Les doutes de Bensac

mercredi 17 mars 2010 à 11:08, par bombix

Une fois n’est pas coutume, P. Bensac doute [1]. Bensac doute de la logique du parti unique, l’UMP, qu’il a toujours soutenue, et qui l’a fait ce qu’il est. Si ce "logiciel" a bien fonctionné pour les présidentielles, le voici qui se grippe pour les régionales. La droite se retrouve sans réserve de voix. Mieux : après avoir soulevé la boite de Pandore en provocant un accès de xénophobie et de paranoïa identitaire avec le débat sur l’identité nationale lancé par E. Besson, elle a réveillé le monstre lepeniste qui ne dormait que d’un oeil. L’UMP a syphoné les voix de Le Pen en 2007. Le Pen lui rend aujourd’hui la monnaie de sa pièce en syphonnant les voix de l’UMP. Mais, en maintenant ses candidats au second tour, il interdit toute possibilité à l’UMP de gagner dimanche prochain, par le jeu des triangulaires.
Cinglante défaite pour Sarkozy. Il est d’autant plus amusant de voir les sarkozystes historiques comme Bensac se répandre en considérations sur les bienfaits du pluralisme. Voilà des gens monolithes quand ça les arrange, mais prônant prestement la diversité quand les choses tournent mal. Ce qui leur faudrait c’est une diversité monolithique en quelque sorte. Un peu comme ces marques de lessives multiples fabriquées par un seul et même consortium.

Il nous fait bien rire Bensac avec ses appels émouvants à soutenir le centre-droit. Bidonnant, son opposition entre "l’hyper capitalisme" et "le corporatisme" — comme si le capitalisme qu’il a défendu bec et ongles toute sa vie avait besoin du préfixe "hyper" pour se révéler ce qu’il est : détestable ; comme si le système de redistribution qui permet le minimum de justice sociale pouvait être flétri du terme, au reste impropre, de "corporatisme". Quand dans la petite tête y a plus de lumière, reste le pouvoir de dire un peu n’importe quoi. Bensac ne s’en prive pas. Et le voilà donc lui, le libéral, prônant les vertus du social-libéralisme. Pour un peu, il va prendre sa carte au PS. Car au fond, ce qu’il vante, c’est en gros la ligne Strauss-Kahn. Avis aux socialistes, s’il vous manque un F. Lefebvre dans le Cher, Bensac sera bientôt disponible.

Pour l’heure, il termine son billet en appelant à voter ... Lepeltier ! Oui, Lepeltier, pas Novelli. Lepeltier redevenu "pragmatique" sans doute ? Bensac le libéral oublie-t-il soudain que Novelli appartient à ses eaux politiques d’origine, ce néo-libéralisme qui met à genou le Monde, l’Europe et la France ; ce néo-libéralisme qui planifie la pauvreté — en hausse constante en France depuis que Sarkozy est au pouvoir —, applaudit à la désindustrialisation, organise la casse des acquis sociaux. Ce néo-libéralisme, violemment rejeté par les français quand ils vont voter, ou qui a tant désespéré les autres qu’ils ne se déplacent même plus les jours d’élection.
Mais cher P. Bensac, si les électeurs votent Lepeltier ils votent Novelli. Assumez donc vos choix ! N’ayez pas honte de votre leader !

Novelli, Lepeltier, Bensac .. même écurie, même course, et même débacle.

[1cf. 1er tour


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commentaires
Les doutes de Bensac - Eulalie - 24 mars 2010 à 12:34

Dans le Berry Rep de ce jour, page 7, il est annoncé que Bensac démissionne de l’UMP et il y évoque ses raisons ( luttes intestines + pas de permanences autorisées+ écarté des listes pour les régionales + -perso, je ne comprends pas de quoi il parle- 1 dossier formation dont Th- Richard aurait la charge) et dit qu’il va rejoindre sa famille politique d’origine : social libéralisme, laïcité, construction européenne. Mais je ne vois pas de quel parti s’agit.

Marrant....


