Les Récréations : Dix ans de rencontres littéraires à Bourges
Tous les ans, à cette période, la grande cour grise de l’ensa de Bourges se pare d’un petit air festif pour accueillir le promeneur curieux qui risque un œil. Un flyer posé sur le coin d’une table au stand « Librairie » résume en quelques mots l’événement qui s’y déroule.
« Les Récréations sont des rencontres littéraires qui fêtent cette année leur 10ème anniversaire. 10 ans pour permettre à chacun de rencontrer les auteurs de l’Oulipo et de se frotter à l’écriture avec eux. Ecrire est un exercice humain important et chacun peut y parvenir, chacun à son degré. »
Dix ans déjà ! Les Mille Univers et son directeur Frédéric Terrier ont donc réussi à pérenniser ces rencontres entre des auteurs oulipiens et un public qui s’étoffe, constitué des participants aux ateliers d’écriture mais également d’auditeurs venus se régaler des lectures de fin de journée, invariablement suivies d’un apéro tout aussi convoité. [1]
Dix ans déjà ! Un anniversaire qui aurait mérité sa place dans la programmation du festival « Un Eté à Bourges » selon les propos du même Frédéric Terrier, rapportés dans le Berry Républicain du 9 juillet... [2]
En tout cas, un anniversaire que chacun peut encore aller fêter en participant aux Récréations jusqu’au samedi 14 juillet et que semblait même avoir prédit et chanté - il y a bien longtemps déjà - un certain Alain Souchon, cet autre amoureux des mots.
[1] L’Agitateur était allé à la rencontre de Frédéric Terrier en 2008. l’interview en deux parties est à lire ici
et là
[2] Sur ce sujet, autre article du BR en ligne
Je tiens à préciser que je suis retourné ce soir à la lecture de fin de stage.
Entrée gratuite.
Plus de 250 personnes présentes (selon moi)
Début des lectures 18h30 - Fin vers 20h30 environ.
Elles furent suivies d’une exposition réalisée "à l’arrache" des ateliers photos et bandes-dessinées qui se sont achevés dans la journée.
Le travail réalisé m’est apparu globalement varié et intéressant et l’ensemble des participants semble avoir pris plaisir à participer à ce stage. Je confirme que les stagiaires proviennent effectivement de tous les horizons et sont de tous âges... Moyenne d’âge plutôt honorable quand même... ;-)
Apéro gratuit, suivi d’un repas final avec les oulipiens (réservé aux stagiaires et compris dans le forfait).
Sans avoir déboursé grand chose (je me suis tout de même acheté deux bouquins et une revue lors de mes visites), j’ai pu me faire une idée du travail mené par les auteurs de l’Oulipo .
Bon, je concède que mon ressenti ne répond pas vraiment à la question : "la culture subventionnée doit-elle être accessible à tous ? " ... mais je le dis quand même...
Inscriptions aux ateliers oulipiens :
"Ateliers d’écriture du 09 au 13 juillet, 5 jours
le 14 juillet, pour la fête nationale, visite-apéro de l’atelier typographique
coût 190 €
en 2 chèques : un de 50€ (arrhes) encaissable à réception et un de 140 € encaissé en juillet
tarif réduit 90 €
(pour les moins de 16 ans)"
Pourquoi est-ce que ça coûte aussi cher ?
Pourquoi est-ce que ça coûte aussi cher ?
Je pense que la prise en charge de l’hébergement et des frais liés à la présence à Bourges des auteurs qui animent les ateliers d’écriture pendant cinq jours explique en partie les sommes demandées. C’est effectivement un engagement financier pour les stagiaires mais revendiqué par l’association des Mille Univers. Peut-être que les responsables de la structure prendront le temps de donner leur point de vue sur ce forum, s’ils lisent ces commentaires ?
oui, bien entendu je posais la question aux responsables de l’association.
C’est effectivement un engagement financier pour les stagiaires mais revendiqué par l’association des Mille Univers
Mille Univers est une(petite ?) entreprise(sic !). Qui ne connaît pas la crise ?
