Au-delà d’une gauche altercapitaliste, une nécessaire rupture

Le Cher et ses candidats (des) gauches

A propos de la pauvreté navrante des candidats de gauche à la députation dans le Cher
vendredi 24 février 2012 à 07:19, par Kobayashi

La farandole des élections a donc commencé et le manège de l’illusion politique tourne déjà à plein régime. À Bourges pour les élections législatives, Yann Galut, Yannick Bedin ou Irène Félix ont déjà démarré le pédalo à parole qui tourne toujours plus à vide. La pauvreté des réflexions que l’on peut déchiffrer sur leurs blogs respectifs est toujours aussi pathétique. Car on ne peut pas dire que ces hommes et femmes politiques réfléchissent vraiment à la situation du monde contemporain, incapables qu’ils sont de réfléchir de manière plus globale sur la nature et la dynamique de la société présente. Pas grand monde parmi eux ne pense et ne lit de véritables ouvrages de réflexion et surtout plus personne ne veut revenir à la racine sociale du monde commun que nous ne formons plus. Et pourtant, nos chers candidats auraient pu ouvrir les pages d’un livre d’une extrême actualité et qui plus est, écrit par une citoyenne de Bourges qui fut un temps professeur de philosophie au lycée de jeunes filles de notre ville en 1935 avant de partir s’engager en 1936 en Espagne [1], non pas dans les « brigades internationales » mais dans la très anarchiste « Colonne Durruti » qui refusait toute forme de hiérarchie et discipline militaire [2] : Je parle bien sûr de Simone Veil.

Le Cher et ses candidats (des) gauches

Au sujet des têtes vides des candidats de la gauche dans le Cher

On se plaît ainsi à imaginer Irène Félix ouvrir les pages de Note sur la suppression générale des partis politiques (republié par Climats en 2006) écrit par la philosophe Simone Weil - qui selon le mot d’André Breton dessinait dans cet ouvrage « un réquisitoire sans appel possible contre le crime de démission de l’esprit (renoncement à ses prérogatives les plus inaliénables) qu’entraîne le mode de fonctionnement des partis » -, elle se demandait déjà s’il y avait dans les partis politiques « une parcelle infinitésimale de bien ? » En effet écrivait-elle, « ne sont-ils pas du mal à l’état pur ou presque ? » Car le parti politique est à lui-même sa propre fin, son propre but (il suffit de voir le culte de la personnalité autour des chefs-candidats lors des élections, et encore ce n’est rien en France par rapport aux Etats-Unis). Le parti « se trouve en fait, par l’effet de l’absence de pensée, dans un état continuel d’impuissance qu’il attribue toujours à l’insuffisance du pouvoir dont il dispose ». « L’usage même des mots de démocratie et de république poursuivait-elle, oblige à examiner avec une attention extrême les questions suivantes : Comment donner aux hommes la possibilité d’exprimer parfois un jugement sur les grands problèmes de la vie publique ? Comment empêcher, au moment où le peuple est interrogé, qu’il ne circule à travers lui aucune espèce de passion collective ? Il est impossible de parler de légitimité républicaine si on ne pense pas à ces deux points. Les solutions ne sont pas faciles à concevoir, mais il est évident, après examen attentif, que toute solution impliquerait avant tout la suppression des partis politiques ».

On peut même se demander si nos candidats à la députation sont aujourd’hui capables de ne serait-ce que comprendre les enjeux contemporains et la pertinence de tels questionnemments, tellement un militant partidaire (de parti) est depuis longtemps dépossédé de toute réflexion autonome et doit accepter d’ânnoner les réflexions que les instances nationales lui auront fourni clés en main (quand ces instances nationales elles-mêmes ne sous-traitent pas la réflexion à des Think Thank fournisseurs de pensée prémachée et calibrée pour les médias, on pense à Terra Nova et au PS). Si tout travailleur disait Marx, n’est dans la société capitaliste que la carcasse vide, creuse et parfaitement interchangeable du temps de travail abstrait (le travailleur est du capital vivant potentiel), le militant partidaire n’est lui que la carcasse vide de la fin en soi du parti : obtenir le « pouvoir » pour le « pouvoir ». Non, décidemment, la Première Internationale (1864-1872) avait raison contre toutes les suivantes : « L’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » [3].