Les doutes de Bensac - bernardetmarie - 8 août 2012 à  08:01

Marrant, et même pitoyable et ridicule !!!!!!

Il roule pour lui, il ne faut pas chercher plus loin.

Dès qu’il sent qu’il n’a plus les cartes en main, il trouve des prétextes pour se faire la belle, encore un qui ne va pas dépareiller dans le paysage politique.

Il veut être député, il le sera demain ou après demain, il y a tellement de pigeons à plumer.

Il se pique maintenant de se placer sur le terrain européen, belle nouvelle, il ferait mieux de faire le ménage dans ce qu’il croit incarner dans le département du cher : mais ou est sa place ?
En photo, après avoir suivi comme bon nombre de politiciens le régime Dukan, il voudrait nous faire croire que c’est un père de famille comme les autres mais il appartient à la bourgeoisie dont il est issu. Rien de mal à cela mais qu’il ne se déclare pas proche des travailleurs et de leurs préoccupations, des classes sociales moins favorisées, tout cela ne sont que des sornettes !!!!!!

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Les doutes de Bensac - 21 mars 2010 à 13:19

Bensac doute...
je doute plutôt de Bensac...


Philippe Bensac a des trous de mémoire ... comme Novelli ? - bombix - 21 mars 2010 à  16:48

Faut-il douter ? Les choses semblent assez claires.

Dans Réponse à distance, P. Bensac répondant à l’Agitateur, déclare avoir toujours été social-libéral. Il fait référence à son giscardisme, et à un certain nombre de réformes sociétales initiées il est vrai par VGE. Mais son parcours politique peut-il se résumer à ces indications ?

Car sur le même Agitateur, il avait donné une interview. Oh, c’était il y a pas très longtemps : en 2005, il y a cinq ans. Mais à l’échelle d’un politicien, c’est sans doute un siècle.

On y apprend que Bensac a non seulement milité chez les giscardiens, mais aussi à Démocratie Libérale, dont le leader, ancien activiste d’extrême droite, était Alain Madelin. En matière de social-libéralisme, on fait mieux. A DL, on était très libéral et très peu social. Sur la déclaration politique de 1998 de ce parti, on trouve comme ligne directrices du mouvement :

1. Oser une redistribution des pouvoirs avec de vrais contre-pouvoirs ;

2. Favoriser les familles et les associations pour renforcer le lien social ;

3. Alléger et réformer l’Etat ;

4. Assurer la sécurité sans faiblesse ;

5. Favoriser les salaires et le pouvoir d’achat ;

6. Baisser les impôts ;

7. Libérer le travail ;

8. Encourager l’activité plutôt que l’assistance ;

9. Sauver nos retraites et notre assurance maladie ;

10.Libérer l’éducation.

Bref, c’est travail, famille, mais avec moins d’état (déréglementation), moins d’impôts (surtout pour les plus riches), casse du droit du travail, démantelement des services publics etc ... En résumé la liberté du renard libre dans le poulailler libre. Ce que Sarkozy et ses amis au gouvernement actuellement sont en train de réaliser point par point.

On appréciera tout particulièrement le "Assurer la sécurité sans faiblesse", précurseur des mesures sécuritaires Sarkozy, totalement inefficaces au demeurant. C’est un fait : les renards ont besoin des chiens pour garder le troupeau — pour user d’une métaphore orwellienne. Exemple parmi cent de l’évolution de la situation : pour le seul département du Cher, département pourtant calme et "où il fait bon vivre" comme dirait R. Narboux, le Berry Républicain annonçait cette semaine une hausse de 28 % des gardes à vue en 2009 ...

Mais ce qu’il faut surtout savoir, c’est qu’à DL, on trouvait les fers de lance du néo-libéralisme à l’américaine et à l’anglaise. Cette doctrine économique et politique qui laisse les mains libres aux prédateurs capitalistes, qui encourage la spéculation financière et boursière, qui met à genoux les Etats (voir l’actuelle situation de la Grèce), et qui a été à l’origine de la plus grande crise jamais déclenchée depuis 1929, par le biais de la spéculation boursière et immobilière.

