Conseil Municipal de Bourges - Septembre 2011

Et bin ? et le conseil municipal de septembre 2011 ?

vendredi 23 septembre 2011 à 08:35, par Cyrano

Le conseil municipal était avancé pour cause d’agenda du maire. C’est que eh ! notre maire n’a pas que Bourges à s’occuper. Le moment viendra peut-être où le conseil se déroulera avec notre maire en duplex sur écran vidéo.

Tripôle Nord, Pôle Sud, Tristes tropiques

Déjà, durant le conseil municipal du 17 juin 2011, le dernier avant les mois d’été, on nous avait abreuvé de bla-bla somnifère sur Bourges, troisième capitale régionale ou pas (derrière Orléans et Tours - Fublaine et Chalivoy-Milon n’étant pas dans la course). Et là, c’est reparti encore, avec le point 9 : "Schéma Régional d´Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT). Avis de la Ville de Bourges". Et ça dure, ça dure durant 4 ou 5 heures (ou au moins durant 4 ou 5 quarts d’heure qui semblent durer 4 ou 5 heures). Et encore ! Il s’agit uniquement d’approuver l’avis qu’exprimera la ville de Bourges, un vœu pieux.

L’opposition municipale votera finalement cet avis, Colette Cordat (LO) et Joël Crotté (Verts) s’abstenant. Mais y’a voter et voter... car Irène Félix (PS-Martine) et Yannick Bedin (PC-Mélenchon) ne semblent pas avoir voté le même texte, lorsqu’on lit leur blog : le blog d’Irène nous dit qu’elle avait développé l’idée de Bourges, tête de série pôle sud mais son idée ne semble pas être retenue et l’avis final « s’entête sur une formulation peu constructive ». Alors que le blog de Yannick nous apprend qu’il a fait la remarque qu’il faut pour notre ville valoriser le tissu industriel et les activités de recherche, « Remarque prise en compte dans la nouvelle mouture de la motion que nous avons votée  ».

Le Palais des Sports transformé en yourte nomade ?

J’vous explique :
devait y avoir un nouveau Palais des Sports au Prado. Des sports, enfin, oui, non : Palais des Sports-Basket. Bin, y’en a déjà un ?! Oui, on le voit bien, et puis c’est écrit : les joueuses ont été championnes d’Europe. OK, oui, bon, championnes d’Europe avec leur vieux Palais des Sports, c’est méritant, mais les joueuses, on s’en branle. Ce qui compte ce sont les gens de la haute, les Vé-I-Pé. Donc la municipalité a décidé de faire un nouveau Palais des Sport avec plus de place pour cette engeance là.
Projet adopté, patatras : les gens de la haute trouvent que y’a pas encore assez de place pour accueillir les Vé-I-Pé. Bagatelle, pour plus de 20 millions d’euros (glup) on décide de le mettre ailleurs, en dehors de la ville.
Projet adopté, patatras (bis) : la ligne LGV Paris-Bourges-Clermont pourrait passer à coté d’un panier de basket de ce Palais. Alors, le point qui avait été prévu au conseil municipal est retiré purement et simplement.

Du coup, on sait plus où il sera. Dans la cathédrale ? Y’aurait la place — et puis des pom-pom girls avec des pom-pom-pom pooooommmm de l’orgue, ça serait glam’.

Le chauffage jette un froid

Le mode de calcul des charges chauffages a été modifié. Du coup, certains locataires de l’office d’HLM ont eu un coup d’chaud avec des factures de rappel qui affichaient des 600 €, voire même des 800 €. Le maire s’en explique en fin de conseil municipal. C’était une bourde administrative, les locataires auront le surplus de payé remboursé.

Le maire peine à expliquer cette soi-disant erreur administrative. Il rame aussi pour justifier les augmentations des charges de chauffage. Irène Félix parle d’une « explication alambiquée » du maire tandis que Yannick Bedin parle d’une « explication un peu alambiquée ». Les deux avis conformes peuvent se lire sur leurs blogs.

On peut regretter que Irène et Yannick oublient de dire que c’est Colette Cordat qui a posé la question sur la tapis, alors que la compte-rendu des délibérations du Conseil Municipal le fait, un comble ! [faut aller tout à la fin des délibérations].

