Ca servira à rien, mais faut y aller
Pour la première fois, un gouvernement supprime une conquête sociale. Pour la première fois, notre pays va faire un bond en arrière de 30 ans. Pour la première fois, les libéraux se sentent assez forts pour oser. Alors, même si ça ne servira à rien, le 24 juin prochain il faut descendre dans la rue pour dénoncer ce hold-up social qu’est la réforme [1] des retraites.
Ne serait-ce que par dignité. Pour montrer que nous ne sommes pas devenus des bestiaux qu’on tond sans ruer dans les brancards. Pour ne pas avoir à se dire plus tard « quand ils ont osé, je n’ai rien dit, rien fait ». Par respect aussi pour ceux qui ont lutté pour ce droit. Serions nous moins courageux qu’eux ?
Bien sûr, la mécanique est enclenchée, et ça n’est pas une manifestation de plus qui changera les choses. Mais supposez qu’il n’y ait personne dans les rues, vous imaginez le message ? « On peut y aller franco, il ne bougent même plus ! ». Et ils ne devraient pas se gêner.
Les rassemblements prévus dans le Cher le 24 juin 2010 :
– à Bourges, à 10h30 au niveau du Palais d’Auron
– à Vierzon, à 10h30, Forum République
– à St Amand à 10h30, Place Jean Girault
[1] Comme à chaque fois en Sarkozie, réforme veut dire suppression. Vous rendez-vous compte que pour pouvoir espérer avoir une retraite, il faudra avoir travaillé dans discontinuer (sans chômage, donc) depuis l’âge de 19 ans et demi ! Autant dire qu’après cette réforme, plus personne n’aura de retraite
extrait du lien ci-dessus :
"Mais on serait de bien mauvaise foi si l’on s’en prenait aux seuls permanents des organisations progressistes : nous, les militants, avons aussi notre part de responsabilité dans cette attitude qui consiste à préférer le confort de moyens routiniers mais absolument sans risques à l’aventure de la radicalité, avec ses formes de résistance plus « désobéissantes ». Mimer la contestation d’un ordre sans jamais lui désobéir est devenu notre lot quotidien : nous déclarons bien sagement nos manifestations, et acceptons par conséquent qu’elles soient dirigées par les forces de l’ordre et qu’elles s’achèvent à l’heure et au lieu choisis par la préfecture de police. Nous continuons de proposer nos pétitions aux gens sans jamais questionner leur efficacité ni le signal qu’elles leur envoient : est-ce qu’on ne leur fait pas croire à la bonne foi des décideurs ? Est-ce qu’on ne les aide pas à se soulager la conscience à peu de frais, en leur garantissant une absence totale de risques ?
L’urgence sociale et environnementale exige pourtant de revenir à des modes d’action plus radicaux. Qu’on se rappelle un peu notre histoire, faite de victoires arrachées dans la lutte à cette partie de l’Humanité qui s’est toujours et systématiquement opposée au progrès social, qui revenait pour elle à céder un peu de sa fortune ou de son pouvoir. L’Histoire montre précisément que ceux qui n’ont jamais cessé de croire aux demandes polies, aux pétitions et aux manifestations en rond, ou à la rédaction d’un énième rapport dénonçant telle ou telle pratique odieuse se sont toujours trompés. Le changement n’est jamais venu de cette façon. Non pas que leur travail soit inutile : il est un préalable et un précieux concours. A condition de ne pas le penser comme suffisant, comme devant dédouaner ceux qui l’accomplissent et ceux qui le reçoivent d’explorer d’autres voies, plus radicales et néanmoins non-violentes. Combien de fois nos amis sortent-ils plus déprimés encore de nos réunions publiques, quand après leur avoir exposé les pires vilenies de la loi du profit on n’a pas su leur proposer des actions concrètes de résistance à la fois accessibles et efficaces ? Le savoir est une arme, mais seulement quand il conduit à agir efficacement, et notamment dans le cadre d’actions de désobéissance civile. Sinon, il ne produit que sentiment d’impuissance et désespoir."
Selon les ou des syndicats, suite à la grosse mobilisation du 24 juin, le mouvement va se durcir, c’est incontournable, parce que y’en a marre de cette société là, avec les jeunes dans la galère et les vieux dans la misère, quand même, à force : alors, y’a un appel à la retraite aux flambeaux le 13 juillet pour donner suite à ce formidable mouvement de contestation. Qu’on se le dise, faudrait pas le louper.
J’étais présent hier à la manif mais avec un goût amer !
Belle mobilisation certes ! Mais pour quelles revendications ! Cette soupe idéologique de gauche ne passe décidemment plus !
Sur le tract du collectif de défense des retraites du Cher, on pouvait lire :
« Pour financer nos retraites il suffit de faire payer les profits, leurs exonérations et taxer les revenus financiers. »
Mais comment est-il possible de gober ça ?
Raisonnons un peu : Pour que ce programme puisse fonctionner il faut donc qu’il y ait des profits et/ou des revenus financiers.
Ainsi, on peut déjà noter que cette gauche n’est pas anticapitaliste mais seulement antilibérale. L’existence même des « profits » ou des « revenus financiers » n’est absolument pas remise en cause ! Le système économique est juste un peu trop libéral et il faudrait simplement mieux répartir les fruits du capitalisme.
Mais ce n’est pas tout. Les théoriciens de gauche sont consistants. Ils semblent, en effet, avoir remarqué qu’il fallait nécessairement continuer à faire augmenter la taille du gâteau pour qu’il y ait quelque chose à partager !
Comment ?? Attention roulement de tambour :
Grâce à des « ressources et gains de productivité [qui ]existent » et « à condition de réduire le chômage ! », pouvait-on lire sur le même tract.
Mazette ! Quelle originalité ! On n’avait pas déjà essayé ?
Mais franchement de quelles ressources parle-t-on ? Le système dans lequel nous évoluons est saturé de toute part ! Les ressources énergétiques ? Elles s’épuisent ! Les ressources agricoles ? Le sol est aujourd’hui mort ou presque et la razzia sur les terres arables des pays du tiers monde a déjà largement commencé ! Quoi alors ?
Les gains de productivité ? Mais où sont-ils (et pour quoi faire d’ailleurs ? produire des armes ?). C’est pourtant un phénomène empirique simple, et connu de tous les économistes qui devrait nous guider dans notre raisonnement : la croissance des coûts marginaux.
En gros si l’est relativement facile de faire passer une voiture qui fait de 10 Litres pour 100 Km à 5 Litres pour 100km il beaucoup plus difficile de faire passer celle-ci de 5 L/100km à 4 L/100 et encore moins de 4 à 3,5 etc etc.
Alors est-il raisonnable d’espérer des gains de productivité ?
Et d’ailleurs, n’est-ce pas à l’augmentation de la productivité qu’il faudrait imputer la hausse du chômage ? De plus en plus d’hommes et de femmes sont devenus inutiles car ils ont été remplacés par des machines pendant que ceux qui encore la chance de se faire exploiter effectue un travail de plus en plus absurde, privé de sens !
Non ! Décidément, Je ne crois pas en ce programme !
Mais je crois, par contre, qu’il est aujourd’hui dangereux de leurrer les gens avec de telles illusions…
Pas mieux !
Le problème des retraites n’est pas qu’un simple problème de financement, il doit être traité dans une logique beaucoup plus large de rénovation de la socièté.
On ne peut pas faire l’impasse de la question de la place du travail dans un monde où travailler plus pour produir toujours plus n’est pas envisageable.
Attention Mozi, il ne faut pas tout confondre.
Le comité de défense des retraites n’est effectivement pas du tout un comité anticapitaliste. Il est comme on dit réformiste, c’est à dire qu’il propose des solutions dans le cadre du système actuel.
Car il est composé de syndicats, associations et partis qui ne prônent pas tous - loin de là - l’abolition du système existant et son remplacement par un autre mode de fonctionnement.
Actuellement, il semble important de regrouper des forces, les plus larges possibles, contre cette machine qui nous broie, mais toutes ces forces n’ont pas forcément les mêmes points de vue. Il est même possible qu’à l’intérieur de ces rassemblements contre le système des retraites, qui prennent des noms divers selon les régions, certains quittent le navire car ils le trouveront trop "radical", c’est dire !!!
Alors, que faire ??? Moi aussi, je suis contre ce système capitaliste. Je pense, ringardement diront certains, que le capitalisme est à bout de souffle et qu’il faut changer de système économique, et que le peuple doit s’approprier (prendre) non seulement les moyens de production, mais aussi le pouvoir politique sans lequel nous n’arriverons à rien de constructif ni de durable (même si on ne le dit pas exactement de cette manière : car moi, j’emploie de vieux mots qui ne parlent peut être pas). Certains partis politiques le disent ouvertement, d’autres sont plus timorés, d’autres encore ne le veulent carrément pas, et tout cela dans cette grande nébuleuse qu’on appelle la gauche. Je pense que certains syndicats devraient également être plus radicaux aussi sur le sujet. Mais, "en attendant", il faut bien s’unir, non ? Et tâcher déjà d’obtenir des résultats. Et pousser le plus possible "à gauche", partout où nous sommes ... et convaincre également les "simples gens", ceux qui en ont effectivement marre, mais qui disent qu’il y a "toujours eu des riches et des pauvres et qu’il y en aura toujours", ce qui n’est pas encore gagné. C’est ça je pense qui est en jeu actuellement : arriver à convaincre ceux qui ont encore peur, qu’ils ont tout à gagner à changer de système.
Ca peut être moins long qu’on ne le pense, mais on ne pourra rien faire sans l’accord d’une large partie de la population. Rien faire sans la confiance que cette population accordera au(x) parti(s) et/ou organisation(s) qui prônent ce changement. Rien faire si cette population se contente de faire confiance sans se prendre en main.
Bonsoir Pascale,
Je vous remercie pour votre réaction qui pose de bonnes questions et m’invite ainsi à y réfléchir.
Avant de vous répondre directement j’aimerai préciser un point qui n’apparaît peut-être pas clairement dans mon message ci-dessus tant j’ai écrit celui-ci sous le coup de l’émotion de l’après la manif :
Je ne joue pas à plus radical que moi tu meurs !
Je ne m’amuse pas. Si j’ai écrit ce message, c’est que vraiment que je me suis senti désespéré après la manif. La question de « l’après capitalisme » (ou sortie du système ? sortie de l’économie ?) est pour moi viscéralement vitale ! Il en va de ma vie, de celles de mes amis, de mes enfants, et de tous ! Je suis ressorti très affecté de cette manif.
Vous l’avez compris, mes analyses de la situation actuelle m’amènent à penser que toute tentative de réforme du système est vouée à l’échec (et de toutes façons ne serait pas souhaitable, car vivre dans un monde, même durable et égalitaire, où la dignité humaine n’est pas respectée ne serait qu’un enfer !)
Vous semblez d’ailleurs partager ce point de vue puisque vous êtes, comme moi, contre le système capitaliste.
Ceci étant posé, la question devient « que faire ? » comme vous le dites. Autrement dit quelle est la stratégie à adopter. Et c’est précisément là que votre réaction me parait très intéressante (car elle pose de bonnes questions).
Bien sûr, je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il faut créer du collectif, que la posture individuelle est inadaptée et insuffisante et que donc il faut s’unir.
Mais s’unir de quelle façon et pour quoi ?
Faut-il simplement chercher à fédérer un maximum de personne ? A ce moment-là n’importe quel slogan peut faire l’affaire. Plus on fait rêver les gens et plus y’a de monde ! C’est la porte ouverte à toutes les démagogies (et Hitler ne s’y est pas trompé !). C’est le slogan du type : taxons le capital et vous conserverez votre mode de vie (et même plus !) ! Les banquiers et les patrons sont des voyous ! ( Hitler avait, lui, d’autres boucs émissaires à l’époque…)
La réponse à cette première première question me semble donc être négative.
Votre position semble être celle d’un éveil graduel (mais peut-être n’ai-je pas compris et n’hésitez pas à me corriger si je me trompe !). En gros, il faut commencer par dire au « simples gens » des choses qu’ils peuvent entendre pour aller ensuite, graduellement, plus loin et, disons, comprendre finalement qu’il faut abattre le capitalisme.
Cette question est loin d’être évidente et est largement débattue chez les pédagogues (doit-on, par exemple, enseigner la conception de Newton avant celle d’Einstein ? l’intégrale de Riemann avant celle de Lebesgue ?). Il n’y a pas de réponse claire à ce sujet.
Deux remarques tout de même.
Premièrement, j’ai un problème de déontologie avec cette approche. Si je ne crois pas au programme de la gauche, comment pourrai-je en convaincre quelqu’un sans avoir le sentiment de manipuler ce quelqu’un, de le tromper ? L’honnêteté est pour moi une valeur à laquelle je tiens. Et puis, il faut faire attention. Comme disait l’autre : « il n’y a pas de chemin pour la paix ! La paix et le chemin ! ». Si on commence par abuser son prochain, où cela finira-t-il ? Au goulag ?
Deuxièmement, mon sentiment est que « l’éveil soudain » est possible et préférable : il n’est pas nécessaire de commencer par croire au « marxiste orthodoxe » pour ensuite étudier, dans les détails, toute sa casuistique et, finalement, conclure à l’insuffisance et à l’inconsistance de celui-ci.
Il est aujourd’hui assez facile de montrer les insuffisances des programmes de la gauche. Ne vaudrait-il pas mieux afficher clairement et honnêtement que nous allons tous, collectivement, dans le mur, que l’avenir sera probablement moins radieux que ne l’avaient cru nos parents et grands-parents, et que, cerise sur le gâteau, il n’y a pas de projet clef en main à opposer au capitalisme ?
Vous dites, et je suis 100% d’accord avec vous, que l’on ne pourra « rien faire si cette population se contente de faire confiance sans se prendre en main ».
Mais comment la population pourrait se prendre en main, si les syndicats, les mouvements de gauche, etc. continuent à laisser croire qu’il suffit de marcher dans la rue, de signer des pétitions et de voter pour de bons représentants pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Cette soupe soupe idéologique agit comme un divertissement, au même titre que le foot ! Elle détourne les individus d’eux-mêmes, de leurs besoins, et surtout de leur puissance d’agir (comme l’aurait dit Spinoza).
Bref, et pour conclure, je pense qu’il est aujourd’hui préférable de lever la voix et de dire ouvertement que l’on ne croit pas (ou plus) aux projets de gauche plutôt que de chercher l’union sacrée à tout prix.
Que ceux qui ne croient plus, ne souhaitent plus, voire craignent, une énième réforme du système capitaliste s’unissent et le disent clairement ! Voilà « quoi faire »…
"Faut-il simplement chercher à fédérer un maximum de personne ? A ce moment-là n’importe quel slogan peut faire l’affaire. Plus on fait rêver les gens et plus y’a de monde ! C’est la porte ouverte à toutes les démagogies (et Hitler ne s’y est pas trompé !). C’est le slogan du type : taxons le capital et vous conserverez votre mode de vie (et même plus !) ! Les banquiers et les patrons sont des voyous ! ( Hitler avait, lui, d’autres boucs émissaires à l’époque…)"
Je me permets de m’incruster vite faite dans la discussion. Bon, d’une part je ne vois pas ce qu’Hitler vient faire là dedans, mais ça serait long à expliquer. Et c’est dimanche, il fait beau. Mais juste pour dire que oui les banquiers sont des voyous. Ce n’est pas de la démagogie que de dire ça. Avez-vous remarqué tout simplement à un petit niveau quotidien ce qu’ils nous pompent sur nos comptes, ce qu’ils nous proposent en capitalisations individuelles pour assurer nos vieux jours, que tout le monde ne peut pas se payer. D’autre part, les petits revenus, les tout petits revenus dans une banque, sont coulés . La logique est impitoyable : plus on a un petit revenu, plus on peine à payer ceci cela ; et là, les vautours se jettent sur vous avec leurs frais de dossiers pour découverts, même d’une heure !! )
Quant aux patrons, il y a patrons et patrons, c’est vrai. (remarque très puissante, j’en conviens... :))
Bon, sinon, globalement, je ne vois pas où vous voulez en venir dans votre post. Pas de réforme du système actuel. OK, pourquoi pas. Pas de socialisme, pas de communisme, vous n’aimez pas ça, visiblement. Vous n’aimez pas le capitalisme non plus. Mais quoi alors ? Le passage à un tout autre système qu’on ne connait pas encore, que personne n’a encore fait de bouquin dessus ? Le Juliennisme ? ;-)
Bonsoir Eulalie,
Nous avons eu le droit a une bien belle journée en effet !
Sinon, pour revenir à vos propos, la raison pour laquelle j’ai évoqué Hitler est que je vois dans la stratégie qui l’a conduit au pouvoir des résonances fortes avec certains courants anticapitalistes d’aujourd’hui.
En gros, plutôt que de critiquer le système (j’utilise le terme de système mais on peut le qualifier, en première approximation, comme on veut : capitaliste, économique, technique, industriel, etc. ) dans sa globalité on attribue à une classe d’individus la responsabilité des « dysfonctionnements ». Cette classe, qui est alors une sorte de personnification du système, est alors jugée responsable de tous les maux. Bref, elle est coupable (les juifs pour Hitler, les banquiers, les patrons, l’oligarchie dominante, etc. (liste non exhaustive) aujourd’hui). La force de ce discours n’est plus à démontrer, on peut, par exemple, aller consulter René Girard avec sa mise en évidence de l’importance du bouc émissaire (sous toutes ses formes) pour fonder une société.
Le problème est que si ces discours sont capables de mobiliser assez facilement la masse de la population et de la mettre ainsi en mouvement, ceux-ci n’offrent pas une analyse suffisamment fine de la réalité pour offrir une perspective de sortie du système.
La suppression d’une classe d’individus ne s’accompagne pas ipso facto de la suppression de la (ou les) fonctions que celle-ci occupe dans le système. D’autres individus prennent le relais et occupent la place laissée vacante, éventuellement sous d’autres formes. Autrement dit, la fonction (surtout si elle est vitale pour le système ) crée le fonctionnaire.
Après les banquiers sont-ils des voyous ?
Pour qualifier de voyou une personne il faudrait avant tout pouvoir s’assurer que celle-ci a effectivement agit au sens fort du mot. C’est-à-dire a commis consciemment un acte réfléchi. Or un des traits caractéristiques de notre société est qu’elle ôte justement à ses membres la possibilité d’agir et donc d’être responsable avec certes des modulations (Rien que pour cela, parce qu’elle prive les individus de leurs facultés humaines, notre société devrait être critiquée et abolie !)
Lorsqu’un agent de pole emploie radie un chômeur est-ce un voyou ? Non ! Il ne fait que « fonctionner ». Il exécute les ordres, il applique à la lettre la procédure qu’on lui a fournie. Bref, il n’agit pas. Est-il responsable du malheur du chômeur ?
Le banquier, lui, fait ce qu’on lui demande : de l’argent avec de l’argent ! Je ne pense pas qu’on puisse le qualifier de voyou.
De manière plus générale, l’extrême fragmentation des taches dans notre société fait qu’il est de toujours plus difficile de trouver des responsables.
Quant à où je veux en venir, je ne sais pas bien moi-même.
Je n’ai rien a priori contre le socialisme ou le communisme. Le problème est que ces mots sont devenus des mots plastiques qui veulent dire tout et son contraire !
Disons que le projet que je formulerai se limiterait à « une société dans laquelle les individus se parlent ».
Evidemment « parler » au sens fort. C’est-à-dire dans laquelle les individus ne parlent pas de ce qu’ils ont lu ou vu dans les médias, mais parlent de leurs besoins, de la façon de les satisfaire, de la condition humaine, de ce pour quoi ils veulent vivre, etc. (Je ne nie pas qu’il arrive à certains d’entre nous, à certaines occasions, de parler de la sorte, mais globalement lorsque je regarde autour de moi, je vois beaucoup (trop ?) de personnes qui ne font répéter ad nauseam les propos qu’ils ont lu ou entendu le matin même à la radio ou dans le journal. Or répéter n’est pas parler ! Il n’y a de parole que si elle exprime quelque chose de personnel ! Du vécu du vrai ! )
Et le juliennisme ? Je ne sais pas. Je n’ai pas trouve d’article Wikipedia sur la question ;-)
Néanmoins, certaines des réactions de Julien Debord ci-dessous (Si c’est bien de lui dont vous parlez) me donnent à penser qu’il va dans une « bonne » direction.
Il faudrait que je puisse en parler avec lui pour vous en parler davantage !
J’avais cru que c’était Julien Debord qui avait répondu à Pascale. C’est pour ça que j’ai parlé de "Juliennisme." Ok, c’était Mozi. Merci de votre réponse. Non, je ne crois pas qu’il n’y ait de parole que par le vécu personnel. Sinon, il n’y aurait pas autant de reflexions. Et je ne vois pas de quels mouvements anticapitalistes vous parlez qui seraient comparables à des stratèges qui ont mis Hitler au pouvoir. Il faudrait nommer le ou les mouvements dont vous parlez. Parce que là, c’est trop flou, et l’accusation est grave. Il faudrait donc être précis.
Bonjour Eulalie,
Je m’excuse d’avoir oublié de mentionner mon pseudo. Il n’était nullement dans mon intention de me faire passer pour un autre ;-)
Petite précision sur ce que j’entends par parole et vécu personnel. J’utilise « parole » à défaut d’autre terme et ma petite digression avait justement pour but de clarifier l’usage que je faisais de ce mot.
Je ne dis pas que toutes les réflexions prennent leur source dans l’expérience personnelle. Je tire moi-même, par exemple, beaucoup de mes réflexions de livres que je lis. Toutefois, la nuance que je fais est la suivante : lorsque j’énonce une réflexion je ne parle pas nécessairement. Je ne parle uniquement que lorsque les deux points suivants sont simultanément satisfaits :
1) J’ai fait mienne cette réflexion. C’est-à-dire lorsque, je l’ai ressentie, vécue avec mon corps, ou encore comprise profondément, intérieurement
2) J’adhère à cette réflexion. En un sens cette réflexion fait partie de moi. Elle me constitue car en donnant forme (sens) au monde dans lequel je vie elle me modèle en retour.
Autrement dit la parole est un acte qui mobilise l’ensemble des ressources de mon corps et incarne donc un je-ne-sais-quoi de personnel. Je peux vocaliser une suite de phonèmes dont l’articulation et l’enchaînement produiront du sens pour mon interlocuteur (par exemple une réflexion) sans toutefois qualifier ce fait de parole.
Je ne sais si je suis clair ? Je dois vous donner l’impression que j’ergote, mais c’est uniquement du au fait qu’il m’est assez difficile de l’exprimer.
