lieu d’être exonérées.

Mais qu'est-ce qu'on attend ?

La crise, quelle crise ? Pour qui, pour quoi ? Les banques responsables du merdier financier ont repris les rênes avec des États accourus à leur rescousse de peur d’une fin du monde. Des fonds publics sont allés à des fonds privés. Depuis, particuliers et entreprises tirent la langue pour obtenir ou vouloir du crédit.
Le débat sur les retraites, tarte à la crème du psychodrame chargé de culpabiliser, porte sur le manque de financement des caisses. Mais celles-ci ont été siphonnées par les multiples exonérations accordées aux entreprises au nom de la mondialisation et de l’emploi avec une efficacité qui se vérifie chaque jour par les licenciements et les délocalisations...
Demander aux salariés de faire des efforts quand les entreprises fonctionnent sous perfusion c’est comme demander à un malade de soigner son docteur. Il s’agit d’un scandale parmi d’autres avec une dramatisation à outrance pour permettre de dire qu’il n’y a pas d’autres solutions que de travailler plus longtemps ou de gagner moins à la retraite.
Les médias, complices en très grande majorité de cette escroquerie, participent à cet enfumage collectif au profit d’intérêts privés. Les syndicats, englués dans leurs faiblesses historiques et chroniques, par manque de syndiqués et un émiettement, ne peuvent pas répondre au défi.
Depuis plus de vingt ans maintenant, les salariés se font tondre par les actionnaires sans qu’il y ait un mouvement social digne de ce nom pour contester ce fait.
Désespérant de constater cette apathie générale, ce renoncement, cet aquoibonisme, ce dépit, cette indifférence, NTM, grands éditorialistes devant l’éternel (on peut se marrer quand même) chantait "Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?" Je me demande effectivement ce qu’on attend et pourquoi cela n’a pas brûlé depuis un moment...


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N’attendons pas, publions ! - Mister K - 19 février 2010 à 12:10

Question très vaste qui peut être prise à titre individuel ou collective. Une telle question n’attend pas vraiment une réponse, mais de multiples venues de multiples individus ou organisations.

A titre individuel, et peut-être plus largement à titre collectif (avec les co-administrateurs et auteurs de ce modeste Webzine), je dirai que l’on n’attend pas, on agit. Alors, cela fera certainement sourire (ou enrager) les militants de longue date qui sont descendus des centaines de fois dans la rue, les élus qui gèrent nos collectivités ou les acteurs sociaux ; mais je vais m’expliquer.

L’Agitateur et ses auteurs publient des articles. En soit, cela peut paraître passif : des gens derrière leur ordinateur, bien au chaud, qui écrivent des "conneries". Déjà, il faut remarquer qu’il s’agit là d’une forme de militantisme, les auteurs ne sont pas des professionnels. Le militantisme de l’Agitateur, c’est celui de la liberté d’expression avant tout.

Quel est l’objectif des auteurs de l’Agitateur ? On ne peut parler pour tout le monde. Partager l’information, partager une réflexion, certainement. Ouvrir un débat. Faire réfléchir. C’est bien sûr une goutte d’eau. A eux seuls, ces articles ne peuvent rien changer. Mais c’est essentiel. Car ils se rajoutent à la multitude d’autres articles publiés ailleurs qui permettent eux aussi de réfléchir (même si les avis sont différents). Et tous ces articles, permettent de partager et peut-être, je dis bien peut-être, de faire évoluer les mentalités si ce n’est faire évoluer l’opinion publique. Le résultat du TCE en 2005 n’est sûrement pas étranger à la multitudes de textes qui ont été publiés sur ce sujet via internet.

C’est pour cela que la vision du "hacker" (terme impropre mais que je conserve afin de me faire comprendre) qui irait pirater les flux financiers me parait intéressant dans cet article. Cela ressemble à une sorte de résistance moderne, héroïque et idéal. Pourtant, discrètement, depuis de nombreuses années, en toute légalité, des millions de "hacker" de la pensée ont investi internet et tentent d’ouvrir le débat, de proposer d’autres façons de penser. Ceci est d’autant plus intéressant que désormais, les grands médias (télé, radios, journaux) sont influencés par ce qui se passe sur internet et donc relaient en partie au moins, ce qui s’y passe. De l’importance des relais. L’Agitateur en est un tout petit.

Face à cela, l’état à déjà réagit. De nombreuses voix se sont élevés en qualifiant internet de poubelle. Sauf que le café du commerce est aussi une poubelle. Nos cerveaux aussi sont des poubelles. Alors, on essai de les filtrer (avec des lois telles que HADOPI, LOPPSI et certainement bien d’autres à venir). Alors bien sûr, pour l’instant, on s’en prend théoriquement uniquement aux méchants. Mais c’est clairement un prétexte pour reprendre le contrôle d’internet, reprendre le contrôle de nos cerveaux.

Alors, pour être un "hacker" moderne du système, il n’est peut-être pas nécessaire d’aller dans l’illégalité ou de faire la révolution. Il suffit peut-être de réfléchir sur les sujets de société, publier ses réflexions, répondre aux réactions et être la petite goutte qui va se rajouter aux autres.

En conclusion, publions !


N’attendons pas, publions ! - papagayo - 19 février 2010 à  19:14

Eric Hazan 74 ans, a crée sa maison d’édition, La Fabrique, comme un lieu de résistance, de critique articulée du monde capitaliste contemporain et à l’invention d’une voie possible pour en sortir. Voici des extraits d’un interview aux Inrocks comme contribution au débat...

