L’écologie, un combat pédagogique ?
Les primaires de l’écologie ont démarré hier, le 6 juin 2011 avec un premier débat entre les différents candidats. L’objectif de ses primaires pour Europe Écologie Les Verts (EÉLV) est clair : trouver le candidat qui défendra le mieux leurs valeurs au cours de l’élection présidentielle 2012 et, au delà, un candidat qui saura être la locomotive non polluante de l’ensemble des futurs candidats d’EÉLV aux élections législatives 2012. Car si il est peu probable que le futur candidat d’EÉLV à la présidentielle soit élu, le contexte actuel devrait être favorable aux écologistes qui espèrent être en capacité de peser de tout leur poids sur la politique qui sera menée à partir de juin 2012.
Les primaires de l’écologie, comment ça marche ?
Ces primaires de l’écologie ont un calendrier serré. Le premier jalon était fixé au 5 juin 2011, date limite du dépôt des candidatures, les candidats devant justifier de deux cents parrainages. Cette primaire s’achèvera le 29 juin ou, en cas de second tour, le 12 juillet 2011. Pour pouvoir voter lors de cette primaire, il faut être militant d’EÉLV ou, et c’est l’originalité de ce scrutin, s’être inscrit en tant que coopérateur d’EELV avant le 10 juin 2011, 14h00. Être coopérateur signifie une cotisation de 10 euros minimum et souscrire à la charte des verts mondiaux et aux valeurs fondatrices du rassemblement des écologistes.
Le premier débat
Il avait lieu à Toulouse devant environ 800 participants selon les organisateurs. Il était également retransmis par internet où il a été suivi par 14700 personnes qui avait la possibilité d’intervenir ou de commenter le débat via twitter. Ce débat a, de toute évidences, été cadré pour éviter tout affrontement entre les différents candidats. Il s’est déroulé en trois temps. Un premier temps où chaque candidat avait 10 minutes pour présenter sa démarche et ses avantages. Dans un second temps a eu lieu "un débat" avec temps de parole décompté de 13 minutes pour chaque candidat. Et une troisième partie avec 5 minutes de conclusion par candidat.
Les candidats
Ce premier débat a eu l’avantage de planter le décor de ses primaires. Et en premier lieu de réunir en un même lieu les candidats. Au delà de Eva Joly (lunettes rouges) et Nicolas Hulot (bras dans la plâtre), on a pu découvrir les deux autres candidats beaucoup moins médiatisés : Henri Stoll (cravate en bois !) et Stéphane Lhomme (sans langue de bois). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le profil et le style de ses candidats est très différent : Eva Joly, la juriste, prône une écologie de combat. Nicolas Hulot, le médiatique, joue la pédagogie. Henri Stoll, l’élu (cumulard) très local, prône l’écologie concrète. Et enfin, Stéphane Lhomme, l’activiste, prône une écologie (plus) radicale.
Un débat, quel débat ?
Autant le dire, de débat, il n’y aura pas. Déjà, comme l’a souligné Henri Stoll, tous les candidats de cette primaire défendent le même projet pour 2012. Henri Stoll qui en se présentant décrit son parcours et ses réalisations et précise avec humour qu’il a inscrit sur son CV "2012 : probable Président de la République" décrit ces primaires comme un concours de beauté qu’il est sûr de perdre. En fait de débat, on a droit à un jeu de questions-réponses qui vont tout de même mettre en avant quelques différences. Sur le positionnement politique tout d’abord. Trois des quatre candidats affirment clairement que l’écologie est de gauche. Nicolas Hulot est plus nuancé : l’écologie peut-elle se réduire à la gauche ? On comprend que, selon lui, la réponse est non. Stéphane Lhomme tente de se distinguer en prônant une sortie du nucléaire en 10 ans comme positionnement vis à vis des potentiels partenaires de gauche. Eva Joly propose un tribunal pénal écologique international.
Pas de suspens ?
Au final, le candidat idéal semble se nommer "Julot", un candidat alliant la rigueur et la connaissance des dossiers d’Eva Joly et l’aisance en communication de Nicolas Hulot. La candidature sympathique d’Henri Stoll, écolo historique, semble anecdotique. Tandis que la candidature de Stéphane Lhomme semble surtout motivée par son opposition à Nicolas Hulot. Pourtant, quel va être le choix des 25000 électeurs de ces primaires de l’écologie ? Difficile à dire. Les sondages donnent Nicolas Hulot largement vainqueur de ces primaires. Mais pas sûr que sur le plan des idées, Nicolas Hulot soit le plus représentatif du combat des écologistes. Du coup, une surprise n’est pas impossible. Pourtant, Nicolas Hulot est certainement le candidat le plus à même de faire passer le message de l’écologie dans la campagne des présidentielles. Là encore, une synthèse semblerait judicieuse.
Le problème pour EÉLV, c’est que le candidat Julot n’existe pas. Mais cette primaire aura peut-être l’avantage de promouvoir le combat pédagogique pour l’écologie d’Europe Écologie Les Verts.
La campagne interne d’EÉLV se poursuit avec un prochain rendez-vous à Paris le jeudi 9 juin 2011.