Hollande en tête dans le Cher comme en France
Vous trouverez ci-dessous les résultats quasi-définitifs pour la France, Bourges et le Cher. Le département du Cher a voté à l’image du reste de la France en mettant François Hollande en tête devant le président sortant Nicolas Sarkozy. Mais comme dans le reste de la France, Marine Le Pen a fait un très gros score, plus haut que la moyenne nationale à 19.73%. Tout va bien.
France
Participation : 79.47% (2007 : 83.77%)
| Nom | Tendance | Projet | Nombre de voix | Pourcentage de voix |
|---|---|---|---|---|
| François Hollande | PS | 10 272 705 | 28.63% | |
| Nicolas Sarkozy | UMP | 9 753 629 | 27.18% | |
| Marine Le Pen | FN | 6 421 426 | 17.90% | |
| Jean-Luc Mélenchon | FdG | 3 984 822 | 11.10% | |
| François Bayrou | Modem | 3 275 122 | 9.13% | |
| Éva Joly | EELV | 828 345 | 2.31% | |
| Nicolas Dupont-Aignan | DlR | 643 907 | 1.79% | |
| Philippe Poutou | NPA | 411 160 | 1.15% | |
| Nathalie Arthaud | LO | 202 548 | 0.56% | |
| Jacques Cheminade | S&P | 89 545 | 0.25% |
Bourges
Participation à Bourges : 73.35% (2007 : 74.95%)
| Nom | Tendance | Projet | Nombre de voix | Pourcentage de voix |
|---|---|---|---|---|
| François Hollande | PS | 9939 | 31.08% | |
| Nicolas Sarkozy | UMP | 8298 | 25.95% | |
| Jean-Luc Mélenchon | FdG | 4507 | 14.09% | |
| Marine Le Pen | FN | 4237 | 13.25% | |
| François Bayrou | Modem | 3177 | 9.93% | |
| Éva Joly | EELV | 716 | 2.24% | |
| Nicolas Dupont-Aignan | DlR | 555 | 1.74% | |
| Philippe Poutou | NPA | 292 | 0.91% | |
| Nathalie Arthaud | LO | 186 | 0.58% | |
| Jacques Cheminade | S&P | 74 | 0.23% |
Le Cher
Participation dans le Cher : 80.38% (2007 : 82.43%)
| Nom | Tendance | Projet | Nombre de voix | Pourcentage de voix |
|---|---|---|---|---|
| François Hollande | PS | 48608 | 26.76% | |
| Nicolas Sarkozy | UMP | 45331 | 24.96% | |
| Marine Le Pen | FN | 35825 | 19.73% | |
| Jean-Luc Mélenchon | FdG | 25079 | 13.81% | |
| François Bayrou | Modem | 16048 | 8.84% | |
| Nicolas Dupont-Aignan | DlR | 3825 | 2.11% | |
| Éva Joly | EELV | 2861 | 1.58% | |
| Philippe Poutou | NPA | 2218 | 1.22% | |
| Nathalie Arthaud | LO | 1387 | 0.76% | |
| Jacques Cheminade | S&P | 433 | 0.24% |
Le détail des résultats pour les communes du Cher se trouvent ici : http://elections.interieur.gouv.fr/PR2012/024/018/index.html
Le titre de cet article n’aurait pas dû être « Hollande en tête », mais « Marine Le Pen grande gagnante du premier tour de l’élection présidentielle en France ».
Dans Libération, Roseline, 25 ans, noire, d’origine immigrée, secrétaire médicale, a voté Le Pen au 1er tour, et votera Hollande au second.
« Marine a raison quand elle dit que les nouveaux arrivants bénéficient plus des aides de la France que nous. » « Nous ? » « Les Français », répond Roseline, elle-même noire, et avec « une partie de (s)a famille, immigrée ». « Elle a raison si elle veut protéger son pays, si elle veut dégager les nouveaux. Nous on n’avance pas. »
!!!
Ce qui me refait penser à cet article, et aux critiques acerbes que j’avais dû essuyer. Qui a voté Le Pen ?
Je continue a être dubitative sur le "profil" des électeurs Le Pen relayé dans les médias : ce n’est pas vous qui êtes critiqué Bombix, c’est ce qui est relayé....Ce serait des pauvres, ouvriers, et aussi "d’origine immigrée".
Quand je regarde le vote Le Pen dans le département du Cher par exemple, c’est dans les tous petits villages qu’on vote Le Pen. Je ne connais pas la sociologie des petits villages, mais la population de ces bleds est-elle ouvrière, pauvre, et "d’origine immigrée" ? Bof, à ce que j’en connais un peu quand même. Par contre, culturellement, c’est pauvre, très pauvre.
Carte des résultats, ville-age par ville-age (Libération).
Il y a un an ou plus, je ne me rappelle plus, n’y avait-il pas un blog politique qui s’appelait "Cher, Terres de Gauche" ? ou dans le style. Quand on regarde les couleurs de la carte du département, on se demande même comment ça se fait que Hollande ressort en tête : "Cher, terres de gros réacs ".
Si vous cherchez une maison à la campagne, on vous conseillera le charmant village de Chalivoy-Milon. 304 inscrits, 255 suffrages exprimés, et 36,47 pour cent pour Marine Le Pen. Plus d’un électeur sur trois. Ca doit être sympa l’ambiance au bistrot là-bas. Sinon, il y a aussi Lignières (22,60) et tout à côté, Saint-Hilaire en Lignières (31,23). La musique adoucit les moeurs ...
Je ne parviens pas à faire le distinction entre le vote Lepeniste et le vote Sarkozyste. Ce sont les mêmes idées d’adhésion qui les sous-tend.
Je ne parviens pas à faire le distinction entre le vote Lepeniste et le vote Sarkozyste.
La droite républicaine est humaniste parait-il ... ;-)
C’est un orfèvre en formules lumineuses qui parle.
Moi, cela me rappelle d’autres critiques essuyées après des commentaires où j’évoquais des électeurs qui avaient une jambe au PS et l’autre au FN...
C’était pas beau de voir les ouvriers d’Arcelor-Mittal de Florange à la télé sauter au plafond en voyant Hollande être devant Sarkozy au 1er tour ?
Par contre, on n’a pas vu leur tête quand il y a eu les résultats suivants...
Quand on pense que Melenchon ,Bedos, Lavilliers et tout le manège avaient fait le déplacement, on peut dire que le travail a été fait pour assurer le report des voix du FN vers Hollande au second tour. D’ailleurs le candidat lui-même mouille aujourd’hui le maillot pour courtiser l’électorat frontiste (en une de libération et sur le terrain).
Ce scrutin est terrible car il montre bien qu’au lieu de se battre contre la "bête immonde", le "retour des heures les plus sombre de l’histoire", les responsables de la gauche se battent avant tout pour avoir le pouvoir. Enfin, terrible surtout pour les gogos des premières lignes qui se retrouvent au placard pour l’entre-deux tours.
Déjà que leur santé mentale était largement atteinte, dans quel état va-t-on les retrouver, tous ces mythos, tous ces paranos ?
Perso, je suis passé par les sas de conditionnement habituel du militant de gauche de base. Si les instincts libertaires ne prennent pas le dessus sur les instincts grégaires, on est enfumé à vie. On avale toutes les couleuvres délivrées par les autorités autorisées.
Bonjour Bombix
Bien qu nous soyons d’accord sur l’essentiel, je réitère ma critique formulée sur l’étude que vous citiez, intitulée "pourquoi les pauvres votent-ils Le Pen".
Cette étude avançait notamment l’idée que "l’insécurité physique" des classes populaires était un élément déterminant de leur adhésion aux idées du Front national.
A la lumière des faibles scores du FN dans la plupart des grandes agglomérations (avec de grandes inflexions locales dans l’Est de la France et le Sud) et de son encrage fort dans les zones rurales (pourtant moins enclins à la violence urbaine dépeinte dans "pourquoi les pauvre votent-ils Le Pen), je maintiens l’hypothèse selon laquelle le score de Marine Le Pen est essentiellement du à un reflux des électeurs de Sarkozy de 2007 et à la banalisation des idées du front nationale dans le cadre d’une politique sécuritaire de l’UMP.
Encore un fois, je pense que parler d’un vote d’adhésion profonde au discours de Marine Le Pen revient à aller un peu vite en besogne. Pourquoi un tel écart entre le vote aux élections locales et à l’élection présidentielle si les électeurs des catégories populaires étaient à ce point convaincus par les thèses du FN ?
La reprise par madame Le Pen d’un discours "social" a s’en doute contribué à brouiller les frontières et à faire basculer un électorat plutôt de gauche encore réticent à voter front national.
Cependant, sur Bourges le total des voies de gauche de gauche (NPA, FdG, LO) est supérieur à 2007...Il me semble donc pas que l’on soit dans un cas de figure local où la montée du FN s’explique principalement par le "gaucho-lepenisme". Je pense qu’on a surtout assister à un vote sanction des électeurs de droite et plus particulièrement des membres des classes populaires votant traditionnellement à droite envers la politique et la personne du "président des riches".
Après j’attends toujours des études un peu plus sérieuses et détaillées que celles présentées à la hâte et non sans un arrière goût d’éthnocentrisme de classe par les journalistes, avant d’affirmer ou d’infirmer cette hypothèse. Encore une fois, on nous présente le vote des "ouvriers" sans distinguer la sous-catégorie d’appartenance à la classe ouvrière, avec des effectifs un peu faible (3 152 répondants), sans jamais nous donner les effectifs (ce qui permet parfois de montrer la faiblesse des études) et surtout sans soustraire du pourcentage les abstentionnistes et les votes blancs.
Ça fait quand même beaucoup...
Le vote FN de 2012 (et donc Sarkozyste en 2007, et cette année, et déjà Lepeniste en 2002) ne serait-il pas quand même pas plus animé par cette thèse-là : "Stopper l’immigration, renforcer l’identité française" que par toute autre "considération" : vote sanction du président des riches, discours prétendument social de Marine Lepen, etc... Tout simplement. Et le racisme n’a pas de classe d’appartenance .. En cela, je pense que le vote Lepen cette année et Sarkozyste en 2007 et 2012 sont des votes d’adhésion aux thèses racistes. Le vote FN n’est pas un caprice, il est principalement fondé sur la haine des "étrangers" de plus en plus assumée.
Il va bien falloir et rapidement que "les gens" soient informés de ce qu’est le FN et que les médias arrêtent d’insister sur la différence entre père et fille, sur la dédiabolisation, etc..... Le FN, c’est le FN, c’est une organisation politique douée et qui se débrouille très bien quand elle est dans le système parlementaire. Il fait partie d’un réseau au moins européen et ce ne sont pas des branquignoles qui le font vivre. Attention, ces gens-là sont très sérieux et compétents dans leur domaine.
On avait dit, en France, plutôt que d’empêcher le FN de s’exprimer, de l’interdire, il vaut mieux qu’on lui laisse la place dans le paysage politique afin que les gens sachent ce que c’est. Or, non, on n’a pas fait ce boulot de fond.
On lui a laissé sa place dans le paysage politique mais sans éduquer, instruire sur son fonctionnement, l’ensemble de la population. On l’a seulement "caricaturé", "sensationnalisé", ce qui le sert, au final.
Je n’ai pas suivi la campagne présidentielle à la télévision, mais je doute fort qu’il y ait eu des émissions instructives, des documentaires, des spécialistes du FN invités sur des plateaux télé pour expliquer comment fonctionne le FN, sans sentiaonnalisme, mais froidement, comme le mérite toute étude, documentaire, présentation.
Bernard Thibault semble parti pour engager la CGT dans cette démarche auprès des ouvriers. Mais ce n’est pas seulement du rôle des syndicats, des politiques : c’est aussi du rôle des médias qui touchent certainement plus de gens que ne le font les syndicats et les hommes et femmes politiques. (Une remarque sur Mélenchon à ce propos : ce n’est pas en la traitant de "semi démente" qu’il aide à faire prendre conscience aux gens de ce qu’est réellement le FN.) Il n’y a pas de secret : pour que "les gens" comprennent, il faut bien leur expliquer. C’est de la pédagogie, de l’information qu’il faut pour lutter contre les idées des FN. Alors, les journalistes, au boulot. Et pas seulement dans les journaux intellectuels. Partout, et sur la durée. Sinon, on est bons pour le FN au pouvoir dans 5 ans.
Actuellement, dans les journaux au moins locaux, voire nationaux, entre ces 2 tours, là où le FN a fait de bons scores, ce qui revient à nouveau comme prétendue analyse de la situation, c’est : dans les campagnes, les montagnes, les gens souffrent, c’est la "sous-france", "l’invisible", les oubliés de la politique qui s’est exprimée : c’est un vote de protestation, il faudra bien que les hommes et femmes politiques en tiennent compte pour la future politique du pays. OK. Je comprends qu’on ne veuille pas culpabiliser tous les électeurs FN. Mais, ce genre de raisonnement médiatique entendu à chaque fois que le FN fait de bons scores ne fait qu’entretenir la montée et victoire de "la bête immonde" : comme si le FN ’était le seul et légitime "outil" de contestation, d’expression d’une population en colère, souffrante, en désaccord avec la politique du pays. Bref, sous-entendu : ce qui est efficace c’est de voter FN pour changer les choses, pour transformer la société, la politique, c’est LE contre-pouvoir. .
Les médias donnent-ils autant de portée à la contestation qui passe par des voies démocratiques, collectives, organisées, saines ? non. En général, les revendications des individus organisés en collectif (quel qu’il soit, quelles que soient les revendications sociales et politiques ou autres) sont mises au subjonctif, on prend beaucoup de précaution de style : " Le rassemblement organisé voulait faire entendre que les individus l’ayant organisé seraient mal payés, seraient harcelés, seraient préoccupés d’une pollution environnementale qui les feraient mourir les uns après les autres, etc....."
Mais quand on vote Lepen, on est tout de suite crédibles et prétendument reconnus par les médias, les politiciens, les experts.
Tout va bien, on ne marche pas la tête à l’envers, non pas du tout... c’est juste une impression.
"sont mises au subjonctif" : c’est le conditionnel, pas le subjonctif....
Bienvenue dans le monde merveilleux de la "périurbanité". Un monde ou croît le désert du réel. La sociologue Violaine Girard met à distance le discours sur la "souffrance" des électeurs de Le Pen.
Pour certains, le vote FN est un vote lié à des efforts de distinction. Ils veulent se démarquer, ne pas être assimilés à ceux qui se trouvent en bas de l’échelle. Ils ne sont pas rattachés à ceux d’« en bas », sans appartenir non plus à ceux d’« en haut ». Beaucoup ont d’ailleurs quitté des quartiers populaires des banlieues voisines. Ils portent un regard stigmatisant sur ceux qui vivent dans l’habitat social, sur les ménages issus de l’immigration. Et dévalorisent les plus précaires, auxquels ils ne veulent pas être reliés.
Braves gens.
Autre article, d’un autre sociologue. Au nom des ouvriers. Quelle représentation politique des classes populaires ? Si la Le Pen est aux portes des usines, elle n’y entre pas. Et si elle mobilise les ouvriers, c’est que la gauche, et donc aussi le PCF, les a oubliés. Le PS n’est pas même cité, tellement il est évident qu’il a rompu, et depuis longtemps, avec le monde ouvrier.
Le réel enjeu n’est-il pas de créer les conditions organisationnelles d’une mobilisation des classes populaires ? Ne doivent-elles être qu’un soutien électoral ou ont-elles la possibilité de se représenter elles-mêmes ?
Sur la tendance oligarchique des organisations ouvrières, on pourra lire aussi le classique de Robert Michels, Les partis politiques, qui vient d’être réédité en poche aux Editions de l’Université de Bruxelles.
Le titre de cet article n’aurait pas dû être « Hollande en tête », mais « Marine Le Pen grande gagnante du premier tour de l’élection présidentielle en France ».
Je ne suis pas exactement d’accord avec ça. En effet, de mon point de vue, le FN a été gagnant dès 2007 avec Sarkozy qui a repris les idées de Le Pen et du FN. D’ailleurs, à l’époque, il s’est vanté d’avoir siphonné les voix du FN. 2012 est seulement le juste retour des choses et un retour à la réalité pour ceux qui se voilaient la face. Je dirai que quelque part, c’est presque miraculeux que Hollande soit en tête. J’aurai l’occasion de développer le sujet. Mais une chose est sûre : Sarkozy, par son échec général n’a fait que renforcer les idées du FN. Il les a légitimé. Malheureusement, la gauche a en gros la même mauvaise analyse que Sarko en traitant les électeurs du FN comme des victimes qu’ils ne sont pas, en les infantilisant.
En gros, je pense que la miss Le Pen aurait pu être au second tour et que du coup, c’est un échec pour elle. Par contre, en 2017, si Hollande n’assure pas (en admettant qu’il soit élu en 2012...), là, c’est sûr on y aura droit.
Je vous invite, pour la forme, à relire ce que j’écrivais le 8 Mai 2007. J’aurai aujourd’hui d’autres choses à dire. Mais je vous réserve ça dans un petit article que j’écrirai dans les jours qui viennent dès que je trouve le temps....
la miss Le Pen aurait pu être au second tour et que du coup, c’est un échec pour elle.
Un million et demi de voix de plus qu’en 2002, sacré échec en effet. Il serait bon de ne pas confondre l’arbre de la présidentielle avec la forêt de la politique. Le Pen ne visait pas la Présidence de la République. Elle continue un projet que son père a initié : étendre les métastases fascisantes dans la chair politique française. En ce sens, son score de dimanche est un franc succès. L’examen des zones géographiques gagnées ne laisse pas de doute : villes ouvrières à l’est, Bretagne "catholique" à l’ouest.
le FN a été gagnant dès 2007 avec Sarkozy qui a repris les idées de Le Pen et du FN.
Je vois ce que tu veux dire, mais je pense que ce serait une grosse erreur d’appréciation que de mettre un signe égal entre la droite, même sarkozyste, et le Front National. Sur le terrain politicien, des déclarations et des effets d’annonces, Sarkozy est allé sur le terrain de Le Pen. Mais Le Pen au pouvoir, ce ne serait pas du tout la même politique que Sarkozy. Le cadre républicain de référence sauterait, et alors, bonjour les dégâts. Ca n’enlève rien à Sarkozy en terme de responsabilités, dans sa campagne de 2007 d’abord, et dans celle-ci ensuite (*). Ce que nous apprend l’histoire, c’est que la droite bourgeoise et capitaliste plie devant la droite nationaliste : une capitulation pour sauver les intérêts qu’elle défend, pas une adhésion à l’idéologie. Le Pen ne fait pas mystère de ses projets : faire imploser l’UMP pour recomposer la droite française autour du pivot nationaliste. En ce sens, la défaite de Sarkozy serait une bonne nouvelle pour le FN, et on peut penser qu’il s’y emploiera.
Mais une chose est sûre : Sarkozy, par son échec général n’a fait que renforcer les idées du FN.
Echec général ? Pas pour tout le monde.
Il y a aujourd’hui 44 exilés français pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses, soit un peu moins de 30 milliards d’euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses.
Source : Mediapart
Par ailleurs, Sarkozy a des alliés non seulement chez les très riches et ceux qui souhaitent le devenir, mais aussi chez les moins riches qui profitent de la situation, par exemple dans un milieu que je connais bien, des professeurs qui font des heures sup à gogo, défiscalisées par la loi TEPA. On ne dira jamais assez que les « succès » de Sarkozy, il les doit à l’apathie de ses adversaires naturels ou supposés tels — par exemple des syndicats (*) qui sont capables de se mobiliser à Paris pour Mélenchon, mais incapable de faire la même chose pour mettre en échec Sarkozy sur les retraites — et à la complicité de ceux dont il achète le silence. Il n’y a pas que des victimes du sarkozysme, faudrait pas oublier.
la gauche a en gros la même mauvaise analyse que Sarko en traitant les électeurs du FN comme des victimes qu’ils ne sont pas, en les infantilisant.
Du temps de Sartre, on appelait un salaud un salaud. (Re)Lire L’enfance d’un chef. La « gauche » a besoin de voix. C’est ça aussi, la politique.
Un dernier mot sur Mélenchon : on peut comprendre l’attitude qui consiste à soutenir loyalement la « gauche ». Après tout, Mélenchon, c’est le créateur du parti bien nommé "de gauche", c’est à dire historiquement, l’alliance de la bourgeoisie libérale et du socialisme, à la toute fin du XIXème siècle (et pas en 1789 comme on essaie de nous le faire croire). En revanche, ce qui est inaudible, c’est le discours anti-système le samedi, et le soutien au système le lundi. Le drapeau rouge pour soutenir ce bourgeois joufflu social-démocrate, personne n’y croit. Comme le soutien est réel, c’est le drapeau rouge qui est décrédibilisé. Rangé au placard des accessoires de la politique spectacle. En termes de communication, ça s’appelle une absence de congruence. Une partie de l’électorat l’a sans doute perçue, ce qui a limité le succès d’El comandante. Du côté communiste, on a affiché tout de suite son soutien à Hollande. Mélenchon aussi, mais sans prononcer le nom. Grooossse finessse ! ;-) Il y a une vie après la présidentielle, et les communistes voudraient bien désormais tirer quelques dividendes de cette bonne affaire du Front de gauche.
Mélenchon prête beaucoup de pouvoirs à Michel Onfray et au Nouvel Obs qu’il accuse de son semi-échec ...
(*) En concentrant le racisme sur les minoritaires parmi les minoritaires, les tsiganes. Voir l’article de Libération : « Jamais un chef de l’Etat n’avait brutalisé à ce point les Tsiganes »
(**) Lu dans Libération, 25 % des salariés syndiqués ou sympathisants FO ont voté Le Pen ...
Un million et demi de voix de plus qu’en 2002, sacré échec en effet. Il serait bon de ne pas confondre l’arbre de la présidentielle avec la forêt de la politique. Le Pen ne visait pas la Présidence de la République. Elle continue un projet que son père a initié : étendre les métastases fascisantes dans la chair politique française. En ce sens, son score de dimanche est un franc succès. L’examen des zones géographiques gagnées ne laisse pas de doute : villes ouvrières à l’est, Bretagne "catholique" à l’ouest.
Ce n’est pas le nombre de voix qui est un échec pour Le Pen, c’est le fait qu’elle ne soit pas au second tour. Je ne suis pas d’accord avec ton analyse : Marine Le Pen veut vraiment le pouvoir, peut-être à la différence de son père, effectivement. Et elle va tout faire pour y parvenir. D’ailleurs, elle a l’avenir pour elle...
Je vois ce que tu veux dire, mais je pense que ce serait une grosse erreur d’appréciation que de mettre un signe égal entre la droite, même sarkozyste, et le Front National.