La République
"Les libertés publiques, les droits de l’homme, la République, l’Etat de droit sont des oripeaux ; tout cela n’existe pas. Dans ce pays, le droit est constamment foulé aux pieds au nom de l’Etat de droit"

Le capitalisme
"Je ne crois pas que l’on puisse amender le système avec des bouts de ficelle et des rustines. Je ne crois pas au postulat général selon lequel il n’y a pas de salut en dehors du capitalisme et qu’il suffit de le moraliser, de l’aménager. C’est impossible : tant que le capitalisme et l’économie de marché existeront, l’injustice et les inégalités croîtront. On essaie aujourd’hui de nous persuader que ce système a toujours existé et qu’il n’y a pas d’issue possible, à part le goulag. Mais le système capitaliste n’existe que depuis deux cents ans. On croit qu’il n’y a pas d’alternative théorique mais on parle de plus en plus du communisme."

L’ennemi et l’affaire Julien Coupat
"L’ennemi intérieur traditionnel – l’islamiste terroriste – est introuvable chez nous. Pour légitimer l’arsenal policier et législatif mis en place depuis que Sarkozy a accédé au ministère de l’Intérieur, l’Etat a construit cet ennemi intérieur. L’Etat a fait un coup d’essai pour tester s’il était possible d’appliquer la législation antiterroriste à des Blancs. Jusque-là, elle n’était appliquée qu’à des barbus qui prêchaient dans des caves et dont tout le monde se fout. Ça a été une tentative d’intimidation pour montrer aux subversifs blancs qu’ils n’étaient pas non plus à l’abri d’une répression arbitraire."

Répondre à ce message #25893 | Répond au message #25891
Mais qu’est-ce que t’attends ? - d’vid’da - 18 février 2010 à 22:11

c’te phrase du Supreme NTM me suis toujours amusé à la remixer en : mais qu’est- ce , mais qu’est-ce que t’attends pour t’foutre le feu , mais qu’est-ce que t’attends pour ne plus suivre leurs régles du jeu ?????? !!!!!

 : )


Mais qu’est-ce qu’on attend ? - Eulalie - 18 février 2010 à 11:13

Peut-être que le feu ne prend pas parce que le "pouvoir d’achat" personne au juste ne sait ce que c’est, et que majoritairement, à des degrés différents bien sûr, les porte-feuilles de chacun ne vont pas si mal, enfin je veux dire que ce n’est pas la catastrophe ; c’est pas la joie, mais c’est pas la cata. Pour ceux pour qui c’est la catastrophe, je suppose qu’ils sont minoritaires dans notre société, et qu’ils n’ont pas trop le temps de s’organiser pour "foutre le feu", qu’ils courent pour trouver toujours de quoi vivoter chaque jour, en bossant au rabais, en demandant des aides sociales, etc....
Pour les retraites, je suppose que la notion est différente pour "chacun" d’entre nous. Personne n’a la même perspective de "sa retraite" selon qu’on est un tout jeunot, un "moyen jeune-vieux" puis un approchant du "vieux", qu’on a des actions, des assurances-vies, des revenus immobiliers, etc ou non....
Papagayo, je crois qu’il faut être conscient que "les gens" , ici, en France, ne sont pas révoltés. Y’en a, mais ils sont peu. Quant aux syndicats, ben le 23 mars ils appellent à une grève "pour le pouvoir d’achat" et contre la réforme des retraites.... wawaouh, ça va chier... ;-)


Mais qu’est-ce qu’on attend ? - bombix - 18 février 2010 à  13:30

Papagayo, je crois qu’il faut être conscient que "les gens" , ici, en France, ne sont pas révoltés.

« Tout homme né dans l’esclavage naît pour l’esclavage, rien n’est plus certain. Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu’au désir d’en sortir  ; ils aiment leur servitude comme les compagnons d’Ulysse aimaient leur abrutissement. S’il y a donc des esclaves par nature, c’est parce qu’il y a eu des esclaves contre nature. La force a fait les premiers esclaves, leur lâcheté les a perpétués. » (Rousseau)
Il y a un texte intéressant d’Alain Badiou, paru récemment dans Le Monde : Le courage du présent. Le temps présent, dit Badiou, notre temps, est le temps de la désorientation. « En quoi la désorientation consiste-t-elle précisément ? Une de ses opérations importantes consiste en tout cas à rendre illisible la séquence antérieure, la séquence qui, quant à elle, était bel et bien orientée. Cette opération est caractéristique de toutes les périodes réactives, contre-révolutionnaires, comme celle que nous vivons depuis la fin des années 1970. » Et Badiou d’en appeler à une morale provisoire, comme Descartes à la fin du Discours de la méthode. « Nous avons besoin ... d’une morale provisoire pour temps désorienté ... Il importe de trouver un point réel sur lequel tenir coûte que coûte, un point "impossible", ininscriptible dans la loi de la situation. » « La vertu principale dont nous avons besoin est le courage. .. Le courage est la vertu qui se manifeste, sans égard pour les lois du monde, par l’endurance de l’impossible. »

Répondre à ce message #25864 | Répond au message #25862
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  14:32

Bombix,

J’ai lu ton dernier post (pas long et agrémenté de citations très à propos).