Concernant les mouvements anti-capitalistes, je ne dis pas qu’ils sont les fourriers de l’antisémitisme (je suis sur ce point en désaccord avec Moishe Postone qui voit carrément, dans nombre de ces mouvements, un antisémitisme latent stricto sensu alors que cet auteur est très stimulant par ailleurs.). Je me borne juste à constater une similitude dans l’analyse-donnée-à-voir (que celle-ci soit issue d’une volonté délibérée de tromper, de manipuler, (Hitler y croyait-il ?) ou, au contraire, donnée de bonne foi parce que reposant sur une analyse, à mon avis, insuffisante (certains mouvements de gauche)). Quelle est-elle ? Et bien je dirai :
L’identification du système, ou, plus modestement, des causes de ses dysfonctionnements, à l’une de ses composantes interne à savoir, plus précisément, un ensemble d’individus partageant une certaine qualité (au sens très large : Fonction, race, sexe, etc.) permettant ainsi la personnification du système (ou de ses dysfonctionnements).
C’est, en fait, tout ce que je souhaitais souligner.
Alors quels sont les mouvements politiques usant de ce type de discours ? Il n’y en a que trop ! Je vous laisse chercher ! Mais disons déjà tous les mouvements gravitant autour de la « théorie du complot ». Là c’est clair ! Y’a un groupe de méchants, cachés dans l’ombre, qui pilote la planète. Ceux-là personnifient notre malheur. Mais également ceux qui se bornent à identifier la cause des problèmes à la classe gouvernante dans sa globalité. Ou, version plus restreinte, à un parti (Discours du type « C’est la faute à l’UMP ! »). Ceux qui conspuent les spéculateurs et les représentants des grandes institutions internationale, FMI et consorts, (ATTAC ?) etc etc.
Je crois que l’identification du système est très compliquée (évidence). Et que Attac, par exemple, permet l’identification d’un de ses aspects. Bien sûr que la spéculation est une raison majeure de la misère. Je ne vois pas en quoi c’est réducteur de consacrer des analyses, des études, du travail à expliquer comment fonctionne la spéculation et pourquoi elle est créatrice de misère et d’inégalités. Je ne trouve pas que leur démarche ciblée risque de mettre un dictateur au pouvoir (et ce que vous appelez "qualité" d’individus, chez attac ce n’est nullement, le sexe, la race, la fonction ( la spéculation est elle est une fonction ? ) qu’ils condamnent, (heureusement ! ) : c’est une façon de faire de la richesse, de ne pas la répartir, et d’appauvrir terriblement, de faire disparaitre des êtres humains, des animaux, des plantes, des lacs, des terres, etc.
Bon, oui, les manifs, ça se fait, avec des slogans plus ou moins inspirés. Mais bon un slogan, c’est forcément court et réducteur. Mais les manifs devraient donner naissance à autre chose que rentrer chez soi : les manifestants puis les autres, ceux qui ne sont pas venus pour x raisons, devraient se retrouver et se parler pour décider des suites à donner à leur contestation de la réforme des retraites, "en l’occurence". Mais ça ne se passe pas comme ça, et je ne sais pas précisément pourquoi. Plusieurs raisons, des tas de raisons. Mais c’est dommage, parce que strictement rien ne va changer alors.
Et dans mon post précédent, j’ai dit "race", comme vous, dans ce que vous appelez des "qualités" partagées par des individus. Non mais n’importe quoi ! j’ai jamais considéré qu’il y avait des races chez les humains, et comme une conne je cite une partie très compliquée de vos analyses pour essayer de capter quelque chose à votre démonstration de je ne sais pas quoi en fait. Pourquoi parlez-vous de race ? pourquoi avez-vous parlé d’Hitler ? pourquoi venir me dire que Moishe Postone (je sais dutout qui c’est ce mec) , lui, contrairement à vous, (ouf ! ça aurait pu être pire !) voit dans des mouvements anticapitalistes un antisémitisme ? Je ne comprends rien à ce que vous dites et pourquoi.
En tous cas, tout ce que je sais, c’est qu’à ce rythme là , avec des prises de têtes comme ça, on n’est pas prêt de gagner "la bataille des retraites". A choisir, je préfère les slogans à la con.
Mozi, je dois vous avouer : soupe idéologique, réflexion énoncée, parole, anticapitalisme, phonèmes, manif et slogans, antisémitisme, Hitler-anticapitaliste, théorie du complot, etc... ça me fout la migraine. Comme l’écrit Eulalie, c’est une démonstration de je ne sais pas quoi, et comme elle, je n’ai rien compris à ce que vous vouliez vraiment dire. Pourriez-vous délabytinther ? Le sujet : c’était l’attaque du gouvernement contre les retraites, la riposte du bon peuple. Dans quoi, diantre, vous embarquez-vous ?
Bonjour Cyrano,
Je dois bien avouer que j’avais jeté l’éponge et que je ne pensais revenir sur ce fil…
Mais bon, comme vous avez fait l’effort de me suivre dans les dédales de « mon labyrinthe » jusqu’à vous y perdre et vous donner la migraine, je vais faire moi aussi un effort et essayer de vous donner un fil d’Ariane !
Et puis, cela me donne l’occasion de vous remercier pour vos « chroniques municipales » que je lis régulièrement.
Je vais essayer d’être ultra synthétique :
1) Le problème des retraites me semble être seulement un tout petit aspect d’une crise beaucoup plus grave et profonde. Je pense que nous vivons une sorte de crise de civilisation.
2) Je pense que nous sommes aujourd’hui à un point de bifurcation riche de menaces mais aussi d’espoir. Il faut saisir cette occasion avant de nous voir entraîner sur une nouvelle trajectoire pire encore que ce que nous vivons (j’ai crains en fait l’apparition d’une sorte de néo-féodalisme)
3) Les programmes de la gauche (ou du moins ce qu’on put lire sur les tracts pendant la manif) sont obsolètes et pas à la mesure des événements actuels. Pourquoi ?
a) Ils maintiennent l’illusion dans la population que nous pourrons continuer notre mode de vie et jouir encore du confort dont nous disposons. Or, je pense que les ressources disponibles ne sont plus suffisantes.
b) Ils maintiennent également l’illusion qu’une simple (c’est le « il suffit » du tract) reforme du système permettra de résoudre les problèmes. Je crois que c’est plus compliqué.
c) En faisant croire qu’il y a déjà des solutions toutes trouvées ils empêchent une réelle prise de conscience de la population et incidemment n’incitent pas les individus à chercher par eux-mêmes ce qu’ils peuvent faire. Ils offrent une sorte de prise en charge politique nuisant à l’autonomie.
4) Je crois que la situation actuelle devrait pousser à effectuer un saut qualitatif (une rupture) dans les revendications politiques qui seraient dès lors plus ambitieuses et sans doute pas très sexy compte tenu du 3.a) mais paradoxalement plus réalistes. Et pour cela il serait bon que ceux qui ne croient plus en une quelconque réforme du système le crie haut et fort (même au risque de casser « l’ union sacrée).
5) Quels types de revendications ? Dans la mesure où je ne connais pas de programme clef en main, je pense que celles-ci ne peuvent qu’indiquer une direction du type anti-économique et anti-industrielle. Les revendications deviendraient de plus en plus précisent au fur et à mesure que les individus, une fois la difficulté de la tâche reconnue, se « parleraient » (cf. supra). (Sorte d’émergence par le bas pas nécessairement incompatible avec des relais institutionnels).
6) Un exemple ? Pour finir par quelque chose de positif, je pense que les revendications devraient porter sur les ressources et non sur « les richesses économiques ». Demander de l’argent est une voie sans issue. Ainsi des revendications « d’accès à la terre » portées par des mouvements comme reclaim the field me semble adaptées. Mais de manière plus générale c’est ce que l’on appelait des « biens communaux » qu’il faudrait revendiquer et obtenir.
Je m’arrête là, en espérant ne pas avoir ajouté de bifurcations dans le labyrinthe…
Bonjour Mozi, pour tout vous dire, ce que je trouve bizarre depuis des années, c’est qu’on continue à revendiquer (alors, que ce soit de l’argent ou l’abrogations de lois nefastes, ou pourquoi pas des "ressources", si vous voulez ) auprès de gouvernants qui n’en en rien à foutre de "nos" revendications. Je ne comprends pas pourquoi on demande des trucs à des gens dont on sait qu’ils ne nous "donneront" rien. Par contre, c’est sûr qu’ils donnent des machins aux syndicats qui nous emènent demander de l’argent, tels des bergers....
Eh bin, Mozi, heureusement que c’était « ultra synthétique »... ;-) J’écrivais que le sujet c’était l’attaque du gouvernement contre les retraites. Vous me répondez : crise de civilisation, mode de vie, saut qualitatif dans les revendications politiques, direction du type anti-économique. Tout ça pour une manif ? non, bien sûr, ok : vous cherchez des réponses là où elles n’ont pas raison d’être.
Croyez-vous que les gens sont venus manifester pour ce qui était écrit sur les tracts des divers syndicats ou partis ou associations ? Vous vous trompez de moment : ces manifs sont contre le projet retraites du gouvernement. Nous ne sommes pas en position d’attaque (avancer des revendications), nous sommes en position de défense : on ne veut pas du projet dégueulasse du gouvernement concernant les retraites.
Pour vous, cette manif du 24 juin avait un « goût amer » même si c’était une belle mobilisation [nous étions environ 5.500] et vous ne vous retrouvez pas dans les revendications que vous classifiez comme une soupe idéologique de gauche. Ces revendications seraient des illusions et il serait dangereux de leurrer les gens avec. Vous répondez même à Pascale que vous vous êtes senti désespéré après cette manif, parce qu’elle ne répondait pas à la question "que faire ?"
Vous semblez méconnaître ce que peut être une manif : on n’y va pas pour proposer un programme, car alors, chaque groupe, chaque homoncule politique, chaque vague collectif organisera sa p’tite manif. On allait à cette manif pour son envie de dire non, non, et non à l’allongement de l’âge de la retraite ; non, et non à la diminution des pensions retraite. Ceci peut fédérer le maximum de personnes. Vous vous demandez : « Faut-il simplement chercher à fédérer un maximum de personne ? A ce moment-là n’importe quel slogan peut faire l’affaire. » Relisez-vous : ce n’est pas très sympa pour la foule assimilée à un troupeau gobant n’importe quel mot d’ordre. Je ne crois pas ce c’est ce que vous vouliez dire. Mais par contre, ce que vous dites clairement, c’est que pour vous, fédérer sur un mot d’ordre simple (retrait du projet retraite du gouvernement), c’est une union sacrée que vous rejetez.
Le 24 juin, les 5 à 6000 personnes qui ont manifesté à Bourges n’ont pas marché pour ergoter qu’on pourrait prendre le quart du dixième du surproduit de la moitié d’un bonus, ou je ne sais quelle autre proposition innovante.
En ce moment, on juge un individu, le trader Kiervel. Cet individu a fait partir en fumée 5 milliards d’euros. La Société Générale se morfle un type qui met 5 milliards d’euros aux chiottes, ça lui fait quoi ? Ça lui touche une couille sans faire bouger l’autre : la Société Générale affiche malgré tout des bénéfices.
Un seul individu (1 seul) a becté le 1/4 ou le 1/5 du déficit retraites supposé de 12 millions d’individus (12 millions). Un seul ! et ils sont combien alors ces gens-là, dans la Société Générale ? Un seul, d’une seule banque ! Et il y en a combien de Société Générale et autres banques, autres assurances ? Et on vient nous bourrer le mou, nous faire chier pour un déficit de 30 milliards sur un an, pour 12 millions de personnes ? alors que 5 à 6 Kiervel sont capables de boulotter ça en une journée, sans que personne ne se fasse hara-kiri.