Celle-ci va même énerver le maire en lui rappelant sa promesse de ne pas augmenter les charges de chauffage (lire le blog de la donzelle). Notre maire Serge Lepeltier va d’abord dire non, non, il n’avait jamais promis ça, puis Colette Cordat semblant sûre d’avoir ouï cette promesse, il s’en tire en disant « J’avais promis une baisse du coût du chauffage ; je n’avais pas promis de ne pas augmenter les factures. » Ite missa est. Effectivement, tout ça est bien alambiqué.

Maire, un boulot à plein temps ?...

Bref !... Pas facile d’être maire de Bourges et délégué de l’eau, et vice président de Bourges-Plus, et président du comité de bassin Loire Bretagne, et au Conseil Général de la Banque de France, et Contrôleur Général au Ministère de l’Économie et des Finances, et -– last but not least -– écrivain historien.


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Et bin ? et le conseil municipal de septembre 2011 ? - UAL-CLCV - 2 octobre 2011 à 15:56

L’action envisagée par l’UAL-CLCV au Conseil Municipal a contraint Monsieur LEPELTIER a rencontrer les locataires le 12 septembre à 15 h. Quelques satisfactions ont été enregistrées : remise à plat de la facturation, fixation d’un prix de base identique pour tous, remboursement des locataires qui auraient payé au dessus de 12 le m2 chauffé.
Sans l’action des locataires, rien n’aurait bougé.
Le réseau de chaleur mis en place par la Ville à l’automne 2009 était censé engendrer « une baisse significative des factures pour les usagers de plus de 13,8 % ». C’était annoncé, à l’époque sur le site de la Ville de Bourges au paragraphe intitulé : « Impact financier : baisse des factures ». Curieusement, ce paragraphe a désormais disparu. Et pour cause !

Le 14 septembre, l’UAL-CLCV a exprimé sa satisfaction. Satisfaction relative car un désaccord subsiste.
  Le prix du m2 chauffé était de 9,40 € pour tous en 2009 et non pas 12 €.
  La rigueur climatique aurait été supérieure à l’année 2009 de 17,72%, ce qui aurait entraîné une hausse du prix de chaleur de 7,62% et que les énergies primaires auraient été bien plus chères et que notamment le gaz aurait augmenté de 17%.
  En fait, un relevé des températures moyennes à Bourges lors des mois de chauffe des années 2009 et 2010 montre que la variation de température hivernale entre ces deux années ne justifiait pas de chauffer en septembre ni jusqu’au mois de mai.
  Dans une page du site de la Ville comme dans le compte rendu du conseil Municipal, on peut lire que le prix du gaz aurait augmenté de 17 %. Or, le Service de l’observation et des statistiques du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement nous apprend que le gaz aurait augmenté de 7 % et l’électricité de 2 %. }


Qui croire : l’ancien ministre ou les services de son ancien ministère ?


Chaufferie à Bourges : Alzheimer ou Anosognosie ? - Cyrano - 4 octobre 2011 à  09:40

Merci à l’UAL d’apporter ces précisions. Effectivement, la réduction des factures de chauffage, c’était bien dans l’idée mise en avant par la municipalité. Vous rappelez ce paragraphe qui a subit une censure : « C’était annoncé, à l’époque sur le site de la Ville de Bourges au paragraphe intitulé : "Impact financier : baisse des factures". Curieusement, ce paragraphe a désormais disparu. Et pour cause ! » Je vais mettre en ligne, dans un message suivant, les discussions de décembre 2007 (c’est à ce Conseil Municipal qu’a été adopté ce projet pour 1000 ans).

Quand le Maire dit qu’il avait promis une baisse du coût du chauffage mais qu’il n’avait pas promis de ne pas augmenter les factures, c’est d’un jésuitisme confondant – c’est même carrément se foutre de la gueule des locataires.

Vous avez raison de rappeler que sans l’action des locataires, rien n’aurait bougé. En tout cas, Serge Lepeltier, notre maire, ne se serait pas empressé de faire une conférence de presse sur ce sujet dans l’après-midi même précédant le Conseil Municipal du soir.

Il reste une chose : le nouveau mode de calcul en cause, les montants surréalistes des rappels de facture ont bel et bien été décidés par de réelles personnes. Alors, qui, quoi, comment ?!... Y’a bien des chefs dans les services des HLM de la ville, y’a bien un conseil d’administration ? Qui ?...

