Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise

lundi 20 février 2012 à 08:51, par Cyrano

On parlait sur le site l’Agitateur d’avril 2002. Une réponse d’Eulalie «  On ne se souvient pas des mêmes choses », puis « Quant aux chiffres, je ne sais pas compter », ça m’a donné envie de refaire un tour en avril 2002, puisque une nouvelle présidentielle est là.

Allez vous chercher un café ou un thé, ou une bière de bon aloi, ou un bon vin. On va compter ensemble. Oui, c’est long à lire. Et moi qui me fait l’apôtre de la brièveté. Pourtant j’ai tout fait comme me conseille l’ami Boileau.

1er tour, le 21 avril 2002 : pochette-surprise !

41 millions d’inscrits. Près de 12 millions d’inscrits ne vont pas voter : 28 % d’abstentions, c’est le plus fort taux d’abstention (et de loin) de la Ve République. Les citoyens désabusés... [On ne peut pas les accuser d’être allés à la pêche puisque Jean Saint-Josse, "Chasse, pêche, nature et traditions" obtient 1,2 millions de voix, pfff, déprimant...].
On a donc 29,5 millions de votants.
Il y a quand même 1 million bulletins blancs ou nuls (ah oui, quand même ?! un million ? ça me rend toujours perplexe, ça...).
Il nous reste 28,5 millions de suffrages exprimés. Y’a plus qu’à compter les voix.

C’est donc le fameux 1er tour, le 21 avril 2002 :

Jacques Chirac : 5,7 millions de voix (19,9 %) – un électeur sur cinq, pas fameux pour un président sortant.
Lionel Jospin : 4,6 millions de voix voix (16,2 %) – ho la la, encore moins fameux que Jacquot pour un premier ministre sortant.
Jean-Marie Le Pen : 4,8 millions de voix ( 16,9 %) – patatras, rue de Solférino, on se griffe les joues, on déchire ses vêtements.
Pour 200.000 voix Yoyo est renvoyé à l’Ile de Ré. Jacques Chirac clame aux Guignols de Canal : "J’ai niqué frisouille !".

Faisons les comptes

Cette bande des trois du podium totalise 15 millions de voix, juste un peu plus de la moitié des suffrages exprimés (13,5 millions de voix se sont donc réparties sur les autres candidats, ça laisse de la marge).

D’abord, la seule rationalité arithmétique :

Où est la réserve de voix pour Jean-Marie Le Pen ? Bruno Mégret, le félon, du Mouvement National Républicain a malgré tout 667.000 voix. Le MNR appelle à voter Le Pen au 2e tour. On rajoute quelques morceaux épars des électeurs de Christine Boutin ou Alain Madelin ? Même pas sûr.

Il n’en est pas de même pour Jacques Chirac : François Bayrou peut apporter 2 millions de voix. Avec Alain Madelin, Christine Boutin, Jean Saint-Josse, les dames Christiane Taubira, Corinne Lepage, C’est un réservoir de 5 millions de voix pour Jacques Chirac.

Ça nous annoncerait un 2e tour avec environ 10 millions de voix pour Jacques Chirac et environ 5 millions de voix pour Le Pen.

Comptes à rebours

Histoire de se questionner, comparons avec le premier tour en 1995 :

Jacques Chirac : 6,35 millions de voix (20,8 %).
Lionel Jospin : 7 millions de voix (23,3 %) – Ainsi, Yoyo perd 3,5 millions voix en 2002 par rapport à 1995 ( plus de 3 millions de voix ?! une paille !).

Et Jean-Marie Le Pen ? Certes Le Pen en 2002 se retrouve au 2e tour, mais sans progression notable des voix (ce qu’on semblait oublier : sa présence au 2e tour n’était du qu’à un énorme effondrement des votes pour le candidat du PS) :
Jean Marie Le Pen en 1995 : 4,5 millions de voix (15 %) – Et donc, bah ! en 2002 Le Pen ne gagne que 230.000 voix sur ce score (encore une preuve que le plein d’électeurs d’extrême-droite était grosso-modo atteint). Et soyons même plus précis :

En 1995, Philippe de Villiers (Mouvement pour la France) avait obtenu 1,4 millions de voix. Notre roitelet de Vendée est aussi à l’extrême-droite que le sinistre Le Pen. Ça nous totalise donc 6 millions de voix en 1995 pour l’extrême-droite, et en 2002 Le Pen + Bruno Mégret totalisent 5,5 millions de voix. Il y a donc plutôt une légère régression de l’extrême-droite en 2002.

No pasaran !

Ainsi, la présence du Front National au 2e tour en 2002 ne vient pas d’une spectaculaire percée des scores qui le porterait au seuil du pouvoir. Rien de changé par rapport aux années précédentes. La présence du Front National au 2e tour provient de l’écroulement du candidat socialiste perdant 3 millions de voix.

Non, on n’avait pas à s’échiner à faire des comptes surréalistes, à se demander si, comme le dit Eulalie, « quelques autres esprits tordus n’allaient pas sortir de dessous les fagots. » Dans le monde réel, Chirac était plus qu’assuré de la victoire. Et ce n’est pas rétrospectivement qu’on peut enfin le comprendre : on disposait, en toute lucidité, dès le soir du premier tour, de toutes ces informations.

Votez Escroc - Pas Facho

On ne se souvient pas forcément des mêmes choses. Dix ans après, ça me semble normal. J’me souviens déjà même pas de ce que j’ai mangé hier midi (mais je peux citer le nom de la bière).

Eulalie : « les premières manifs qui ont précédé cette hystérie politicienne et médiatique, n’appelaient nullement à voter Chirac. » Si, si fait, ça commence très tôt – ça venait des directions politiques mais aussi des militants et spontanément, par ricochet du tout-venant, y compris parmi les jeunes ("Votez Escroc - Pas Facho"). Un tsunami qui semblait tout emporter.

On peut trouver un écho des jours qui suivirent immédiatement ce 21 avril sur un site qui référencie des Revues de Presse Présidentielles 2002.

Dans la revue de presse du lundi 22 avril, le lendemain du 1er tour, on peut lire sous un une rubrique "La rue à chaud" que l’agence Digipresse, qui a filmé autour de Bastille, a interviewé une jeune italienne : « voterait-elle Chirac au second tour ? "Oui", mais en se "bouchant le nez, parce que ça pue". » Et le mardi 23 avril, Libération de faisait déjà l’écho du slogan des jeunes « Votez escroc, pas facho », ou de la triste formule « Voter Chirac en se bouchant le nez  »

De manifs en manifs énormes, jusqu’au 1er mai comme un fleuve de manifestants, tout va s’emballer, plus rien ne se discute. Gauche, gauche encore plus à gauche, écolos, même les libertaires, associations diverses, artistes, tous dans le tsunami irrationnel, tous se rangent dans les jupes de Jacques Chirac.

Les 35

Mais bon sang, lorsque il y a eu 35 députés Front National à l’Assemblée Nationale, ça n’avait pas provoqué une telle inquiétude ? Pourtant, zut ! merde ! bordel ! putain de merde ! 35, trente-cinq, en 1986, oui ! élus grâce aux élections législatives proportionnelles mises en place par la gauche. Pendant deux ans, y’a eu 35 députés Front National dans notre Chambre des députés. On a donc oublié ? Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, Jean-Claude Martinez, Bruno Mégret, etc. Excusez du peu !