Tout véritable débat de fond, à la racine de notre forme de vie sociale absurde et en cours d’auto-effondrement, comme par exemple celui autour de la communisation [4], est alors à cent mille lieues de la pensée de caserne des militants partidaires regroupés autour de leurs fétiches et petits chefs. La danse du ventre autour de la République-monarchie est chaque jour plus ridicule [5] Car à la place d’un tel projet révolutionnaire d’émancipation pour la communisation, nos candidats de la gauche sans envergure ne cessent d’ânonner la même pensée molle et régressive contre la casse des « services publics » en ne proposant pour seule « solution » qu’une politique petite-bourgeoise keynésienne de relance de la sacro-sainte croissance économique et de nationalisations (ce qui correspond à du capitalisme d’Etat).

La redistribution des " richesses " ? Etatisme contre libéralisme ? C’est toujours le capitalisme

Leur critique de la forme de vie capitaliste se réduit ainsi à cela : Etatisme contre libéralisme, éloge du bon capital productif pourvoyeur d’emplois contre le grand méchant capital financier, éloge de la gentille « économie réelle » (qui exploite bien) contre le vilain capitalisme de casino [6], etc. Tel est aujourd’hui l’anticapitalisme tronqué et impuissant aux quatre coins de la Terre. Sans voir que cela est toujours le capitalisme [7], ce que bien sûr est incapable de comprendre un Yannick Bedin pourtant le candidat qui serait le plus à même de se repencher sur une théorie critique conséquente de ce qu’est la société capitaliste, telle que la propose la critique marxienne de la valeur (ne parlons pas des petits-bourgeois socio-démocrates comme Irène Félix et Yann Galut qui sont depuis longtemps au-dessous de toute critique). Mais ce participant à la démocratie bourgeoise, n’a probablement qu’à nous réciter sa vulgate « marxiste traditionnelle » [8] sur laquelle il s’est vaguement penché au cours de son adolescence sans réfléchir plus longuement sur la formidable pensée offerte par les œuvres de maturité de Marx (les Grundrisse et Le Capital). Et encore ! Même le ballast du marxisme traditionnel aujourd’hui à faire passer par dessus bord du camp révolutionnaire, n’est guère connu dans les détails par un candidat communiste à la députation.