Badiou est bien gentil avec sa morale provisoire. Mais si le provisoire était en fait durable, voire final ??? Ce que je te disais l’autre fois à propos de mes doutes sur l’espoir de changer le monde et mon pessimisme quant à la société dans laquelle nous vivons est assez bien résumé par ta citation de Rousseau (discours sur l’inégalité si je ne me tromp pas). La domination de l’homme par l’homme (elle peut prendre des formes multiples : appelons cela esclavage, servage ou capitalisme) n’est-elle pas inhérente à la nature humaine ?
La réponse positive à cette interrogation signifie pour moi la fin de l’histoire. Attention, je n’entends pas que le capitalisme soit la fin de l’histoire, comme l’ont fait les socialistes français au congrès de l’Arche en décidant conséquemment de le gérer mais sans plus.
Non, pour moi, la fin de l’histoire c’est la constat de l’indépassable nature humaine qui en revient tot ou tard à l’individu et donc à ses rapports avec les autres individus, c’est-à-dire des rapports de dominations, d’envie, de satisfaction des besoins non pas en absolu mais en relatif.
La conséquence : la vacuité de toute action politique, même gestionnaire, sauf à aimer le rafistolage.

En ce qui concerne la "désorientation", on va simplifier cela en laguage marxiste : il n’y a plus, ou de moins en moins, de conscience pour soi. Faut-il attendre son retour en s’armant de courage ? Ce serait avoir une trop grande confiance dans un déterminisme qui, si j’en reviens à ma remarque précédente, n’est en fait qu’une boucle récursive : l’homme est une bête qui réfléchie en collectif pour passer le temps mais reprend son instinct animal individuel dès que les choses sérieuses arrivent. Une bête avec un arc et des flèches ou avec un écran plat, mais une bête quand même. Il y aura sans doute encore bien des révolutions et encore plus de révoltes, mais in fine, on ne pourra pas changer la nature humaine.

Le membre est gangrainé, on est capable de se dire "ça pue" au bout d’un moment, on coupe le membre, il repousse, se gangraine etc etc etc

Oui je sais, c’est à se pendre....

Répondre à ce message #25865 | Répond au message #25864
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - papagayo - 18 février 2010 à  15:52

Les Badiou, Marx, Besancenot et aux incantations ne servent à rien quand le peuple ne veut pas savoir. Je veux bien pratiquer l’onanisme intellectuel en citant des références en béton, le fait est que l’on débat plus de la Ferme célébrités et autres conneries récurrentes que de sujets de fond comme : va t’on continuer à se faire enfler longtemps comme cela sans rien dire...
J’attends d’autres réactions que celles qui consistent à poser d’autres questions quand la principale n’a pas été abordée. Une manif ? Très bien, marchons dans la ville encadrés par la police et une fois arrivé, repartons chez soi avec l’intime conviction d’avoir perdu son temps. Les manifs sont les derniers résidus des formes archaîques de luttes sociales. La lutte ne peut qu’être lié aux nouvelles technologiqes dont le net. J’avoue que je rêve d’une implosion des bourses par de hackers chevronnés qui planteraient le système des flux financiers une bonne fois pour toute.

Répondre à ce message #25867 | Répond au message #25865
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  16:30

le fait est que l’on débat plus de la Ferme célébrités et autres conneries récurrentes que de sujets de fond comme

J’ai pas dit autre chose.. Quant aux citations, pour une fois ça a été assez léger. Vous nous dites à raison que les gens sont cons à regarder et s’interroger sur la ferme célébrité.....et dès que sur un forum, on essaye d’aller au fond des choses, en l’occurence la nature humaine, vous nous dites que c’est trop, que c’est de la masturbation.....Donc si j’ai bien compris vous, vous vous situez en les cons et les branleurs : attetion de ne pas vous faire arroser.

Mais alors on en vient à vos propositions concrète

Une manif ? Très bien, marchons dans la ville encadrés par la police et une fois arrivé, repartons chez soi avec l’intime conviction d’avoir perdu son temps. Les manifs sont les derniers résidus des formes archaîques de luttes sociales

Voilà, ça c’est dit alors qu’est-ce qui reste ? Rester devant la télé ? C’est trop con (on est d’accord). Débattre un peu plus au fond des choses ? ça vous gonfle. Manifester ? C’est inutile et archaique.

"la lutte ne peut qu’être lié aux nouvelles technologiqes dont le net. J’avoue que je rêve d’une implosion des bourses par de hackers chevronnés qui planteraient le système des flux financiers une bonne fois pour toute".

Comme vous le dites vous-même, vous revez.....et vous rêvez mal. Ce genre d’incident ferait un bon sceario pour hollywood 3.0, ça vous ferait peut-être passer un bon moment (entre 1 heure et 1h25) mais ça ne planterait pas un système économique pour autant....

Bref tout ça pour ça !!

Répondre à ce message #25869 | Répond au message #25867
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - papagayo - 18 février 2010 à  16:48

Le système repose sur des flux indétectables qui passent par internet. Supprimer les flux permettrait déjà de reposer la machine et de voir s’il y a d’autres moyens de faire marcher la planète. Je ne sais pas si je rêve mais ce sont je suis sûr c’est que les manifs dans les rues c’est du pipeau...

Répondre à ce message #25871 | Répond au message #25869
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - papagayo - 18 février 2010 à  19:53

"Donc si j’ai bien compris vous, vous vous situez en les cons et les branleurs : attetion de ne pas vous faire arroser."

je ne sais pas qui vous êtes mais je me demande ce qui vous fait dire que je me situe en(tre) les cons et les branleurs. Je ne cherche pas à vous situer, je comprends pas tout ce que vous dites, mais je ne vous permet pas de porter un jugement péremptoire. Sur l’échelle du con et branleur je me demande où vous vous situez mais sans pour autant attester que vous êtres bien entre les deux. Ce qu’on appelle l’arroseur arrosé chez Jacques Tati, le cinéaste où la vie est moins chère, bref...

"Bref tout ça pour ça !!",

Mais Monsieur socialisme et un peu de sérieux (rien que ça) j’attends des propositions plutôt que des critiques style ce que les autres pensent ne vaut pas tripette.

Expliquez moi comment sortir du pouvoir financier, le seul véritable, pour faire en sorte que tout le monde puisse vivre correctement sur la seule planète qui devient de moins en moins vivable ?

J’estime qu’on est ici pour tenter de trouver des solutions plutôt que pour agiter notre nombril devant les internautes...

Répondre à ce message #25876 | Répond au message #25869
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  20:17

Ne prenez pas les choses si mal : c’était de l’humour et ça ne voulait pas vous insulter

Je dis vous vous situez entre les cons (c’est à dire ceux qui débattent de la ferme) et à l’autre bout de l’échelle les branleurs (c’est à dire ceux qui se masturbent intellectuellement selon vous inutilement comme nous). Donc entre les deux, c’est large il y a sans doute des types dont j’en suis sûr vous faites partie.
Le "attention de ne pas vous faire arroser", ça voulait dire, si je prends une autres métaphores, "attention aux tirs croisés et aux balles perdus" entre les cons et les branleurs puisque vous dénoncez ces deux catégories et que personne ne vous convient.
Bon initialement c’était un mauvais jeu de mot vulgaire comme j’en fais beaucoup, ça ne voulait pas blessé. Donc pardon pour l’incompréhension.

En ce qui concerne l’agitation de nombril, ce n’est pas moi qui ait écrit un article.
Deuxièment, je répondais à un message de bombix quand vous nous avez de manière assez agressive pris à partir (on nous disant que l’on s’agitait dans le vent ou un truc dans le genre). Donc ma réponse ne fut logiquement pas très charmante.

Enfin en ce qui concerne les propositions concrète, j’essaie d’expliquer - peut-être mal, j’en conviens - dans mes posts que je ne crois plus beaucoup à la mobilisation de l’humanité qui souffre, et sans cette mobilisaton, pas de rapport de force, donc peu de chance de faire aboutir réellement une solution concrète quelconque qui nous sorte du merdier.

Répondre à ce message #25877 | Répond au message #25876
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  20:19

une coquille que je corrige : je voulais bien sûr dire "il y a sans doute des types bien dont vous faites partie"

Répondre à ce message #25878 | Répond au message #25877
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  20:22

Enfin il faut que je me relise car je fais vraiment trop de fautes d’orthographe et de frappe

Répondre à ce message #25879 | Répond au message #25878
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - papagayo - 18 février 2010 à  21:52

"Donc si j’ai bien compris vous, vous vous situez en les cons et les branleurs : attetion de ne pas vous faire arroser."
Je ne sais pas qui vous êtes mais je me demande ce qui vous fait dire que je me situe en(tre) les cons et les branleurs. Je ne cherche pas à vous situer, je comprends pas tout ce que vous dites, mais je ne vous permet pas de porter un jugement péremptoire. Sur l’échelle du con et du branleur je me demande où vous vous situez mais sans pour autant attester que vous êtres bien entre les deux.

Ce qu’on appelle l’arroseur arrosé chez Jacques Tati, le cinéaste où la vie est moins chère, bref...

"Bref tout ça pour ça !!",

Mais Monsieur socialisme et un peu de sérieux (rien que ça) j’attends des propositions plutôt que des critiques style ce que les autres pensent ne vaut pas tripette.

Expliquez moi par exemple, comment sortir du pouvoir financier, le seul véritable, pour faire en sorte que tout le monde puisse vivre correctement sur la seule planète qui devient de moins en moins vivable ?

J’estime qu’on est ici pour tenter de trouver des solutions plutôt que pour agiter notre nombril devant les internautes...

Répondre à ce message #25882 | Répond au message #25869
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  22:08

Je ne veux pas vous énerver, mais il me semble que vous l’avez déjà dit et que je vous ai répondu...

Répondre à ce message #25883 | Répond au message #25882
Dépasser ses prénotions : la "nature humaine" - Aurélien Boucher - 18 février 2010 à  16:20

"l’homme est une bête qui réfléchie en collectif pour passer le temps mais reprend son instinct animal individuel dès que les choses sérieuses arrivent. Une bête avec un arc et des flèches ou avec un écran plat, mais une bête quand même. Il y aura sans doute encore bien des révolutions et encore plus de révoltes, mais in fine, on ne pourra pas changer la nature humaine"
Il me semble qu’il y a là une pensée qui montre combien même les personnes qui essaient de se révolter contre l’oppression sont aussi et malgré elles, imbibées du sens commun. L’idée selon laquelle il y aurait une "nature" humaine et que celle-ci porterait inévitablement et pour toujours l’Homme à agir comme un "individu" animé par son seul "intérêt" ne me semble pas tout à fait juste. (on pourrait prendre en contre exemple certaines formes de bénévolat observées dans le sport qui n’ont d’autres fins en Soi que l’accomplissement d’un sentiment de devoir être envers la communauté. voi Gildas Loirand pour les intéressés)
Ce que Rousseau exprimait et que Bourdieu disait en d’autres termes, c’est qu’il n’y avait pas de "nature", mais des rapports de domination rendus "naturels" pour les agents sociaux par la magie de l’illusio. En résumé, la culture est faite nature.
L’idée d’une "nature humaine" poussant les Hommes à toujours se combattre à être des "strugglers for life", n’est en fait apparue que récemment avec la reprise des théories de Darwin par certains sociologues comme Spencer. Cette pensée dérivée du darwinisme a été imposée à mesure qu’elle servait de nouveaux modes de dominations au travail dans les sociétés capitalistes.
Prendre exemple sur la "nature" et chercher une "nature humaine" n’est jamais trés habile. On peut toujours faire dire à la "nature" ce que l’on veut. Par exemple, les chaînes alimentaires qui reposent sur la "concurrence" entre animaux, reposent aussi sur les symbioses que peuvent liées par le hasard génétique deux espèces pour survivre (l’anémone et le poisson clown).
Après, la domination ne suffit pas à créer la révolte, la consience de classe non plus. Ce qui entrave la révolte, les stratégies de subversion dans le jeu social, ce sont avant-tout les résignation et la complicité implicite des dominés à leur domination. Pour dire autrement, sans s’en rendre compte, on intègre des schémas de pensés (comme celui de la nature humaine) qui tendent à faire se reproduire la domination. Comme on le dit vulgairement : "c’est plus fort que nous" car ces modes de pensées sont le fruit d’une éducation qui a été incorporé, et qui agit sans même que l’on en soit conscient.
Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas plus de "manières naturelles" que de "nature humaine". Rien est immuable, même si les choses tendent à la reproduction. La reproduction n’est pas une reprographie mais une re-production, où paradoxalement jamais rien n’est vraiment identique.

