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Le troisième homme

vendredi 15 février 2002 à 00:00, par Mister K

Depuis le début de la campagne, on entend parler de troisième homme... mais c’est qui (quoi ?) le troisième homme ?

Un terme à la mode

Le troisième homme

Il y a des termes comme ça qui reviennent sans cesse dans les médias au sujet de la campagne, sans qu’on sache très bien ce qu’ils signifient, d’où ils viennent et quels sont leurs intérêts.
Le troisième homme est l’un des termes actuels de la campagne, il partage la vedette avec l’insécurité à qui on ajoute parfois le terme de sentiment. Alors, qui a le sentiment d’être le troisième homme ? Tous les candidats ou presque sauf deux... Dommage pour Arlette Laguiller qui pourrait bien être la première femme.

Qui est le troisième homme ?

Il est possible que ce soit François Bayrou qui ait le premier utilisé le terme. Pour l’instant, les sondages le remettent plutôt à sa place, c’est à dire, en milieu de peloton. Et c’est bien là le problème, c’est que pour l’instant, en attendant le verdict des urnes, ce sont les sondages qui décernent le prix du troisième homme. Et l’actuel troisième homme, c’est Jean-Pierre Chevènement. Mais les sondages, ça évolue...

Mais quel est l’intérêt d’être le troisième homme ?

En voilà une question ! En effet, la place de troisième au premier tour des élections présidentielles, c’est assurément, à priori, la plus mauvaise... et oui, le troisième homme ne sera pas président de la république. Une banalité, mais bon...

Le troisième homme est-il un homme de pouvoir ?

Alors, pourquoi vouloir être le troisième homme ? Pour le pouvoir monsieur ! Le pouvoir d’arbitrer le débat entre le premier et le second. Oui, mais voilà...le troisième homme ne possède pas ses voix. Et vu le nombre pléthorique de candidats annoncés, le troisième homme n’aura pas plus d’importance que l’ensemble des autres candidats recalés.

Le troisième homme est-il un homme d’idées ?

Peut-être donc, le troisième homme espère-t-il orienter le débat sur ses idées... là encore, c’est peine perdu. Le marketing politique joue actuellement à fond, et pour ces élections, les sondages le disent tous, ce sera Insécurité, Chômage, Affaires. Le temps des idées est révolu depuis longtemps... la démagogie règnera en maître.

Le troisième homme est-il un homme neuf ?

Le troisième homme, c’est aussi peut-être l’homme neuf. Bon, j’arrête de rire. A quelques exceptions près, tous les candidats sont connus de longue date sur la scène politique.

Le troisième homme est-il un miraculé ?

Dernière chance, le troisième homme (sous-entendu dans les sondages) sera le second dans les urnes. Voilà qui aurait de la gueule, qui relèverai du miracle, qui mettrait du piment dans la choucroute. Le troisième homme serait en fait le second, celui qui se glisse sur le podium à deux marches au dernier moment, entre le dernier sondage du vendredi soir à 23h59 et le dimanche 20h00.

Le troisième homme sera le second, comme les derniers seront les premiers.

Pas mal tout ça... vachement moraliste. L’espoir du petit troisième qui devient le second, voir plus tard, le grand premier. Fabuleux scénario. Mise en scène parfaite, le suspens va battre son plein. Les médias vont pouvoir faire du business sur le dos du troisième homme. Les sondeurs vont pouvoir faire jouer à fond leur rôle de co-scénariste. En fait, le troisième homme, c’est l’espoir, la rêve américain des "petits" candidats, ceux que l’on ne voit pas aux deux premières places, les figurants qui arrachent les premiers rôles.

Retour sur Terre, en France, en 2002.

Bon, aller le troisième homme, tu nous as assez fait rêver comme ça. Parce qu’au final, une chose est sûre, c’est que le premier homme lui, au soir du second tour, aura le pouvoir. Certes, mais ce ne sera pas un homme neuf, il aura autant gagné sur des idées que sur sa campagne marketing, et il ne nous fera pas rêver... et ce même dans le cas improbable, ou toi, troisième homme, tu deviendrais le premier.
Sur ce, bon courage troisième homme, et surtout n’oublie pas, l’important c’est de participer.