La petitesse d’esprit prend de larges proportions ! [Stanislaw Jerzy Lec]

Quand Pascale Clark sert la soupe à Robert Ménard ... et au Front National

samedi 23 avril 2011 à 06:57, par Le plumitif arcandier

Ceux qui écoutaient France Inter le matin du 19 avril 2011 ont entendu une émission consternante, Pascale Clark interviewait Robert Ménard à propos de son livre finement intitulé "Vive Le Pen !". Les auditeurs qui croyaient écouter un débat ont été les témoins d’une espèce de match de catch truqué dans lequel le champion aligne les maladresses pour se fait étendre KO par son challenger.

Les arguments de Pascale Clark ont été d’un niveau d’indigence rarement atteint dans les médias. Croyait-elle faire un travail de journaliste (rappelons qu’il consiste à informer les auditeurs), en déclarant que le fascicule de Robert Ménard est "trop cher", ou en affirmant que Ménard dans son commentaire du jugement de Éric Zemmour, ne "respecte pas la justice de son pays". Apparemment, Pascale Clark n’a même pas lu le texte du jugement qui condamne Zemmour sur un point et le relaxe sur un autre.

Comme le font déjà de nombreux prétendus journalistes, la méthode de Pascale Clark consiste à sommer son interlocuteur de répondre à ses questions désordonnées, puis à l’interrompre dans la seconde qui suit pour l’empêcher d’aller au bout de sa réponse ou de son argument. Robert Ménard a eu beau jeu d’adopter le rôle de la victime et de rappeler Pascale Clark à une attitude plus professionnelle. Il a pu prendre la posture du journaliste qui défend la liberté de parole et d’expression, puisque Pascale Clark a pris celle du procureur, bâclant un assaut où le grotesque le disputait à l’insolence.

Dans ce mauvais dialogue, Pascale Clark a "servi la soupe" à Robert Ménard et au Front National (vérifiez par vous mêmes, voila le lien pour ouvrir la video sur Daily motion).. C’est la tendance dans les médias : certains journalistes font de grands moulinets des bras genre "retenez moi ou je fais un malheur", mais jamais n’analysent les arguments et les thèses du Front National, ses véritables résultats électoraux, les causes du vote protestataire qui se porte sur les candidats de ce parti... Parce qu’on verrait trop les similitudes avec le discours de certains ministres ou responsables de l’UMP ? Parce que ça serait trop compliqué à exposer ? Parce que ça serait faire de la politique ?

Eh bien non, le Front National n’a pas changé, n’en déplaise à Robert Ménard. Car derrière la façade relookée style moderne avec ravalement façon djeune et démagogie sociale de Marine Le Pen... Il y a le papa. Et Jean-Marie Le Pen répète toujours des couplets que Pascale Clark aurait pu citer à Robert Ménard (si elle avait préparé son émission...).

En janvier 2011 un journaliste juif de la chaîne télé France 24 est molesté par le service d’ordre du FN. Le Pen déclare : "il a dit que c’était parce qu’il était juif qu’il avait été expulsé. Ça ne se voyait ni sur sa carte de presse, ni sur son nez, si j’ose dire."
Interviewé dans France Soir le 18 avril 2011. Question : condamnez-vous le communautarisme ? La réponse de Jean-Marie Le Pen. "Savez-vous qu’il y a des villes en France qui sont déjà majoritairement étrangères ? Roubaix, 60 % d’immigrés maghrébins ! Si vous attendez le jour où ça brûle pour en prendre conscience, il sera un peu tard. Vous avez vu les foules en Egypte, en Tunisie, en Syrie ? Le jour où vous avez une foule comme ça qui descendra les Champs-Elysées ! Ce n’est rien, pour eux, à la limite, d’avoir 300.000 personnes. Qui les arrêtera ? Et s’ils descendent les Champs-Elysées, ce ne sera pas pour faire joujou. Par exemple, ils veulent sodomiser le Président. Ils se donnent ça comme objectif : arriver jusqu’à la grille du Coq, l’enfoncer, et ensuite " le " sabrer ? Je répète : qui les arrêtera ?"
En août 2010, il estime que "feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre était une pensée scandaleuse".

En somme, Pascale Clark n’a même pas fait l’effort de demander à un de ses assistants de lui préparer cette petite compilation de citations, pourtant disponibles sur le web. Et surtout de rappeler à Ménard et aux auditeurs que Jean-Marie Le Pen est Président d’honneur du Front National et qu’à ce titre, il participe à toutes les instances de son parti.

Un journaliste "tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles" (la Charte d’éthique professionnelle des journalistes).

Décidément, Pascale Clark est une incarnation de la pensée unique, mais de la tendance creuse ...

Liens :
Le lien pour ouvrir la video sur Daily motion.

Le Post Le retour de l’énième nouveau dérapage de Jean-Marie Le Pen

Site du SNJ Charte d’éthique professionnelle des journalistes.


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