Répondre à ce message #25868 | Répond au message #25865
Dépasser ses prénotions : la "nature humaine" - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  17:46

Effectivement, Rousseau dans le discours sur l’origines de l’inégalité met en doute tout ce que l’on présente (tait) comme lois naturelles : "voilà assurément une manière très commode de composer des définitions, et d’expliquer la nature des choses par des convenances presque arbitraires." (préface). Ce qui ne l’empêche pas de distinguer l’homme sauvage et l’homme civilisé....à ceci près qu’il reprend l’antienne du bon sauvage : "l’homme sauvage ne désirant que les choses qu’il connaît et ne connaissant que celles dont la posséssion est en son pouvoir ou facile à acquérir", rien ne doit être si tranquille que son âme et rien si borné que son esprit" (première partie".

Définition très discutable et en fait très contextuelle. Mais bon, je ne faisais que reprendre la citation de bombix pour elle-même, c’est à dire son constat. Je ne me référais pas à ce que pensait Rousseau.

Quand je parle de nature humaine, je parle en fait d’animalité, de "l’homme sauvage" sous l’homme civilisé. Simplement je n’en ai pas la même vision un peu naïve ou datée qu’en a rousseau. Je ne suis pas sur que l’inégalité entre les individus (de rapports s’entend, pas physique : seule inégalité naturelle selon Rousseau) soit la fruit des lois plus que de la nature et que culture et nature soient complètement séparées.
C’est doute qui met à mal mes anciennes croyances dans la matérialisme historique et autres déterminisme des forces qui font changer les lois.

Pour le reste de votre démonstration, il y a des choses avec lesquelles je suis OK, mais pour le bénévolat dans le domaine sportif ou le coup du poisson lune qui enfile une anémone.....je pense qu’on ne parle pas de la même chose, là.

Bref, on est d’accord sur le fait qu’il existe la nature mais pas de nature humaine proprement dite (peut-être ’étais je pas assez explicite ou précis) mais c’est la définition de la nature et son effacement derrière la civilisation sur lequels nous ne sommes pas d’accord.

Et attention à ne pas mettre tout sur le compte des schémas mentaux suggérés par telle ou telle habitude

Répondre à ce message #25873 | Répond au message #25868
Dépasser ses prénotions : la "nature humaine" - socialisme et un peu de sérieux - 18 février 2010 à  17:50

Pour en terminer, ce que je retenais dans la citation de bombix, c’était "leur lâcheté les a perpétués"...

Répondre à ce message #25874 | Répond au message #25873
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - Eulalie - 18 février 2010 à  16:52

Des esclaves et des bêtes... que c’est réjouissant tout ça ! Bon, faudra que je peaufine mon analyse "des gens", parce que j’en étais quand même pas là...

De la morale, il y en a, mais pas dans la sphère politique-économique-administrative de haut en bas (décisionnaires à tous les niveaux) Et c’est la sphère politique qui etouffe, désoriente la morale "des gens" qui ne sont pas des révoltés, mais pas pour autant des esclaves je crois, ni des bêêêêtes. (chez certains, oui l’aspect animal est beaucoup plus développé que chez d’autres, je ne citerai pas de noms, Ceci dit, y’a des reflexes animaux qui sont beaucoup plus moraux que de longues reflexions intellectuelles ) Par exemple, mettre le feu, je trouve ça très bien. C’est animal, à côté d’une table ronde de think tank, mais c’est plus moral - enfin quand on sait pourquoi on le met et à conditions que l’endroit où le met, reste moral. Par contre, bonjour la repression ! Et est-ce manquer de courage que d’avoir peur de la repression ? C’est de la colère qu’il manque, pas de la morale. La "plupart" des gens ne sont pas encore suffisamment en colère, parce que ça ne les pas encore toucher directement. Parce que finalement, ça va pas si mal. La violence contre leur "pouvoir d’achat" n’est pas perceptible, alors ils restent calmes. Pour ceux pour qui c’est directement violent, forcémenent ils se fâchent tout rouge. Mais des syndicats viennent éteindre le feu de suite. Ils étaient pourtant bien lancés, à Fermoba.... et c’est la CFDT et Galut, qui ont fait en sorte qu’ils arrêtent le blocage, et bien sûr, la "division" entre licenciés et gardés. Les immoraux là dedans, ce ne sont certainement ni ceux qui sont gardés, ni ceux qui sont licenciés : C’est la clique Galut, orientations syndicales de la CFDT, Machin chouette de la nouvelle boite, fililale d’une boite qui rachète les entreprises qui "foirent." Comment peut-on oser dire à des licenciés que Machin chouette est bien gentil avec ses 500 euros, qu’ils dépensent de l’argent pour eux. Ils auraient dû le kidnapper Galut, et lui faire bouffer sa cravate et son bouquin.

