Conseil municipal du 28 mai 2010 (suite) : 2. Les jambes et la tête

mercredi 2 juin 2010 à 07:26, par Cyrano

Les jambes : vélo à gogo ?

Ça y est, la ville de Bourges prête des vélos, à partir de juin – Il y en a 50. L’objectif est « d’inciter et d’habituer petit à petit la population à abandonner la voiture au profit du deux roues pour les déplacements courts du quotidien. » Ce n’est pas le principe du Vélib (on prend un vélo à un endroit, on le laisse à un autre) mais une formule déjà pratiquée à Angers. Le prêt peut durer 3 mois.

Attention, faut pas perdre le vélo : ça en couterait 359 €. Mais il ne faut surtout pas l’abimer. Au retour, un état du vélo sera fait et l’addition est salée : Le total des divers éléments du vélo faisant 750 €, c’est à dire le double du prix du vélo. La grille donnant la liste des éléments et tarifs associés s’intitule "grille de pénalités". Le gros entretien du vélo sera assuré par les mécaniciens de l’Atelier Municipal.

Chantal Jouanno (secrétaire d’Etat à l’Ecologie) est venue récemment à Bourges. Ça amuse Jean-Pierre Saulnier, s’adressant au maire : « Vous avez annoncé à madame Jouanno qu’à Bourges, on pouvait emprunter 30 kms de pistes cyclables. Mais là, monsieur le maire, on est entre nous, combien de km de vraies pistes ? » Le maire persiste dans ses 30 kms et il conclut : « J’avais proposé de faire avec madame Félix l’ensemble de ces pistes. Je n’ai pas de réponse. » Bin, Irène ? 30 bornes à vélo, c’est pas trop dur. Et maintenant : ça va être un succès ou un bide, le vélo prêté ? Comme le dit Roland Narboux : « On n’en sait fichtre rien ! » Wait and see.

Christophe Roussat, pour À Gauche Bourges se réjouit bien sûr du fait que les vélos seront entretenus par des employés municipaux, et espère plus : « C’est à creuser encore. » et sur ce, à la surprise générale, Christophe Roussat vote contre.

La tête : un pharaon pour la Maison de la Culture

La Maison de la Culture se refait une beauté. Mais c’est que il y a des exigences de l’état et l’architecte des bâtiments historiques y va franco, sans se gêner : par rapport au projet initial, on en est à 1,6 millions d’euros en plus. Le maire n’est pas d’accord : « Au bout d’un moment, il faut que ça s’arrête. Maintenant, on en est dans des sommes gigantesques. » Il y aurait sans cesse des modifications onéreuses proposées par les cabinets d’études agréés par l’Etat. « On est en tant que collectivité locale pris en otage. » Ainsi not’ maire qui aime les projets pharaoniques a trouvé plus pharaonique que lui : « On devait procéder à une élévation de la toiture de la Maison de la Culture de 3 mètres. Maintenant, c’est devenu un monument [avec une élévation de 8 mètres], c’est une nouvelle cathédrale qu’on devrait construire. »

Philippe Gitton le dit sans détour : « [On nous demande] une élévation de 8 mètres, pourquoi ? Pour pouvoir avoir de temps en temps des décors gigantesques. » Alors que ce type de décor est très, très rare. « Avec toutes ces modifications qu’on nous fait faire au fur et à mesure, on ne sait plus où on en est. »

Quelques brèves ?

Durant ce conseil municipal, on avait une ambiance cool et souriante – presque une ambiance vacances. Pas beaucoup de brèves à récupérer.

Coulisses... Ça m’agace toujours un peu : "Location des rives d’Auron pour la Fête des associations. Contrat avec la société Coulisses". No comment.

FBI ? Il y a une table presse avec le Berry Républicain. Mais en vis-à-vis, y’a une table avec 2 personnes qui ne sont pas des conseillers municipaux, et qui assistent au conseil. C’est qui ? c’est quoi ?

C’est-un-scan-da-le ! Serge Lepeltier rappelait que la ville de Bourges avait déjà eu le même problème avec les architectes et cabinets d’études de l’Etat pour une autre construction que la Maison de la Culture. Il ajoutait qu’à l’époque, il était ministre, ça avait bien aidé la ville pour régler ces problèmes. Houla ! À Gauche Bourges est sourcilleux, Christophe Roussat s’indigne et trouve « lamentable l’allusion aux fonctions de ministre » pour en tirer profit. Du calme ! le maire n’a pas détourné des fonds ni arrosé la ville de subventions indues.

Les acquis à qui ? Comme se votaient des subventions aux Associations patriotiques (hum...) Yannick Bedin remarque que « La ville était absente à l’anniversaire du CNR [Conseil national de la Résistance]. » Le maire dit que « si on avait été invité, on y serait allé. » Du coup, Yannick Bedin invite le maire à manifester pour préserver les acquis du CNR. La majorité municipale rappelle que c’est De Gaulle qui a crée la sécu. Alors, on attribue les acquis à qui ?

Liaison douce... Le tronçon Chaussée de Chappe - rue Jules Bertaut va être aménagé pour nos beaux vélos. Ça coûte 347.000 €. C’est le même prix que la rallonge nécessaire pour le carrefour du Lautier, à l’aéroport. Zut ! sans ça, on aurait pu en avoir le double.


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