En 2007, les français ont élu un président de la République, issu de l’UMP, qui est officiellement un parti républicain. Nicolas Sarkozy l’a clairement détourné du gaullisme historique pour y augmenter la dose de libéralisme mais aussi, pour y mettre une bonne dose de droite extrême, une bonne dose de FN pour être très clair. A la lecture de cette dernière phrase, beaucoup à droite et même à gauche risquent de ne pas cautionner. En effet, comment peut-on confondre un parti républicain qu’est l’UMP avec le Front National ? Pourtant ce type de réaction est véritablement une façon de se cacher la vérité, de jouer l’autruche. Bien sûr, on ne peut pas mettre tous les membre de l’UMP et tous ses électeurs dans le même panier pourri. Pourtant, au niveau de la politique menée par l’UMP, sur un certain nombre de thèmes, y a t-il une différence avec les idées de l’extrême droite ? Le ministère et le débat sur l’identité nationale, les expulsions telles que celle menée à Bourges contre une famille russe ou encore comme à Orléans avec une jeune marocaine venue demander l’aide de la République suite à une agression, les discriminations jusque dans le débat démocratique pour les régionales 2010 avec l’affaire Soumaré, tout cela créé en France une ambiance pour le moins puante. Une ambiance très éloignée en tout cas des valeurs de la République et des valeurs d’humanisme qui fondent la France. C’est pourtant bien la majorité des français qui a décidé cette politique. Peut-être certains d’entre ceux qui ont voté pour Sarkozy et l’UMP en 2007 se sentent-ils trompés aujourd’hui ? Les autres sont certainement comblés...ceux-là ont beaucoup de chance car en région Centre ils pourront voter pour un digne représentant de l’UMP de 2010, un candidat idéal : Hervé Novelli, ultra-libéral et ancien de l’extrême-droite française. Au final, pour ceux-là, peu importe que le chômage explose, que la situation économique et budgétaire de la France soit catastrophique ou que le candidat ne connaisse finalement pas grand chose à la région Centre.
Pour tous les autres, ceux qui souffrent économiquement, socialement ou moralement de la politique menée par la majorité de Nicolas Sarkozy, ils devront attendre 2012 pour espérer changer un peu les choses, changer au minimum l’ambiance qui en France devient vraiment nauséabonde. En attendant, ils pourront toujours se défouler en allant voter aux régionales en ce mois de Mars 2010. Voter, c’est désormais le seul acte de rébellion qui leur est proposé, le seul acte qui prouve que l’on n’est pas indifférent. Pourtant, lors des ces régionales, c’est bien l’indifférence qui risque de gagner avec un énorme taux d’abstention attendu. Pour beaucoup, voter n’est pas une véritable réponse. Mais à défaut de révolte populaire, le vote est le seul acte visible qui peut permettre de désavouer le gouvernement, le seul acte qui puisse permettre d’affirmer haut et fort que les expulsions ce n’est pas en notre nom, dire que la priorité du gouvernement devrait être la lutte contre le chômage et rien d’autre. Et tant pis pour les enjeux régionaux qui devraient constituer le fond du débat. Si le 21 Mars, l’UMP est largement désavouée dans le pays, ce sera une victoire au moins symbolique, car le parti de Sarkozy restera au manettes de l’état et continuera sa politique de droite extrême jusqu’en 2012. Mais les symboles peuvent parfois marquer les esprits et faire des petits, sait-on jamais...
En démocratie, nous avons pourtant beaucoup d’autres possibilités d’agir que de voter, les citoyens devraient se saisir de toutes les possibilités qui leur sont offertes. Malheureusement, la société actuelle nous a transformé en citoyens passifs, qui se contentent de protester, de manifester mollement, sans trop croire aux miracles.
Pour toute révolte il nous reste donc le vote. Ne pas utiliser cette voie, sa voix, c’est finalement capituler, c’est dire son indifférence face à une France devenue rance.