Chronique d’un Front de Gauche rétréci
Jean-Jacques Coulon a fait parvenir à la rédaction de l’Agitateur un long texte intitulé « Chronique d’une campagne imprévue d’un communiste unitaire pour le Front de Gauche élargi et au delà ».
Dans ce texte, J-J Coulon développe la chronologie de la constitution de la liste du Front de Gauche pour les dernières élections régionales de décembre 2009 (projet de création d’un Front de Gauche élargi au PG, M’PEP, NPA et PCOF) à mars 2010 (constitution d’un Front de Gauche rétréci au seul PCF) .
Nous n’en publions ci-dessous que la conclusion. En effet, la longueur de ce texte (26 pages) est incompatible avec le format de l’Agitateur. Vous trouverez cependant en bas de page un lien pour consulter la version intégrale au format PDF.
« Ce témoignage est évidemment subjectif,
mais il correspond à ce que j’attends qu’un engagement communiste : ne pas avoir des droits et des pouvoirs supplémentaires par rapport aux citoyens lambda. Mais faire en sorte qu’au final ce sont eux et elles qui décident et donc mon rôle, notre rôle, devrait être de permettre l’accès à tous et à toutes ,aux informations leurs permettant leur libre jugement.
C’est donc un exercice de démocratie directe auquel je me livre, en étant parfaitement conscient qu’il va immanquablement heurter nos habitudes issues de ce fameux centralisme dit « démocratique », qui perdure de nos jours.
Hors je dénonce ces habitudes qui me sont de plus en plus insupportables au fil des années, en particulier la prétention que l’on a, à déterminer quels sont ceux et celles qui doivent représenter les citoyens , ne leur laissant le choix au final qu’entre des candidats désignés par les « élites » de tous les partis.
De ce point de vue le PCF est devenu un parti comme les autres et perçu comme tel par les électeurs (trices)
Il m’est apparu à l’évidence (et de ce point de vue je présente mes excuses de ne pas avoir vu dans son importance cette dérive, à ceux qui m’ont à de nombreuses reprises mis en garde) que nous sommes devenus un parti dont la raison d’être première est de permettre les réélections de nos élus, pour gérer.
Comme si la gestion se suffisait en soi comme objectif politique, au motif que notre présence impliquerait nécessairement la mise en place d’une politique bien à gauche. Pourtant comme me l’ a rappelé avec justesse un camarade et ami syndicaliste, c’est sous le gouvernement Jospin que l’on a le plus privatisé avec un ministre des transport( PCF) qui avait pourtant dit qu’il ne serait pas le ministre de la privatisation de la SNCF ( demandez aux cheminots ce qu’ils en pensent)
Cette campagne des régionales est un échec pour tous les partis.
Comment se féliciter de la victoire de la gauche, alors que plus d’un électeur sur deux ne va pas voter ou vote blanc.
Comment se réjouir de pouvoir continuer cette gestion régionale, quand on voit que 1/3 des habitants de la région centre ne sait pas par-qui est gérée la région, 1/3 la croit gérer par la gauche, 1/3 par la droite. OU est la gauche de combat, pourquoi abandonner l’idée d’un référendum populaire sur la non application des directives européennes.
Enfin je me refuse à accepter cette manie, que nous avons de faire le vide autour de nous, ce qui nous permet d’affirmer avec naturel que le front de gauche ce n’est que nous !
En fait tout ce que nous ne pouvons pas diriger, organiser nous fait peur. Nous préférons détruire que construire quand nous avons l’impression que les choses nous échappent.
Ce fut le cas pour les comités anti-libéraux , il est consternant que l’on puisse se vanter d’y être venu que pour les faire »exploser »
Idem pour la campagne des présidentielles, cette guerre d’égos a été consternante
Alors que faire, l’engagement en politique n’est elle qu’affaire d’égos, d’intérêts partisans, de manoeuvres en tout genre, de compromissions.
Et bien non, les résultats en Auvergne et en Limousin sont un début de réponse encourageant. Tout comme l’ont été les liens noués avec les militants de la base des différentes organisations.
Pour finir, je pense que c’est bien de la base que viendra l’union la plus large sans sectarisme et hégémonie, pour ce débouché politique en rupture avec le capitalisme auquel de plus en plus de citoyens(nes) aspirent .
C’est pourquoi j’ai décidé tout en restant au PCF de participer à la création de la Fase( fédération pour une alternative sociale et écologique http://www.lafederation.org/) en région centre. Car, même si je partage l’analyse de la députée ex communiste Jacqueline Fraysse (voir texte intégral), je reste au PCF, pour tenter de participer au rassemblement , non seulement, de tous les communistes dans et au dehors du PCF, mais aussi de tous ceux et celles qui souhaitent construire ce débouché politique,social, environnemental et citoyens alternatif au capitalisme, en tenant compte des leçons de l’histoire. »
Pour consulter l’intégralité du texte de Jean-Jacques Coulon, cliquer ici.