Tête haute

Pierre Broué, un grand historien connu et lié au mouvement trotskyste, est entré à l’hosto le 22 avril pour être opéré. Après son opération, malgré son épuisement, de son lit d’hôpital, le vieux lion de 76 ans fait publier un communiqué, le 28 avril :

« je découvre en sortant que des camarades que j’estime ont jeté par-dessus bord idées et principes et appellent à voter Chirac ! J’avoue avoir reçu ce coup en plein visage et en tituber encore. [...]
Je vais être brutal. Ces derniers jours, dans mon état semi-comateux, ne me récupérant que par morceaux, je me suis cru en août 14. Je ressens l’attitude de ces camarades, et notamment ceux de la Gauche socialiste (dont je ne suis pas et n’ai jamais été), comme un coup de schlague, une humiliation, une initiative très grave. [...]
C’est guignolesque d’expliquer que ce vote Chirac deviendra un référendum contre Le Pen. Nous sommes dans le monde et ce que nos concitoyens du monde apprennent, c’est ce que disent leurs journaux : "Les démocrates se rangent derrière Chirac." [...]
J’affirme que la plupart de vos arguments (je m’adresse à ceux qui veulent voter pour Chirac) relèvent de l’épicerie. Ce ne sont pas les totaux de voix qui comptent mais la création, les manifestations, les réunions, les prises de parole [...]
Déjà, Marx refusait le vote pour Ledru-Rollin et Trotsky celui pour Hindenburg. Honnêteté et courage. Vous qui dénoncez l’escroc et le super-menteur et qui avez de jeunes enfants, vous le leur dites comment, que vous votez pour lui ? [...]
On ne gagne rien à se renier. Il faut marcher de l’avant, faire un Premier Mai grandiose, aider la jeunesse à renouer avec les traditions qu’elle cherche. Michel [son fils] écrit qu’il appelle à voter Chirac, " la rage au cœur ". Dans le mien, mes camarades, il n’y a pas de rage, mais nos espoirs, nos rêves, ce monde nouveau que vous voulez et qui sera vôtre, les jeunes, et toute l’amitié et l’amour qu’on a pour vous, connus ou inconnus.
Et même nos amours mortes et celles qui n’ont pas pu éclore. Non, on ne va pas se masquer pour combattre. Dans les yeux, face à face, s’il vous plaît, et tête haute.
Bulletins blancs ou nuls !
Vive la vie ! »
Pierre Broué
 »

Eh bien, chacun ses appétences : moi je préfère ça à "Je vais voter Chirac en me pinçant le nez" comme le bramaient les gens du PCF, à Bourges, à chaque manif.

Florilège

Les politichiens-chiennes y vont de leur couplet :
Arnaud Montebourg (député socialiste) : « La voix que je pourrais donner à Jacques Chirac ne vaudra que pour la défense d’une République que ce dernier a malheureusement piétinée et déshonorée. »
Marie-George Buffet (secrétaire nationale du Parti communiste) : « Il faut utiliser le bulletin de vote Chirac pour faire en sorte que le candidat Le Pen soit le plus bas possible  »

Et même les gens de lettres ? Oui, même le gentil postier Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire) appelle à voter Chirac, avec une formule alambiquée-langue-de-bois : « Barrer la route à l’extrême droite dans la rue comme dans les urnes. » Une rumeur par contre alimenterait l’idée qu’Alain Krivine n’est pas cho-cho pour voter Chirac.

Les syndicalistes veulent aussi être sur la photo :
Nicole Notat (secrétaire générale de la CFDT) : « Nous appelons nos adhérents et nos sympathisants à participer massivement au scrutin et à voter pour Jacques Chirac. Il n’y a pas d’autre choix »

Les associations tiennent aussi à être au premier rang du ridicule :
Mouloud Aounit (secrétaire général du MRAP, Mouvement contre le racisme, pour l’amitié entre les peuples) : « Il faut faire barrage au Front national, c’est-à-dire voter pour Jacques Chirac. Mais le sens, ce n’est pas de voter pour Jacques Chirac mais contre le Front national. Et cela ne se discute pas »
Collectif Les Mots Sont Importants : « La lutte contre le racisme et le fascisme passe par une guerre totale contre Chirac après le 5 mai, mais aussi par le vote Chirac le 5 mai. »

Puis y’a ceux qui causent, c’est plus fort qu’eux :
Daniel Cohn-Bendit (Vert) : « Il faut que tous aujourd’hui, on vote Chirac pour sauver la France et pour sauver l’image de la France dans le monde »
José Bové (Confédération paysanne) : « Si je n’étais pas privé de mes droits civiques, je voterais certainement Chirac. »
Guy Bedos (comique triste) : « Pour la première fois de ma vie, je vais voter Chirac. Ben oui, faut pas être cons. »
Bertrand Cantat (groupe musical Noir Désir) : « Ça fait vraiment mal, mais, le nez dans la merde, je vais voter Chirac. »

Et Lionel Jospin, au fait, il dit quoi ?

C’est qu’il ne dit rien, le bougre. Ça emmerde tout le PS et les autres plus ou moins de gauche. Sa compagne, Sylviane Agacinski-Jospin, a bien déclaré dans un message sibyllin : "« Il faut faire comme si le risque était réel, même si on se dit qu’il ne l’est peut-être pas. À titre personnel, je pense qu’il faut se mobiliser, mais je n’ai pas d’appel à faire  », on est guère avancé. Il ne cause pas.

Enfin, Yoyo se fend d’un communiqué très bref, depuis Matignon, le 26 avril :
« Soucieux de l’avenir de la France et des fondements de notre démocratie, et bien que sans illusions sur le choix qui se présente à nos concitoyens le 5 mai, je leur demande d’exprimer par leur vote à l’élection présidentielle leur refus de l’extrême droite et du danger qu’elle représente pour notre pays et ceux qui y vivent. »

C’est laconique, voire alambiqué, sans nommer Chirac. Nicolas Sarkozy, dans Libération, commente : « Sa réaction [ne pas nommer Chirac] est humainement compréhensible mais au regard de la France c’est une faute. » Et Le Pen ne perd pas le nord, il s’empresse de commenter, dans France-Soir : « La position de Jospin est très claire : Votez blanc ou nul. Barrer la route à Le Pen, ça veut dire : "Ne votez pas pour lui’, ça ne veut pas dire : "Votez pour Chirac". Sinon, il l’aurait dit mais il ne le fait pas. »

Alors ?... Une conclusion à la position de Lionel Jospin par Lionel Jospin lui-même, sur son blog, en novembre 2007 : « Plusieurs dirigeants socialistes ont appelé à voter Chirac dès le dimanche soir [21 avril, soir du 1er tour]. J’ai pensé qu’un temps de réflexion et d’analyse politique aurait été utile. Mais le mouvement s’est emballé. Y avait-il un réel danger fasciste en France ? Fallait-il poser des conditions à un vote en faveur du Président sortant ? Rien de tout cela n’a été débattu. Je l’ai toujours regretté.  »

Lutte Ouvrière

Puisque Lutte Ouvrière a été mentionnée, on peut lire le numéro Lutte Ouvrière du 26 avril 2002, donc bouclé le 24 ou 25 avril. Vous y lirez les prises de position de cette organisation qui fut la seule à refuser l’hystérie collective qui avait saisi le pays. Comment s’étonner alors d’août 1914 ? et quelle sera la prochaine folie hors de tout sens critique ? La guerre contre l’Iran ? Que sais-je !...

2e tour, 5 mai 2002

Puis le 2e tour, le 5 mai 2002, après deux semaines hystériques :
Jacques Chirac : 25 537 956 voix (82,2 %) – plus de quatre fois son score du premier tour, j’en ai honte.
Jean Marie Le Pen : 5 525 032 voix (17,8 %) – Le Pen n’a gagné que 720.000 voix, soit le report Bruno Mégret plus quelques voix éparses par-ci, par-là.

Ils ont voté.... Les indécrottables de droite ont voté Chirac, normal. Les indécrottables du centre, au fond du couloir, à droite, on voté Chirac, normal. Mais aussi les indécrottables qui avaient voté Jospin, ou Jean-Pierre Chevènement, ils sont allés voter Chirac. Et puis les derniers fans de Robert Hue, ceux de Noël Mamère, et aussi les fans d’Olivier Besancenot. Eh oui, même ceux-là sont allés voter Chirac. Dans l’isoloir, ils ont eu dans leur main, entre leurs doigts un papier ou y’avait écrit "Jacques Chirac", en toutes lettres, le super-menteur, l’escroc, l’ennemi des classes populaires. Ils ont alors mis le bulletin "Jacques Chirac" dans une enveloppe et l’ont déposé dans l’urne. Ils en ont fait l’ultime recours de la démocratie face à Le Pen.