Tout cela n’est pas lié à la nature humaine, car la nature humaine est bien complexe. Par exemple, chez les Lip, même si c’est vieux, pas le même contexte politique, économique, etc.... ils ont" foutu le feu", à leur façon. Et ce n’était pas des anar qui voulait reprendre l’usine en autogestion : ils voulaient un patron. N’empêche, qu’en collectif, et sans vouloir passer le temps, mais bien pour se défendre, défendre leurs emplois, leurs boites, leurs vies, un seul des représentants du mouvement, par la suite, a mal viré. Il a été immoral, après la fin du mouvement Lip, parce qu’il est rentré dans un système immoral. Et pourtant, durant tout le mouvement, il était moral, courageux, engagé.

Ceci dit, je ne prétends pas que Badiou, Rousseau, sont des cons... qu’ils n’ont rien compris. Mais qu’il y a être spectateur (actif certes, ça cogite dur là haut chez ces gens là) de la nature humaine, des situations, et être dans une situation "donnée" . C’est tout à fait différent. Etre... à un moment donné. Et pour l’instant, il me semble qu’une large partie du français moyen , est dans une situation encore relativement confortable (sauf les jeunes)

bon voilà, j’ai fini.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? - bombix - 18 février 2010 à  20:44

Mais qu’il y a être spectateur (actif certes, ça cogite dur là haut chez ces gens là) de la nature humaine, des situations, et être dans une situation "donnée" . C’est tout à fait différent.

Personne n’a dit le contraire, et surtout pas les philosophes qui, de près ou de loin, sont les héritiers de Marx. L’idée du philosophe spectateur qui juge du point de vue de Sirius n’est plus vraiment d’actualité. Nous sommes au monde, ni dans le monde, ni hors du monde, comme disait un certain. Allez, une petite citation, pour faire plaisir à Tatayoyo : « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer. » Marx (Thesen über Feuerbach, XI)
Maintenant, pour le transformer, il n’est pas interdit de le comprendre un peu. Raison pourquoi l’anti-intellectualisme est soit le fait de crétins, soit le fait de réactionnaires, qui ne veulent surtout pas qu’on bouscule leur idéologie si commode. Quand les réactionnaires sont aussi des crétins, on se trouve en face de brutes fascisantes, et on se met à brûler les livres, fruit de l’« onanisme intellectuel » c’est bien connu.
Il suffit d’observer par ailleurs dans l’histoire comment ont tourné les révoltes spontanées, et pas seulement dans les temps modernes(*), pour se méfier du spontanéisme révolutionnaire.

Et pour l’instant, il me semble qu’une large partie du français moyen , est dans une situation encore relativement confortable (sauf les jeunes)

Je sais pas, faut voir. Il y a beaucoup de gens dont la situation s’aggrave de plus en plus. Les travailleurs étrangers, les précaires, les chômeurs en fin de droit ... et ceux qui vont y tomber. Si on ajoute à ça le temps partiel imposé, les classes moyennes en voie de paupérisation, les travailleurs intellectuels prolétarisés, et l’avenir qu’on prépare aux jeunes, ça fait beaucoup de monde qui aurait des raisons de bouger. Maintenant la question reste entière : à partir de quand juge-t-on qu’une situation est intolérable ? Paradoxalement, on a remarqué que des périodes de relative prospérité pouvaient coïncider avec des troubles sociaux importants (cf. la fin des années 60 en France ...)
Il est pas dit que sous l’action conjointe des mécanisme de contrôle (cf. Société de contrôle) et de l’administration de calmants (légaux ou illégaux) on ne puisse pas faire tenir cette situation très longtemps. ( Parenthèse : concernant les plaisirs opiacés du monde contemporain, il ne faut pas y voir quelque chose qui lui serait extérieur : l’addiction est la réalité effective du modèle industriel dominant. Voir le principe de la consommation : d’un côté on produit de l’anxiété (la pub ne sert à rien d’autre que de désigner comme modèles des êtres et des situations qui par définition sont inaccessibles), de l’autre on donne le produit pour la calmer. Mais trouver le calme avec cette solution, c’est en réalité renforcer la situation anxiogène primitive — parce que c’est en fait se soumettre aux contraintes de production que le système exige de nous. Et au bout du compte, nous voilà anéantis quand nous croyons subsister.
Et ce serait une erreur que de croire que les gens dans la merde échappent à ce cercle. Ils auraient plutôt tendance à le renforcer, ce qui est conforme à la logique. D’où le surendettement, les familles superéquipées en téléphones portables et écrans plasmas mais qui ne bouffent plus que des patates à l’eau etc.)

(*) Voir par exemple l’épisode de la guerre des paysans allemands (1524-1526) et la répression énorme (100.000 insurgés sur 300.000 éxécutés, souvent torturés avec des raffinements qu’on imagine pas.) Ils ne réclamaient pourtant pas l’abolition du système féodal, mais son amélioration. « La défaite des paysans marque le début de l’accroissement patrimonial des chefs militaires nobles victorieux ... Pendant trois-cents ans, les paysans ne se révolteront presque plus. »

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? - Eulalie - 19 février 2010 à  08:45

"Il y a beaucoup de gens dont la situation s’aggrave de plus en plus. Les travailleurs étrangers, les précaires, les chômeurs en fin de droit ..."