Cette absence de pensée dans les partis de gauche (ne parlons pas de la droite où cela a toujours été le néant le plus complet), n’explique pas seulement la convergence de la droite et de la gauche depuis qu’il y a cinquante ans le PCF a refusé à la fin de la Seconde guerre mondiale de faire basculer la France dans une nouvelle Révolution Française en préférant lutter pour un partage des « richesses capitalistes » à l’intérieur du cadre du compromis fordiste des Trente Glorieuses qui fut celui de l’acceptation de l’accélération de la productivité afin de mieux se partager ses gains, c’est-à-dire sa production de biens de masse et de valeur [9]. Comme la classe ouvrière, les classes moyennes et hyper-bourgeoises, cette gauche et cette « gauche de gôche » s’est convertie à demander seulement plus de pains pour les " esclaves " à l’intérieur d’une société marchande-capitaliste d’ " esclaves " qui est restée intacte. Les partis du mouvement ouvrier comme ceux qui ont rompu avec lui (le PS est depuis longtemps un parti de la classe moyenne) veulent ainsi un capitalisme pour tous, c’est-à-dire une production de marchandandises et de valeur au bénéfice de l’intérêt général et pas seulement pour les riches et les bourgeois (donc une production de survaleur qui ne doit pas être captée par les seuls parasites de la bourgeoisie). C’est là la grande idée de cette gauche gestionnaire du capitalisme : la redistribution ! Prendre aux riches et donner aux pauvres, à l’intérieur d’un monde social complètement naturalisé et qui reste inninterrogé. Que la valeur, l’argent, le travail et les marchandises (c’est-à-dire tout ce qui fait une société capitaliste monderne depuis le XVIIIe siècle) soient redistribuées, tel est le pathétique programme de la gauche à genoux devant le capitalisme. Cette gauche qui n’a que l’égalité et l’équité économique à la bouche à l’intérieur de toujours un capitalisme producteur de marchandises et de valeur qu’il faudrait laisser intact et simplement réguler et réformer. Que l’ensemble de la vie sociale reste structurée par la nécessité de nous vendre au plus bas prix sur un marché du travail comme n’importe quelle marchandise, que la vie collective reste corsetée dans la cage de fer d’un travail qui n’existe que pour créer et accroître la valeur en davantage de valeur (qu’1 euro puisse devenir 2 euros), que la vie commune se réduise à des rapports sociaux utilitaristes où chaque individu (moi comme toi) est réduit pour un autre individu (moi comme toi), à un moyen soit de lui acheter ou soit de lui vendre une marchandise (les rapports sont devenus de simples choses et non des relations libres de personne à personne), vie sociale où chaque individu est un rouage, un simple support de la valorisation, tout cela est naturalisé par cette gauche qui n’a qu’à la bouche la redistribution des éléments de cette même forme de vie capitaliste-marchande. Pour cette gauche à genoux dans sa tête comme devant la barbare réalité sociale moderne, vive donc le capitalisme à visage humain qui aura les moyens de réduire les inégalités grâce à la redistribution de ces principes de vie sociale (argent, travail, marchandises) qu’il ne cesse de produire et générer. Et dans le Cher comme ailleurs et partout dans le néant politique qui ne cesse de croître à mesure que le capitalisme ne s’effondre, nos braves candidats à la députation n’ont qu’un mot à la bouche : la redistribution des formes et principes de vie capitalistes mais jamais leur mise en cause en tant que tels. Même le mouvement des " indignés " ou celui d’Occupy Wall Street, quoique sympathiques par leur début de réveil (mais s’en tenir à s’indigner n’est pas réfléchir ni se révolter), ne veut que démocratiser le capitalisme, et non le détruire.

Depuis 1880, cette gauche altercapitaliste n’a cessé de s’illusionner en nous faisant miroiter cette possibilité impossible. Et cette société capitaliste, où l’ensemble des rapports sociaux sont structurés par le travail, la valeur qui se valorise et son expression dans l’argent on l’a complètement naturalisé à gauche. Plus de cent ans de réformisme et de parlementarisme social-démorate ont fait oublier le noyau de la gauche durant tout le XIXe siècle : dépasser la forme de vie marchande-capitaliste et non s’y aménager un lit plus douillet et plus acceptable fait d’une augmentation du pouvoir d’achat, d’un code du travail limitant et conservant l’exploitation du surtravail (Avec Marx, son gendre, Paul Lafargue fut le premier à s’opposer au Droit du travail), des congés payés pour mieux revitaliser la force de travail à embaucher, des conventions collectives pour mieux cogérer le capitalisme, une sécurité sociale organisée sur une ponction sur le capital afin de mieux rendre indispensable la poursuite de son existence, etc.

Irène Félix, le capitalisme et le marchand d’armes MBDA

Qu’Irène Félix n’ait jamais rien compris au fonctionnement de la société capitaliste-marchande, passe encore. Ce ne sera pas la première fois parmi ses petits camarades. Mais quand même, quel pathétique spectacle de voir ainsi une élue de gauche se mettre récemment à genoux devant le PDG de l’entreprise capitaliste, le marchand d’armes et de mort, MBDA, en lui quémandant des petits emplois pour les habitants de Bourges, quand on connaît à gauche la forte tradition pacifiste et antimilitariste. Tout est bon quand il s’agit de supplier la venue des sacro-saints emplois donnés par une entreprise capitaliste dont le principe est l’exploitation de la survaleur effectuée par les ingénieurs et ouvriers. Le lobby pro-armement en France a donc de solides alliés politiques. Pour cette théologienne du travail pour le travail, tout travail est bon à prendre, quelles que soient son contenu et ses conséquences [10]. Au diable l’éthique d’Irène Félix comme de n’importe quelle entreprise capitaliste ! Que MBDA à Bourges produise des pots à cornichons ou des missiles pour toutes les dictatures du monde peu importe pour une entreprise tant qu’une dépense de travail humain abstrait (Marx) permet d’accroître la valeur et les profits (tel est le principe de base du capitalisme au niveau le plus profond, même avant l’exploitation d’un surtravail). Peu importe aussi pour notre élue socio-démocrate que MBDA ait produit par exemple 200 missiles Milan qui devaient être livrés à Khadafi en 2011, (sujet sur lequel bien sûr I. Félix veut garder le plus grand silence complice), tant que les berruyers peuvent travailler à l’accroissement de la valeur des profits de MBDA. C’est donc cela aujourd’hui, « la gauche ». Et c’est cela aujourd’hui le parti de Jean Jaurès.