Répondre à ce message #33633 | Répond au message #33515
Chaufferie à Bourges : Alzheimer ou Anosognosie ? 2007... - Cyrano - 4 octobre 2011 à  09:42

Le projet chaufferie en question a été présenté au Conseil Municipal du 14 décembre 2007. C’était le dernier Conseil avant les prochaines élections municipales. On y trouvait le point 13 : "Délégation du service public de production, transport et distribution de chaleur du quartier de la ZUP Chancellerie-Gibjoncs".

Mais dès le début du conseil, durant le premier point – l’exposé du budget 2008 – le Maire tient à parler du projet de chaufferie :

Le Maire : « C’est sûrement l’un des dossiers que j’ai le plus de plaisir à vous présenter, depuis que je préside ce Conseil Municipal. [...] C’est un dossier d’une extrême importance puisqu’il engage la ville pour les 24 prochaines années. [...]  » On va donc proposer aux berruyers un chauffage urbain qui va prendre en compte « les aspects environnementaux ainsi que les aspects financiers. »

Les aspects financiers, c’est ce qui nous intéresse là, pour notre sujet. Le Maire poursuit la présentation du projet ainsi :

« En termes de bilan financier :
La solution retenue permettra dès août 2008, une diminution de 12,6% de la facture de chauffage pour les berruyers raccordés au chauffage urbain. Cette diminution sera portée à 13,8% au 1er janvier 2010.
C’est tout à fait important et exceptionnel lorsqu’on connaît l’augmentation actuelle du prix des énergies fossiles (gaz et fioul).
Alors que le prix du chauffage augmente partout, à Bourges, il diminuera très sensiblement.
 »

Durant les discussions liminaires sur les divers points du budget, C’est Colette Cordat (Lutte Ouvrière) qui interviendra sur ce projet de chaufferie. Elle remarque que c’est le dernier Conseil Municipal avant le renouvellement provoqué par les futures élections, alors que le contrat chaufferie est prévu pour une durée de 24 ans, jusqu’en 2032, « c’est à dire 4 mandats municipaux. » Elle trouve « choquant » que 3 mois avant la fin de son mandat, le Maire engage la ville pour 24 ans. Elle ne croit pas aux baisses de factures :
« Les familles – on peut en être sûr, contrairement à ce que vous dites – auront des factures de chauffage de plus en plus élevées. Comment pouvez-vous connaître le prix du gaz ou des autres énergies dans 10 ans ?! Je ne crois pas que vous puissiez le savoir. Cela ne vous dérange pas : ce n’est pas vous qui aurez à payer les factures, parce que vous, mesdames et messieurs de la majorité municipale, vous n’y vivez pas dans ces quartiers, dans ces logements chauffés par cette chaufferie. »

Puis beaucoup, beaucoup plus tard, le même soir, arriva le point 13. La société ELYO se voyait attribuer pour 24 ans la production et la distribution de chaleur dans les quartiers Chancellerie-Gibjoncs. Ce point est adopté à l’unanimité (majorité + opposition) moins une voix (Colette Cordat votant "contre").

Répondre à ce message #33634 | Répond au message #33633
Chaufferie à Bourges : Alzheimer ou Anosognosie ? 2007... - B. Javerliat - 4 octobre 2011 à  10:52

La société ELYO se voyait attribuer pour 24 ans la production et la distribution de chaleur dans les quartiers Chancellerie-Gibjoncs. Ce point est adopté à l’unanimité (majorité + opposition) moins une voix (Colette Cordat votant "contre").

Les socialistes (opposition donc) sont depuis longtemps des fans de la privatisation. Donc rien d’anormal à ça, non ? La liste des services municipaux privatisés sous Lepeltier avec l’aval de l’opposition est longue : cantines scolaires, poubelles, déchetteries, on pourrait surement en trouver d’autres. Y’a que l’eau qui n’a pas été privatisée. Ca ne devrait pas tarder...

Répondre à ce message #33636 | Répond au message #33634
Chaufferie à Bourges : Alzheimer ou Anosognosie ? 2007... - gandalf18 - 11 octobre 2011 à  21:44

Soyons précis, en 1995 date d’arrivée de S lepeltier au poste de maire, les poubelles étaient déjà gérées par Véolia qui s’appelait alors CTSP . Par contre de quand date la privatisation de ce service ? Sous R Boisdé ?
Quant aux décheteries, la 1ère a ouvert en 1995 dont la gestion était confiée à CTSP par la municipalité communiste d’alors...

