Poujadopedia
« J’ai découvert l’existence de poujadopedia ». C’est en ces termes que s’est exprimé un visiteur de l’Agitateur, après être tombé sur le site Wikiberal.org. Si l’on peut goûter le jeu de mots, il peut aussi être nécessaire de ne pas s’arrêter là.
Présenté sous une forme quasiment identique à Wikipedia –- et ça n’est sûrement pas un hasard -– Wikibéral est une somme. Il ne s’agit ni plus ni moins pour ses auteurs que de mettre en ligne une « encyclopédie libérale et libertarienne ». Toute personne intéressée par la pensée libérale y trouverait l’info qu’elle cherche. Tous les mythes libéraux y sont défendus, de la main invisible du marché à la loi de l’offre et la demande, en passant par l’ Etat minimal et la concurrence forcément libre et non faussée. Les grandes « figures » y sont aussi traitées, de Adam Smith à Friedrich Hayek ou John Maynard Keynes. L’exemple de Keynes est représentatif de l’état d’esprit qui anime ce site. Keynes préconisait une intervention de l’Etat dans l’économie, car il pensaient que les marchés livrés à eux même allaient tout droit à la catastrophe - toute ressemblance avec la situation actuelle n’est pas un hasard. Il n’y a donc pas de rubrique « Keynésianisme » dans Wikiberal. Juste une page sur Keynes qui n’est qu’une critique du personnage et de ses idées. Même Adam Smith — pourtant créateur du concept majeur de la pensée économique libérale : la main invisible — ne trouve pas grâce à leurs yeux !
Bref, et bien que les auteurs trouvent qu’elles ne vont encore pas assez loin, Wikiberal est représentatif des politiques destructrices des libéraux qui sévissent actuellement aux Etats-Unis et en Europe. Margareth Thatcher aurait « laissé à son départ une situation économique assainie », selon Wikiberal. Sarkozy y est un « étatiste » ! Ou encore, « l’interventionnisme étatique récurrent et permanent, origine de la crise de 2007-2008 ». Alors que d’aucuns se plaignent de l’absence de contrôle des Etats sur la finance, les libéraux trouvent que c’est encore trop. Faut oser, non ?
Il faut connaître son ennemi pour mieux le combattre, dit-on. Et c’est là que Wikibéral prend tout sa valeur. Lire Wikibéral, c’est comprendre ce que les libéraux (néo-libéraux en fait) ont dans la tête, quels sont leurs projets, et quelle société ils veulent mettre en place. Un Etat minimal — réduit à la Police, la Justice et l’Armée, comme dans une dictature, en somme — avec une politique du laissez-faire où l’intérêt général ne serait que la somme des intérêts individuels — donc des plus forts, mais chut ! faut pas le dire. Le libéralisme est l’idéologie qui dirige et détruit le monde actuellement. Avec Wikiberal, elle est à portée de clic. La comprendre, c’est s’armer pour mieux la combattre.
Décidément tout fout le camp : l’Agitateur qui promeut les idées libérales ! Ils sont forts, ces libéraux...