L’heure n’est pas aux "solutions" alternatives. Pour le moment, c’est simplement : Non, on ne veut pas de leur réforme ! Non, on ne veut pas crever au boulot ou se trainer avec une retraite juste suffisante pour la survie. Nous sommes dans une attitude de défense : on ne veut pas de leur réforme dégueulasse.
Voilà, moi aussi j’ai fait synthétique...
Bonjour Cyrano,
Disons alors que je n’ai pas compris votre question.
Je pensais que pour faire comprendre ce que j’avais écrit ci-dessus (et délabyrinther) il fallait que j’indique le contexte dans lequel je pensais la manif. Ce n’est manifestement (sic !) pas ça le problème…
Mais à moi de poser une question.
Croyez-vous oui ou non aux mesures (aux solutions) proposées les syndicats et/ou par le collectif de défense des retraites du cher sont crédibles ? (Cette question s’adresse également à Eulalie et Pascale si elles sont encore par là et j’exempte Julien car lui y a clairement répondu).
Parce que c’est quand même ça mon problème de départ (au-delà du fait très légitime de dire non ! à la réforme des retraites) et vous ne prenez pas position dessus.
Car l’alternative que je vois est la suivante :
Soit vous y croyez et alors là je comprends très bien votre dernier message ;
Soit vous n’y croyez pas (ou pas de trop ?) mais vous vous taisez pour ne pas gâcher la belle dynamique (bref pour des raisons stratégiques) ;
Soit, enfin, vous n’y croyez pas et le dites comme je le fais.
Ma position, en somme, est que ceux qui aujourd’hui ne se retrouvent plus dans les partis politiques, les grandes organisations syndicales, etc. le fasse savoir !
Si je suis tout seul très bien j’en prends acte !
Mais sinon, si je ne suis pas seul, peut-être pourrions nous commencer à parler ensemble pour imaginer des alternatives crédibles ?
Croyez-vous oui ou non aux mesures (aux solutions) proposées les syndicats et/ou par le collectif de défense des retraites du cher sont crédibles ? (Cette question s’adresse également à Eulalie et Pascale si elles sont encore par là et j’exempte Julien car lui y a clairement répondu).
Mozi, depuis que vous avez ôté Hitler du sujet, je me sens mieux, je comprends mieux ce que vous voulez dire, merci. Bon, je ne sais pas ce que les syndicats, les partis, le Collectif du Cher de Défense des Retraites proposent. Je n’ai pas leurs tracts. Mais, globalement, je suppose que oui, ils proposent de répartir les richesses du capital, donc ne rompent pas avec le capitalisme. Je ne leur en veux pas d’avancer ce projet. Ca ne me met pas en colère. Fut un temps, pas si loin, on reprochait à certaines orgas syndicales, partis, assos, de dire seulement non et de ne rien proposer. On leur reprochait également de faire cavaliers seuls, chacun dans leur coin, sans rassemblement unitaire. Bon, maintenant, ils s’assemblent ( avec la CFDT, c’est emmerdant) et proposent des "solutions". Ils sont coincés par le capitalisme, oui, c’est vrai.
Je dois partir, ne peux continuer le post.
Mozi, je n’y "CROIS" pas, elles "SONT" nécessaires, tant sur le plan économique que sur le plan humain : pour relancer l’emploi, proposer une vie décente. Elles répondent en outre à une soif de plus grande justice sociale - inutile de faire un dessin des injustices, n’est ce pas ? - et sont parfaitement réalisables. Elles sont un minimum dans un cadre défini et peuvent permettre d’amorcer une réflexion plus approfondie sur la nature du système dans lequel nous vivons.
Cordialement.
Ma position, en somme, est que ceux qui aujourd’hui ne se retrouvent plus dans les partis politiques, les grandes organisations syndicales, etc. le fasse savoir !
Si je suis tout seul très bien j’en prends acte !
Mais sinon, si je ne suis pas seul, peut-être pourrions nous commencer à parler ensemble pour imaginer des alternatives crédibles ?
Je crois qu’on peut se retrouver (jamais totalement) dans un parti, un syndicat, une asso, et que ça n’empêche pas de refléchir à des alternatives et d’en parler ensemble avec des personnes qui ne s’y reconnaissent plus dutout.
Mais, il y a une différence entre ne pas être d’accord avec des solutions avancées puisqu’elles ne rompent pas avec le capitalisme, et ne pas les trouver crédibles. Moi, je crois que les propositions avancées sont crédibles parce que c’est en effet tout à fait possible de répartir les bénéfices pour alimenter les systèmes à la base solidaires (santé, chômage, éducation, retraites, logement, salaires,...). Par contre, je n’en aime pas le principe, parce que ça nous fait dépendre des finances. Ca me fait l’effet d’un système de charité. On ne sort de rien. On continue.
Et concernant, le "train de vie", je ne sais pas s’il va s’écrouler comme ça, je ne crois pas. Je crois que malgré des "ressources" qui n’existeront plus (le pétrole ? par exemple, c’est qui se dit) la production et la consommation continueront à aller bon train, même sans beaucoup de fric, puisque des tas de choses coutent beaucoup moins cher qu’avant.
Je ne suis pas dutout calée sur le sujet de la disparition de l’eau par exemple, des ressources naturelles essentielles à la vie humaine.
Bon, par contre, je ne vois pas en quoi nous serions dans une crise de civilisation. On est dans une crise économique, et pas pour tout le monde. Taxer les profits, c’est réalisable. Ce n’est pas maintenir les gens dans une illusion. Peut-être c’est ce qu’ils veulent, qu’on ne change rien, juste un gateau mieux réparti et dutout changer le monde....
Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin. Ouf, plus facile pour rédiger une petite réponse. Et puis le matin, y’a pas de bourdonnement vuvuzelas.
Pour chipoter un peu : l’article initial de ce fil parle de « conquête sociale » pour désigner notre système de retraite. Au sens strict, ce n’est pas une conquête comme, par exemple, les congés payés (obtenus sous la pression des grèves). La première loi instaurant un régime public de retraite date de 1910 – la ROP, Retraite Ouvrière et Paysanne. Les militants syndicaux et les militants socialistes les plus radicaux de l’époque s’opposaient à la mise en place de ce système de retraite : parce qu’il serait financé par des cotisations prélevés sur le salaire, c’est à dire un vol supplémentaire dans la poche des pauvres. Pour les militants de l’époque, c’était à ceux qui s’étaient enrichis sur le dos des autres de payer (la loi de 1910 instaurait un âge de retraite à 65 ans – on l’appelait une "retraite pour les morts", vu l’espérance de vie pour l’époque).
Mozi, vous me demandez si je crois aux diverses propositions des syndicats ou du Collectif de défense des retraites du Cher. C’est ce qui vous intéresse « au-delà du fait très légitime de dire non ! à la réforme des retraites », comme vous l’écrivez. Mais justement, holà, n’allons pas d’abord au-delà ! C’est d’abord ça qui importe : non, non ! à cette réforme des retraites ! Non ! Que le gouvernement retire son projet ! Tant qu’on n’a pas la puissance qui nous permettra de faire enlever cette saloperie de réforme, à quoi bon aller au-delà ?
On ne doit pas culpabiliser : tant mieux si on vit plus longtemps - mais ça ne va pas durer vu le carnage dans les conditions de travail, vu la misère de pans entiers de notre société et le retour de maladies qu’on croyait éradiquées. On ne doit pas culpabiliser sur le baby-boom et son corolaire le papy-mamy-boom : des bouffons aux ordres, incapables de prévoir les crises financières de ces trois dernières années, vont pérorer sur les naissances à venir en 2040 ? La France ne baiserait pas assez ?
Mozi, vous me demandez si je crois « aux mesures (au solutions) proposées... » Les solutions à quoi ?... Ah oui, les solutions aux problèmes du financement des retraites ?... C’est vrai, de Sarkozy à Strauss-Kahn, de Martine Aubry à Eric Woerth, on nous le répète, chacun à sa manière.
Je répète encore mon histoire Kiervel : un type seul, à lui tout seul, a réduit en cendre le cinquième du déficit des retraites de plus de 10 millions de dames et messieurs. La banque qui l’emploie affiche quand même des bénéfices. Mozi, vous ne trouvez pas alors un peu risible qu’on vienne nous parler d’un problème ? La vieille madame Bettencourt, elle file 1 milliard d’euros à un type, bof, comme ça - son magot ne diminue même pas, et pour cause : sa fortune est estimée entre 10 à 20 milliards d’euros selon les sources. Et cette pov’ dame elle a touché son crédit d’impôts : l’Etat lui a remboursé 30 millions d’euros. On ne va pas dresser la liste des bonus, des parachutes dorés qui se compte par centaines de milliers de smic, des chiffres qui donnent le vertige.
Y’a un ministre, Eric Woerth, qui est tout juste bon à couvrir les fraudes fiscales de madame Liliane Bettencourt, ou à diner avec Robert Peugeot, un pauvre héritier qui s’est fat voler pour 500.000 euros de lingots d’or. C’est ça ? c’est ce type là qui crie au problème des retraites ?... On se fout de notre gueule, alors là, mais grave ! Alors, Mozi, ne vous prenez pas la tête pour demander à « imaginer des alternatives crédibles », gardez vos forces, ne rentrez pas dans leur jeu.
Gardons nos forces pour parler autour de nous, pour faire sortir de la tête des gens que eh bien oui, hélas, fo bien avouer, y’a un problème, et bla-bla-bla !... et bla-bla-bla... Y’a pour le moment une unique et simple réponse évidente : retrait de ce projet de réforme. Qu’on ait ensuite des interprétations différentes, ça semble naturel, mais on en est là : retrait de ce projet crapuleux, purement et simplement.
Mobilisations le 13 juillet à l’appel de plusieurs organisations.
Appel à la grève les lundis 6 et mardi 7 septembre (pour commencer) dans l’éducation nationale, à l’appel de deux syndicats à ma connaissance : SNES (appel national) et Sud Education (appels départementaux vus sur le Web).
Dans cette partie du secteur public en tout cas, ces syndicats semblent avoir pris la mesure de la catastrophe et du rôle qu’ils ont à jouer.
Il faut maintenant souhaiter que le mouvement soit suivi.
Dans cette partie du secteur public en tout cas, ces syndicats semblent avoir pris la mesure de la catastrophe et du rôle qu’ils ont à jouer.
Concernant le SNES, voilà leur communiqué : « continuer de construire un rapport de force contre la politique économique, sociale du gouvernement » « faire le lien entre le sens global des réformes, le sacrifice de l’intérêt général - notamment dans l’Education où la réussite de tous n’est plus un objectif -, la remise en cause des droits et salaires des fonctionnaires et la brutalité et le cynisme dans les choix faits par le gouvernement en matière d’emplois, de salaires, de retraites »
Bla bla bla donc. Si on lit bien, le SNES n’exige pas le retrait pur et simple de la réforme des retraites. Pas plus que la CFDT, la CGT, et aucun des partis de gauche : PS, PCF et PG. Par ailleurs, on peut sourire de la critique du "sens global des réformes" quand on sait que cette organisation syndicale était signataire des points de convergence Darcos.