Il ne faut pas être aveugle sur ce qui se passe en France. L’UMP est l’allié objectif du FN. Au niveau des valeurs, elles sont les mêmes. Bien sûr, à l’UMP, ils sont un peu plus modérés. Mais au fond, ils sont d’accord sur le diagnostic réalisé par le FN. D’ailleurs, il va suffire de suivre la campagne de Sarkozy entre les deux tours pour s’en apercevoir. Cela risque de bien puer. Et cela a commencé le soir du premier tour sur les plateaux télé ou au meeting de Sarkozy du coté de Tours hier, le 23/04. Il ne faut pas oublier une chose : le FN ne pourra pas s’en sortir sans l’UMP. Et c’est l’UMP qui normalise le FN depuis 2002. Alors, rigoureusement, on ne peut pas effectivement mettre un signe égale entre les deux. Ils sont différents par leur histoire politique notamment. Mais au présent, ils se rapprochent dangereusement, chacun faisant peu à peu un pas vers l’autre.
Échec général ? Pas pour tout le monde.
Je suis d’accord. Disons pour le plus grand nombre, pas pour les plus riches effectivement...
la gauche a en gros la même mauvaise analyse que Sarko en traitant les électeurs du FN comme des victimes qu’ils ne sont pas, en les infantilisant.
Du temps de Sartre, on appelait un salaud un salaud. (Re)Lire L’enfance d’un chef. La « gauche » a besoin de voix. C’est ça aussi, la politique.
Oui, mais il y a des choses avec lesquelles on ne doit pas plaisanter. Mieux vaut perdre sur ses idées que gagner sur celles des autres, d’autant plus si les idées des autres sont puantes. Je ne suis pas pour trouver des excuses aux électeurs du FN. Il font des choix, ce sont les leur et ils ont le droit de les faire. Mais il est du devoir de ceux qui ne sont pas d’accord de le dire et de le dire ouvertement, sans détours et sans diplomatie inutile. Ces gens là ne prennent pas de gants pour vomir sur ceux qui les dérange.
L’UMP est l’allié objectif du FN. Au niveau des valeurs, elles sont les mêmes.
Oui pour la première proposition, en changeant "objectif" par "circonstanciel". Non pour la seconde proposition. Je ne dis pas ça pour défendre l’UMP, je dis ça pour que les choses soient très claires sur le FN. La droitisation du discours de Sarkozy, et la « normalisation » de celui de Le Pen pourraient faire croire à une identité. Il n’en est rien. Pour aller dîner avec le diable, il faut une grande cuiller dit le proverbe. Dans le couple Sarkozy-Le Pen, il ne faut pas se tromper sur le diable. Donc je répète, que Sarkozy soit responsable du tropisme fasciste au sein de sa formation et de son électorat, tout à fait d’accord. Que cela signifie que la droite libérale soit devenue fasciste, pas d’accord. Et attention !, ce sont les fachos les premiers qui ont tout intérêt à faire croire qu’il sont devenus une droite "comme les autres" ... Ils s’avancent masqués.
La droite libérale est même le premier ennemi du FN. Sans elle, il était au second tour.
Mais évidemment, il n’est pas question de rendre hommage à ceux qui ont voté Sarkozy. Ce n’est pas politiquement correct....
En 2007, il y avait une affiche d’Act Up ou je ne sais plus quelle assoc, près de la rue d’Auron avec la tête de Sarko et l’inscription "Votez Le Pen". Ce qui était encore plus ridicule était que quelqu’un avait arraché les mots Le Pen, en faisant ainsi une affiche gratuite pour le candidat...
Pourquoi envoyer les électeurs de Sarkozy vers Le Pen ? Pour diviser la droite et gagner les élections sans se fouler.
Il y a une partie de la gauche qui souffle sur la droite de l’UMP, au risque de se prendre un retour de flamme.
Dimanche soir, il était intéressant de noter que quand on est passé des sondages sortis des urnes aux extrapolations après dépouillement des premiers bulletins (vers 19h30), Sarkozy et Hollande ont gardé leurs scores et Melenchon a aussitôt perdu 2, 3 points aux profits de Marine Le Pen. Autrement dit, le front de gauche fourni une couverture à une bonne partie du FN. En plus, ses grands "intellectuels" crédibilisent son programme économique (c’est juste la faute à la loi de 1973, l’ultralibéralisme, l’Europe, etc...), justifient la révolte contre le système (or le FN, est aux alternances UMP - PS, ce qu’étaient les islamistes en Tunisie pour Ben Ali, la principale opposition n’ayant jamais vraiment participé, donc ayant "les mains propres", et bénéficiant de la logistique la plus autonome, la plus structurée. Celle qui s’imposerait en période de désorganisation majeure du Pays).
