Les doutes de Bensac
Une fois n’est pas coutume, P. Bensac doute [1]. Bensac doute de la logique du parti unique, l’UMP, qu’il a toujours soutenue, et qui l’a fait ce qu’il est. Si ce "logiciel" a bien fonctionné pour les présidentielles, le voici qui se grippe pour les régionales. La droite se retrouve sans réserve de voix. Mieux : après avoir soulevé la boite de Pandore en provocant un accès de xénophobie et de paranoïa identitaire avec le débat sur l’identité nationale lancé par E. Besson, elle a réveillé le monstre lepeniste qui ne dormait que d’un oeil. L’UMP a syphoné les voix de Le Pen en 2007. Le Pen lui rend aujourd’hui la monnaie de sa pièce en syphonnant les voix de l’UMP. Mais, en maintenant ses candidats au second tour, il interdit toute possibilité à l’UMP de gagner dimanche prochain, par le jeu des triangulaires.
Cinglante défaite pour Sarkozy. Il est d’autant plus amusant de voir les sarkozystes historiques comme Bensac se répandre en considérations sur les bienfaits du pluralisme. Voilà des gens monolithes quand ça les arrange, mais prônant prestement la diversité quand les choses tournent mal. Ce qui leur faudrait c’est une diversité monolithique en quelque sorte. Un peu comme ces marques de lessives multiples fabriquées par un seul et même consortium.
Il nous fait bien rire Bensac avec ses appels émouvants à soutenir le centre-droit. Bidonnant, son opposition entre "l’hyper capitalisme" et "le corporatisme" — comme si le capitalisme qu’il a défendu bec et ongles toute sa vie avait besoin du préfixe "hyper" pour se révéler ce qu’il est : détestable ; comme si le système de redistribution qui permet le minimum de justice sociale pouvait être flétri du terme, au reste impropre, de "corporatisme". Quand dans la petite tête y a plus de lumière, reste le pouvoir de dire un peu n’importe quoi. Bensac ne s’en prive pas. Et le voilà donc lui, le libéral, prônant les vertus du social-libéralisme. Pour un peu, il va prendre sa carte au PS. Car au fond, ce qu’il vante, c’est en gros la ligne Strauss-Kahn. Avis aux socialistes, s’il vous manque un F. Lefebvre dans le Cher, Bensac sera bientôt disponible.
Pour l’heure, il termine son billet en appelant à voter ... Lepeltier ! Oui, Lepeltier, pas Novelli. Lepeltier redevenu "pragmatique" sans doute ? Bensac le libéral oublie-t-il soudain que Novelli appartient à ses eaux politiques d’origine, ce néo-libéralisme qui met à genou le Monde, l’Europe et la France ; ce néo-libéralisme qui planifie la pauvreté — en hausse constante en France depuis que Sarkozy est au pouvoir —, applaudit à la désindustrialisation, organise la casse des acquis sociaux. Ce néo-libéralisme, violemment rejeté par les français quand ils vont voter, ou qui a tant désespéré les autres qu’ils ne se déplacent même plus les jours d’élection.
Mais cher P. Bensac, si les électeurs votent Lepeltier ils votent Novelli. Assumez donc vos choix ! N’ayez pas honte de votre leader !
Novelli, Lepeltier, Bensac .. même écurie, même course, et même débacle.