Comme l’écrit avec beaucoup de justesse Jacques Cotta :
« Lorsque les responsables syndicaux, François Chèréque en tête, suivi de prés par Bernard Thibault, affirment au nom de la responsabilité qu’il faut bien réformer, et s’engagent à discuter de « façon responsable » pour négocier, n’apportent-ils pas le soutien dont le gouvernement ébranlé a encore besoin pour tenir et tenter d’appliquer sa politique ?
Lorsque Jean Claude Mailly oppose à cette stratégie celle de la grève interprofessionnelle un jour, seul, pour refuser le cadre des discussions et exiger à juste titre le retrait pur et simple du plan gouvernemental que porte Eric Woerth, fait-il autre chose que d’opposer une journée d’action, la sienne, aux journées d’actions des autres dont nous savons l’inefficacité et le découragement qu’elles engendrent ?
Lorsque les responsables politiques d’opposition, toutes tendances confondues, du PG au PCF en passant par le PS, s’engagent plus ou moins à revenir sur la remise en cause des retraites une fois élus en 2012, ne manquent-ils pas de la clarté élémentaire nécessaire concernant la nécessité d’abroger toutes ces réformes, et ne laissent-ils pas le terrain libre à un gouvernement failli en indiquant « vous avez encore deux ans pour agir » ?
En réalité, dans le contexte de crise politique, sociale, économique et morale que connait le pays, la logique ne voudrait-elle pas que se réalise un large front unique pour dire simplement « retrait de la contre réforme » et ouvrir ainsi une brèche par la grève générale et la manifestation dans laquelle pourraient tout de suite se poser les questions essentielles dont celles de l’emploi, des licenciements, des salaires ? »
Une chose est sûre, il ne faudra pas compter sur eux : ni pour construire le large front unique, ni pour ouvrir la brèche.
Concernant le courrier de la FSU (dont le SNES fait partie) à Georges Tron, secrétaire d’état chargé de la fonction publique, en date du 30 juin dernier, en voici les deux derniers paragraphes :
"Dans le prolongement des reculs imposés en 2003, le projet de réforme, on le voit à travers ces quelques exemples, aggraverait encore la situation de l’ensemble des agents publics.
C’est pourquoi la FSU rappelle son exigence de retrait du projet de loi de réforme des retraites, inscrit à l’ordre du jour du prochain CSFPE."
(pour le reste du courrier, on peut le consulter intégralement si on tape - horreur ! je ne sais toujours pas faire de liens ! - "courrier de la FSU à Jacques Tron juin 2010")
Il serait donc judicieux que Jacques Cotta (dont le fond de l’article est effectivement intéressant) nuance ses propos.
Je ne crie pas victoire, loin de là. Ce qui va se jouer dans les prochains mois est particulièrement grave.Il s’agit de faire en sorte qu’un mouvement d’ampleur se mette en place, permettant seul de peser sur les compromissions des uns ou des autres. Mais au lieu de bougonner dans son coin et de récriminer sans cesse contre les syndicats, il serait aussi particulièrement intéressant que chacun, là où il se trouve, "pousse à la roue" comme je l’ai déjà écrit pour faire en sorte que les directions syndicales, au moins celles qui sont réputées pour être, ou avoir été, les plus combatives, reprennent ou ne lâchent pas ce mot d’ordre : retrait du projet de loi.
Il semble également que le collectif de défense des retraites, du moins à Bourges, est majoritairement sur ces positions de retrait. Rien n’est joué, beaucoup reste à faire.
Dans le prolongement des reculs imposés en 2003
En 2003, nous étions encore dans la rue pendant quand Aschieri signait et avait déjà capitulé. En 2003, tout à été fait pour essouffler et casser le mouvement, par la répétition de grèves ponctuelles, absurdes si on avait l’objectif de gagner. Faut arrêter de prendre les gens pour des cons, et croire qu’ils n’ont pas de mémoire.
Mais au lieu de bougonner dans son coin et de récriminer sans cesse contre les syndicats
Vous aurez pu remarquer le très faible taux de syndicalisation en France, y compris finalement dans la fonction publique. Peut-être parce que les travailleurs sont tous des imbéciles ? Peut-être parce qu’ils ont compris ce que Jacques Cotta explique ? J’en connais d’ailleurs qui sont d’accord avec le diagnostic de Cotta et qui sont syndiqués. Maintenant, le problème qui se pose n’est pas celui de la responsabilité de celui qui bougonne dans son coin, mais de ceux qui, aux responsabilités dans les organisations, signent avec le pouvoir sarkozyste, ou qui ne font surtout rien pour le faire sauter. Ne pas confondre, svp.
Très faible taux de syndicalisation en France : vrai (ce n’est pas une quasi obligation de se syndiquer, comme dans d’autres pays). Vous remarquerez que la FSU est une des organisations qui syndique le plus - ce qui n’est pas forcément un gage de qualité, mais ça lui permet peut être d’être plus en phase avec la réalité - Mais il n’y a pas que cela d’ailleurs, il y a aussi les élections syndicales de représentation du personnel : partout les gens votent davantage quand il s’agit de déléguer des pouvoirs (et rouspètent ensuite éventuellement) mais ne s’engagent pas trop pour autant.
Je veux bien admettre une part de responsabilité syndicale et politique (je ne suis pas entrée en religion quand j’ai adhéré à mon syndicat) mais il y a aussi la déliquescence ambiante, qui ne date pas d’hier, et qui préfère donner (panem) et circenses au bon peuple qui parfois s’en contente. Et on a assez entendu le "tous pourris" qui court depuis des années. C’est tellement facile de s’arrêter à ce constat !
Encore une fois : "en attendant", qu’est ce qu’on fait ? On se lamente ? On se réfugie dans sa tour ? On "attend les coups à venir" comme on dit dans notre région ?
Liliane Bettencourt est née avec une cuillère d’argent dans la bouche et en 1957 elle gagne le gobelet d’argent en héritant de la fortune de son père, Eugène Schueller, propriétaire du groupe l’Oréal. Le père avait financé la Cagoule (parti de l’extrême droite fasciste en France, au milieu des années 1930). Il fut un pétainiste plus que zélé (et créateur de mouvements faschos) : ça lui permit de se lier avec d’autres pétainistes : André Bettencourt et François Mitterrand. En 1950, André Bettencourt, auteur d’articles au ton pro-fasciste et antisémite, épouse Liliane qui devient ainsi Liliane Bettencourt.
Monsieur Eric Woerth est le créateur du club Cercle Premium. Les donateurs de ce club (ticket d’entrée : plusieurs milliers d’euros) peuvent rencontrer tous les trois mois le président de la République en personne. En 2008, à un des diners onéreux du club, on trouve notre Eric, sa femme et Patrice de Maistre (deux gestionnaire de la fortune Bettencourt), d’autres grandes fortunes en indélicatesse fiscales (dont Robert Peugeot, l’homme aux lingots d’or). Tout ce monde se fréquente, se marie et dine : Patrice de Maistre a épousé Anne Dewavrin, une ex-femme de Bernard Arnault et héritière d’industriels du Nord à la fortune cossue ; Robert Peugeot dine avec Eric Woerth illico après son histoire de lingots volés et les 500.000 euros de lingots volés déclarés légèrement deviennent 150.000 euros, en accord avec la déclaration fiscale. Et tout ce beau monde aide avec son fric aux carrières de femmes et d’hommes politiques qui leur rendront menus services pour menues fraudes fiscales.
C’est ce ministre Eric Woerth, ce monsieur body-guard des grosses fortunes qui pérore sur le malheur de nos retraites ? Et partis politiques droite-gauche, et syndicats réformistes ou syndicats soi-disant combatifs, tous, de courir s’asseoir à la même table que ce ministre pour "sauver nos retraites".
La dégradation des conditions de vie de millions de travailleurs, chômeurs ou retraités est telle que la colère sourde, la colère non exprimée avec éclat constitue une vraie cocotte-minute. Les syndicats utilisent cette cocotte-minute non pas pour faire pression sur le gouvernement, mais pour lâcher de la vapeur, juste ce qu’il faut de vapeur relâchée pour être invités à re-re-re-négocier. Parfois, l’un de ces syndicats va se démarquer, histoire de montrer ses petits bras musclés, histoire de viriliser son plan communication, mais en se gardant bien d’œuvrer pour une mobilisation générale.
Non, y’a pas de déliquescence ambiante. Certes, c’est facile de crier au "Tous pourris", certes, mais c’est facile aussi de gémir sur le bon peuple qui se contenterait de bouffer du football ou de la télé-réalité. A la dernière manif, j’ai vu des gens que je connais qui n’étaient jamais venus à une manif. L’attaque contre les retraites est trop énorme, elle touche trop de monde. Il y a une possibilité sur des mots d’ordre simples et sans ambiguïté de mener cette bataille. Mais que font nos généraux ? ils programment pour le 13 juillet... Pour un peu, on avait un apéro-géant-feu-d’artifice pour mener le combat contre le projet du gouvernement.
Si, il y a un régime pourrissant, et des gens qu’on tente d’abrutir. Ca ne date d’ailleurs pas d’hier et ça a eu des conséquences sur toute la société (partis et syndicats y compris) comme vous le soulignez dans votre premier paragraphe en pointant certaines accointances plus que douteuses. Je pense que je l’ai déjà écrit, mais selon moi, pour le moment encore, le capitalisme occidental a gagné la bataille idéologique. Et les années Tapie, "trop mortel" !
Alors, quand certains syndicats lancent des mots d’ordre de grève et de mobilisation, je ne COMMENCE pas par dire qu’ils auraient dû le faire plus tôt, plus tard, hier, demain à 15 heures, ou le faire autrement, ou le dire autrement. Je dis tant mieux, je dis allons y, quitte à régler mes comptes en temps utile dans ma propre organisation si ça me convient pas.
Il reste une semaine avant le 13 juillet : vous voulez quoi ? Grève générale ? Là, maintenant ? Tout de suite ? Je vous en prie, proposez !
Je ne me rappelle plus précisément des dates, mais l’an dernier, 2 énormes manifs et grèves interpro (privé/public) en début d’année. Les gens en attente d’une suite à la hauteur. Bilan : appel au 1er mai. Ouéch. Parallèlement à ces 2 succès de début d’année, se mettent en colère les universités : grève reconduite chaque jour dans l’enseignement supérieur de février à avril-mai. On n’ avait pas vu ça depuis mai 68. Ils attendent encore le soutien des orgas et l’appel à les rejoindre.
Bon, ben alors c’est plié ? On a plus qu’à partir (quand on a les sous) en vacances. Et après les vacances, on reprend notre petit boulot, notre petite auto, le soir on va faire dodo ...
J’en ai marre : z’êtes trop défaitistes à la fin. J’abandonne !
non, justement Pascale, la défaite, elle est organisée de plus haut. Je ne dis pas non plus que ce serait forcément une victoire si on ne s’occupait plus dutout des orgas, mais au moins, on aurait essayé. En tous cas, ce dont je suis sûre, c’est qu’ils organisent la défaite de la rue. Et comme l’a rappelé Bombix, en 2003 aussi. Alors, pour ma part, leur- 13 juillet et ensuite on va en vacances-ils peuvent bien se le mettre là où je pense. Et d’ailleurs, le 13 juillet, ça se passe où ? à Paris seulement je crois, devant Matignon, non ? un rassemblement...offensif... ;-)
J’en ai marre : z’êtes trop défaitistes à la fin. J’abandonne !