Bien sûr, emporté par l’ahurissant battage médiatique sur le vote Chirac, le citoyen tout ordinaire qui s’intéresse peu à la politique pouvait avoir des doutes : voter Chirac ? pas voter ? voter blanc ? Mais les autres, tous les autres... Rien, aucune raison ne peut excuser cela. Rien, aucune contorsion sémantique ne peut excuser cela. Ça vaut le coup de réfléchir à cet épisode.


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commentaires
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - bombix - 24 février 2012 à 07:04

Entendu hier soir de la bouche d’El comandante lui-même, que Mélenchon appellera à voter Hollande au second tour, s’il est le candidat de gauche le mieux placé. Il reconnaît donc que « sa gauche » — qui combat le "capitalisme financier" et termine ses meetings en chantant l’Internationale — et celle de Hollande sont la même gauche ; qu’il y a une gauche et une droite qui ne font pas la même politique libérale depuis des années.

Il a ajouté que c’était une règle à gauche en France, que Hollande ferait de même si il était le mieux placé, et même, que Hollande appellerait à voter Poutou si d’aventure (on ne sait jamais !) il venait à être désigné par les urnes candidat de la gauche au second tour.

Tant d’honnêteté intellectuelle laisse pantois !


Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - B. Javerliat - 24 février 2012 à  09:12

Tant d’honnêteté intellectuelle laisse pantois !

Exactement ce que je me disais en lisant ce commentaire.

Répondre à ce message #35380 | Répond au message #35375
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - bombix - 24 février 2012 à  09:43

L’intérêt de Mélenchon pour Hollande, c’est que grâce à lui, les plus hostiles à gauche au PS et à sa politique finiront bien par glisser dans l’urne leur bulletin pour lui le jour J. C’est bien là l’essentiel, au fond.
Candidat en discours de l’alternative, il aura été dans les faits l’instrument de l’alternance unique, pour parler comme JC Michéa.

Répondre à ce message #35381 | Répond au message #35380
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - B. Javerliat - 24 février 2012 à  11:15

Ah, ben si c’est Michéa qui le dit ! Dites, quand vous refermez vos livres, ça vous arrive de revenir à la situation réellement existante ? C’est bien de lire et de chercher à comprendre les subtilités de la chose politique. Je l’ai moi-même fait -et je continue - à la suite très souvent des nombreux articles que vous avez publié comme celui-ci par exemple. Michéa, c’est vous qui me l’avez fait découvrir, je dois le reconnaitre.
Mais y’a un moment où il faut retourner sur terre. Et sur terre, surtout chez nous, là, en France, on a une élection présidentielle. De deux choses l’une :
 ou l’on est persuadé que c’est du spectacle, que ça ne changera rien, et on s’abstient. Eventuellement on fait un article pour expliquer (sans pour autant se retrancher derrière Rousseau ou la fable du con qui ne cherche là que parcequ’il y a de la lumière).
 ou on a l’intention de voter, et on passe pas son temps à chercher le détail qui permet de dire "vous voyez bien, c’est un enculé comme les autres", en focalisant toutes ses critiques sur un seul candidat. A moins bien sûr, que vous soyez convaincu que c’est le pire de tous ceux qui se présentent. Mais là, faut le dire, ça permettrait de comprendre ce que vous faites.

Dans mes tentatives de vous voir être clair sur ce que vous allez faire le 22 avril, je n’ai pas eu d’autre réponse que "Et ou ai-je dit que j’allais m’abstenir ?". Je déduis donc que vous allez voter. Bien. Et pour qui ? Parce que là, ça deviendrait interessant, comme discussion. Même si vous avez l’intention de voter blanc. Pour vous aider, je vais vous dire pour qui j’ai l’intention de voter à l’heure où l’on cause. Ah bon ? Pas la peine ? Vous le savez déjà ? Mais comment donc avez-vous fait ?

Répondre à ce message #35384 | Répond au message #35381
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - bombix - 24 février 2012 à  17:01

C’est quand même curieux cette fixette sur la présidentielle, comme si quelque chose allait changer après cette élection.

Selon toute probabilité, on assistera au second tour à un duel Sarkozy-Hollande. Nous aurons le choix, comme d’habitude, entre un néo-libéralisme agressif à la Sarko et un néo-libéralisme bien tempéré à la Hollande. Bref, un changement dans le style, non dans le fond. Le plaisir de voir dégager Sarkozy pourrait inciter à voter Hollande au second tour ; mais la désagréable impression de participer à une mascarade démocratique, initiée avec les primaires, pourrait justifier d’aller à la pêche ce jour-là.

Pour le 1er tour, je cherche un vote utile. Le vote le plus utile que j’aie trouvé pour l’instant — mais si d’autres idées argumentées sont proposées, je les examinerai avec intérêt — c’est de voter pour un petit candidat afin de l’aider à se faire rembourser ses frais de campagne. Après tout, le seul intérêt qu’on peut trouver à ces élections est qu’elles constituent une tribune pour des voix qu’on étouffe systématiquement dans les médias. Alors les aider à s’y maintenir, pourquoi pas ?

Concernant Mélenchon, je ne focalise en rien mes critiques sur lui. Je constate simplement un certain nombre d’incohérences. Candidat anti-système dans le système. Candidat du peuple qui s’appuie sur une formation politique groupusculaire et taillée pour lui (qu’est devenu Marc Dolez, au fait ?). Candidat anti-socialiste qui appelera à voter socialiste au second tour. Candidat des communistes sans être communiste. Candidat de la "révolution par les urnes", contradictio in adjecto. etc. etc. Je dois ajouter que le style autoritaire et egocentrique du personnage m’irrite un peu. Les gourous ne sont pas de mon goût.
Mélenchon est un socialiste qui poursuit sa carrière de socialiste, c’est tout. On a quelques raisons de se méfier des « socialistes ». On a plus de raisons peut-être de se méfier des « socialistes » qui le sont encore par toutes leurs fibres et qui affirment qu’ils ne le sont plus.

Pour moi, au point où j’en suis de mon analyse, on ne s’en sortira pas avec les recettes de la gauche officielle qui aspire au pouvoir, "aux responsabilités" comme ils disent. Je n’attends donc rien de cette élection. L’essentiel se jouera ailleurs, s’il doit se jouer.

Répondre à ce message #35393 | Répond au message #35384
Remember : Cantonales 2011 - Plouc - 21 février 2012 à 22:26

Si Le Pen n’a gagné que 720.000 voix au 2nd tour de 2002, on peut aussi rappeler que la perspicacité de Lutte Ouvrière, tant vantée dans cet article, a été récompensée par un super score pour Laguiller en 2007 (487 857 voix).
Perso, je me suis amusé à analyser d’autres élections hier : les cantonales de 2011. J’ai choisi 2 départements où l’extrême gauche fait de l’agit-prop.
D’abord l’oise, ou fût canonisé Xavier Mathieu des Conti. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_cantonales_de_2011_dans_l’Oise
On constate que FN et Front de gauche ne sont pas vraiment dans la même catégorie, et que les transferts de voix entre la gauche et le FN sont importants.
Et puis la Moselle ou la crise sidérurgique est toujours d’actualité.
http://tout-metz.com/resultat-elections-cantonales-2011-874.php
Toujours des transferts importants de voix entre la gauche et le FN.
Tout cela pour dire qu’aujourd’hui, on n’est évidemment plus en 2002. Une part importante de l’électorat de gauche n’en est plus à se dire qu’elle s’abstiendrait en cas de duel UMP-FN, mais qu’elle voterait tout simplement FN.
J’ai beaucoup de sympathie pour pas mal de militants d’extrême-gauche, par contre comme pour d’autres adeptes de religions, je suis toujours gêné que la foi l’emporte trop facilement sur la raison.
Hollande n’a pas eu besoin de parader à la fête de l’huma, ni d’aller soutenir Xavier Mathieu, pour se faire élire candidat.
Il joue la gagne. Si il est à 30%, il ne va pas se mettre à genou pour se faire insulter par des personnes qui ne lui amènent que 10%... Il n’est pas là pour rejouer la commune de Paris, la guerre d’Espagne, ou même un Front Populaire avec un PC qui le lâcherai dès la déclaration de guerre.... La présidentielle n’est pas la fête du slip pour masochiste...
Quand j’étais plus jeune, j’avais de la compassion pour ces compagnons de route qui n’avaient pas su... Après, j’ai compris qu’ils n’avaient jamais cherché à savoir..
Pour ne pas remonter trop dans le passé, il suffit de se rappeler que l’extrême gauche a été surprise de la victoire des islamistes en Tunisie (le Parti Communiste des Ouvriers Tunisiens a obtenu 1,57% des voix...) et croyait que les banques allaient rafler des intérêts monstrueux en Grèce (elles ont déjà lâché plus de 50% de leur mise... enfin tant qu’elles paient la retraite à Arlette Laguiller...).
Pour liquider la surenchère à gauche, il suffirait de faire aujourd’hui des législatives à la proportionnelle, on irai alors sûrement vers une union PS-UMP pour gouverner et les extrêmes se retrouveraient enfin ensemble.


Remember : Cantonales 2011, - Cyrano - 22 février 2012 à  07:52

Bref, oui ?! Vous voulez dire quoi ? Que vous voterez FN ? que vous voterez pour Pompidou ? Pour l’abbé Pierre ?... Si vous ne vous trompez pas de bulletin, parce que si dans l’isoloir, vous êtes dans la même confusion que dans votre message...

Répondre à ce message #35340 | Répond au message #35338
Remember : Cantonales 2011, - Eulalie - 22 février 2012 à  13:04

Pour ma part, je comprends ce qu’il raconte ce pseudo "Plouc".

Répondre à ce message #35347 | Répond au message #35340
Remember : Cantonales 2011, - Cyrano - 22 février 2012 à  18:47

Impec ! Vous allez me dire, alors... J’avoue : ça doit être psycho-somatique...

Répondre à ce message #35351 | Répond au message #35347
Remember : Cantonales 2011, - Eulalie - 22 février 2012 à  19:23

Cyrano, je ne comprends pas ce que vous me dites à votre tour..

Oui, oui, j’ai compris ce qu’il raconte ce monsieur "Plouc", Par contre,à la fin, je me demande de quels extrêmes il souhaiterait le rassemblement. Aimerait-il un rassemblement type Riposte Laïque où gens de gauche et d’extrême-droite se retrouvent dans l’anti- islamisme ? Je ne sais pas,Je n’ai j’ai pas forcément compris ce qu’il souhaite comme rassemblement d’extrêmes droite et de gauche.

Répondre à ce message #35353 | Répond au message #35351
Remember : Cantonales 2011, - Eulalie - 22 février 2012 à  20:01

Riposte Laïque, qu’est-ce que c’est ? c’estça. (y’a un Cyrano dedans, mais ce n’est pas, bien sûr, vous )

Répondre à ce message #35355 | Répond au message #35351
Remember : Cantonales 2011, - bombix - 22 février 2012 à  20:18

Riposte Laïque, qu’est-ce que c’est ?

Pierre Cassen (et Riposte Laïque) se rasent le crâne !

Sur un tropisme vers l’extreme droite de certains militants et d’organisations de gauche, voir La métamorphose des cloportes Cette gauche républicaine qui recycle d’anciens militants d’extrême droite

Notre bon Cyrano à nous est totalement innocent de ces turpitudes !

Répondre à ce message #35356 | Répond au message #35355
Remember : Cantonales 2011, - Eulalie - 22 février 2012 à  21:22

Bombix, pourquoi me répondez-vous à une question où je mettais une réponse à ce qu’est Riposte Laîque ?
Je ne comprends pas très bien. Oui, bien sûr que Cyrano de l’Agitateur n’a rien à voir avec Riposte Laïque. Je ne comprends pas pas pourquoi vous me le précisez.

Ensuite, certains préfèrent rire de Riposte Laïque. Pas moi. Comme "Plouc" ne me fait pas rire non plus. Et je ne crois pas qu’il ait quelque chose à voir avec Dupont-Aignan, ni avec "la misère intellectuelle de l’extrême-gauche" comme il est écrit dans le lien que vous avez adressé à "Plouc". A ma connaissance, le parti de Dupont-Aignan dont j’ai oublié le nom, ne souhaite pas un rassemblement des extrêmes et ne "joue" pas avec la gauche. Tandis que le FN, Riposte Laïque et peut-être d’autre partii d’extrême droite "jouent" beaucoup avec la gauche. Et il me semble que "Plouc" est très joueur.

Répondre à ce message #35358 | Répond au message #35356
Remember : Cantonales 2011, - Plouc - 22 février 2012 à  22:28
Répondre à ce message #35360 | Répond au message #35358
Remember : Cantonales 2011, - bombix - 22 février 2012 à  22:38

Bombix, pourquoi me répondez-vous à une question où je mettais une réponse à ce qu’est Riposte Laîque ?

Oop’s, j’avais pas vu le lien, c’est tout ! S’xcuses !

Répondre à ce message #35361 | Répond au message #35358
Remember : Cantonales 2011, - Plouc - 22 février 2012 à  22:25

Entendu ou lu un jour que pour être tranquille en France, il fallait dire qu’on votait à gauche mais qu’après dans l’isoloir, on pouvait faire ce qu’on voulait.
J’ai compris pas mal de chose de cette phrase. Elle illustre une grosse faille d’un certain discours de gauche. On a parlé pas mal de droite décomplexé, on pourrai aussi parler de gauche complexé, qui doit à tout prix coller des étiquettes, respecter le politiquement correct. Or arrivé avec une grille dépassé est le meilleur moyen de ne pas voir les lignes bouger et de rester dans une bulle. Vous me prêtez une certaine confusion, je peux vous avouer qu’elle m’est moins pénible que les contorsions que doivent faire certains fidèles pour justifier les mensonges et les erreurs de leur clergé...
Je juge votre article intéressant. Les références sont nombreuses et pertinentes. J’essaye juste de le compléter par mon expérience. Quand on observe qu’aux derniers cantonales, des candidats FN, opposés au second tour au seul candidat de droite du 1er tour, ont vu leur score passés de 20 a plus de 30% (et plus significatif, car un regain d’abstention pourrait l’expliquer, on gagnés des suffrages), force est de constater qu’il y a eu report de voix d’électeurs de gauche en leur faveur.
Déjà en 2007, nombreux était ceux qui se disaient prêts à ne pas voter Sarkozy en cas de duel avec Le Pen, mais on peut dire que depuis les cantonales et la succession à la tête du FN, les digues du front anti-FN ne sont plus ce qu’elles étaient en 2002.
A propos des dernières cantonales, il faut rappeler que Xavier Cantat, qui est tout de même compagnon de la première secrétaire d’Europe-Ecologie et frère du chanteur de Noir Désir qui était de tout les concerts anti-FN (comme Dieudonné...), a carrément appelé à voter blanc dans un duel Front de gauche - FN, après son éviction au premier tour.

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Remember : Cantonales 2011, - B. Javerliat - 23 février 2012 à  07:48

Quand on observe qu’aux derniers cantonales, des candidats FN, opposés au second tour au seul candidat de droite du 1er tour, ont vu leur score passés de 20 a plus de 30% (et plus significatif, car un regain d’abstention pourrait l’expliquer, on gagnés des suffrages), force est de constater qu’il y a eu report de voix d’électeurs de gauche en leur faveur.

Dans le Cher, ce cas de figure ne s’est pas présenté. Par contre il y a eu 3 cantons où il restait un candidat FN opposé à un candidat de gauche. Et là, le repport des voix de la droite vers l’extrème droite a été massif : À Chârost, le FN a gagné 44%. À Vierzon, 54%, et à Lignières 72% !

Voir en ligne : Droite - FN : le ni-ni en Berry

Répondre à ce message #35363 | Répond au message #35359
Remember : Cantonales 2011 - Cyrano - 23 février 2012 à  10:48

Doucement, doucement... Y’a d’abord 6 électeurs sur 10 qui ne se sont pas déplacés. Et que la Droite préfère le FN à la Gauche, ça semble dans la logique des choses, ça ne peut pas être une surprise.

Pour les résultats dont parle Plouc (Oise et metz) : dommmage, les liens ne renvoient pas les chiffres et sont inutilisables. Ça réduit la possible discussion.

Je persiste : je n’ai pas encore compris ce que vous voulez dire. Qu’une partie de la Gauche peut très bien voter FN ? Que vous iriez voter FN sans complexe ? Que vient faire la-dedans le score de Lutte Ouvrière en 2007 ? l’extrême-gauche et la religion ? Hollande et la fête de l’Huma ? la Tunisie ? la retraite d’Arlette laguiller ? et ces extrêmes qui gouverneraient ensemble ?

Répondre à ce message #35364 | Répond au message #35363
Remember : Cantonales 2011 - Plouc - 24 février 2012 à  21:36

Je voulais dire : - qu’une partie de la Gauche peut très bien voter FN en cas de duel UMP-FN - que la position de Lutte Ouvrière en 2002 a fait déjà l’objet de beaucoup de débat et qu’elle a été suivi d’un recul de LO (qui a perdu son soutien bobo : Madame de Fontenay, alain Souchon...) - le communisme est à analyser comme un mouvement qui tient plus du religieux que du scientifique (credo qui absurdum - mythes fondateurs : paupérisation des masses, etc... - martyrs sacrés - clergé réactionnaire, dont l’autorité repose sur une longue tradition) - l’absence de Hollande à la fête de l’huma est le symbole qu’il marque une grande distance par rapport à l’extrême-gauche et son élection comme candidat socialiste a montré que la majorité de la gauche approuvait cette décision - la Tunisie a été l’occasion d’évincer Alliot-Marie, mais a aussi montré les limites d’analyse de pas mal de révolutionnaires (au lieu de lire et relire "la question" de Henri Alleg, il vaudrait mieux apprendre que celui-ci a du être exfiltré en urgence vers la Tchécoslavaquie, époque socialisme à visage pas trop humain, avant de revenir en France, pour ne pas passer un très mauvais moment avec la police du FLN : un communiste, expert militaire trouve toujours sa place dans les pays en lutte, mais l’intellectuel communiste, lui doit se contenter de payer sa place et surtout pas essayer d’enfumer avec des discours qui prétendent transformer les déficits en investissements sur le long terme... c’est l’histoire des "pieds-rouges" ) - la retraite d’Arlette Laguiller (+ de 2 000 € par mois), c’était une allusion bête et méchante... je dois vous confier que je suis allergique au misérabilisme, qui peut provoquer chez moi un comportement d’affreuse racaille anarchiste du lumpenprolétariat ( c’est l’histoire du loup et du chien : "t’es ouvrier comme moi. T’es mieux nourri car t’es encarté. Eh bien cela peut-être cool. Mais c’est quoi la trace que t’as au cou ? C’est celle de la laisse.... Et si Arlette tire vers la démagogie à 2 ballles, il faut aller vers la démagogie à 2 balles... A+ camarade") - je ne vois pas les extrêmes gouverner ensemble, enfin juste gouverner l’opposition, la minorité... - dire que j’irai voter FN serai moins sérieux qu’un sondage opinion-way. En ce moment, j’observe les programmes avec la calculatrice à la main...

Répondre à ce message #35394 | Répond au message #35364
Remember : Cantonales 2011 - Eulalie - 25 février 2012 à  09:11

"je ne vois pas les extrêmes gouverner ensemble, enfin juste gouverner l’opposition, la minorité... -"

Donc, si je vous suis bien (ce qui n’est pas facile), vous seriez pour un rassemblement des extrêmes-droite et extrêmes-gauche, contre le système parlementaire (où PS et UMP seraient élus par une majorité) qui représenterait les minorités abstentionnistes et sympathisants de chaque extrême ?

Répondre à ce message #35396 | Répond au message #35394
Remember : Cantonales 2011 - Plouc - 26 février 2012 à  22:50

Je suis plutôt contre des extrêmes et pour un système parlementaire où les élus seraient élus par une majorité davantage légitimée car débarrassée de triangulaire foireuse.
La région centre est passée à gauche en 1998 même si le PS n’avait pas 50% des sièges grâce au refus de l’union droite-FN (démission de Harang). Et même avant, Maurice Dousset en 1992 dirigeait la région pour la droite sans avoir la moitié des sièges. Retrouver de telles situations en période de grande crise (et de mesures importantes à prendre) pourrait amener à se retrouver avec un pouvoir fragilisé (majorité... mais pas 50%... FN ou même extrême-gauche en arbitre), avec une instabilité type IVè république.
Peut-être suis-je victime d’une sorte de syndrome Allende (élu après une triangulaire et qui n’a pas atteint les 50% de voix aux législatives), mais je reste persuadé qu’il ne faut pas abuser de la patate chaude FN, quitte à parler de consensus (horreur ! malheur !) UMP-PS (de Gaulle-Moulin) et plus largement de tous ceux qui savent faire tourner la machine (syndicats).
Les deux extrêmes sont dans le défaitisme révolutionnaire : on les voit attendre les plans de licenciements et les émeutes urbaines comme des vautours. Ils veulent grignoter la social-démocratie (surement pas la panacée, mais ce sont pas mal de ses enfants gâtés qui la conspuent) avec la bonne vieille tactique du salami (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tactique_du_salami). Leur victoire ferait le plaisir d’une poignée d’exaltés qui prendraient du galon chez les nouveaux SA ou gardes rouges et une catastrophe pour les autres.
Après, là, je dis ce que je pense, mais j’écoute ce que les autres me disent pour affiner mon jugement ou carrément réaliser mes erreurs.

Répondre à ce message #35404 | Répond au message #35396
Remember : Cantonales 2011 - Cyrano - 25 février 2012 à  09:45

C’est bien ce qui me semblait : y’avait à boire et à manger dans votre premier message qui m’envournait à partir dans tous les sens.

Mais je ne vois aucunement ce qui vous permet d’affirmer pour les élections cantonales de l’Oise : « les transferts de voix entre la gauche et le FN sont importants. » et pour la Moselle : « Toujours des transferts importants de voix entre la gauche et le FN. » Certains lisent dans une boule de cristal, vous, vous liriez dans une urne ? Rien, rien ne vous permet de dire ça. Alors, évidemment, vient votre conclusion : « Une part importante de l’électorat de gauche n’en est plus à se dire qu’elle s’abstiendrait en cas de duel UMP-FN, mais qu’elle voterait tout simplement FN. » Une conclusion qui semblerait être plutôt proférée par des prosélytes du FN. Un débredinage semble s’imposer.

Répondre à ce message #35399 | Répond au message #35394
Remember : Cantonales 2011 - Plouc - 27 février 2012 à  00:57

Que les candidats FN ont réalisé un meilleur score au second tour en face de candidats UMP en pourcentage comme vous l’appelez de vos voeux (car si Chirac avait eu moins de 80%... Le Pen aurait eu plus de 20) est une chose, mais il y a bien eu arrivé de nouveaux électeurs FN
2nd tour UMP-FN aux cantonales de l’Oise (abstentions en hausse, mais aussi votes Fn en hausse)
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/060/06036.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/060/06007.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/060/06013.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/060/06028.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/060/06034.html
en Moselle
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05703.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05720.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05749.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05730.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05750.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05751.html
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/CN2011/057/05737.html
Evidemment il y a des électeurs UMP au 1er qui ont lâché leur candidat qualifié pour surenchérir à droite. On peut se dire que c’est juste ça...

