Qu’est-ce qu’on se marre avec Aymar !
« Il serait temps que la démocratie française soit un peu adulte pour affronter, au-delà des clivages, un sujet si essentiel. »
C’est par cette phrase qu’Aymar de Germay conclut le dernier billet de son blog.
Faut dire que depuis qu’il est au Nouveau Centre, Aymar de Germay s’exprime beaucoup : 6 billets en 1 mois, alors que le précédent datait de début septembre 2009. C’est général d’ailleurs au Nouveau Centre du Cher. Que ce soit Hassen Chébili ou encore Philippe Bensac, les billets pleuvent dans le groupuscule. A croire qu’avant, quand ils étaient à l’UMP, ils ne pouvaient pas s’exprimer. Leur départ aurait été comme une libération, en quelque sorte. On ne va pas s’en plaindre : il y a tellement d’élus qui ne disent rien, qu’on se demande s’ils pensent quelque chose [1]…
Donc, il y aurait un sujet si important que les clivages devraient être dépassés. Quels clivages ? Ca n’est pas précisé, mais on se doute qu’il s’agit essentiellement du clivage gauche-droite, puisque c’est un homme politique de droite qui parle et précise que « la gauche continue à mettre de l’huile sur le feu », et que les « syndicats qui voient dans cette réforme l’occasion de se refaire une santé et de descendre en nombre dans la rue ». Vous aurez compris, le sujet si important qu’il faudrait avoir une attitude « un peu plus adulte », c’est les retraites ! Ou plutôt leur réforme. Ben oui, les caisses de retraites seraient vides (« 50 milliards projetés à l’horizon 2015 si rien n’est fait »), et le gouffre se creuserait à chaque nouveau retraité à cause (« d’un allongement régulier de l’espérance de vie »). C’est vrai que c’est pénible, tous ces vieux qui ne veulent pas mourir. Il faut donc une réforme. Pour ceusses qui n’auraient encore pas compris, « réforme » en novlangue libérale, ça veut dire suppression, laminage, dézingage, destruction en petits bouts, façon puzzle.
Et ça se vérifie. Pour Aymar de Germay, il faudrait « qu’à partir d’un minimum garanti, chaque citoyen [2] puisse se composer une retraite à la carte en choisissant de travailler plus longtemps afin d’accroître ses pensions ». Vous n’y aviez pas pensé à ça, hein ? Tout le monde au minimum vieillesse, (soit 676,81 euros) et hop, plus de trou dans les caisses ! Mais putain, pourquoi donc personne n’y avait pensé plus tôt ? C’est tellement simple ! Si les caisses de retraites sont vides, c’est parce que les retraités se goinfrent avec des rentes mirifiques. Imaginez : 1600 euro [3] par mois actuellement, une fortune ! Et pour ceux à qui ça suffit pas, ils n’ont qu’a continuer de bosser, jusqu’à la fin de leur mort. Qu’est-ce qu’on se marre avec Aymar !
Continuer de bosser mais aussi épargner. Parce que quand même, pour ceux qui le peuvent, il faudrait « que le complément par capitalisation soit encouragé ». Encouragé, toujours en novlangue libérale et toujours pour les mêmes ceusses, ça veut dire défiscalisé. En gros, ce que tu mets à gauche (!) pour ta retraite, tu le donnes pas au fisc. C’est donc les impôts des pauvres qui n’épargnent pas qui paieraient les retraites des riches qui épargnent. Il est malin, ce Aymar, il est malin !