Des valeurs de dinosaure
L’Agitateur a besoin de vous, de votre énergie, de vos envies, de vos idées afin de nous aider à préparer l’Agitateur des années à venir, dans le respect des valeurs qui l’ont fondé. Nous ne sommes pas assez nombreux à écrire et à administrer ce site. Nous avons besoin de vous pour le pérenniser. Mais comment vous donner l’envie de participer alors que de toute évidence, il n’y a rien à y gagner ? Peut-être en décrivant les valeurs qui nous animent.
En 1997, l’Agitateur s’est créé autour de valeurs simples : la liberté d’expression, l’indépendance, la transparence, l’honnêteté, l’ouverture d’esprit. Tout cela avec pour objectif de secouer le cocotier local munis de nos libertés fondamentales. Ces valeurs, nous avons toujours essayé de les respecter. On ne vous dira pas que tout a été parfait ou que tout l’est désormais car on se mentirait nous-mêmes. Mais à chaque fois que nous avons été pris en défaut sur ces valeurs, nous avons essayé de rectifier le tir en instituant peu à peu des règles afin de garantir leur respect à l’avenir. Et si nous avons pu globalement respecter ces valeurs, c’est bien entendu grâce aux contributeurs mais aussi grâce à vous, lecteurs et éventuels détracteurs, qui n’avez pas manqué de pointer du doigt les écarts. En cela, vous avez été et continuez à être des acteurs importants de l’Agitateur. Ce rôle que vous jouez vis à vis de nous, nous essayons de le jouer vis à vis des acteurs locaux de la vie publique : ne pas laisser passer des énormités, pointer du doigt les erreurs, les mensonges ou les tromperies éventuelles, interroger sur la pertinence de tel ou tel choix. Informer dans la mesure de nos moyens, interroger, commenter, analyser, le tout le plus honnêtement possible, le plus librement possible. De façon un peu légère parfois, mais toujours avec un fond de sérieux. De la satire des débuts, nous sommes passés à "intellos-chiants" pour certains. Intello, il ne faut rien exagérer.
Dès 1997, cela a été une évidence pour nous, nous avons choisi, en plus d’une version papier qui a disparu en 2000, une version web. Autant vous dire qu’en 1997, il n’y avait aucun calcul et peu d’internautes à Bourges et sur la région. Des questions que les professionnels de la presse se sont posées que très récemment, nous nous les sommes posées au fil du temps. Payant ou gratuit ? Publicité ou pas ? Pseudo ou pas ? Identification des commentaires ou pas ? Quelle charte éditoriale ? Quelles limites ? Nous avons tout construit au fil du temps avec pragmatisme. La gratuité et l’absence de publicité étaient l’évidence, l’argent étant une source de dépendance. Le pseudo, qui ne signifie pas l’anonymat, une liberté et une protection vis à vis de la mémoire illimitée des moteurs de recherche et en premier lieu de Google [1]. L’identification obligatoire des internautes pour les commentaires était potentiellement un frein à l’expression, son absence totale une source de confusion et de défouloir, un unique pseudo étant finalement conseillé. La charte éditoriale, écrite avec vous chers lecteurs, la netiquette et la loi française nous donnent toujours aujourd’hui, un cadre pour évoluer. La charte éditoriale évolue elle-même au fur et à mesure de nos (mauvaises) expériences. Tout cela pour dire que l’on essaie de faire au mieux sans pour autant prétendre détenir la solution à tous les problèmes, ni bien sûr la vérité.
Depuis 1997, l’écosystème de l’Agitateur, au-delà du web, c’est internet. Tout ce que nous avons pu réaliser sur l’Agitateur a été fait dans l’esprit du net. Et c’est certainement parce que nous avons compris et adhéré à cet esprit que nous sommes passés directement au web 2.0 et au participatif avant que "les marketeux" en mal de business n’inventent le mot. C’est aussi pour cela que l’Agitateur reste un webzine qui privilégie le collectif et surtout pas un blog qui se morfondrait dans l’individualisme. En 1997, nous avons trouvé sur internet une liberté, une créativité, des outils, un enthousiasme propice à développer le projet qu’est l’Agitateur. A l’époque, on ne s’en rendait pas compte. Avec le recul, c’est évident. Nous avons soigneusement évité les pipoteurs en tous genres, ceux de la bulle internet, les vendeurs de web 2.0 puis 3.0 pour essayer au fil du temps de conserver et de transmettre l’esprit d’internet, la netiquette, l’auto-régulation, la coopération, l’échange.
L’Agitateur s’est donc nourri de tout cela. Des valeurs et un projet de départ, une construction avec les lecteurs et contributeurs au fil du temps, le tout évoluant dans un écosystème, internet. Quand on reprend cette histoire qui nous ramène quasiment au temps des dinosaures, il est possible de comprendre le côté parfois radical et intransigeant de l’Agitateur. Quand des guignols qui pensent avoir tout compris débarquent avec leurs grands sabots pour nous expliquer ce qu’il faut faire et veulent nous imposer leurs règles sans demander notre avis, on le prend mal. Très mal. Parce que nos valeurs sont potentiellement impactées, parce que le travail patiemment effectué par les acteurs de ce site et les internautes en général est ignoré, parce que la suffisance de ces responsables à gros sabots n’a souvent d’égal que leur incompétence. Ces guignols attaquent notre écosystème à coup de lois et traités aux doux noms de DADVSI, HAPOPI, LOPPSI2 ou ACTA, textes qui n’ont d’autres effets que d’attaquer nos valeurs et nous soumettre à un plus grand contrôle sous des prétextes fallacieux. Toutes ces lois, aussi inefficaces les unes que les autres, n’ont d’autre but que de faire peur, de dissuader de toute velléité d’utiliser la liberté d’expression. Ces lois n’ont d’autre objectif que de promouvoir l’auto-censure à défaut de pouvoir appliquer ouvertement la censure.
Participer à l’Agitateur c’est bien entendu partager les valeurs que nous venons d’évoquer, participer à la démocratie locale, faire vivre la liberté d’expression, jouer son rôle de citoyen. Si vous ne voulez pas que l’Agitateur soit un dinosaure de plus à disparaître, que vous partagez l’esprit qui nous anime, n’hésitez pas à nous rejoindre. La bête n’est pas toute jeune mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est pas méchante et ne mord pas.
