Conseil municipal, 25 juin 2010 : Bourges-la-Luciole
81 points, plus de 3 heures... Ambiance hot ! Et déjà ? déjà la campagne pour les élections au Conseil général ?!...
« Chers collègues, La séance est ouverte »
Deux minutes avant 18 heures tapante, une seule conseillère de l’opposition assise ; quelques absents aussi dans les rangs de la majorité ; deux minutes après 18 heures, le staff de l’opposition arrive : Yannick Bedin (PCF), Irène Félix (PS), Colette Cordat (LO) ; ça reste clairsemé : Christophe Roussat (A-Gauche-Bourges) n’arrivera que plus tard (il assistait à un conseil de classe), Jean-Pierre Saulnier fera une vague apparition en dilettante. Viviane Siméon partira 40 minutes après le début du conseil, Philippe Bensac partira après qu’on ait avancé le traitement de son point ; Roland Narboux partira avant la fin because que c’est la nuit des lucioles, faut qu’il se déguise (d’autres conseillers municipaux absents aussi ?). Le maire plaisantera sur l’emprise de l’association des lucioles sur le conseil municipal. Malgré les 81 points à traiter, ça faisait un peu Bourges-sur-Malibu – avec quinze personnes dans l’assistance : des braves !
En entrée
Je vous conseille ce menu, c’est très digeste : dès l’entrée, vous bouffez budget, comptes administratif, budget principal, budgets annexes de ZAC, budget supplémentaire, budget supplémentaire des budgets annexes, budget comptabilité. Tout ceci nous fait 15 points traités. Après ça, si vous encore faim, y’a pas de soucis, il reste plus de 60 points à parcourir. Le maire résume son budget : « Une maîtrise de gestion exemplaire. Je tiens à remercier les services de la ville » L’opposition ne partage pas cette opinion, évidemment. Mais y’a trop de chiffres pour que ce soit bandant. J’avoue, j’me suis dit : le Berry Républicain donnera les détails, j’peux somnoler.
Une sortie durant l’entrée
Durant le débat sur les divers points du budget, le maire dira que Bourges est « pénalisé » par le Conseil Général (les subventions accordées par le Conseil Général à divers projets de la ville). Irène Félix, vice-présidente du Conseil Général du Cher, dégaine illico sa rapière.
Irène : « Je pourrais vous faire une réponse brutale, une réponse désagréable... » – le maire argue que sa réponse à lui n’était pas dans ce ton. Irène, onctueuse : « Je serai soft. Entendre parler des restrictions qui s’imposent au Conseil Général par quelqu’un qui soutient la majorité présidentielle est inacceptable. Toutes les décisions prises sous la responsabilité de vos amis politiques sont des décisions détestables. »
Viviane Siméon (majorité municipale) lève la main. Le maire, sans détours : « Non, je ne vous donne pas la parole. Je ne veux pas de débat là-dessus. » La Viviane, c’est une sanguine : elle prend sa bouteille d’eau et hop, elle se casse. Il est 18h40.
Ça défile trop vite...
Heureusement, divers points suivants défilent, défilent... Même trop vite : Sur les décisions du Maire agissant par délégation du Conseil Municipal, on trouve dans la rubrique Contentieux, deux décisions : "Affaire ville de Bourges c/ Syndicat Force Ouvrière des municipaux. Décision d’ester en justice" et un autre encore : "Affaire ville de Bourges c/ Syndicat Force Ouvrière. Règlement." C’est quoi ? On ne sait pas, l’opposition ne demande pas de précisions.
Avaries d’Avaricum
C’est le feuilleton de la ville. Le bilan de la concertation nous dit qu’étant donné la durée prévisionnelle des fouilles, et « ses implications juridiques », il a été décidé « de ne plus réaliser de niveaux en sous-sol et de laisser en place les vestiges présents dans les milieux humides. »
Yannick Bedin remarque que l’U.P. (L’Université Populaire) a annulé un module sur les fouilles d’Avaricum, et que le maire a interdit aux services archéologiques de communiquer sur ces fouilles lors des journées archéologiques en région centre, organisée par la DRAC (Direction Régionale des Affaires culturelles du Centre). Une omerta étrange qui crée « un malaise qui s’alimente. »
Sur son blog, Yannick a vu un « embarras du maire » pour répondre à ces remarques. Je n’ai pas ressenti ça. Le maire répond que pour l’U.P. il n’est pas au courant. Pour les journées archéologiques, il avouera une confusion. La ville ayant reçu une invitation, il croyait que c’était une conférence publique alors que c’était une réunion de travail : « Je trouvais que c’était inadmissible qu’on fasse des déclarations sur Avaricum, alors que les fouilles ne sont pas terminées – et que je n’en sois pas informé, ni les berruyers. J’inviterai l’ensemble du conseil municipal pour visiter les fouilles. »
Colette Cordat ironise sur ce nouveau bilan de concertation, encore un. Elle accuse le maire, sous couvert de bilan, d’imposer ses vues. « Et on peut craindre que les logements sociaux ne sortent jamais de terre » Pendant qu’elle s’adresse à lui, le maire parle avec Alain Tanton. Colette s’arrête : « ... ». Serge et Alain n’ont pas remarqué et continuent le papotage. Colette Cordat : « ... ». Silence général. Les deux pipelettes arrêtent de bavarder. Colette Cordat reprend : « Je recommence, vous n’écoutiez pas... » Et elle recommence...