Répondre à ce message #35405 | Répond au message #35399
Remember : Cantonales 2011 - à Saint-Menoux ? - Cyrano - 27 février 2012 à  08:31

Dans l’Oise, le premier exemple, le canton de Chantilly :

Plus de 60% d’abstention (sur 26.700 inscrits, 9.600 sont allés voter). Soixante pour cent !...
Un 1er tour avec un total de 3.000 voix pour la gauche (PS, Front de Gauche, Verts) et 6.500 voix pour la droite et l’extrême-droite (UMP, Modem, FN).
Un 2e tour avec 400 votants de plus mais... un millier de bulletins blancs ou nuls. L’UMP passe de 4.000 voix à 6.300 voix, le FN passe de 2.100 voix à 2.800 voix.
L’UMP a gagné 2.300 voix, le FN a gagné 700 voix. D’où viennent-elles ? D’où viennent les 400 votants supplémentaires ? et le millier de bulletins invalides ?

Et alors ? Vous voyez quoi ? On peut se dire quoi ? Vous affirmez : « les transferts de voix entre la gauche et le FN sont importants » Mais vous voyez ça comment ? Vous imaginez ? Vous avez demandé aux électeurs du second tout quel était leur vote du 1er (ou si ils avaient voté) ? Ce n’est pas de l’analyse, ça, j’en suis désolé, c’est du fantasme.

En Moselle, le premier exemple, le Canton de Boulay-Moselle :

Presque 60% d’abstention (sur 15.200 inscrits, 6.500 sont allés voter). Encore une fois, soixante pour cent !...
Un 1er tour avec un total de 1.200 voix pour la gauche (PS, Front de Gauche) et 5.100 voix pour la droite et l’extrême-droite (Divers-Droite, FN). C’est pas une banlieue rouge...
Un 2e tour avec 500 votants de plus, mais des bulletins blancs ou nuls qui ont doublé. Le Divers-Droite passe de 3.300 voix à 4.200 voix, le FN passe de 1.800 voix à 2.300 voix.
Le Divers-Droite gagne 900 voix, le FN gagne 700 voix. D’où ça vient ? Et c’est qui ces 300 bulletins blancs ou nuls ?

Et vous écrivez, comme si ça allait de soi ; « Toujours des transferts importants de voix entre la gauche et le FN. ». J’aime bien le « Toujours ». Encore une fois, vous voyez ça avec quoi ? Boule de cristal ? Marc de café ? En fait, on ne sait rien rien de rien. On imagine, et on peut tout imaginer. Ou alors, vite, vite : postulez un emploi comme politologue à la télé. Une personne qui voit à travers les urnes, c’est précieux.

Pour ma part, notre discussion est close. Tout un chacun peut se faire une idée. Je persiste, à vous lire : un débredinage à Saint-Menoux s’impose, en urgence.

PS : ne pas oublier : on écrit débrediner mais on prononce déberrrdiner.

Répondre à ce message #35408 | Répond au message #35405
Remember : Cantonales 2011 - à Saint-Menoux ? - Plouc - 27 février 2012 à  20:09

Moi qui comptais sur votre "rationalité arithmétique" pour tout m’expliquer...
Il vaut mieux effectivement arrêter là notre discussion.
PS : A propos du "vieux lion" Pierre Broué, sa tirade de 2002 me fait penser aux dernières sortie de Jean-Marie Le Pen. Même façon de surenchérir par rapport à leurs enfants (Michel Broué étant lié à la gauche socialiste) pour rester fidèles à leurs vieilles lunes (Brasillach pour l’un, Trotsky pour l’autre... Trotsky, le boucher de la "racaille" de Kronstadt http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Kronstadt )

Répondre à ce message #35412 | Répond au message #35408
Remember : Cantonales 2011 - bombix - 22 février 2012 à  14:56

Pour liquider la surenchère à gauche, il suffirait de faire aujourd’hui des législatives à la proportionnelle, on irai alors sûrement vers une union PS-UMP pour gouverner et les extrêmes se retrouveraient enfin ensemble.

Une autre façon d’exprimer le même point de vue à lire ici : "scissiparité à partir d’un pôle central dominant".

J’ajoute qu’il n’est point besoin de proportionnelle ni de changements dans les institutions pour la concrétisation politique de l’UMPS. On n’aura garde d’oublier la politique d’ouverture de Sarkozy en 2007, avec Kouchner, Jouyet, et Cie. Aujourd’hui, des sarkozystes bon teint sentant le vent tourner se positionnent pour Hollande, tel Dominique Antoine, ancien conseiller de Sarkozy à l’éducation, dont un sociologue disait hier soir dans une réunion à Bourges qu’il détestait les profs — une des raisons de la violence de Sarkozy contre le système éducatif et ses acteurs en France, de la maternelle à l’Université. Attali qui accoure à chaque fois qu’il y a une nouvelle cour et un nouveau Prince à flatter est sur les rangs. Luc Ferry également etc. Ils vont continuer a faire leur job, mais sous un autre label. Comme on voit des vedettes de la télé passer d’une chaine à une autre pour produire les mêmes divertissements abrutissants, au gré de leurs carrières.

Répondre à ce message #35348 | Répond au message #35338
Remember : Cantonales 2011 - Plouc - 23 février 2012 à  00:04

Contrairement à une politique d’ouverture, une union tirée d’une élection validerait en profondeur le consensus.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé en Allemagne en 2005, quand le SPD a préféré la CDU à sa gauche, alors qu’il avait la majorité avec elle. Autre "grande coalition" en Autriche en 2006, où là c’est le parti de droite OVP qui refuse l’alliance avec le célèbre FPO, pour gouverner avec le SPO. En Italie, l’élection de Monti est aussi symbolique de ce consensus.
Sinon, à propos de l’enseignement, on peut dire qu’à Bourges, c’est déjà l’annus horribilis... et concernant l’article de Roland Hureaux dans Marianne, il dit "Pour les initiés, c’est le modèle mathématique de la fonction tangente : il suffit que l’ordonnée varie d’epsilon pour que l’abscisse passe de plus infini à moins infini", j’aurai plutôt dit qu’une variation d’epsilon de l’abscisse pouvait faire passer l’ordonnée de plus infini à moins infini. Peut-être pas si initié que cela, Mr Hureaux...

Répondre à ce message #35362 | Répond au message #35348
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - DD - 21 février 2012 à 12:12

Et Jean-Marie Le Pen ? Certes Le Pen en 2002 se retrouve au 2e tour, mais sans progression notable des voix (ce qu’on semblait oublier : sa présence au 2e tour n’était du qu’à un énorme effondrement des votes pour le candidat du PS

Avec une nuance de taille : les électeurs FN de 2002 sont bien plus nombreux que ceux de 95 à faire part de leur adhésion aux idées du candidat dans les sondages, alors que jusqu’ici, le parti était considéré comme un épouvantail de protestation pour ses électeurs.


Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Eulalie - 20 février 2012 à 19:25

Je ne me rappelle pas de ce slogan "votez escroc, pas facho". Mais je vous crois qu’il existait. Je ne pense pas être unique en mon genre et je ne crois pas que la majorité des gens qui étaient dans les manifs,manifestaient pour qu’on vote Chirac. Ils manifestaient contre le FN, contre le racisme. Ensuite, les slogans des partis, je ne m’y intéressait pas du tout, Et pourtant, je fais partie de ces personnes qui s’intéressent à la politique, une citoyenne ordinaire. Parce qu’on m’a toujours appris que la politique s’intéresse à moi.J’ai voté Chirac parce que même si j’avais compté, et d’ailleurs, si je me rapelle bien, on avait compté "pour moi", bref, ce moment politique très étrange faisait l’objet de discussions entre personnes qui s’interessent à la politque, j’avais peur qu’une grande marge d’abstentionnistes du premier tour viennent alimenter le FN au deuxlème. Comme le dit Monsieur Javerliat, c’était "un coup de tonnerre". Cette période était infecte, on était mal, très mal....On ne savait plus très bien au juste où en était le peuple français. Et on ne le sait pas plus maintenant, d’ailleurs.
Ceci dit, j’ai eu le même sentiment quand Sarkozy a été élu.... et par la suite aussi, même si j’ai toujours trouvé le slogan " Sarkozy = FN" ou un truc dans le genre un peu court. "Il" est beaucoup plus fin que le FN.


Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - bombix - 20 février 2012 à  19:52

Je ne pense pas être unique en mon genre et je ne crois pas que la majorité des gens qui étaient dans les manifs,manifestaient pour qu’on vote Chirac.

Oui, il faut distinguer les deux choses. En attendant, ce dont je me souviens, c’est qu’il y avait une fête organisée à la Charmille pour le 1er mai après le défilé, avec pas mal d’organisations de gauche — et dont l’initiative revenait aux liberturiges et à des orgas comme la Confédération paysanne ou Sud, mais il y avait aussi Attac etc., et je me rappelle du rabattage en particulier du PS pour le vote Chirac. A la limite, je me demande si des gens qui n’allaient pas voter d’habitude ne sont pas déplacés pour donner leur voix à Chichi à cette occasion ! Et c’est vrai que tout le monde était un peu déboussolé. Je me souviens aussi d’un papier délirant de Lipietz — qui n’est sans doute plus en ligne — qui démontrait que Le Pen pouvait gagner, et qui imaginait la situation du pays après son élection, une sorte de super Chili de Pinochet, avec arrestations et exécutions sommaires. Pourtant, il suffisait d’examiner la situation politique du pays pour comprendre que ce n’était pas possible. LO et des gens comme Broué ont vu juste. Il faut le reconnaître avec le recul.

Répondre à ce message #35321 | Répond au message #35320
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Eulalie - 20 février 2012 à  20:50

oui, oui, ils ont vu juste. Je ne le nie pas du tout. Sauf que je ne sais pas du tout à quoi il faisait référence, ce monsieur Broué, concernant 1914.... Mais c’est pas grave.

Répondre à ce message #35322 | Répond au message #35321
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Mercure Galant - 20 février 2012 à  21:35

Sauf que je ne sais pas du tout à quoi il faisait référence, ce monsieur Broué, concernant 1914.... Mais c’est pas grave.

Bonsoir Eulalie,
Pierre Broué faisait ici allusion à l’Union sacréequi souda la quasi-totalité des partis politiques à l’annonce de l’entrée en guerre contre l’Allemagne.
Voici le message du Président de la République Raymond Poincaré aux Assemblées le 4 août 1914 :

« Dans la guerre qui s’engage, la France aura pour elle le droit, dont les peuples, non plus que les individus, ne sauraient impunément méconnaître l’éternelle puissance morale. Elle sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’ennemi l’union sacrée et qui sont aujourd’hui fraternellement assemblés dans une même indignation contre l’agresseur et dans une même foi patriotique »

Répondre à ce message #35323 | Répond au message #35322
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Eulalie - 20 février 2012 à  21:54

Merci Mercure Galant. Alors, ce monsieur exagérait à son tour, à mon avis. Ou alors, j’étais complètement à côté de mes pompes à cette période, mais je n’ai au contraire jamais vu l’idée d’un appel à la guerre patriotique....
Finalement, ce slogan " votez escroc, mais pas facho" est bien le plus drôle. Je ne sais pas qui l’avait inventé, mais il est bien.

Répondre à ce message #35324 | Répond au message #35323
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Cyrano - 21 février 2012 à  09:04

A tort ou à raison, la présence de Le pen au 2e tout, ça va être un électrochoc. Les abstentionnistes vont culpabiliser (les médias vont relayer les mea culpa de jeunes gens qui n’avaient pas voté). Il y eut d’énormes manifs à répétition, avec le 1er mai en point d’orgue. Quel premier mai, putaingue ! que de monde, putaingue !

Eulalie : «  je ne crois pas que la majorité des gens qui étaient dans les manifs,manifestaient pour qu’on vote Chirac. Ils manifestaient contre le FN ». Comme le remarquait bombix, oui, faut distinguer les deux choses. Mais... les gens manifestaient contre le FN tout en disant qu’il fallait voter Chirac. Comme le remarque Bombix, ce raz de marée allait s’alimenter aussi de gens qui n’allaient pas voter d’habitude et se déplaceront pour donner leur voix à Chichi.

Je me souviens très bien de la fête organisée après le défilé du 1er mai à la Charmille puisque j’étais dans les 4 ou 5 gugusses qui avaient eu cette idée et avaient organisé le rendez-vous (eh ! rien que placer les tables, c’est du boulot !). Je me souviens aussi d’avoir particulièrement subi les foudres d’une militante PS qui m’accusait presque de faire le lit du Front National en ne votant pas Chirac. Je me souviens aussi d’amis que je retrouvais durant ce bel après midi de mai : certains allaient voter Chirac – même certains amis que je croyais plus solides dans leurs convictions. Un raz de marée. Y’avait même plus moyen de discuter, ça ne se discutait pas. PS, PCF, tous, les gens d’Attac, même les libertaires, même les ultra-radicaux tanguaient et se ralliaient en partie à ce vote Chichi.

Un raz de marée comme en août 1914...

Non Eulalie, la comparaison ne concerne pas l’appel à la guerre patriotique, mais le ralliement à cet appel, un ralliement (cette "union sacrée", Mercure Galant l’a rappelé) qui va tout emporter.

Le 4 août 1914, en France, le groupe socialiste vote les crédits de guerre pour foutre sur la gueule aux boches. Ces socialistes qui quelques mois encore auparavant refusaient la guerre ! Le même jour, le groupe socialiste allemand au Reichstag vote aussi les crédits de guerre pour foutre sur la gueule aux français.

En ce début d’août 1914, l’enthousiasme en faveur de la guerre s’empare de la population. Les socialistes et les autres soutiennent la guerre chacun dans son pays. Le soutient à la guerre submerge tout. Léon Jouhaux, pour le syndicat CGT, dit : la classe ouvrière va combattre les Empereurs d’Allemagne et d’Autriche, mais « le coeur meurtri », bien sûr, un minimum. Comme d’autres se pinceront le nez.

En Allemagne, Rosa Luxembourg refusera de voter les crédits de guerre : « Jamais un fier idéal n’a été trahi aussi honteusement  ». Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht (qui refusait aussi le raz-de-marée du chauvinisme) seront assassinés quelques années plus tard.

En France, une infime minorité combat le ralliement hystérique à "l’union sacrée" pour la guerre. Pierre Monatte (CGT) et Alfred Rosmer sont de ceux-là. Alfred Rosmer décrira ainsi ce début d’août 1914 :

« La panique s’était emparée de Paris. [...] Il ne restait pas une parcelle d’esprit critique, et on pouvait raconter les pires sottises du moment qu’elles étaient tournées contre les "Boches". [...] Il ne restait plus qu’à procéder à une sorte d’inventaire des forces que le courant n’avait pas emportées. »

Hélas, l’inventaire sera difficile. Ils découvriront que Pierre, Paul, Jacques, tant de personnages connus pour leurs convictions se sont ralliés à la guerre. Pierre Broué n’évoque pas août 1914 sans raison.

Répondre à ce message #35327 | Répond au message #35324
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Eulalie - 21 février 2012 à  10:54

J’insiste, je ne comprends pas du tout cette comparaison avec l’union sacrée de 1914. OK, pour l’arythmétique ; OK c’était débile d’appeler à voter Chirac ; OK c’était débile d’aller voter Chirac si on s’y forçait. Ceci dit, ayant fait partie de ces crétins des bois, j’ai voté pour la sociale démocratie si je vous suis bien depuis le début ; au premier tour aussi. Alors, quelle différence ? En fait, je me suis très bien remise d’avoir voté Chirac, même si au final ça ne changeait rien. Ensuite, les "invectives" entre militants passionnés de tels ou tels bords, je n’y comprends pas toujours grand chose, et sans vouloir être désagréable, ça n’a pas toujours forcément d’intérêt à mon sens. Comparer une période de l’histoire où on envoyait 2 peuples à la boucherie avec celle où on appelait à aller voter pour un escroc (je ne me rappelle plus les casseroles que traîne Chirac, à part celle des faux électeurs) je trouve que ça n’a aucun sens : il y a tout un monde entre ces 2 "actes".

Répondre à ce message #35328 | Répond au message #35327
Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Cyrano - 21 février 2012 à  11:14

Oui, il y a un monde, bien sûr. La comparaison ne vaut que pour le parallèle dans l’emballement qui entrainait même la gauche et l’extrême-gauche, c’est tout - et qu’on pouvait se demander qui avait gardé sa raison. Ce qu’il y a à retenir de cette histoire c’est que l’hystérie saisit des foules et soudainement interdit tout raisonnement.

On va pas y coucher, sur le vote Chirac. Loin de moi l’idée de jeter la pierre - ou le bulletin - aux gens qui ont voté - bah ? bin ? - qui ont voté pour Chirac - que ce soient pour vos motifs ou ceux de Bernard J. Mais c’est moins glorieux pour les leaders et militants des partis politiques qui ont poussé avec zèle à cette mascarade. Si ces responsables là avaient vraiment posé le problème tel qu’il se posait, on n’aurait eu les mêmes manifs géantes, mais avec des mots d’ordre dirigés contre les deux ennemis de classe en lice : Chirac et Le pen.

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Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Eulalie - 21 février 2012 à  11:58

Je ne sais pas comment le problème se posait. (Cyrano, j’avais bien compris que vous ne jetiez pas la pierre).
Il a beaucoup été dit dans les médias (est-ce vrai ou non, je l’ignore) que ceux (ou tout du moins une bonne partie) qui avaient voté lepen n’étaient pas racistes, mais que ça avait été pour "mettre un coup de pied dans la fourmilière" : vous vous souvenez de cette expression reprise en boucle ? "drôle" d’idée que de passer par un vote FN pour "mettre un coup de pied dans la fourmilère".... Le peuple dont je fais partie, m’étonnera toujours.... et ce n’est pas mon ami.

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Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Cyrano - 21 février 2012 à  09:00

C’était plié, convenu d’avance, pas de problème : Chirac-Jospin allaient être au 2e tour. Trois sondages du 17 et 18 avril le disaient :
Jacques Chirac : 19,5 à 20 %,
Lionel Jospin : 17 ou 18 %,
Jean-Marie Le Pen 13,5 à 14 %.

Méfiance malgré tout : sur le mois d’avril, tendance à la baisse pour Jacques Chirac et Lionel Jospin, mais tendance à la hausse pour Jean-Marie Le Pen (les tendances sont souvent plus pertinentes que les chiffres d’un instant T pour apprécier ce qui se passe). Un sondage confidentiel la veille de l’élection ne fait que confirmer ces évolutions. Lionel Jospin semblait conserver une marge de sécurité, faible mais réelle pour être au deuxième tour.

Pourtant, ce 21 avril 2002 au soir fut une surprise. Quoique... Pour un premier ministre sortant, être crédité de 17 % d’intentions de vote, c’est pas brillant, on peut s’attendre à une continuité de la chute. Lorsque les résultats tombent, que pour 200.000 misérables voix Lionel Jospin est viré, c’est une surprise certes, mais où est le véritable coup de tonnerre ?

Lionel Jospin, la gauche plurielle, se prend une gamelle mémorable en perdant 3 millions de voix en 5 ans. Ça, c’est un coup de tonnerre. Trahis, déçus, dépités, 3 millions de personnes ont boudé le grand candidat de gauche. Quel réveil !... Alors que le Front National campe sur son score d’avant sans changement. Il n’y a pas de coup de tonnerre FN qui aurait gagné 1 ou 2 millions de voix, ça, oui, ça aurait été un coup de tonnerre. Mais y’a pas.

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Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - Eulalie - 20 février 2012 à 15:52

Eulalie se pose une question avec ses si. Admettons qu’ au 1e tour de présidentielles fictives 2 candidats en ressortent qui s’appelleraient Pernod et Ricard (pour ne froisser personne). Et, au résultat du 2e tour, il s’avèrerait qu’il y ait une majorité d’abstentions (votes blancs, nuls, pas vote). Que se passe t-il alors ? "Faut"-il refaire des élections, même si comme on le sait les abstentions "tout le monde" s’en fout ? ou est-ce le grand soir ? ou Pernod, qui a obtenu une petite majorité, est élu quoiqu’il arrive ? Et ensuite ?


Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - B. Javerliat - 20 février 2012 à  17:02

Il semble qu’il n’y ait pas de taux de participation minimum pour valider l’élection :

Le scrutin présidentiel se déroule au suffrage universel direct (le corps électoral vote lui-même pour le candidat à élire), uninominal (vote pour un candidat), à deux tours. Pour être élu au premier tour, le candidat doit avoir obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés (soit 50% des voix plus une), sinon un deuxième tour est organisé 15 jours plus tard : ne peuvent y participer que les deux candidats arrivés en tête des suffrages lors du premier tour. Est élu le candidat qui a obtenu la majorité simple.

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Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - B. Javerliat - 20 février 2012 à 11:10

Arithmétiquement, il n’y avait en effet aucun danger que Le Pen prenne le pouvoir en 2002 (il n’y en a pas plus en 2012, d’ailleurs). Mais au soir de 21 avril, un parti fasciste était bel et bien la deuxième force politique de France. Je suis donc sorti de ma léthargie politique. J’avais en effet cessé de participer à toute élection nationale depuis la ré-élection de Mitterrand en 1988 et sa conversion - ou son retour, plutôt ? - à la social-démocratie. Pour moi, c’était ni droite ni social-démocratie. Donc pêche à la ligne les jours d’élection.
Mais là, c’était le coup de tonnerre. Tout le monde (et vous aussi, sûrement) était sidéré par le résultat du premier tour. Un rapide décompte du nombre de voix m’a moi aussi permis de voir qu’il n’y avait pas de danger que le FN n’arrive au pouvoir. Pourtant j’ai voté Chirac. Il m’était insupportable qu’au pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, un facho puisse arriver au second tour de l’élection présidentielle. Il fallait laver l’affront. Quitte à ce que Chirac obtienne un score de dictateur. Ce qu’il a obtenu. Sauf que Chirac n’était pas un dictateur. On peut pas en dire autant de Sarkozy. Si la situation se représente - ce qui me parait impossible grâce à Mélenchon qui va capter les voix de ceux qui n’ont pas voulu voter Jospin en 2002 - je ne recommencerai pas.


Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - bombix - 20 février 2012 à  12:24

Mélenchon qui va capter les voix de ceux qui n’ont pas voulu voter Jospin en 2002

Dans la rue, un homme cherche sa clé perdue sur le trottoir. Il fait sombre. Un passant lui demande ce qu’il cherche et se propose de l’aider. Dans l’orbe de lumière émise par un réverbère, ils inspectent chaque millimètre carré de l’endroit. Fatigué, l’aide finit par dire à l’homme : — Il est impossible que nous ne la retrouvions pas ; à force de passer et de repasser, de regarder et de fouiller, nous aurions dû la trouver. Etes-vous sûr d’avoir perdu votre clé ici ? — Non, répond l’autre. Mais ici, il y a de la lumière.

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Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - B. Javerliat - 20 février 2012 à  12:56

Tout le monde ne peut pas faire partie de l’élite abstentionniste...

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Remember : le 21 Avril 2002, présidentielle surprise - bombix - 20 février 2012 à  16:56

Elite, qui a parlé d’élite ? (et avec quelle arrière-pensée ?) Et ou ai-je dit que j’allais m’abstenir ?

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