C’était d’ailleurs un point du programme de Sarkozy en 2007, de relancer la croissance en favorisant l’accès à la propriété immobilière, en encourageant le crédit. La belle recette qui a fait chuter le géant américain ...

Lepeltier était donc bien inspiré de brocarder Novelli sur ses options libérales il y a un an, quand il escomptait de conduire la liste UMP pour les régionales, lui qui s’était adjoint les services d’un intégriste du néo-libéralisme en la personne de P. Bensac. D’ailleurs, en parlant de Lepeltier, toujours en 2005, c’est à dire 3 ans seulement avant d’être élu sur la liste UMP mené par le même Lepeltier, Jean-Michel Pinon écrivait — toujours à propos de Bensac (et sans être démenti par icelui) — "Avant la trêve estivale, Philippe Bensac défrayait la chronique en dressant sur son blog, une vision très sombre du bilan du maire de Bourges, Serge Lepeltier ... Il n’hésite pas non plus à flinguer ses théoriques amis politiques comme Serge Lepeltier « qui s’est fait bouffer par les lobby » (dixit Bensac)

Mais aujourd’hui les choses ont bien changé. Novelli est devenu infréquentable, au point que Bensac n’appellait pas à voter pour la tête de liste UMP cette semaine, mais pour Lepeltier, qui conduit la liste du Cher ! Et le bilan de la ville de Bourges est tout à fait merveilleux. Lepeltier est le meilleur maire du monde ; pour P. Bensac : "il m’apparaît donc important que le travail de Serge LEPELTIER soit dès maintenant pris en compte par l’électorat de Bourges."

N’imaginez donc pas que notre "anar de droite" ait tourné sa veste. Non, non, il fait de "la prospective" ... il prospecte surtout pour le futur de sa carrière. Car apprenait-on en 2005, toujours dans le même arcticle, "il aime le pognon". Voilà en effet un beau moteur de l’action publique et de l’engagement politique. Le même que Sarkozy en somme.

PS : internet ou le cogito de la liberté d’expression. On le sait, Descartes affirme l’être par le doute. Cogito ergo sum. P. Bensac vient de faire une expérience similaire, liant l’affirmation de la censure et l’expérience de la liberté d’expression. En effet, en affirmant qu’il est censuré sur internet sur son blog, il prouve qu’il ne l’est pas. S’il était censuré, pourrait-il le dire ? S’il le dit, et qu’on peut en prendre connaissance, c’est qu’il ne l’est pas. Pour diverses raisons, et notamment parce qu’il ne respecte pas la nétiquette et notre Charte éditoriale, le Monsieur s’est vu restreindre (provisoirement ?) son accès à nos forums, dont il était un fidèle contributeur. Ce qui ne l’empêche nullement de s’exprimer, mais ailleurs. Ce qu’il fait d’ailleurs — et c’est tant mieux. On lui conseillera simplement l’usage des liens hypertextes. Lorsque l’on fait référence à un texte sur internet, on fait un lien vers ce texte. Comme je le fais ici dans ma réponse.

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Les doutes de Bensac - bernardetmarie - 8 août 2012 à  07:49

Ah je suis tout à fait d’accord avec vous, il était déjà c.. adolescent, fils de bonne famille bourgeoise et imbu de sa personne, menteur, affabulateur, et il a toujours eu envie de se mettre en avant, sauf que maintenant il retourne sa veste tous les 36 du mois, tout cela pour trouver non pas sa place, mais la place qui pourra le promouvoir.
Giscardien, Sarkozyste puis bye bye UMP, ce n’est plus un créneau porteur.

Il veut qu’on le remarque, il se contredit, il se dit contre ses amis d’hier : aucun charisme dans ses discours.

Ce n’est pas qu’il doute de lui-même, c’est qu’il cherche à se faufiler , c’est simplement un opportuniste.
Les opportunistes, moi je n’aime pas.

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