Mais non, ils ne sont pas défaitistes, juste fatalistes ou désabusés, c’est tout ! Tiens, je vous ai trouvé quelqu’un qui part du même principe que vous : obliger les syndicats à pousser une chansonnette qu’ils n’ont pas l’habitude d’entonner. Là, il ne s’agit pas de syndicats, mais du PS. Extraits :
On peut passer son temps à dénoncer l’hypocrisie de nos partenaires obligés. Belle affaire ! Rien de tel pour semer du doute et de la démoralisation parmi les plus motivés. Et rien de tel pour donner l’impression d’une insupportable pagaille pour les désorientés qui nous observent et se demandent que faire. (...) L’autre état d’esprit, c’est de dire, d’une façon ou d’une autre, en permanence : « chiche ». Ce qui compte, c’est la musique, le sens qu’elle indique et que, dès lors, elle valide. Ce n’est pas être dupe de la duplicité fondamentale de récitants de circonstance qui psalmodient nos chansons. (...) Je propose que l’on pousse par tous les moyens à saturer l’espace de nos mots, notre vocabulaire, nos bouts d’explications (jamais de trop gros morceaux d’un coup !). Quand nous désignons tous les choses de la même manière au bout d’un moment les autres en font autant et ils commencent à avaler la grammaire qui va avec. J’ai un nom pour nommer la chose. Il me vient de mes études de lettres. Ça s’appelle « l’innutrition ».
Eulalie, pour répondre à votre question, j’apprends qu’il y aura un rassemblement dans le cher le 13 à propos des retraites. Je pense réellement que ce n’est pas si facile et que ni vous, ni moi ne sommes Madame Soleil, qu’on ne peut pas savoir ce qu’il adviendra au cours des semaines qui vont suivre. Javerliat dit que vous seriez désabusée ? C’est dommage, peut être ...
Quant à vous, Messieurs, je vous salue bien.
Cordialement à tous.
Bonjour Pascale : c’est-à-dire que des rassemblements à Bourges et ailleurs, j’en ai déjà faits. Comme par exemple, celui de je ne sais plus quand, il y a 2 ou 3 ans, je ne sais plus, contre la réforme de la sécu, santé (ou contre -réforme, comme vous voulez, j’ai jamais rien compris à ces "concepts" de réforme et contre -réforme, vu qu’à chaque fois, qu’elle soit réforme ou contre-réforme, on l’a dans le cul depuis des années. Je ne suis peut-être pas née au bon moment pour savourer toute la teneure du sens de réforme) devant la Préfecture. Ce devait sûrement être un jour où c’était "discuté" en conseil de ministres, comme là, pour les retraites, le 13 juillet. Ca a été très efficace ainsi que les suites données (si j’ai bonne mémoire, il me semble qu’on manifestait le samedi à cette époque, fallait surtout pas faire grève) par des organisations syndicales, comme chacun aura pu s’en rendre compte.
Donc, un jour, je me suis dit " et si t’arrêtais d’être conne, ou disons, complètement conne". Et c’est de pire en pire (non que veuille dire que je deviens de plus en plus intelligente, mais absolument écoeurée).
Excusez Pascale, je reviens avec un lien d’analyses sur les luttes de 2003 et le rôle des grandes organisations syndicales. C’est interessant à lire, je trouve (tous les chapîtres.) Maintenant, promis, je vous lâche la grappe.
Cordialement,
Oui, on peut aussi se reporter au texte des liberturiges, qui avaient organisé un débat sur le mouvement de 2003, du temps où, dans cette ville, il existait la volonté, des lieux et des moments pour débattre publiquement de politique et de syndicalisme.
Pourquoi et comment s’est perdue la bataille des retraites.
Il me semble d’ailleurs qu’on a encore régressé depuis 2003, dans la mesure où l’on ne voit plus très bien où trouver le "syndicalisme de lutte" (# négociation et # co-gestion) ; suffit d’observer par exemple l’évolution (bureaucratique ?) de la confédération Solidaires, qui, a ma connaissance, a fait partie en 2009 de l’inter-syndicale et .. y reste.
Je cite quand même la fin, pour mettre tout le monde en bouche ;-) : « Dans ces conditions, les réseaux des partis de gauche n’avaient aucun intérêt à une victoire syndicale. Ils avaient besoin que le mouvement social se prenne une monumentale raclée, de façon à apparaître aux prochaines élections comme les sauveurs de la classe ouvrière qu’ils ne sont pas. Leurs discours électoraux sont déjà écrits : " Vous voyez bien : la droite ils sont vraiment très très méchants, votre grève c’était pourri, ça sert à rien de faire grève. D’accord, nous aussi nous sommes pour l’allongement de la durée de cotisations, tout le monde à 40 ans, mais nous sommes quand même moins pires que les affreux de la droite. Alors votez pour nous. " Le bulletin de vote comme seule alternative. On a demandé aux syndicats de se coucher ? Ils l’ont fait. Cela fait tellement longtemps qu’ils obéissent… »
Suffit de changer d’élections, et de remplacer "tout le monde à 40 ans de cotis" par "départ pour tout le monde à 62 .. 65 ... 67 ans" (pourquoi pas ?)
Je crois que "mondialisme.org" explique encore mieux pourquoi la bataille des retraites a été perdue en 2003. C’est beaucoup plus long à lire, mais c’est beaucoup plus précis et ça décortique. Et finalement, ça ne met pas "en cause" seulement le haut les grandes organisations syndicales dont de toutes façons il ne fallait rien attendre. Ca explique bien comment tout ça s’est passé, sans simplisme, et comment s’organisaient les luttes de la base enseignante et pourquoi. C’est détaillé dans le fond. Ca me rappelle également les luttes des universitaires l’année dernière dans leurs fonctionnements qui refusaient les étendards syndicaux, même si bien sûr, bon nombre de militants syndicaux activaient la lutte, mais pas seulement eux. Bref, c’est la première fois que je trouve le "récit" d’une lutte qui n’est pas analysée d’un point de vue sociologique, journalistique, philosophique, mais juste politique (et non politicienne), de terrain et sans passion, me semble t-il. Juste un penchant pour les luttes, sans les idéaliser.
On sera peut être en accord sur ce point : il me semble qu’il faut se souvenir des luttes de 1995 (plan Juppé) et de celles de 2006 (CPE) à partir desquelles le gouvernement a reculé (même s’il ne l’a pas fait complètement d’ailleurs) : belle unité syndicale et belles luttes poulaires en même temps. C’est vers cela qu’il faut tendre ... et plus, si affinités.
Pascale, il est maintenant de renommée quasi internationale, voire intergalactique, que la lutte contre le CPE a été gagnée parce que Sarkozy voulait "flinguer" Villepin avant les présidentiels : l’ancien "président" de l’Unef l’avait déclaré quelques années plus tard sur les médias. Ceci dit, ce ne fut pas une révélation, on s’en doutait un peu.... C’était assez gros....
Et j’ajouterai que Villepin a l’air de bien se venger...
alors, une belle lutte populaire gagnée grâce à Sarko : aïe.
Il est vrai que Julliard est un homme digne de foi, pas opportuniste, pas mégalo, et que c’est grâce à lui et Sarkozy que la bagarre contre les CPE a pu être gagnée ! ;-)
Si vous saviez tout ce qu’on a pu dire et écrire à propos de mai 68 pour minimiser les conquêtes sociales obtenues à l’époque ! Certaines informations étaient vraies d’ailleurs. Mais c’est regarder les choses par le petit bout de la lorgnette. C’est trop réducteur.
Enfin, maintenant, on sait ce qui nous reste à faire : on se prend un bon syndicaliste aux dents longues susceptible de lâcher du lest et de se retourner comme une crêpe dans l’avenir (ça ne manque sans doute pas), on lui ménage une bouffe avec Fillon. Deux trois manifs par là-dessus. Et hop, c’est gagné pour les retraites !
"Enfin, maintenant, on sait ce qui nous reste à faire : on se prend un bon syndicaliste aux dents longues susceptible de lâcher du lest et de se retourner comme une crêpe dans l’avenir (ça ne manque sans doute pas), on lui ménage une bouffe avec Fillon. Deux trois manifs par là-dessus. Et hop, c’est gagné pour les retraites !"
Euh... c’est pas dutout ce que j’ai dit, ni voulu dire. Ca vous étonne pas vous que la lutte contre le CPE ait été gagnée pile-poil pendant la bagarre Villepin-Sarko pour les présidentielles . La seule lutte sociale nationale gagnée depuis 95, alors que toutes les autres ont foiré depuis. Julliard est certainement un homme aux dents longues, j’en doute pas, mais alors là, il a dit tout haut ce que je pensais tout haut en allant dans les manifs anti-CPE : si vous voulez, j’y allais un peu "schyzo". Je me disais pendant ces belles manifs, " et dire que c’est grâce à Sarko que c’est si beau, que ça marche du feu de dieu". On me disait que je me faisais des idées...Et vous me le dites aussi. Vous êtes marrants les militants, mais je vous aime bien quand même.
Il faudrait pt être nuancer. Ce n’est pas « grâce à Sarko » que le mouvement a réussi. On devrait plutôt dire que la droite étant divisée, et l’un de ses camps ayant intérêt à accélérer la défaite de l’autre, la victoire était plus facile pour les anti-CPE. C’est grâce à la mobilisation et aux manifestations que le CPE est tombé. La jeunesse est l’une des rares forces qui est encore capable de faire reculer ou tomber un gouvernement dans ce pays. L’année dernière Darcos a reculé en décembre, et si Sarkozy n’avait pas eu cette année avec lui les syndicats « de gôche » et les organisations « de gôche » également genre FCPE, son actuelle réforme du lycée, réforme Darcos light, ne serait pas passée. On parle de grève générale, mais la plupart des gens sont tenus par leurs obligations et leurs crédits. Une grève ça coute très cher ... et il faut être drôlement motivé pour accepter ces sacrifices financiers.
1995 est la dernière lutte sociale gagnée en France. Mais depuis, on a changé de régime. 1995, c’était encore Juppé et la chiraquie. Aujourd’hui, on a Woerth et la sarkozie. Et puis surtout, la reconfiguration de la donne sociale a eu lieu avec Maastricht (1992) et l’entrée dans la mondialisation capitaliste. Les centres nerveux économiques sont désormais les marchés financiers, les centre nerveux politiques les instances européennes. De traité de coopération entre nations libres, l’UE est devenue un "machin" (pour parler comme le Général de Gaulle) qui casse la souveraineté des nations au nom d’un dogme, la concurrence libre et non faussée, et par la contrainte d’une "gouvernance" aussi invisible qu’inflexible.
Les syndicats, CGT comprise, sont convaincus que cette donne de départ n’est pas contestable et qu’il faut jouer avec les règles qu’on nous impose. Ce fut très tôt la position de la CFDT, qui a motivé ainsi son tournant "libéral".
On pourra remarquer par exemple la disparition dans le langage du mot "bourgeoisie" (et progressivement du mot "travailleur" également. Arlette commençait à dessein toutes ses interventions par le fameux "Travailleuses, travailleurs ..."). La bourgeoisie détient les moyens de production. Elle doit se faire oublier comme classe sociale, car aussitôt qu’on pense à elle, on pense aussi à la classe sociale antagoniste, qui ne détenant pas les moyens de production, est obligée de se vendre. Elle est majoritaire en nombre. Le nombre de salariés est plus important aujourd’hui qu’il y a cinquante ans.
