EDITORIAL MAI 2010

Des valeurs de dinosaure

samedi 1er mai 2010 à 07:56, par Mister K

L’Agitateur a besoin de vous, de votre énergie, de vos envies, de vos idées afin de nous aider à préparer l’Agitateur des années à venir, dans le respect des valeurs qui l’ont fondé. Nous ne sommes pas assez nombreux à écrire et à administrer ce site. Nous avons besoin de vous pour le pérenniser. Mais comment vous donner l’envie de participer alors que de toute évidence, il n’y a rien à y gagner ? Peut-être en décrivant les valeurs qui nous animent.

En 1997, l’Agitateur s’est créé autour de valeurs simples : la liberté d’expression, l’indépendance, la transparence, l’honnêteté, l’ouverture d’esprit. Tout cela avec pour objectif de secouer le cocotier local munis de nos libertés fondamentales. Ces valeurs, nous avons toujours essayé de les respecter. On ne vous dira pas que tout a été parfait ou que tout l’est désormais car on se mentirait nous-mêmes. Mais à chaque fois que nous avons été pris en défaut sur ces valeurs, nous avons essayé de rectifier le tir en instituant peu à peu des règles afin de garantir leur respect à l’avenir. Et si nous avons pu globalement respecter ces valeurs, c’est bien entendu grâce aux contributeurs mais aussi grâce à vous, lecteurs et éventuels détracteurs, qui n’avez pas manqué de pointer du doigt les écarts. En cela, vous avez été et continuez à être des acteurs importants de l’Agitateur. Ce rôle que vous jouez vis à vis de nous, nous essayons de le jouer vis à vis des acteurs locaux de la vie publique : ne pas laisser passer des énormités, pointer du doigt les erreurs, les mensonges ou les tromperies éventuelles, interroger sur la pertinence de tel ou tel choix. Informer dans la mesure de nos moyens, interroger, commenter, analyser, le tout le plus honnêtement possible, le plus librement possible. De façon un peu légère parfois, mais toujours avec un fond de sérieux. De la satire des débuts, nous sommes passés à "intellos-chiants" pour certains. Intello, il ne faut rien exagérer.

Dès 1997, cela a été une évidence pour nous, nous avons choisi, en plus d’une version papier qui a disparu en 2000, une version web. Autant vous dire qu’en 1997, il n’y avait aucun calcul et peu d’internautes à Bourges et sur la région. Des questions que les professionnels de la presse se sont posées que très récemment, nous nous les sommes posées au fil du temps. Payant ou gratuit ? Publicité ou pas ? Pseudo ou pas ? Identification des commentaires ou pas ? Quelle charte éditoriale ? Quelles limites ? Nous avons tout construit au fil du temps avec pragmatisme. La gratuité et l’absence de publicité étaient l’évidence, l’argent étant une source de dépendance. Le pseudo, qui ne signifie pas l’anonymat, une liberté et une protection vis à vis de la mémoire illimitée des moteurs de recherche et en premier lieu de Google [1]. L’identification obligatoire des internautes pour les commentaires était potentiellement un frein à l’expression, son absence totale une source de confusion et de défouloir, un unique pseudo étant finalement conseillé. La charte éditoriale, écrite avec vous chers lecteurs, la netiquette et la loi française nous donnent toujours aujourd’hui, un cadre pour évoluer. La charte éditoriale évolue elle-même au fur et à mesure de nos (mauvaises) expériences. Tout cela pour dire que l’on essaie de faire au mieux sans pour autant prétendre détenir la solution à tous les problèmes, ni bien sûr la vérité.

Depuis 1997, l’écosystème de l’Agitateur, au-delà du web, c’est internet. Tout ce que nous avons pu réaliser sur l’Agitateur a été fait dans l’esprit du net. Et c’est certainement parce que nous avons compris et adhéré à cet esprit que nous sommes passés directement au web 2.0 et au participatif avant que "les marketeux" en mal de business n’inventent le mot. C’est aussi pour cela que l’Agitateur reste un webzine qui privilégie le collectif et surtout pas un blog qui se morfondrait dans l’individualisme. En 1997, nous avons trouvé sur internet une liberté, une créativité, des outils, un enthousiasme propice à développer le projet qu’est l’Agitateur. A l’époque, on ne s’en rendait pas compte. Avec le recul, c’est évident. Nous avons soigneusement évité les pipoteurs en tous genres, ceux de la bulle internet, les vendeurs de web 2.0 puis 3.0 pour essayer au fil du temps de conserver et de transmettre l’esprit d’internet, la netiquette, l’auto-régulation, la coopération, l’échange.

