Le prix du désenclavement de Bourges et du Cher

Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ?

mercredi 21 juillet 2010 à 22:47, par Mister K

Le Cher est enclavé. Et les choses risquent de ne pas s’améliorer. Un document de travail publié en plein été, le 13 juillet 2010, accrédite cette thèse. Le seul grand projet de transport qui pourrait irriguer Bourges et le département du Cher d’ici 10 à 20 ans s’avère tardif et extrêmement coûteux.

Vous n'auriez pas 10 à 12 milliards ?« Le schéma national des infrastructures de transport, pour les 20 à 30 prochaines
années, sera arrêté avant la fin de l’année 2010
 ». En une phrase, les enjeux sont tout de suite fixés. Et justement, un avant-projet du SNIT [1] a été publié le 13 juillet 2010 par le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le document est instructif.

Le Cher est un trou

Ce n’est malheureusement pas un scoop. Le Cher est l’un des départements de France d’où l’on accède le plus lentement aux grandes métropoles nationales. Le Cher fait même partie des 6 départements de France Métropolitaine les moins bien lotis en compagnie de l’Indre, la Nièvre, l’Allier, la Creuse et du Cantal. Pire, la situation s’est légèrement dégradée de ce point de vue entre 2004 et 2007. Si vous habitez dans le Cher, vous habitez dans le trou du cul de la France, c’est officiel. En politiquement correct, on dit que le Cher est enclavé.

Une question se pose : quelles sont les actions prévues afin de modifier cette situation pour Bourges et le Cher ?

Un TGV peut-être...mais après 2020

Depuis Mars 2008 et la fameuse promesse de Serge Lepeltier qui affirmait que le TGV à Bourges allait se faire, les choses n’ont pas beaucoup avancé. D’abord, nous ne sommes toujours pas certains qu’une LGV [2] passera par Bourges. Plusieurs scénarios sont à l’étude. Rien ne sera véritablement décidé avant vraisemblablement début 2015. L’avant-projet du SNIT conserve une patatoïde en guise de tracé, incluant les villes de Vierzon, Bourges, Nevers, Montluçon et Moulins...histoire de ne fâcher personne. Ce que confirme encore le document, c’est que le projet de LGV Paris - Orléans - Clermont-Ferrand - Lyon est bien prévu, mais pour après 2020...et avant 2030. Le projet fait partie avec 6 autres projets de 1500 km de LGV prévus après 2020. Et quand on regarde l’évaluation macro du coût de cette ligne de 410 kilomètres, on se dit qu’il y a très peu de chances que le projet soit avancé par rapport à ces plans : il faudra en effet trouver 10 à 12 milliards d’euros, le tout dans un contexte de crise économique et de rigueur budgétaire. Cela fait du projet de LGV reliant Paris à Lyon via Clermont-Ferrand, l’un des projets les plus chers de toutes les lignes LGV prévues, pour ne pas dire le plus cher.

Faut pas rêver

Alors évidemment, face à ces affirmations qui peuvent sembler pessimistes, on s’attend à ce que quelques élus locaux réaffirment leur confiance d’un TGV à Bourges d’ici 2020 comme l’a encore fait Serge Lepeltier très récemment. Mais sérieusement, que valent les paroles de nos élus locaux face à un document écrit dans les ministères, là où se prennent vraiment les décisions ? On peut s’attendre à ce que nos élus locaux bataillent jusqu’à la fin de l’année afin de sauver les apparences dans le document final. Mais après, il faudra encore trouver 10 à 12 milliards d’euros. Dans ces conditions, il ne faut pas rêver [3], un TGV à Bourges ou à proximité, ce n’est pour demain.

[1Schéma National des Infrastructures de Transport

[2Ligne à Grande Vitesse

[3On ne garantit pas que le TGV soit un rêve pour tout le monde...


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commentaires
Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ? - Julien Debord - 20 août 2010 à 18:55

Moi je dis : la seule chance de voir un jour le TGV à Bourges, c’est le vaudou, ou, à la limite, la sorcellerie.

Partant de ce constat simple, il ne reste que deux solutions :
- se convertir à l’un de ces deux mouvements et faire des rituels occultes,
- se préparer à ne jamais voir débarquer le TGV et chercher d’autres moyens de développement au niveau local.

Manque de pot, je ne connais pas un seul responsable politique berruyer qui ne soit pas déjà converti au vaudou ou à la sorcellerie. C’est vrai que dire « le TGV qu’on vous a vendu à chaque élection depuis des décennies, ben c’était du flan électoral » ce n’est pas évident, surtout quand on n’a pas grand-chose d’autre à proposer pour sortir le Cher de son marasme.


Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ? - Ruine à Grande Vitesse - 30 juillet 2010 à 15:57

La France serait elle un pays de régions enclavées, pour ne pas dire un pays d’enclavés ? Que la région soit à 200, 300, 400, 500, 600, 700 km de la capitale ... c’est de la part des CCI, des élus régionaux le même discours .... "SOS enclavement !"

Chaque région attend sa LGV, prêt à ruiner ses contribuables pour avoir son TGV prestigieux et miraculeux ! Quel miracle économique attendez vous ?
Une étude de l’université de Reims sous la direction de Marie Delaplace sur les impacts socio économiques des LGV démontre qu’il n’y a aucun miracle socio économique à attendre d’une LGV.
La publication d’une étude réalisée par l’université de Paris-Dauphine révèle que la desserte LGV n’entre pas dans les critères d’attractivité des villes françaises.http://lgv.limogespoitiers.info/ind...
. Cette étude ne concerne l’activité économique qu’en effet induit de l’attractivité résidentielle. Au palmarès des villes les plus attractives .... Ajaccio, Bastia.
Parmi les grandes villes ... la plus attractive : Toulouse !!!
Reims après une inauguration en grande pompe et fanfare, s’aperçoit 3 ans après que le miracle LGV c’était du pipeau !!! Après l’orgie ... la gueule de bois pour le contribuable !!!

De toute façon, comme le montre l’économiste Rémy Prudhomme, entre réduction des déficits publics et 4000 km de LGV ... il faudra faire le bon choix !!!

Il serait grand temps de sortir de cette illusion prestigieuse de l’homme de plus en plus vite transporté. Cette illusion est une aberration socio économique et environnementale qui nous coute une fortune. Comme l’écrit Vincent Doumayrou dans "la fracture ferroviaire", le TGV c’est le train qui tue le rail !
Il serait grand temps d’investir tout notre temps, notre énergie et nos rêves au développement immédiat d’une économie de proximité basée sur le relation humaine de proximité, environnementalement et socialement pertinente, une économie solidaire, respectueuse de l’homme et de la nature, et non sur le développement de la mobilité sans fin de la grande vitesse et à grande distance des marchandises et des usagers-marchandises !

Il suffit de constater la résistance grandissante dans toutes les régions d’Europe contre ces projets pharaoniques, inutiles, ruineux, ce contre sens social et environnemental pour se dire que plus aucun élu sensé ne voudra plus ajouter cette source à gros tracas politique sur son territoire !!!

A bon entendeur, salut !


Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ? demandez à BENSAC - Dominique - 22 juillet 2010 à 14:33

A mon avis il sera facile à Monsieur BENSAC de trouver une telle somme, pour information la future gare LGV sera dans le canton 5, où il se présente puisque après les municipales et le TGV, les régionales et le TGV, nous aurons les cantonales et le TGV biensur. Encore une fois voila un désert de plus dans notre département .... mais que font nos députés de la majorité pour défendre leur circonscription, Monsieur FROMION et Monsieur COSYNS
Voila leurs mail afin de les contacter et les exciter ;
Cosyns : l.cosyns.sam@wanadoo.fr et Fromion : yves@fromion.org


Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ? demandez à BENSAC - Mister K - 22 juillet 2010 à  17:57

Cher Dominique, votre message me semble légèrement partisan. Vous oubliez beaucoup de monde. Déjà, notre troisième député du Cher, Jean-Claude Sandrier (PCF). Et puis également deux sénateurs : Rémy Pointereau (UMP) et François Pillet (UMP). Et puis bien sûr le Conseil Général du Cher (Actuellement de gauche mais qui a très longtemps été à droite). Et puis, pour être tout à fait juste, il ne faut pas se limiter au 5 ou 10 dernières années. C’est depuis au minimum les années 70 que les choses se sont jouées, voir même l’après-guerre. Bref, les élus locaux depuis 60 ans au bas mot n’ont peut-être pas été à la hauteur, ils n’ont visiblement pas eu d’influence sur les décisions nationales. Pourtant, on a eu quelques ministres, dont le dernier en date, Serge Lepeltier, n’a même pas su s’attirer les grâces de son ami politique, Jean-Louis Borloo.

Après, il faut reconnaitre que le position géographique du Cher, totalement centrale, sans atout particulier (ni mer, ni montagne, ni pétrole, ni quoi que ce soit à part tout de même des terres cultivables) n’a pas aidé. Alors on y a mis des industries militaires bien à l’abri, au centre de la France. Et puis c’est le cercle vicieux. On a une activité économique faiblarde, donc des transports faiblards, des transports faiblards donc une activité économique faiblarde. Et puis aussi pas d’université digne de ce nom donc des jeunes qui partent de Bourges et du Cher et qui ne participent pas au développement de leur région. Rien de nouveau sous le soleil, mais rien qui est fait non plus pour changer les choses. Le Cher fait du sur place.