Il faut reparler de la bourgeoisie. Il faut reparler des classes sociales. Il faut que les salariés prennent conscience d’appartenir à une classe sociale qui n’a pas les mêmes intérêts que la classe qui possède. Il faut bannir le mot de "partenaires sociaux". Les petits chefs de Mac Do ne doivent plus accepter de se faire appeler "collaborateurs" par les grands chefs. Bref, il y a tout un imaginaire et un langage à décoloniser. Sans cela pas de conscience de classe ni de théorie pour penser notre histoire. La bataille, c’est dans les têtes qu’il faudrait d’abord la mener. Vaste programme.
Merci à Bombix d’avoir développé ce que j’ai voulu écrire de manière sans doute trop ironique à Eulalie (c’était une petite moquerie sans méchanceté, Eulalie).
"Les syndicats ... sont convaincus ... qu’il faut jouer avec les règles qu’on nous impose." : c’est tout le problème de "l’intégration". Faut-il par exemple que les grands syndicats français appartiennent à la Confédération Européenne des Syndicats dont on connaît le rôle dans le soutien à la construction européenne actuelle ? Faut-il accepter de "négocier" ce qui ne l’est pas ?
Cette idée de bonne entente dans la- plus- pure- nouvelle- tradition- de "gestion des conflits", où tout le monde "se respecte" (voilà le grand mot lâché et si peu ... respecté, en fait) est véhiculée par le langage utilisé chaque jour dans nos journaux télévisés, nos magazines grand public et reprise jusque dans nos écoles (qu’on songe au "devoir de mémoire" qui efface la notion de rigueur de la recherche historique et qui rassemble tout le monde en messe oecuménique) et épatamment analysée dans un petit bouquin d’Eric Hazan, intitulé "LQR, la propagande au quotidien" : ainsi il n’y a plus "d’exploités", mais des "exclus", plus de "classes", mais des "couches sociales" pour ne citer que ces deux exemples.
Un bouquin fort intéressant aussi et très efficace pour remettre les pendules à l’heure de la conscience de classe, c’est "La guerre des classes" de François Ruffin : sérieux et documenté en même temps que distrayant, tout à fait accessible, il commence par la citation de Warren Buffet (l’un des plus gros milliardaires de la planète), citation qu’on entend maintenant assez souvent trainer dans les conversations : "La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter".
Début février 2006, c’est une journée d’action interprofessionnelle organisée par l’ensemble de syndicats. Villepin, à la chambre des députés : « J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas. ». En utilisant l’article 49-3 Villepin fait adopter le projet de loi sur "L’égalité des chances" (une loi dont le CPE n’est qu’un élément).
Début mars, on a le début des grandes manifs s’opposant particulièrement au projet CPE. Le premier ministre reste arcbouté sur son projet. A partir du 20 mars, Sarkozy commence à nuancer son soutient. Il se dit « solidaire tout en étant différent. » Il propose une expérimentation du CPE sur six mois.
Les manifs grossissent : le 28 mars, c’est une marée humaine (plus qu’en 1995, plus qu’en 2003 : cette histoire de CPE est prétexte à manifester son ras-le-bol, et pas qu’un peu !). Villepin continue à faire le matamore mais se dit prêt à discuter sur la période d’essai et le licenciement sans justification. Sarkozy lui savonne la planche en proposant carrément une « suspension » de l’application du CPE, le temps qu’on négocie un compromis. Le MEDEF commence à prendre aussi ses distances. C’est l’ampleur grandissante et exceptionnelle des manifs qui fissure la majorité : comment se sortir de ce guêpier sans avoir l’air de se parjurer ?
Le 31 mars, une fameuse intervention étonnante du président de la République Chirac à la télévision : « J’ai décidé de promulguer cette loi », en ajoutant qu’elle allait être modifiée (promulgué mais donc non appliquée momentanément). Après la manif du 4 avril, le projet CPE est poussé vers la sortie. Le 10 avril, Chirac annonce que l’article de la loi sur l’égalité des chances, concernant le CPE, sera « remplacé par un dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté ». The end.
Que Sarkozy y ait trouvé un moyen de plomber la future candidature possible de Villepin, c’est évident ; mais surtout, il ne voulait pas plomber ses chances à lui (et c’était plus aux militants UMP qu’il s’adressait, pour qu’il soit considéré comme le meilleur candidat). Qu’il dise au leader étudiant qu’il soutient sa lutte contre le CPE, qu’il fasse une petite valse-hésitation à partir du 20 mars pour se faire mousser, ça n’illustre qu’une chose : l’ampleur du mouvement (où tous les jeunes s’impliquaient) rendait délicate le maintient du projet CPE, il fallait quitter le navire Villepin. Ce n’est certainement pas un coup de fil de Sarko à Julliard, ni son interview à Paris-Match qui a fait que les manifs ont été encore plus conséquente. C’est bel et bien l’enthousiasme, la pugnacité des lycéens, des étudiants, et des travailleurs qui emboitaient le pas qui va faire plier le gouvernement.
Enfin un discours clairvoyant ! T’es le plus fort ! Surtout pour la bourde.
Les Français acceptent la retraite à 62 ans , selon Le Figaro.
Sauf que quand on lit l’article, on voit que les sondés ne sont que 58% à juger « acceptable » le recul de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite !
Les vuvuzelas de la réforme continuent...
Quand vous dites aux gens : "on repousse l’age légal de la retraite à 62 ans pour sauver le système", ils ont tendance à trouver cela acceptable. Un moindre mal quoi.
Quand vous leur expliquez que ce n’est qu’une publicité gouvernementale, que ça veut dire en réalité, travailler jusqu’à 67 ans, que ça ne permets de réduire le déficit des retraites que d’1/3 et que ce sont les plus fragiles qui devront travailler le plus longtemps, ils ont tendance à se raviser.
Les sondages, on s’en fiche !... Lorsque on clique sur le lien proposé par Bernard J. on trouve le sondage : "Les français acceptent la retraite à 62 ans". Mais j’ai pas la berlue ?! sur la même page, on trouve "Deux Français sur trois ne veulent pas travailler plus longtemps" (ça date de septembre 2009). Alors...
Défendons nos retraites !
Pour le Gouvernement, le problème des retraites est essentiellement un problème démographique : le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie obligeraient à travailler plus longtemps.
Pour eux, l’équation est simple : vivre plus longtemps = travailler plus longtemps.
Demandons-nous pourquoi l’espérance de vie a augmenté . D’abord c’est grâce aux progrès de la médecine que la mortalité infantile a énormément diminué, que les maladies qui faisaient des ravages autrefois ont été éradiquées ( variole, diphtérie, tuberculose, méningite etc...) . C’est aussi grâce à un meilleur accès aux soins, une meilleure hygiène, une nutrition plus saine, un confort accru des logements et l’augmentation du niveau de vie. Et puis grâce à la diminution du temps de travail ( 48 h puis 40 h puis 39 et enfin 35 h par semaine) , aux congés payés et à la retraite à 60 ans !
Cette espérance de vie meilleure et plus longue sera-t- elle encore d’actualité si on continue à s’attaquer à la protection sociale comme le fait ce gouvernement ?
Le chômage, la précarité, l’intensification des cadences, le stress au travail, les soins médicaux plus chers et plus difficiles d’accès, la "malbouffe", la baisse du pouvoir d’achat , le recul de l’âge de la retraite ne vont-ils pas stopper et même faire reculer cette espérance de vie ? On l’a bien vu en Russie après 1991 dans le chaos qui a suivi l’écroulement du régime soviétique.
L’ espérance de vie a augmenté : il faut nous en réjouir ! C’est un progrès qui ne doit pas être remis en cause en démolissant notre système de protection sociale.
2- Les solutions proposées par le gouvernement sont de mauvaises solutions :
a) Reculer l’ouverture des droits à la retraite à 62 ans et la retraite à taux plein à 67 ans est stupide dans un contexte de chômage massif des jeunes et de nombreux salariés après 55 ans . Indemniser de jeunes chômeurs plutôt que payer des retraites aux vieux travailleurs est aberrant.
b) Augmenter la durée de cotisation aboutira à une baisse du niveau des pensions pour de nombreux salariés.
La baisse du pouvoir d’achat ne fera qu’accentuer la crise économique.
c) Le gouvernement annonce que les hauts revenus seront mis à contribution : leur imposition va augmenter de 1% !
Cette augmentation ridiculement faible ne pèsera pas bien lourd dans la réduction des déficits de nos caisses de retraites. C’est très insuffisant ( environ 4 milliards de recettes nouvelles).
3- Exigeons le retrait de ce projet et avançons d’autres solutions
a) Combattre vigoureusement le chômage et tendre vers une société du plein emploi.
b) Augmenter les salaires et augmenter les cotisations, en priorité patronales pour les grandes entreprises : cela est possible en ponctionnant les dividendes payés aux actionnaires dont le taux est passé de 3,2% du PIB en 1962 à 8,5% du PIB aujourd’hui !
c) Supprimer les exonérations de cotisations sociales et la détaxation des heures supplémentaires.
c) Taxer le capital et tous les revenus qui échappent actuellement à la fiscalisation.
4-Assez d’ arguments fallacieux comme par exemple :
a) " Nous devons repousser l’âge légal de la retraite car tous les autres pays en Europe l’ont fait ! "
Et pourquoi pas aussi supprimer les congés payés , les indemnités chômage, la gratuité de l’école .....( car cela n’existe pas dans certains pays ) .......pour être plus "compétitifs" ?
b) " L’équité commande d’aligner les différents régimes de retraites."
Tout le monde sait bien que cela se traduit toujours par un ajustement vers le bas !
c) " Il est nécessaire d’encourager des dispositifs d’épargne retraite."
On sait bien que les banquiers , les assureurs et autres financiers en rêvent ! Des centaines de milliards d’euros leur échappent , ils voudraient bien les placer pour spéculer !
Tous ensemble nous pouvons gagner, nous devons gagner cette bataille des retraites !
A mon avis, ce n’est pas seulement le problème des retraites qui est en cause, mais tout un système qui va à vau l’eau et beaucoup en ont conscience.La colère qui peut s’exprimer le 24 n’est pas simplement liée à une régression ponctuelle (le système des retraites) mais à tout ce qui va avec : la ponction salariale, les services publics bradés, le chômage, les temps partiels imposés, la précarité, les sans papiers traités comme des sous hommes, la hausse des prix, le pays à la botte des "directives" européennes, toutes les promesses non tenues, les scandales de toutes sortes ...
J’espère qu’il y aura beaucoup de monde demain dans les rues des villes de France, et que ça ne s’arrêtera pas là. Bien entendu, le gouvernement compte sur les vacances d’été pour éteindre le feu qui commence peut être à prendre, mais, même dans l’Education nationale où presque tout va s’arrêter à partir du 9 juillet jusqu’au 1er septembre, le SNES, syndicat enseignant du second degré, appelle déjà à la grève dès la rentrée scolaire, soulignant qu’il s’agit d’un appel "exceptionnel" lié à des événements d’une gravité "exceptionnelle". Et il explique également qu’il va appeler au plus large rassemblement possible des forces syndicales.
Se mobiliser demain, oui : par dignité, Javerliat a raison. Pour montrer qu’on est là, aussi. Pour dire que même si demain, "ça servira à rien" sur le coup, c’est peut être aussi le début d’autre chose.
...le pays à la botte des "directives" européennes...
Dans une interview au Financial Times, Claude Guéant, le vrai Premier Ministre, déclare que "La France se prépare à d’importantes coupes budgétaires. "Nous devons faire plus, bien sûr. Beaucoup plus".
Au moins, c’est clair.
