Vous n’auriez pas 10 à 12 milliards ?
Le Cher est enclavé. Et les choses risquent de ne pas s’améliorer. Un document de travail publié en plein été, le 13 juillet 2010, accrédite cette thèse. Le seul grand projet de transport qui pourrait irriguer Bourges et le département du Cher d’ici 10 à 20 ans s’avère tardif et extrêmement coûteux.
« Le schéma national des infrastructures de transport, pour les 20 à 30 prochaines
années, sera arrêté avant la fin de l’année 2010 ». En une phrase, les enjeux sont tout de suite fixés. Et justement, un avant-projet du SNIT [1] a été publié le 13 juillet 2010 par le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le document est instructif.
Le Cher est un trou
Ce n’est malheureusement pas un scoop. Le Cher est l’un des départements de France d’où l’on accède le plus lentement aux grandes métropoles nationales. Le Cher fait même partie des 6 départements de France Métropolitaine les moins bien lotis en compagnie de l’Indre, la Nièvre, l’Allier, la Creuse et du Cantal. Pire, la situation s’est légèrement dégradée de ce point de vue entre 2004 et 2007. Si vous habitez dans le Cher, vous habitez dans le trou du cul de la France, c’est officiel. En politiquement correct, on dit que le Cher est enclavé.
Une question se pose : quelles sont les actions prévues afin de modifier cette situation pour Bourges et le Cher ?
Un TGV peut-être...mais après 2020
Depuis Mars 2008 et la fameuse promesse de Serge Lepeltier qui affirmait que le TGV à Bourges allait se faire, les choses n’ont pas beaucoup avancé. D’abord, nous ne sommes toujours pas certains qu’une LGV [2] passera par Bourges. Plusieurs scénarios sont à l’étude. Rien ne sera véritablement décidé avant vraisemblablement début 2015. L’avant-projet du SNIT conserve une patatoïde en guise de tracé, incluant les villes de Vierzon, Bourges, Nevers, Montluçon et Moulins...histoire de ne fâcher personne. Ce que confirme encore le document, c’est que le projet de LGV Paris - Orléans - Clermont-Ferrand - Lyon est bien prévu, mais pour après 2020...et avant 2030. Le projet fait partie avec 6 autres projets de 1500 km de LGV prévus après 2020. Et quand on regarde l’évaluation macro du coût de cette ligne de 410 kilomètres, on se dit qu’il y a très peu de chances que le projet soit avancé par rapport à ces plans : il faudra en effet trouver 10 à 12 milliards d’euros, le tout dans un contexte de crise économique et de rigueur budgétaire. Cela fait du projet de LGV reliant Paris à Lyon via Clermont-Ferrand, l’un des projets les plus chers de toutes les lignes LGV prévues, pour ne pas dire le plus cher.
Faut pas rêver
Alors évidemment, face à ces affirmations qui peuvent sembler pessimistes, on s’attend à ce que quelques élus locaux réaffirment leur confiance d’un TGV à Bourges d’ici 2020 comme l’a encore fait Serge Lepeltier très récemment. Mais sérieusement, que valent les paroles de nos élus locaux face à un document écrit dans les ministères, là où se prennent vraiment les décisions ? On peut s’attendre à ce que nos élus locaux bataillent jusqu’à la fin de l’année afin de sauver les apparences dans le document final. Mais après, il faudra encore trouver 10 à 12 milliards d’euros. Dans ces conditions, il ne faut pas rêver [3], un TGV à Bourges ou à proximité, ce n’est pour demain.