L’Agitateur s’est donc nourri de tout cela. Des valeurs et un projet de départ, une construction avec les lecteurs et contributeurs au fil du temps, le tout évoluant dans un écosystème, internet. Quand on reprend cette histoire qui nous ramène quasiment au temps des dinosaures, il est possible de comprendre le côté parfois radical et intransigeant de l’Agitateur. Quand des guignols qui pensent avoir tout compris débarquent avec leurs grands sabots pour nous expliquer ce qu’il faut faire et veulent nous imposer leurs règles sans demander notre avis, on le prend mal. Très mal. Parce que nos valeurs sont potentiellement impactées, parce que le travail patiemment effectué par les acteurs de ce site et les internautes en général est ignoré, parce que la suffisance de ces responsables à gros sabots n’a souvent d’égal que leur incompétence. Ces guignols attaquent notre écosystème à coup de lois et traités aux doux noms de DADVSI, HAPOPI, LOPPSI2 ou ACTA, textes qui n’ont d’autres effets que d’attaquer nos valeurs et nous soumettre à un plus grand contrôle sous des prétextes fallacieux. Toutes ces lois, aussi inefficaces les unes que les autres, n’ont d’autre but que de faire peur, de dissuader de toute velléité d’utiliser la liberté d’expression. Ces lois n’ont d’autre objectif que de promouvoir l’auto-censure à défaut de pouvoir appliquer ouvertement la censure.

Participer à l’Agitateur c’est bien entendu partager les valeurs que nous venons d’évoquer, participer à la démocratie locale, faire vivre la liberté d’expression, jouer son rôle de citoyen. Si vous ne voulez pas que l’Agitateur soit un dinosaure de plus à disparaître, que vous partagez l’esprit qui nous anime, n’hésitez pas à nous rejoindre. La bête n’est pas toute jeune mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est pas méchante et ne mord pas.

[1A noter que l’Agitateur est plus vieux que Google !


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commentaires
Des valeurs de dinosaure - l’agacé - 9 mai 2010 à 10:06

ce site est une mine d’or pour les berruyers et les habitants de la proximité de Bourges. Défendre les valeurs que sont l’impartialité, l’intégrité ou l’honneteté est quelque chose de rare aujourd’hui où tout le monde réagit en fonction de ses centres d’intérets ou de ses besoins. il est assez compliqué de pouvoir s’investir dans la rédaction de l’agitateur à cause du temps mais aussi à cause de son emploi. Etre lié à une collectivité nous impose un droit de réserve même si l’on pense pas moins, voila pourquoi je ne peux que lire votre formidable webzine. Alors continuez, alimentez la reflection collective pour éclairer notre lanterne.


Des valeurs de dinosaure - B. Javerliat - 9 mai 2010 à  12:14

Être lié à une collectivité nous impose un droit de réserve même si l’on pense pas moins, voila pourquoi je ne peux que lire votre formidable webzine.

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un droit, mais d’un devoir. Le devoir de réserve du fonctionnaire n’aliène aucun des droits du citoyen (liberté d’opinion et d’activité politique, syndicale, philosophique ou religieuse). Vous pouvez donc vous exprimer dans l’Agitateur pour "alimenter la réflexion collective".

D’autre part, le devoir de réserve du fonctionnaire n’est que le revers de la médaille des devoirs de l’État vis à vis de ses agents. Les fonctionnaires doivent loyauté à l’État, sous réserve que l’État soit loyal avec ses agents. Quand un État ne pense qu’à en diminuer le nombre, diminuer leur rémunération, qu’il ne les considère que comme une charge inutile qu’il serait préférable de confier au privé, qu’il cherche à les faire passer pour des nantis, bref que les fonctionnaires sont la cause de tous les maux de la société, la loyauté de l’État est nettement défaillante. Par conséquent, le fonctionnaire a de bonnes raisons, semble-t-il, de remettre en cause le devoir de réserve...

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Des valeurs de dinosaure - Eulalie - 9 mai 2010 à  21:45

Bon c’est HS par rapport à l’article, mais juste une précision : le devoir de réserve des fonctionnaires est seulement une "notion". C’est assez flou, il n’y aaucun texte le légiférant (et heureusement).
Quant à une loyauté réciproque entre les fonctionnaires et l’Etat, là, je ne vois pas de quoi vous parlez.

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Des valeurs de dinosaure - papagayo - 3 mai 2010 à 13:26

Plus il y a aura du monde, mieux ce sera, plus il y aura de la tolérance dans les propos mieux ce sera, plus il y aura des contradictions et des débats, mieux ce sera, plus ce sera le reflet de la vie, mieux ce sera...