Encore une autre vuvuzela :
La Cour de Comptes estime donc qu’il y a urgence, qu’il faut un traitement "immédiat, continu et massif" de nos déséquilibres financiers. Les mesures annoncées par Eric Woerth, le ministre du Travail, réduiront assez peu le déficit à court terme, et la Cour de Comptes suggère de réexaminer l’ensemble des politiques publiques : prestations sociales, rémunérations, assurance-maladie, un gel des salaires des fonctionnaires, ou encore une plus grande sélectivité des admissions au régime des affections longue durée.
"Traitement immédiat, continu et massif" de nos déséquilibres financiers, dit notre cher ministre. Ben voyons !!!
Tout ça est con-cer-té : rappelons donc pour mémoire les meilleurs moments du sommet de Lisbonne (qui a donné naissance à la "stratégie" du même nom) qui s’était tenu les 23 et 24 mars 2000. Il fallait "renforcer le modèle social européen" pour le rendre "plus moderne et plus actif". Plusieurs pistes étaient proposées par l’Union Européenne : poursuite de la libéralisation des télécommunications, des marchés publics, de l’énergie, de l’aviation... ; achèvement d’ici 2005 de l’intégration d’un vaste marché financier européen. Pourquoi ? Eh bien, pour réduire le taux de chômage à 4%, pour réduire le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de la pauvreté de 18 à 10% ! qu’y disaient.
Mince ! ces "pistes" ont été bien suivies (et au-delà même) et le taux de chômage est de plus de 9% en 2009 (et maintenant ?), tandis que celui de pauvreté est de 17% (et maintenant ?). Joli résultat, dix ans après. On sait par contre "à qui profite le crime". Ca, c’est de la stratégie !
Et nos gouvernants d’appliquer les mesures de "stabilité" (comprendre "austérité" évidemment), en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Roumanie, en Lettonie, en G.Bretagne, en Allemagne même ... et en France bien sûr.
On s’aperçoit que plus les peuples s’appauvrissent et se résignent, plus le racisme, le nationalisme et l’extrême droite montent en puissance (Allemagne, Italie, Hongrie, Belgique récemment...), ce qui n’arrange évidemment pas la situation. Nous avons donc tout intérêt à montrer les dents, pays par pays déjà. Car "L’Europe sociale", c’est pas pour demain.
Le titre de Bernard Javerliat, "Ça servira à rien, mais faut y aller", "résume bien un sentiment partagé par beaucoup.
« Tous ensemble nous pouvons gagner », tous ensemble, certes, mais pour faire quoi ?... Est-ce qu’on se souvient des manifs monstrueuses d’il y a quelques années ? Lorsque la tête de la manif passait rue Moyenne, devant la Poste, la queue de la manif n’était même pas encore visible rue d’Auron. On y était tous ensemble, ça le criait "Tous-Ensemble-Tous-Ensemble-Ouaih !". Et alors ? bin, rien : Raffarin n’a pas sauté - et l’assaut contre les retraites a continué.
Alors, demain ? « Pour dire que même si demain, "ça servira à rien" sur le coup, c’est peut être aussi le début d’autre chose. » L’automne sera chaud, alors ? Le printemps, l’hiver, l’été : tout sera toujours chaud, on va voir c’qu’on va voir, ça va chier, ça va péter - depuis combien d’années entend-on ça ? Et de manifs en manifs, les directions syndicales louvoient pour ne pas affronter réellement ce gouvernement.
Oui, on a besoin d’un Tous-Ensemble, comme l’écrit Michèle. Oui, il faut que ce soit le début d’autre chose, comme l’écrit Pascale. Mais tous ensemble on a besoin de bien autre chose que des manifs, aussi imposantes soient-elles. Je prends toujours plaisir à rappeler une citation de Blanqui, extraite du "Toast de Londres", où il parle des prolétaires « qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues. » On a besoin d’une lutte déterminée, d’une explosion sociale qui soit à la mesure de l’attaque que subissent les classes populaires de ce pays.
Hélas, si on peut programmer la date d’une manif (nécessaire mais non suffisante), on ne peut pas programmer une date pour une lutte d’ensemble du monde du travail. Il n’y a que cela qui peut réellement faire reculer ce gouvernement, les banquiers, les grands patrons : des entreprises en grève, des transports à l’arrêt, des banques aux guichets fermés. Certes, ça ne se programme pas, mais on pourrait au moins en poser le cadre, en créer l’envie, en montrant une mobilisation décidée avec de réelles perspectives de futures mobilisations. Pour le moment on n’a que le minimum syndical, et la énième manif : "Ça servira à rien, mais faut y aller". Y’a pas à dire, ça résume bien l’ambiance actuelle. Et on y ira.
Cyrano est un manifestosceptique. Moi aussi parfois...
En même temps, c’est pas vraiment le moment de se décourager. Dans beaucoup de pays, ça manifeste, ça gronde. Pour en arriver où ? Personne ne le sait encore.
Les directions syndicales louvoient ? Certaines oui, d’autres moins. Ca grogne à la base en tout cas. Je pense qu’il faut se servir des syndicats (je suis moi-même syndiquée) et continuer à se battre, tout simplement. Et continuer à expliquer, inlassablement, que d’autres solutions existent que celles qui nous sont servies chaque soir au vingt heures.
Ca ira !
Sinon, je suis bien d’accord avec toute une partie du dernier paragraphe de Cyrano. J’estime qu’il faut avancer vers une lutte d’ensemble, vers une "manif des manifs" en quelque sorte. Tout faire pour la préparer, la mettre en place, unifier les luttes ponctuelles, aller plus loin que la nième manif.
Bon, on est déjà deux à penser ça. Ca avance, ça avance...
3- Exigeons le retrait de ce projet et avançons d’autres solutions
Voyons voire ce que vous avez à nous proposer !
a) Combattre vigoureusement le chômage et tendre vers une société du plein emploi.
Le plein emploi ? C’est quoi ce truc ?
Ah ! Oui ! C’est ce qui se passait durant les 30 glorieuses, quand il n’y avait pas de problème de raréfaction des ressources et que les gains de productivité n’étaient pas encore au maximum.
Bref, la baisse massive du chômage et le plein emploi, à mon sens, c’est un peu comme le retour d’une croissance forte, c’est du vent. Rien de plus.
b) Augmenter les salaires et augmenter les cotisations, en priorité patronales pour les grandes entreprises : cela est possible en ponctionnant les dividendes payés aux actionnaires dont le taux est passé de 3,2% du PIB en 1962 à 8,5% du PIB aujourd’hui !
Pas faux. Avec ça, on peut combler, peut être, 1/10ème du déficit annuel. Au mieux.
c) Supprimer les exonérations de cotisations sociales et la détaxation des heures supplémentaires.
Allez, on pousse jusqu’à 1.5/10ème du déficit. Youhou !!! \o/
c) Taxer le capital et tous les revenus qui échappent actuellement à la fiscalisation.
Ah là oui, ça serait génial si on pouvait faire ça ! Et avec un peu de chance, on arriverait même à empêcher le capital et les ultra-riches de se barrer dans des pays moins fiscalisés en créant des barrières infranchissables tout autour de la France !
Non mais sérieusement, demain, je vais aller manifester parce que je trouve que ce que propose le gouvernement est inadmissible. Mais va quand même falloir, un jour ou l’autre, que l’opposition se sorte les doigts du cul pour arriver à faire ressortir des propositions innovantes, mais surtout efficaces. Parce que si très peu de français ont envi de travailler après 60ans, très peu de français, aussi, sont prêt à gober la soupe que vous nous proposez là !
Mais il ne faut pas gober la soupe servie par la politique spectacle que nous voyons tous les jours à la télé, voyons !
Réduire drastiquement le chômage ? Augmenter les salaires ? Augmenter les cotisations patronales ? Bien sûr que c’est possible, souhaitable, NECESSAIRE si on veut vivre. Il faut déjà que les gros actionnaires s’en mettent moins (bien moins) dans les poches pour qu’on puisse embaucher. Réduire la marge des revenus du capital en fait, et c’est pas bien méchant. Et ça rapporterait beaucoup d’argent, sans mettre le pays sens dessus dessous, et ça laisserait la retraite à 60 ans, sans rire du tout. Je vous assure que l’effet vase communiquant est magique. Ils vont pleurer ? Tant pis ! Ils vont dire qu’ils sont ruinés ? Même pas vrai ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que les plus riches crient à l’assassinat financier et à la ruine du pays. Les congés payés de 1936 leur avaient déjà fait pousser ces cris d’orfraie. Ils s’en sont tout à fait bien remis. Les nationalisations de 1945 les avaient aussi mis dans le même état, ainsi que les augmentations de salaires en 68. Voyez, ils ne se portent pas si mal.
Empêcher les fuites de capitaux, c’est possible aussi : à condition que les Français eux-mêmes s’en mêlent, c’est tout à fait faisable, même si ce n’est pas facile de convaincre le simple quidam qu’il peut influer sur SA vie. Ca s’appelle créer un rapport de forces.
Dire que ça va marcher à 100% ? Ben, c’est un peu de nous que ça dépend. Je préfère ces solutions à la servitude volontaire que nous vivons.
Des propositions innovantes pour un gars comme vous, centriste donc, et pour les gars de droite ou socio démocrates, c’est tout sauf toucher aux intérêt des parasites sociaux que sont les actionnaires et compagnie. Ben oui voyez vous, comme on le fait en Amérique latine, il va falloir affronter cette clique qui nous vampirise. Vous en serez ou pas avec Europe écologie (j’en doute), qu’importe. Vous n’avez pas votre place dans une manif comme celle de ce matin sauf à vouloir diviser le mouvement avec vos diversions verbeuses...
Vous n’avez pas votre place dans une manif comme celle de ce matin sauf à vouloir diviser le mouvement avec vos diversions verbeuses...
Euh... que je sache on est encore libre de circuler et de dire ce qu’on veut, non ? A moins que dans votre société sans "parasites sociaux" ça ne soit plus le cas ?
Je crois que vous vous trompez à mon sujet.
Vous en voulez des pistes de réflexions innovantes ?
– revenue de vie,
– valoriser les activités hors travail,
– travailler mieux, travailler moins (voir ici et ici aussi),
– croissance verte,
– décroissance,
– localisme...
Je n’ai jamais été centriste, j’ai juste été MoDem parce que je croyais que ça pouvait devenir une structure en dehors, et non au centre. Je me suis planté et je porte aujourd’hui mes espoirs ailleurs.
Dire "Il faut transférer la richesse du capital vers le citoyen", c’est bien et je partage cet avis. Tout ce que je dis, c’est que personne ne tente de réfléchir à comment faire cela dans un monde ou, après tant d’années d’ultralibéralisme, le politique n’a plus la main sur le capital.
Je ne cherche pas à diviser le mouvement, je cherche à le rendre utile. Si il ne s’agit que de dire « non » sans rien proposer d’efficace derrière, ça ne sauvera pas les retraites et c’est ça, moi, qui m’intéresse.
Au lieu de m’attaquer personnellement, n’hésitez pas à m’expliquer en quoi je me trompe et à avancer vos idées. Je ne demande que ça et je suis particulièrement ouvert !
La première fois, quoi que.....
Il me semble bien qu’à la création du statut de "Professeur des écoles" ceux ci ont perdu le droit qu’avaient les "Instituteurs" de partir en retraite à 55 ans, sans faire aucune vague à l’époque.....
Mais c’était une autre époque.......
et il y avait de nombreuses compensations ......
quoi que ????