Manifs : rien ne change pour que tout change

lundi 18 octobre 2010 à 07:21, par B. Javerliat

Les manifs se suivent et se ressemblent… sans se ressembler. Elles se ressemblent en ce sens que le nombre de manifestants ne décroît pas. Ce qui, pour le cinquième défilé en deux mois est remarquable. Toujours une petite dizaine de milliers de manifestants à Bourges, à chaque fois.

Manifs : rien ne change pour que tout change

Par trois fois, des milliers de gens on accepté de perdre une journée de salaire pour manifester. Chacun est bien conscient qu’il vaut mieux perdre un peu aujourd’hui que beaucoup plus tard… Bien sûr, certains expliquent que ça commence à faire un trou dans la feuille de paye, et qu’ils ne pourront pas participer à la prochaine manif. Mais ils sont remplacés par d’autres qui, n’ayant pas participé aux premières, décident à leur tour de descendre dans la rue. Cette espèce de « turn-over » permet de maintenir un nombre très important de manifestants. Des profs aussi disent ne pas vouloir aller aux prochaines manifs, pour ne pas pénaliser leurs élèves. Mais ils se déclareront grévistes et assureront quand même les cours. Travailler en n’étant pas payé, voilà qui en dit long sur le degré de motivation !

L’entrée en scène des lycéens est importante aussi. Bien sûr, la motivation principale reste l’occasion de sécher les cours et de mettre un peu le foin dans les rues (ils sont bien moins nombreux le samedi ;-) Mais ils sont là aussi parce qu’ils sentent bien que leur avenir est sombre, et que manifester contre la privatisation du système des retraites, c’est aussi manifester contre la privatisation larvée du système d’éducation. En tous cas, ils sont tout sauf « lamentables », comme les traite sur son blog cet imbécile de Narboux. [1] Autre curiosité, l’attitude des commerçants. Jusqu’alors, il n’était pas rare de voir les rideaux de fer se baisser au passage du cortège. Hier, ils étaient nombreux sur leur pas de porte à regarder le spectacle. Ils ne sont pas allés jusqu’à soutenir les manifestants, mais ils ont compris que c’étaient aussi leurs clients qui passaient !

Les manifestations des samedis sont bien différentes de celles de la semaine. C’est vraiment le défilé en famille. C’est rassurant de voir qu’il reste des gens pour ne pas se ruer route de La Charité et dépenser les sous qu’ils n’ont pas ! (C’est peut-être là, d’ailleurs, qu’il faudrait faire la prochaine ;-). L’ambiance aussi est différente. La manif du 12 octobre était un peu silencieuse, un peu timorée. On sentait bien que pour beaucoup, ils n’avaient pas l’habitude, et qu’ils étaient un peu impressionnés de se retrouver si nombreux. Mais hier, les marques étaient prises. Les pancartes, les slogans, les tee-shirts revendicatifs étaient de sortie !

Et surtout, ça n’était pas une manif simplement contre la privatisation réforme des retraites. C’était par opposition totale à l’action du gouvernement et à Sarko, qu’ils étaient là. La prise de conscience que la casse réforme des retraites n’est qu’une partie du problème, mais qu’additionnée à toutes les autres saloperies réformes qui se sont succédées depuis 2007, il s’agit bien d’une entreprise de destruction de l’organisation sociale de notre pays, du démontage systématique de notre République. C’est en ce sens que tout change. Sarko a réussi à réveiller la conscience républicaine qui était quelque peu assoupie. La conscience politique, aussi. Tout le monde a bien compris que la classe des possédants a décidé de tondre la laine sur le dos des citoyens.

Sarko a réveillé la lutte des classes. Rien que pour ça, il faut l’en remercier, non ?

[1"Lamentables, jeunes gens ! Vous êtes lamentables" se lâche Narboux sur son blog.


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commentaires
Manifs : rien ne change pour que tout change - GIOVANNIGIO - 12 novembre 2010 à 19:00

LES SYNDICATS NEGOCIE ENCORE AVEC LUI MEME S IL N Y A PLUS RIEN A NEGOCIER BRAVO SARKO
SI TU CONTINUE TU VAS BATTRE TON MAITRE BERLUSCONI


Je rêvais d’un autre monde - Eulalie - 18 octobre 2010 à 20:47

Encore des précisions et concordances des temps sur Mederik et le Projet M (Guillaume Sarkozy) dans la Revue Politis : Sevriena l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites