Poujadopedia

vendredi 30 septembre 2011 à 07:34, par B. Javerliat

« J’ai découvert l’existence de poujadopedia ». C’est en ces termes que s’est exprimé un visiteur de l’Agitateur, après être tombé sur le site Wikiberal.org. Si l’on peut goûter le jeu de mots, il peut aussi être nécessaire de ne pas s’arrêter là.

Poujadopedia

Présenté sous une forme quasiment identique à Wikipedia –- et ça n’est sûrement pas un hasard -– Wikibéral est une somme. Il ne s’agit ni plus ni moins pour ses auteurs que de mettre en ligne une « encyclopédie libérale et libertarienne ». Toute personne intéressée par la pensée libérale y trouverait l’info qu’elle cherche. Tous les mythes libéraux y sont défendus, de la main invisible du marché à la loi de l’offre et la demande, en passant par l’ Etat minimal et la concurrence forcément libre et non faussée. Les grandes « figures » y sont aussi traitées, de Adam Smith à Friedrich Hayek ou John Maynard Keynes. L’exemple de Keynes est représentatif de l’état d’esprit qui anime ce site. Keynes préconisait une intervention de l’Etat dans l’économie, car il pensaient que les marchés livrés à eux même allaient tout droit à la catastrophe - toute ressemblance avec la situation actuelle n’est pas un hasard. Il n’y a donc pas de rubrique « Keynésianisme » dans Wikiberal. Juste une page sur Keynes qui n’est qu’une critique du personnage et de ses idées. Même Adam Smith — pourtant créateur du concept majeur de la pensée économique libérale : la main invisible — ne trouve pas grâce à leurs yeux !

Bref, et bien que les auteurs trouvent qu’elles ne vont encore pas assez loin, Wikiberal est représentatif des politiques destructrices des libéraux qui sévissent actuellement aux Etats-Unis et en Europe. Margareth Thatcher aurait « laissé à son départ une situation économique assainie  », selon Wikiberal. Sarkozy y est un « étatiste » ! Ou encore, « l’interventionnisme étatique récurrent et permanent, origine de la crise de 2007-2008 ». Alors que d’aucuns se plaignent de l’absence de contrôle des Etats sur la finance, les libéraux trouvent que c’est encore trop. Faut oser, non ?

Il faut connaître son ennemi pour mieux le combattre, dit-on. Et c’est là que Wikibéral prend tout sa valeur. Lire Wikibéral, c’est comprendre ce que les libéraux (néo-libéraux en fait) ont dans la tête, quels sont leurs projets, et quelle société ils veulent mettre en place. Un Etat minimal — réduit à la Police, la Justice et l’Armée, comme dans une dictature, en somme — avec une politique du laissez-faire où l’intérêt général ne serait que la somme des intérêts individuels — donc des plus forts, mais chut ! faut pas le dire. Le libéralisme est l’idéologie qui dirige et détruit le monde actuellement. Avec Wikiberal, elle est à portée de clic. La comprendre, c’est s’armer pour mieux la combattre.

Décidément tout fout le camp : l’Agitateur qui promeut les idées libérales ! Ils sont forts, ces libéraux...

Wikiberal fait partie de la galaxie (sic) liberaux.org :
Catallaxia, Librairal et Contrepoints


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commentaires
Poujadopedia - Intersubjectif - 9 octobre 2011 à 23:05

Tout a fait d’accord et il serait grand temps que les gens savent ce qu’est le libéralisme


Poujadopedia - Le Visiteur - 30 septembre 2011 à 17:35

Perso j’ai eu un coup de cœur pour l’article "bureaucratie"


Poujadopedia - Mercure Galant - 1er octobre 2011 à  11:57

Oui. On y apprend aussi dans un article que l’oeuvre d’un artiste tel que Brassens est en totale adéquation avec les idées libérales !

Répondre à ce message #33481 | Répond au message #33480
Poujadopedia - bombix - 1er octobre 2011 à  13:11

Brassens, assurément, était un amoureux de la liberté. Le libéralisme est un concept tellement polysémique qu’on peut qualifier de « libéral » quiconque a tant soit peu le goût de la liberté. Inversement, on peut essayer de nous vendre, dans le camp d’en face, de vieilles recettes comme "le socialisme de caserne" de feu "le socialisme réel", comme seul et unique remède au "libéralisme" actuel. Puisque libéralisme=capitalisme, alors anticapitalisme = antilibéralisme. Ni la prémisse, ni la conclusion de ce raisonnement n’est vraie. Si le mode production capitaliste est producteur d’aliénation, alors on ne peut pas associer le capitalisme et le règne de la liberté. Corrélativement, un projet politique qui vise l’émancipation n’a pas à avoir peur de la liberté. Le "libéralisme", ou la revendication de la liberté, n’est pas son premier ennemi. Un tel projet doit réfléchir sur les conditions concrètes, cad sociales — et "naturelles", puisqu’il est désormais impossible de faire l’impasse sur le souci écologique — de cette liberté. Son effectuation. Ce qui passera par la destruction de certains mythes, comme celui d’un individu auto engendré(*), autonome d’emblée, et capable de contracter sans conditions. Le libéralisme de wikilibéral est une fable, une reconstruction poétique. Rien de moins pragmatique que ce libéralisme-là. Plus rêveur, plus éloigné du réel qu’un « libéral » de cette farine, on ne trouve pas. Mais si les fables ne nous parlaient pas de la réalité, elles ne nous intéresseraient pas. L’idéologie n’est pas une vision fausse ; c’est une vision renversée. Une demi-vérité érigée en système est la pire des erreurs.

(*) cf. Terminator, et la belle analyse d’Olivier Rey dans Une folle solitude : Ce que Terminator termine, p. 139-173. Le cinéma hollywodien a remplacé aujourd’hui la poésie dans sa fonction sociale de production de mythes

Répondre à ce message #33482 | Répond au message #33481
Poujadopedia - B. Javerliat - 1er octobre 2011 à  13:50

Puisque libéralisme=capitalisme, alors anticapitalisme = antilibéralisme. Ni la prémisse, ni la conclusion de ce raisonnement n’est vraie.

Exact. Mais le temps n’est plus à philosopher. La planete et l’humanité vont vers le précipice à cause des libéraux, qu’ils soinet "néo", "crypto" ou "archéo". Donc « anticapitalisme = antilibéralisme » me va très bien. Dehors les libéraux, on verra ensuite ce qu’on peut faire. Il est des moments où l’on gagne à faire simple, voire simpliste. Dans l’urgence, par exemple.

Répondre à ce message #33483 | Répond au message #33482
Poujadopedia - bombix - 1er octobre 2011 à  13:56

Exact. Mais le temps n’est plus à philosopher.

Le temps est toujours à philosopher. ;-)

La planete et l’humanité vont vers le précipice à cause des libéraux, qu’ils soinet "néo", "crypto" ou "archéo".

Non.

Donc « anticapitalisme = antilibéralisme » me va très bien.

Je vois pas en quoi une formule fausse peut être d’un quelconque secours pour régler des problèmes réels.

Il est des moments où l’on gagne à faire simple, voire simpliste.

Attention, c’est la formule de toutes les séductions fascisantes.

Répondre à ce message #33485 | Répond au message #33483
Poujadopedia - B. Javerliat - 1er octobre 2011 à  14:17

Je vois pas en quoi une formule fausse peut être d’un quelconque secours pour régler des problèmes réels.

Bah, c’est pas dur ! Globalement, personne ne veut remettre en cause le capitalisme. Mais nombreux sont ceux, et de plus, qui pensent par contre - et à tort j’en conviens - que le libéralisme est la cause de nos maux. Comme le capitalisme se cache derriere l’étiquette libéralisme, le rejet du libéralisme entraine de fait le rejet du capitalisme. Je suis donc prêt à jeter le bébé avec l’eau du bain !

Attention, c’est la formule de toutes les séductions fascisantes.

Exact ; mais parfois, « un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. »(c’est pour rire, hein ?) !

Répondre à ce message #33486 | Répond au message #33485
Poujadopedia - bombix - 1er octobre 2011 à  15:03

1. Je ne divise pas le monde en « intellectuels » et en « cons ». En rien, l’exercice de l’intelligence, la science et la culture ne préservent de la bêtise. Démonstration chez Flaubert. Illustration tragique par le bêtisier des "intellectuels" tout au long du XXème siècle. Merci à Orwell d’avoir réhabilité « les cons », dans son idée de common decency par exemple.

2. Si l’on est au bord du précipice, il y a pt être avantage à réfléchir avant de pousser plus loin. L’important n’étant pas d’avancer tout de suite, mais d’aller dans la bonne direction. ;-)

Répondre à ce message #33487 | Répond au message #33486
Poujadopedia - bombix - 1er octobre 2011 à  13:51

Même tentative concernant Spinoza ; cf l’article cité en "réponse" à ma recension du bouquin de Préposiet :
Spinoza vivant, et la polémique qui suit dans le forum. Enfin, polémique, c’est un bien grand mot, puisqu’il s’agissait essentiellement d’un troll. Mais enfin, ce fut l’occasion de préciser certaines choses. Une petite pensée pour le regretté Jean Préposiet, qui hélas, nous a quitté en 2009. A lui, cet étonnant spinoziste sartrien, érudit campagnard, historien de l’anarchie qu’il caractérisait non comme un phénomène daté de l’histoire des idées, mais comme une tendance nécessaire et caractéristique de notre humanité, à lui qui aimait la vie, la nature et la liberté, au pessimiste qui s’effrayait de La profanation du monde (un de ces derniers livres), je fais un petit clin d’oeil en empruntant les mots de l’ami Georges : "Et le petit bleu est-ce que çà ne le rend pas meilleur, d’être servi au sein des vignes du Seigneur. Si de temps en temps une dame d’antan se laisse embrasser, sûrement papa que tu regrettes pas d’être passé." Salut, Jean.

Répondre à ce message #33484 | Répond au message #33482
Poujadopedia - DD - 3 octobre 2011 à  10:25

Pour le propagandaire il est toujours tentant d’ajouter à son livre d’or quelques noms connus à la patine reluisante.

De nos jours où sévit plus durement que jamais le crépuscule des idoles, ils sont amenés à faire feux de tout bois, surtout que la pensée pour la pensée conduit parfois ceux qui la pratiquent à s’interdire l’item "sans opinion".
C’est comme ça qu’on a vu une frange de la gauche en venir à soutenir le castrisme ou plus récemment l’autodémocrate vénézuelien Chavez. En France, NS lui-même ne sucre-t-il pas sa déconfiture au Ratzinger, cet apologiste sénile d’une surpopulation qui peut bien surconsommer les ressources naturelles pourvu qu’elle soit chrétienne et qui pour s’en justifier invoque des valeurs qui doivent peiner à trouver chez NS la fibre humaniste requise pour faire du son ?

Brassens les emmerde. D’ailleurs ils nous emmerde tous. Certes il chantait "qu’elle est belle la liberté" mais surtout "Bande à part c’est [sa] règle et [il] y tient" et que "lorsqu’il les voit venir, avec leurs gros drapeaux, le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau : mourir pour des idées ? D’accord ! Mais de mort lente...."

Enfin, je me demande ce que l’auteur trouve à dire à cette idée qu’avait Brassens de "lever la patte" pour que le "cul-terreux" qui course son "voleur de pommes" se retrouve par terre, lui qui voyait dans sa guitare épargnée par le "monte-en-l’air" une "solidarité sainte de l’artisanat".

Tout ça non pour sauver mon Brassens adoré de ce cortège de médiocrité intellectuelle et de bassesse axiomatique qui le voudrait en poupe sur son char, mais pour dire que Poujadopédia ne rappelle vraiment efficacement que quelques idées premières et sans doute malgré elle :
 que chez l’égocentrique et le nihiliste entre 3 et 99 ans, ce sont les envies qui élisent les idées et non le contraire : Strauss-Khan (par exemple) n’aime pas son fric parce qu’il est libéral, il est libéral parce qu’il aime son fric ;
 qu’à l’instar de Dieu les morts se taisent et qu’il est donc très pratique de leur faire dire tout ce que l’on veut et là je paraphrase un autre libre penseur trop souvent récupéré : Desproges ;
 que la libre-pensée, comme tout le reste, peut être récupérée et vidée de sa substance authentique pour servir l’intérêt calculé des égocentriques et la promotion du mythe de la transcendance du Marché.

Sur ce, moi, j’m’en r’tournerai bien chasser les papillons ...

Répondre à ce message #33596 | Répond au message #33481
Poujadopedia - bombix - 3 octobre 2011 à  16:01

la libre-pensée, comme tout le reste, peut être récupérée et vidée de sa substance authentique pour servir l’intérêt calculé des égocentriques et la promotion du mythe de la transcendance du Marché.

Encore faut-il, pour récupérer une pensée, qu’elle soit récupérable. Si certaines expressions de l’anarchisme sont recyclables dans des idéologies qui, on est bien d’accord, sont souvent (pas toujours) aux antipodes d’une certaine vulgate libérale qui nous vend "le marché" et l’égoïsme comme l’alpha et l’omega d’une société juste et heureuse, c’est que ces pensées ont, au moins tangentiellement, un point commun. En général, le libéralisme est honni par des gens qui détesteraient encore plus le poids des communautés, des traditions, des ordres sociaux étanches et sans rapport les uns avec les autres. Ce qu’il faut reprocher au libéraux, ce n’est pas leur amour de la liberté ou leur individualisme. Ce qu’il faut leur reprocher, c’est que partant de la liberté et de la promotion de l’individu, ils aboutissent à des sociétés de flicage peuplés de clones qui s’éreintent au travail pour consommer des produits ineptes. Et il faut expliquer cette dialectique de la liberté. Il faut reconnaître que certaines formes de la liberté dans nos sociétés historiques mènent à l’esclavage, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de liberté absolue, que toute forme de liberté a pour contrepartie une aliénation. Vivre sans éducation, ce n’est pas être libre ; mais l’éducation est une "dénaturation". Vivre sans institutions et sans constitution politique, ce n’est pas être libre, mais la loi me contraint. Vivre sans langage, ce n’est pas être libre ; mais les mots me blessent parce qu’ils ne traduisent jamais exactement mes sentiments, et ce sont les mots de tous. Etc. etc.

Le plus grand mensonge des libéraux, c’est d’identifier le capitalisme au libéralisme. Le capitalisme n’est pas libéral, il n’aime ni ne produit la liberté. Il est une « cage d’acier » selon le mot de Max Weber, dont nous sentons chaque jour davantage la contrainte et le poids. "Il arrive au monde suant la boue et le sang par tous ses pores", comme dit Marx, et faut-il ajouter, il se maintient dans cet état, en aggravant la situation — car désormais à peu près rien n’échappe à la marchandisation : le corps, le sexe, la culture et les oeuvres de l’esprit, l’éducation, les "loisirs", tout y passe ou y passera. Les gens qui se précipitent dans l’anti-libéralisme pour combattre le capitalisme font la même faute que ceux qui se sont jetés dans les bras du capitalisme après s’être dégrisés de l’opium du stalinisme et du socialisme réel. L’alternative n’est pas entre libéralisme et anti-libéralisme. Ni, ni. L’alternative exige un pas de côté pour quitter ce piège de la pensée et de l’action. Et ça passera forcément par une remise en cause radicale du capitalisme, par la mise en évidence de son fonctionnement, de sa violence qui repose sur des mécanismes invisibles à l’oeil nu, qu’aucune image ne donnera jamais à voir. Le Spectacle et le Capital sont complices. Il faudra sortir non seulement du capitalisme, mais de toutes les solutions à mi-chemin, qui pensent qu’un modus vivendi est possible avec ce système. Donc pas de solution du côté des partis sociaux-démocrates qui constituent l’essentiel de la gauche européenne, depuis les partis socialistes jusqu’aux partis communistes, et autres variantes genre Die Linke en Allemagne ou Parti de gauche en France. Concrètement, par exemple, ce n’est pas défendre les salariés que de s’installer dans le salariat, comme le font les syndicats, même si l’oeuvre des syndicalistes a été, un temps, utile et bénéfique. (Aujourd’hui, on se demande bien) Il faut défendre les salariés, mais s’inscrire dans une perspective de sortie du salariat.

Aucune force sociale et politique ne présente aujourd’hui le problème sous cet angle. Tout est à réinventer, ou à retrouver, car il n’y a pas d’alternative : ou le socialisme, ou la barbarie, comme disait Rosa Luxembourg.

Répondre à ce message #33620 | Répond au message #33596
Quelques distinctions - bombix - 3 octobre 2011 à  17:37

Voici quelques distinctions conceptuelles, qui ne sont pas à prendre au pied de la lettre, mais qui ont l’avantage d’éclaircir les choses. Il faut s’étonner en particulier de l’omission du concept de marchandise dans la caractérisation du capitalisme, et de l’affirmation qu’il n’y a pas, dans le libéralisme, « d’implication ni obligation en direction des autres, qu’il s’agisse des particularités ou de l’universel ». Un certain républicanisme, défendu par exemple par Denis Collin ou d’autres, s’inscrit en faux contre cette façon de voir les choses. Ces réserves émises, ces distinctions sont utiles. Source : Pierre Cellier, professeur de philosophie à Grenoble, auteur d’un Cours de philosophie monumental, non publié, en vente chez l’auteur.