Je ne parlais pas d’eux dans mon impression que "finalement, ça va pas si mal" pour une majorité de français moyens. D’ailleurs eux, se bougent, et avec des syndicats. Comme quoi, il ne faut jamais jeter le bébé avec l’eau du bain. Enfin, les chômeurs en fin de droit, je ne sais pas s’ils "se bougent". Mais les travailleurs sans papiers, oui, et les précaires oui, ils se sont bougés il n’y a pas longtemps. Je crois qu’ils s’appelaient "génération précaire". Et ça ne touche pas que les tout jeunes.

Et je réponds à Papagayo qui ne me pose pas la question, mais je réponds quand même, où en d’autres termes il demande " qu’est-ce que vous proposez pour arrêter le pouvoir financier qui nous enfle " : si on le savait, on l’aurait fait. Dans la population, des gens se bougent, le tableau n’est pas uniforme. Les syndicats aussi, à différents niveaux, se bougent : le tableau n’est pas uniforme non plus. Des assos, et peut-être même des politiques qui ont gardé une morale (et pas forcément "de gauche"). Des luttes dures ont été menées dans certaines usines où les gens sont jetés, mais ils ne gagnent pas pour autant, ils obtiennent des "choses", mais ce n’est pas une victoire. C’est déjà ça, mais ce que je veux dire c’est que même ces luttes courageuses, dignes, morales, qui ne demandent que justice sociales, ne suffisent pas. Alors, en effet, c’est peut-être le nombre qui manque, mais pas seulement : certainement aussi le courage des politiques (parfois ils soutiennent telles luttes, telles grèves, mais ce n’est pas suffisant : il ne font que causer, se mettent devant pour la photo du journal du coin, et pour leur prochaine campagne électorale diront " j’ai soutenu..." . Et ça, c’est insupportable, en effet.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? - Cyrano - 20 février 2010 à  09:19

Un petit livre paru en 1964, quatre ans avant 1968, croyait prophétiser la fin des combats :

« Les ventres sont pleins. Les routes se couvrent de voitures. Le silence est maçonné de bruits. [...]
La machine à laver est plus forte qu’un tract écrit avec du sang. La très belle phrase "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous" ne résiste plus à une cuisine en formica. On déterge et on décervelle.
 »
"L’Extricable", Raymond Borde, édité par Eric Losfeld, en 1964.

Deux mois avant les grandes grèves de mai 1968, un article célèbre de Pierre Viansson-Ponté, parut dans le Monde du 15 mars 1968 sous le titre : "Quand la France s’ennuie..." :

« Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c’est l’ennui. Les Français s’ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde. [...]
Les étudiants français se préoccupent de savoir si les filles de Nanterre et d’Antony pourront accéder librement aux chambres des garçons, conception malgré tout limitée des droits de l’homme. Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n’en trouvent pas. Les empoignades, les homélies et les apostrophes des hommes politiques de tout bord paraissent à tous ces jeunes, au mieux plutôt comiques, au pis tout à fait inutiles, presque toujours incompréhensibles.
Heureusement, la télévision est là pour détourner l’attention vers les vrais problèmes : l’état du compte en banque de Killy, l’encombrement des autoroutes, le tiercé, qui continue d’avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France.
 »

Comme quoi, une prudence de bon aloi dans le jugement des faits sociaux et des capacités de révolte s’impose. Ce qui semblait être un recul égoïste des préoccupations des étudiants s’avèrera être une étincelle ; la téloche était déjà suspectée d’endormir les français détergés, décervellés. Alors que Raymond Borde suspectait les travailleurs de n’avoir pour idéal qu’une cuisine en formica, deux mois après l’article de Pierre Viansson-Ponté, les français, bien éveillés, étaient au cœur d’une convulsion d’auguste mémoire.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? - Eulalie - 20 février 2010 à  10:24
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Mais qu’est-ce qu’on attend ? Mai 68 ? - papagayo - 20 février 2010 à  10:28

Au final que reste-t-il de 68 sinon une génération dorée qui a pris tous les leviers du pouvoirs économique, culturel, politiques ?

Une révolution des moeurs ? Elle se serait déroulé d’une autre manière. Cette "révolution" qui n’en a pas été une, au sens politique et littéral du terme, est la tarte à la crème qui fait croire que les choses peuvent bouger.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? Mai 68 ? - Eulalie - 20 février 2010 à  13:01

Excusez Papagayo : vous faites comme vous voulez pour changer ce monde, par l’informatique si vous voulez, moi je n’y connais rien en la matière. C’est tout juste si je sais reprendre un morceau d’un post.
Vous êtes moderne. OK. Mais il me semble que vous méprisez beaucoup trop ce qu’on appelle les "mouvements sociaux" sous toutes leurs formes. Je ne suis pas une fan de mai 68, ni une anti, je suis bien jeune pour ça, je n’y étais pas. Mais bon, je lis vos posts, et je trouve que qualifier mai 68 de "tarte à la crème", et les manifs un truc archaïque, vous y allez bien fort, et je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs.
Mai 68, d’après ce que j’en ai lu, est une période extrêmement compliquée à comprendre politiquement, socialement, etc.... Bref, c’est de l’histoire. Et l’Histoire c’est compliqué, comme le présent. Alors, il ne sert à rien de jeter des termes excessifs, presque des mots-clés, sur une période qui vous dépasse certainement, comme elle me dépasse moi même, je ne vous fait pas la leçon là dessus, comme une ancienne. Les convictions c’est bien, mais faut toujours y regarder de plus près quand on est convaincu de quelque chose ainsi peut-être savoir encore plus pourquoi on est convaincu de ceci ou cela, au risque certes, de ne plus être convaincu de rien.... Mais bon, dans la vie, faut prendre des risques ;-)