Conclusion générale du maire : « Le promoteur veut tenir les délais. Il est très important de ne pas perdre un seul mois. L’ouverture d’Avaricum est toujours prévue pour l’automne 2013. »
MCB vuvuzela : Philippe Gitton marque un but
Philippe Gitton présente l’évolution des travaux de la Maison de la Culture de Bourges. Il n’est pas content. « On a été accusé d’être petits bras [par Irène Félix]. » Le projet qu’on voulait imposer à la ville est annulé : il n’y aura pas d’élévation de 8,70m (3 étages !) de la MCB. Il fait circuler un dessin représentant le mausolée qui était prévu (ça circule aussi dans l’assistance : bonne idée, merci !). Philippe Gitton narre ceci de façon très convaincante et ne digère pas la faible aide du Conseil Général à la restauration de la MCB qui accueille un public qui dépasse largement Bourges. Si la ville fait petits bras, le Conseil Général, « c’est des manchots. »
Pendant qu’on y est, Philippe Gitton rappelle que la ville voulait se doter d’un ciné mobile (une autre ville voulait s’en défaire, Bourges voulait l’acheter). Patatras, cette ville, en fait, le garde. « On s’est débrouillé nous-mêmes pour trouver des salles. » Et il continue à sortir ce qu’il a sur la patate (avec une sincérité qui ne semblait pas feinte - enfin, j’espère.). La subvention du Conseil Général pour la biennale à venir a aussi été supprimée, alors fin de la diatribe : « Ribery dit qu’il est un grand footballeur, faut le prouver. Vous dites que le Conseil général aime la culture. Prouvez-le. »
MCB vuvuzela Irène Félix sort le carton jaune contre la droite
Le Berry républicain rapporte la réponse d’Irène Félix très, très, très, très colère avec les restrictions budgétaires imposées par la politique de la droite soutenue par la majorité municipale. Le maire aura une réponse étonnante : « Je comprends votre énervement. Il ne faut pas s’énerver. Durant la campagne présidentielle, il y a eu énervement, ça n’a pas aidé la candidate. » Il fait allusion au débat ayant opposé Sarko et Ségolène Royal. Hélas pour nous : c’est après avoir été élu qu’on a découvert que le grand nerveux c’était l’autre, le ch’tit candidat.
MCB vuvuzela : le 4e arbitre Yannick Bedin, surnommé "Galut"
Et bla-bla-bla, ça va continuer un moment sur les sous du Conseil général et ses choix. Le maire arguant que de toute façon, le Conseil Général fait des choix pour les aides et que c’est par choix que la ville de Bourges semble oubliée.
« Il ya avait consensus sur ce dossier [travaux MCB]. Dommage qu’on s’enlise dans un débat politicien. » Yannick rappelle qu’une conseillère municipale de la majorité est partie car le maire lui refusait la parole, ne voulant pas d’un débat sur le Conseil Général. Finalement, ça en a causé.
Le maire conclura ce débat assez long : il refuse les « propos inacceptables et lamentables » tenus par un membre du Conseil général, et s’adressant à Yannick Bedin : « Je retiens ce que vous avez dit, monsieur Galut. » Arf, wouaf, arf ! rires sur les bancs... Comme le dit le maire : « un lapsus révélateur »
Qu’est ce qu’un avis sans le Berry ?
Christophe Roussat demande des précisions sur la politique de la ville et les économies d’éclairage public. Serge Lepeltier n’a pas envie de tout détailler, il renvoie aux articles parus dans la presse locale (et peut-être aussi dans le bulletin municipal).
C. Roussat : « Je ne lis pas cette presse. »
Le maire (étonné) : « Vous ne lisez pas la presse ?... »
C. Roussat : « Oui je lis, mais une certaine presse, bien sûr. »
Décidemment, AGB (A-Gauche-Bourges) n’aime pas la presse locale. Après le refus de solidarité de Charlotte Blot avec les journalistes de la Nouvelle République, v’la qu’on apprend qu’ils ne lisent pas le Berry Républicain. Déjà que ça m’énerve toujours lorsque je trouve des gens n’achetant pas leur quotidien régional, mais là, c’est une singularité lorsqu’on se pique de politique locale (bin, tiens, justement, alors... sur la fermeture des écoles : pas de redite, lisez le Berry Républicain de samedi)
Fin du match
18 heures - et 21 heures passé... c’était le dernier conseil municipal avant les vacances. Rendez-vous en septembre, pour une nouvelle saison (faisons confiance aux scénaristes-duettistes)