Battre la droite libérale à des élections est une chose. Vouloir l’abattre pour s’assurer le monopole du pouvoir en est une autre, c’est tout simplement vouloir instaurer une dictature sous prétexte d’anti-fascisme.
A ce propos, quelqu’un a t-il des informations sur le 1er mai à Bourges et dans le Cher ? Coté syndicats FDG, LO,NPA et côté Sarkozystes et LePenistes ?
Malgré le moteur de recherche très performant, je n’ai rien trouvé.
Ah ben alors, ça change tout.... Faudrait quand même pas contrarier l’électorat FN : il a des valeurs sociales auxquelles il ne faudrait pas toucher. Fonctionnaires, le 1er mai n’est pas pour vous : Sarkozy assure n’avoir pas parlé de "fête du vrai travail" à propos du 1er Mai"
J’avais mal lu les corrections qu’avait apporté Sarkozy à son discours sur le 1er mai. Donc reprenons : le 1er mai ce n’est pour les étrangers (puisque c’est pour les français), ni pour les chômeurs à temps plein, ni pour les fonctionnaires. C’est vrai, c’est fou comme il "droitise" son discours : avant, on était pas sûr qu’il soit de droite, et il n’a jamais tenu ce genre de discours d’extrême-droite. C’est tout nouveau.
Quand on cherche, on trouve : Les manifs du 1er MAI dans le CHER
http://www.ud18.cgt.fr/spip.php?article1158
Non, on ne trouve pas forcément. Il y a plusieurs sites de la CGT, dont un de l’union locale de Bourges, sur lequel on ne trouve pas cette information. J’ai moi même cherché avec Google et je n’ai rien trouvé il y a quelques jours. La CFDT pour le Cher n’a pas de site, ni Solidaires non plus d’ailleurs. Ou je ne les ai pas trouvés, bref ...
Je remarque que le départ qui se fait traditionnellement le 1er mai Cour Anatole France partira de la place Malus, où se trouve la maison des syndicats. Façon de marquer que ce 1er mai 2012 est le 1er mai des syndicalistes, contre le 1er mai de l’UMP.
Jeff, j’ai cherché, à peu près chaque jour. Et j’ai fini par tomber sur le site que vous signalez et sur celui de la FSU. Sur le site du Berry Républicain, nada. N’y a t-il pas eu un communiqué de presse intersyndical local ? D’autres part, je suis étonnée que sur le site l’ud18cgt, ne soit pas mentionnée que ce jour est également un jour de lutte contre la xénophobie et le racisme :
"Les défilés unitaires des cinq syndicats - CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires- du 1er mai se dérouleront sous des banderoles et des mots d’ordre strictement syndicaux, a-t-on affirmé jeudi auprès des organisateurs, la CFDT s’étant assurée de l’absence de tout débordement politique à cinq jours du second tour de la présidentielle.
"Les banderoles de tête, le service d’ordre, les slogans sont ceux de l’appel lancé par l’intersyndicale" il y a dix jours, a indiqué ce jeudi Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l’UNSA. C’est sous les mots d’ordre de "l’emploi", "la promotion des salaires et du pouvoir d’achat", la lutte contre "la xénophobie et le racisme" que les leaders des cinq centrales, notamment Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT), devraient défiler à Paris entre la Place Denfert-Rochereau et la Bastille." L’indépendant
Rien sur le temps de travail, dommage. Et je croyais qu’on disait " augmentation" des salaires plutôt que "promotion".
Par contre, quand on tape sur google "1er mai 2012 Bourges", voilà ce qu’on obtient principalement en premières pages : l’ouverture ou non des magasins le dimanche et les jours fériés