Bon et je ne crois pas que Cyrano voulait dire que c’était un nouveau mai 68 qu’il "fallait attendre". Il voulait juste dire qu’on ne peut jamais savoir vraiment le "sentiment" de raz-le-bol d’une population. Peut-être même les RG ne le savent pas.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? Mai 68 ? - papagayo - 20 février 2010 à  13:37

Les RG ne savent plus rien

Répondre à ce message #25904 | Répond au message #25902
Mais qu’est-ce qu’on attend ? d’ête continuellement flickés dans la rue pour faire les malins dans l’internet ???!!! - d’vid’da - 20 février 2010 à  15:57

ça c’est fort en auto-persuasion !!!!!!!!!!!!

Répondre à ce message #25906 | Répond au message #25904
Mais qu’est-ce qu’on attend ? d’ête continuellement flickés dans la rue pour faire les malins dans l’internet ???!!! - papagayo - 21 février 2010 à  04:55

Ben demandez leur alors si c’est de l’auto persuasion... Leur service a été démantelé.

Répondre à ce message #25910 | Répond au message #25906
Mais qu’est-ce qu’on attend ? d’ête continuellement flickés dans la rue pour faire les malins dans l’internet ???!!! - d’vid’da - 21 février 2010 à  14:50

ah bon ????
je savais pas....
dans ce cas faut le dire , peut etre même renvoyer à des infos...
pasque juste dire "ils ne savent plus rien" en réponse d’un message j’avais pas compris ça du tout !!

Répondre à ce message #25912 | Répond au message #25910
Mais qu’est-ce qu’on attend ? Mai 68 ? - Cyrano - 20 février 2010 à  19:35

Ouf ! Merci Eulalie... Je ne pensais aucunement à un parallèle quelconque avec la situation de l’avant mai 68 et maintenant. Comme vous le comprenez très bien Eulalie, il n’est pas si simple d’affirmer péremptoirement que les gens pensent ceci, ou pensent cela.

Pierre Viansson-Ponté ironise sur les revendications étudiantes qui lui semblent manquer de hauteur. Et les étudiants, z’ont de la conscience politique ? Ah, m’en parlez pas ! ils et elles ne réclamant même pas de meilleures conditions d’enseignement, patati-patata, ça réclame juste en fait de pouvoir baiser ! Vous voyez le niveau de préoccupations...

Et pourtant, cette revendication anodine donnait naissance une semaine après l’article paru dans Le Monde au Mouvement du 22 Mars. Comme quoi...

Et toujours dans l’article : Et les jeunes ? Bin, ils cherchent du boulot mais ils n’en trouvent pas... [pourtant à cette époque, le niveau du chômage était vraiment bas - comparé à maintenant]. Ce que les gens se disent, se répètent, semble peu changer malgré les années.

Et TF1 aujourd’hui qui participerait à cette crétinisation politique des braves gens d’aujourd’hui ? TF1 et les autres... Pasque en mars 1968, y’avait pas La Ferme-Célébrités. Ni le Loto. Ni toutes les merdes à gratter. Bah ! Lisons encore l’article de Viansson-Ponté : Y’avait déjà du people - avec Jean-Claude Killy ; y’avait un genre de sujet Jean-Pierre Pernaud - avec l’encombrement des autoroutes ; y’avait du rêve pour la masse - avec le tiercé, l’information prioritaire.

Voili, voilà, c’était pour répondre à papagayo et socialisme. Il ne s’agit pas d’appliquer à la lettre, sur aujourd’hui, les textes que je citais. Mais on peut voir que ce qui se disait sur la démobilisation des gens n’était pas si différent que ce qui se dit aujourd’hui (quelle que soit les différences des moments historiques). Après tout, tirer des leçons de l’histoire, accumuler un brin d’expérience, c’est ça : remarquer les processus derrière les expressions différentes de la réalité.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? - Eulalie - 20 février 2010 à  20:26

Alors peut-être qu’il faut essayer une revendication anodine, et ça marcherait ? Essayons :
"Pas se casser le cul ! "

Répondre à ce message #25908 | Répond au message #25907
Mais qu’est-ce qu’on attend ? - socialisme et un peu de sérieux - 20 février 2010 à  10:34

Ce rappel historique est rassurant mais la situation n’est pas tout à fait la même je pense. La conscience politique est beaucoup plus pauvre, la société est beaucoup plus éclatée et en 1964-68, la France n’était pas en crise (au sens d’aujourd’hui).

L’ennui n’est pas le mot qui convient actuellement (ce serait un luxe pour beaucoup). La France ne s’ennuie pas, elle s’enfonce, ses forces d’éveil y compris....

A l’époque, l’article du monde était un peu exagéré. Aujourd’hui, il serait bien en dessous de la vérité.

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Mais qu’est-ce qu’on attend ? - pascale - 20 février 2010 à  14:25

Attention, pour le lien sur le texte de Badiou, vraiment intéressant effectivement sur la volonté politique de rendre une période historique illisible (celle généralement considérée comme dangereuse pour le pouvoir en place) : il faut être abonné au Monde pour pouvoir le lire. Mais j’ai retrouvé le texte sur le site du Comité Valmy. Et il existe sans doute ailleurs.

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