Alors évidemment, c’est facile de faire les constats maintenant (d’ailleurs, ces constats ça fait très longtemps qu’ils ont été faits...). Il faudrait changer les choses. Le TGV fera-t-il des miracles le jour où il arrivera ? Pas sûr. En attendant le TGV, on n’avance pas sur nos trains actuels. La déserte de Bourges et du Cher par train ne semble pas vraiment s’améliorer. Pourtant, des progrès sont largement faisables.

Alors oui, on peut toujours accuser tel ou tel. Mais la vérité, c’est que les responsabilités sont collectives. Et que ne serait-ce que de chercher la faute à qui, c’est une perte de temps, ça ne fait pas avancer...

Quand à Philippe Bensac, on peut seulement dire qu’il essaie de faire des choses autour du TGV. On ne peut pas lui reprocher bien au contraire. Le problème, c’est qu’il essaie de vendre son action à tout prix à des fins électorales et partisanes (en gros, le TGV c’est la droite. La gauche, c’est rien que des méchants qui sont contre le TGV). Ce parti pris est une grossière erreur. Et l’entraine vers des dérives qui le pousse à se cacher la vérité et surtout à la cacher aux citoyens. Il occulte le processus de décision, les délais et les coûts. Et puis, il faut bien le dire, l’influence de Bensac ne va guère loin dans le dossier du TGV et ailleurs. Même "ses amis" le prennent avec recul. Bensac, c’est surtout du bruit médiatique autour de Bourges, pas plus. Son action depuis deux ans comme adjoint NTIC à la mairie de Bourges révèle qu’entre le discours et l’action, il y a un monde : le monsieur a surtout fait de la com’, c’est encore ce qu’il sait faire de mieux. Mais ce type de profil est de plus en plus courant en politique...c’est le profil Sarkozy : tout en gueule, très peu en résultats. Mais un truc est certain, Bensac n’est pour rien dans la situation actuelle du Cher, il faut être juste et honnête.Sinon, on n’est pas crédible...

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Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ? demandez à BENSAC - Militari - 11 août 2010 à  09:19

Deux remarques :
1) à propos de P. Bensac, d’accord avec Mister K : c’est un adjoint comme il en est des milliers d’autres en France. Il aime faire parler de lui, mais ne sera jamais élu dans le 5ème canton de Bourges. D’ailleurs sera-t-il candidat ? Personne ne peut l’assurer aujourd’hui.
2) Plus sérieusement, Le Monde, dans son édition du 11 août, vient de publier un article sur les investissements des collectivités locales. Une carte des projets dans le domaine des transports ferroviaires est jointe. Or, on ne voit pas apparaître la ligne à grande vitesse traversant le Grand Centre. Au contraire de celles joignant (2020) Bordeaux à Toulouse et Poitiers à Limoges. Pourquoi ?

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Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ? demandez à BENSAC - Mister K - 11 août 2010 à  09:44

Une carte des projets dans le domaine des transports ferroviaires est jointe. Or, on ne voit pas apparaître la ligne à grande vitesse traversant le Grand Centre. Au contraire de celles joignant (2020) Bordeaux à Toulouse et Poitiers à Limoges. Pourquoi ?

Tout simplement parce que, pour l’instant, la LGV POCL (petit nom du projet pour Paris/Orléans/Clermont-Ferrand/Lyon) n’est pas prévu pour avant 2020, mais pour après. Le pari des élus locaux du Centre et de l’Auvergne, c’est de faire en sorte que ce projet soit prêt avant certains autres du lot d’avant 2020 et leur damer le pion pour faire parti de ce premier lot. Pour l’instant, la LGV POCL fait bien partie d’un second lot après 2020. Cette course à la vitesse, c’est le premier pari à réussir (mais il est optionnel puisqu’au final, le projet est bien prévu pour après 2020). Le second pari pour Bourges et le Cher, c’est le tracé et là c’est crucial et rien n’est acquis. Le troisième pari et non des moindres, c’est le financement de ces 10 à 12 milliards. Pour le moment, sur le sujet, à part des élucubrations, on n’a rien entendu de sérieux...

Bref, rien n’est fait et de l’eau va encore couler sous les ponts. Mais je pense que l’Agitateur va avoir l’occasion de revenir sur le sujet dans les prochaines semaines...

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