Répondre à ce message #33748 | Répond au message #33636
Et bin ? et le conseil municipal de septembre 2011 ? - bombix - 24 septembre 2011 à 10:13

Tripôle Nord, Pôle Sud, Tristes tropiques

La question n’est peut-être pas tant que Bourges soit ou non troisième capitale régionale, mais que le projet de la Région renforce l’axe Orléans-Tours, au détriment du sud de la région, Bourges et Châteauroux. Il est bien certain que le Berry historique — et pas seulement Bourges, mais la substitution d’un tripôle au bipôle marque suffisamment que les gens qui parlent ainsi ont la même logique que les auteurs du projet qu’ils font mine de contester — aurait intérêt à se défendre face à des bureaucrates qui vont donner plus à ceux qui ont déjà beaucoup. Tout ça enrobé dans une rhétorique sirupeuse où les "pôles de compétitivité" voisinent avec les "grappes d’entreprises" d’où coule le jus vermeil de la prospérité. Il nous restera nos belles pierres et d’hypothétiques pistes cyclables pour faire plaisir aux écolos bobos. Un petit coin de France tranquille, vidé de sa jeunesse contrainte d’aller étudier et travailler ailleurs, mais où il fera bon venir mourir. Les riches auront bientôt besoin d’une campagne Disneyland, protégée du bruit d’un monde chaotique qu’ils auront façonné avec soin, et où les bonnes terres agricoles auront été transformées en golfs ; il y a actuellement un projet de ce type plus ou moins en gestation vers Saint-Amand. Quelle perspective ! Mais tout le monde à l’air de s’en foutre royalement, alors ...


Et bin ? et le conseil municipal de septembre 2011 ? - DD - 23 septembre 2011 à 10:51

M. le Maire rappelle que le coût de l’énergie était très faible en 2009 (Charbon : -41 %, Fuel : -30 %), alors que l’évolution a été très forte en 2010 : + 7,62 % (Bois : + 2,5 %, Gaz : + 17 %).

sur le prix de l’énergie et toujours dans la catégorie alambiquée c’est une bonne pioche. C’est aussi un splendide exemple de boneto réthorique.

« Tu veux savoir pourquoi ta facture est multipliée par 1,5 ? bah c’est très compliqué, mais comme je suis un chic type soucieux de la démocratie, des pauvres qui votent tout ça, je t’explique (je le ferais pas pour tout le monde tu sais) : voilà, comme le prix du charbon baissait on pensait en profiter sur le prix du bois, mais le bois à augmenté de 2% alors, tu comprends .... +50% quoi ....

Ouais j’sais, c’est injuste, moi j’voulais pas, mais c’est l’chauffagiste sa mère est malade, sa petite sœur a besoin d’une greffe du cœur .... Qu’est-ce que tu veux ... Je suis trop gentil ! C’est ça mon souci !

Tu comprends toujours pas ? Nan, mais c’est l’économie, la crise tout ça, c’est compliqué ... Tiens reprends une dragée... T’as l’air tendu, tu veux un oreiller pour ta nuque ? Non ? Un bisous alors ? Dis donc t’as perdu du poids, Pi qu’est-ce que t’es fort ! T’as tout compris avant moi espèce de vieux requin va ! »

Ah pas de chance vous avez pas suivi l’as de cœur, j’aurai juré que vous alliez gagner ... C’est toujours le bisous qui vous met dedans hein ? Pas grave vous ferez mieux la prochaine fois ....

Bon bien sur on pourra me reprocher de le sortir de son contexte (ça ne coute rien) mais à condition de m’expliquer le rapport avec les autres arguments (c’est déjà plus cher) .... et de développer un peu le calcul (impossible ?) parce que là, ça ressemble vraiment à rien ....

Le contrat de fourniture d’énergie prévoit une clause de révision du prix ? Elle est basée sur quoi ? Ça brave gens, c’est pas votre problème, cherchez pas vous allez vous faire mal à la tête .... Vous allez pouvoir regarder la saison 12 de docteur hahouze au chaud c’est l’important ! ouf !

Quand visage pâle noyer beaucoup de poisson, c’est que la pêche électorale va être rude ...