De manière plus générale, toute cette défense des emplois locaux voire nationaux par la gauche, a la tête dans le guidon et les élus pensent seulement à leur réélection. Comme l’ensemble des politiques et des " dirigeants-fontionnaires " de ce monde fétichiste, ils sont complètement paumés et ne savent pas ce qu’est un monde capitaliste interdépendant. C’est ainsi que même à gauche, à la place de l’internationalisme, certains vont défendre la classe ouvrière nationale pour éviter les délocalisations. Comment la défense des emplois français devra écraser l’emploi espagnol, italien, grec, etc., comment les syndicats ouvriers français en défendant les emplois de la classe ouvrière française et les nouveaux gains de productivité à faire, doivent se faire les complices de l’écrasement des emplois des classes ouvrières espagnole, italienne, turque, polonaise, etc. La course à la compétitivité et à la productivité n’est pas seulement le moyen pour la classe possédante de dégager davantage de valeur. Elle est aussi un des moyens essentiels voulu par l’ensemble des syndicats qui co-gèrent le capitalisme depuis 1945, afin de, selon la formule, " sauver des emplois ". Dans le déploiement de sa logique de base, le capitalisme est sans cesse une autocontradiction. Tout ce manque de réflexion sur la nature et la forme de dynamique des sociétés modernes capitalistes (cf. la critique de la valeur), pousse à la défense des emplois locaux et nationaux, et en germe, toujours, une Marine Le Pen est à l’intérieur du cadre de pensée d’Irène Félix. Dans les situations extrêmes, comme aujourd’hui en Grèce où le capitalisme s’est effondré par manque de compétitivité et de rentabilité (l’endettement de l’Etat n’est qu’un effet secondaire de la crise du capitalisme et non la cause), le nationalisme devient la peste de la lutte. La haine et la rancoeur se cristallisent dans un esprit anti-allemand, anti-Français, etc., et l’on se frappe le torse en se disant être fier d’être Grec [11]. Alors que des récupérations de supermarchés ont lieu tous les jours et qu’une récente réappropriation d’un hôpital à Kilkis par le personnel hospitalier permet au travers d’une autogestion de l’établissement non pas de dépasser le capitalisme mais de libérer la parole, la réflexion et la conscience de ceux qui subissent, la pire des choses pour répondre à la crise globale du capitalisme reste et restera la défense acharnée du nationalisme et d’une forme de vie sociale historique et absurde, où depuis le XVIIIe siècle, chaque individu se rapporte aux autres individus au travers d’une dépense de travail producteur de marchandise, de la valeur, et de l’argent. Cette forme de vie sociale n’aura été qu’une parenthèse dans l’histoire.

Cette forme de vie marchande ne peut plus nous faire seulement vivre, finissons-en !

Non-rentables de tous les pays, unissons-nous !

[1L’histoire de Veil dans cette colonne est racontée dans l’ouvrage d’Antoine Gimenez, Les Fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d’Espagne, Giménologues/L’insomniaque, 2006 (disponible gratuitement en ligne).

[2Toutes ces questions sur le refus de la militarisation de la militance anarchiste dans les colonnes, sont abordées par exemple dans Protestations devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937 (par un incontrolé de la Colonne de Fer).