Libéralisme, capitalisme, néolibéralisme (libertarianisme)

Le libéralisme est travaillé par plusieurs révolutions métaphysiques

C’est – depuis la secousse nominaliste au moyen âge – un individualisme. C’est à dire une personnologie qui affirme que le sujet se réduit à son existence individuelle. Sans implication ni obligation en direction des autres, qu’il s’agisse des particularités ou de l’universel.
C’est pourquoi il est exclu que le plan du collectif réclame à l’individu des sacrifices : l’impôt doit être réduit au minimum. Le libéralisme est une philosophie du minimum d’état. Donc pas de lois tatillonnes, pas d’entraves, pas de médiation du collectif dans les conventions privées.
Le minimum d’état porte sur la nécessaire protection du citoyen et de sa propriété en cas de conflit : le juge de paix.
Le libéralisme correspond si on veut au moment de Locke (mais aussi B. Constant). Il advient dans une Angleterre rurale et constituée de petits propriétaires fonciers, dans un état. Le travail justifie la propriété mais dans les limites de l’usage. Mandeville ajoutera dans La fable des abeilles que le vice privé, et en particulier l’égoïsme, a pour résultante la prospérité collective. Mais les autres vices : gourmandise, luxure, luxe… ont des conséquences économiques positives.

Le darwinisme social ajoutera à l’égoïsme une philosophie de la dureté et du refus du caritativisme qui se développera en Angleterre avant de devenir effectif en Allemagne.

2. Le capitalisme est postérieur au libéralisme. Le terme se rencontre dans l’horizon marxiste et désigne un "mode de production" autorisant le salariat, avec les conséquences que l’on sait, plus value, exploitation, surexploitation…
La grande différence avec le libéralisme est que ce dernier n’envisageait que des producteurs indépendants. Alors que capitalisme signifie que des "classes" s’opposent en vertu de dispositions du droit qui autorisent le salariat. Dans le libéralisme la propriété privée est définie par le travail, dans le capitalisme elle est sans limite.

3. Le néo-libéralisme consiste à réclamer pour le capitalisme le minimum d’état propre au libéralisme. C’est une position idéologique dure qui refuse l’impôt, réclame les déréglementations, n’aime guère la loi et les codes, invoque des "souplesses" pour pouvoir s’affranchir du cadre législatif. Tout doit être confié à l’entreprise (philosophie politique de disparition du service public).

Les libertariens marient néo libéralisme et darwinisme social dur.

Comparer avec Yann Galut, dans son « livre », Demain est un autre jour, p. 61 : « Pour l’UMP, être moderne, c’est accepter l’ultra libéralisme ... en appeler à une doctrine politique dont les fondements remontent au moins au XVIIIe siècle et qui prennent surtout leur envol au XIXe siècle ... la modernité économique dont se revendiquent les politiques de droite commence historiquement à dater. » et se demander comment des gens aussi grossièrement incultes en philosophie politique et en économie, et qui osent le montrer en publiant leurs « pensées », peuvent être présentés aux élections, et pire, peuvent être élus.

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Poujadopedia - DD - 4 octobre 2011 à  14:34

Tout ça est un peu trop riche pour mon petit estomac, je voulais simplement distinguer le discours des intentions.

Tout est question d’intention. Le discours n’a aucune valeur car tout est récupérable, au moins sur la forme, et la forme suffit au récupérateur.

On a fondé des systèmes violents sur des discours libéraux, socialistes, religieux ou athée, et ça continue un peu partout.
On a soutenu Kadhafi au nom de la liberté des peuples hier, on le démonte aujourd’hui au nom de la liberté des peuples.
Des citoyens soutiennent l’intervention, des soldats y meurent, parce que le discours leur donne l’illusion d’une communauté de pensée avec un pouvoir qui suit ses propres logiques. Demain les mêmes soutiendront l’investiture d’un nouveau leader dont on ne sait rien et qui pourrait se révéler pire que le précédent qui sait...

Tout est récupérable et tout est corruptible à partir du moment où l’intention précède le discours qui ne sert plus qu’à la justifier. Les aspirations libérales ou libertaires d’aujourd’hui sont les discours en carton pâte de demain.

"Vous voulez lavez plus blanc que blanc ? Achetez notre nouvelle lessive !"

Répondre à ce message #33637 | Répond au message #33620