[3Voir l’extraordinaire aventure de la Première Internationale dans Mathieu Léonard, L’émancipation des travailleurs. Une histoire de la Première Internationale, La Fabrique, 2011

[4Voir aussi le magazine en ligne Sicet l’article de Léon de Mattis, Qu’est-ce que la communisation ?

[5Voir l’éditorial de l’Agitateur République ou monarchie élective ?.

[6Pour une critique de ces points de vue classiques de la gauche de gôche la plus molle, voir L’économie réelle, c’est le capitalisme. Au-delà de l’anticapitalisme tronqué de la gauche et du mouvement Occupy Wall Street.

[7Voir le très bon ouvrage de Tom Thomas, Etatisme contre libéralisme ? C’est toujours le capitalisme, Editions Contradictions, 2011 Voir la quatrième de couverture

[8Je reprends cette définition proposée par Moishe Postone : « Par ‘‘ marxisme traditionnel ’’, j’entends une analyse du capitalisme essentiellement faites en termes de rapports de classes enracinés dans des rapports de production et médiatisés par le marché, ce qui fait que le socialisme est principalement vu comme une société caractérisée par la propriété collective des moyens de production et par la planification centralisée dans un contexte industrialisé : un mode de distribution régulé de manière juste et consciente, adéquat à la production industrielle », in Moishe Postone, Marx est-il devenu muet ? Face à la mondialisation, L’Aube, 2003, pp. 22-23.

[9Aujourd’hui en 2012, c’est le parti communiste stalinien grec – le K.K.E., qui continue à jouer le jeu de dupe de la démocratie bourgeoise en tenant le rôle de supplétif des flics contre les anarchistes

[10Pour une critique du travail en tant que tel (et non de la production de biens d’usage), c’est-à-dire un travail qui génère de la valeur qui est la seule à compter réellement dans la production, voir du groupe Krisis, le Manifeste contre le travail, ou encore ce texte de Robert Kurz Que signifie être contre le travail ?

[11Voir le texte La plongée dans la misère de la Grèce, c’est ce qui nous attend tous. Sur les luttes en Grèce plusieurs sites francophones racontent ce qui s’y passe. On peut consulter par exemple le Jura Libertaire, le site Contra-infos. Site de tradution, ou encore Des Nouvelles du Front


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commentaires
Le Cher et ses candidats (des) gauches et la "politique de l’emploi" - DarekDysiast - 24 février 2012 à 10:41

Bel appel à sortir du marais croupi de la pensée pré-mâchée prête à être vendue contre son poids en voix anxieuses.

J’ai envie d’y ajouter une critique de la "politique de l’emploi" (qui existe déjà en filigrane de votre article me semble-t-il) qui ne peut se penser que comme : il y a ceux qui travaillent et donc on de la chance (ou pas car ils en chient) et à ceux qui n’en ont pas, on ne peut rien souhaiter si ce n’est d’en trouver un.

Jamais de réflexion sur une société qui préfère voir ses membres occuper une activité nuisible que de ne rien faire. Plutôt la nuisance que l’oisiveté, plutôt des missiles aux dictateurs, plutôt des publicitaires qui font en sorte de doper une consommation inutile et de découpler la consommation nécessaire de tout calcul rationnel au profit de l’image, plutôt des "journalistes" et des "chroniqueurs" pipôle qui couronnent l’égotisme et la vanité, des "consultants" qui surfacturent des prestations creuses réchauffées pour des entrepreneurs crédules et dont la chute sera un jour légitimé par un darwinisme imbécile ...

Ainsi conçu, le travail n’a plus de fonction sociale, c’est un instrument de guerre pour mériter ou escroquer une part du gâteaux.

Du coup, à quoi bon s’étonner que les candidats du Cher (comme d’ailleurs) végètent dans la médiocrité qui leur évitera de prendre des coups, d’ être mis au banc des diners mondains et des carnets d’adresse lucratifs, ou de faire peur à des électeurs qui craignent pour leurs acquis ("les cons, s’ils savaient ...").

Mieux que tout le monde, ils ont compris ce qui pourraient être le slogan de cette société : "si tu veux être des nôtres, tâche donc un peu de te rendre inutile, bon sang !"