Par exemple pour les Récréations qui se déroulent à Bourges, nous sommes aidés par l’Etat, la Région, le Département…
Et c’est pour ça que c’est cher. L’autonomie a un prix ! ...
aller, y’a une visite-apéro dans le forfait (j’espère au moins qu’il est bon, l’apéro).
Bonjour,
nos amis de l’association El Qantara, qui ne sont pas réputés pour être élitistes pratiquent des tarifs sensiblement plus élevés durant leur stage d’été (1h/jour/5 jours= 100 euros). La qualité de leur travail et l’honneteté de leur démarche ne pose pas question et c’est heureux. Les grognons qui ont du mal avec la littérature peuvent apprendre à lire et aussi consulter le respect des droits d’auteur ainsi que celui des salariés.
En cela, nous affirmons courtoisement que 190 euros pour 5 jours plein d’écriture avec de grands auteurs dans des conditions optimum, avec un grand diner final…ce n’est pas cher.
Regardez le prix des cigarettes, regardez le prix de l’essence, regardez le prix des automobiles, regardez le prix des télévisions, regardez le prix de la viande, regardez le prix des télécommunications, des jeux électroniques… alors, on peut commencer à parler.
Une semaine comme celle que nous organisons, une semaine comme celle qu’organise nos amis d’El Qantara, qui sont des évènements de qualité avec des intervenants d’exception, reviennent, en général à 500 ou 600 euros par participants. Une autre question ?
Quant à la remarque saugrenue tout autant que subtile des lectures apéro, il s’agit, chaque soir, de la découverte de textes nouveaux lus par les auteurs eux-mêmes. Celle-ci est suivie d’un apéritif qui n’est pas conçu pour "rincer" les alcooliques frustrés ni les pique assiettes compulsifs mais bien pour permettre un partage entre le public et les auteurs avec un verre de vin de culture biologique issu de la région, et de canapés tout aussi locaux et bio.
Il s’agit, là, de culture, de respect et de partage. Pour preuve, cet évènement auquel on vient participer depuis Bourges mais aussi depuis le Canada, depuis Tours, depuis Paris, depuis la Provence, depuis la Suède, depuis Mehun n’est pas annoncé dans le programme d’un été à Bourges. Avez-vous besoin cher(e) Eulalie qui ose cracher sans dire son nom d’autres éléments de réflexion pour comprendre enfin la qualité des artistes, des participants, du public et des rencontres que nous proposons ?
Si vous avez un visage, venez nous rencontrer.
Frédéric Terrier pour les mille univers.
Bonjour Frédéric,
Merci d’avoir pris le temps d’apporter ces quelques précisions aux lecteurs de l’Agitateur.
Convenez toutefois qu’en dix ans d’existence les questions d’Eulalie ne sont certainement ni nouvelles ni surprenantes .
Vous réagissez vivement pour défendre votre projet - ce qui est tout à votre honneur - cependant je doute que ce ton incite Eulalie à répondre favorablement à votre invitation. Plus cordialement je lui assure que pour un euro symbolique elle pourra dans un premier temps venir écouter les lectures et vérifier par elle-même la qualité du buffet. Et puis peut-être un jour -qui sait ? - deviendra -t-elle une fidèle parmi les fidèles des Récréations ? ;-)
En cela, nous affirmons courtoisement que 190 euros pour 5 jours plein d’écriture avec de grands auteurs dans des conditions optimum, avec un grand diner final…ce n’est pas cher.
Oui, enfin ça dépend de votre fiche de paie, et si vous en avez une.
Regardez le prix des cigarettes, regardez le prix de l’essence, regardez le prix des automobiles, regardez le prix des télévisions, regardez le prix de la viande, regardez le prix des télécommunications, des jeux électroniques… alors, on peut commencer à parler
... parler ... de littérature ?
Argent ! Argent ! je parlerai un jour de toi.N’est pas poète dans ce siècle qui ne dira son fait à l’argent.
Henri Michaux, Ecuador [1929], Paris, Gallimard, 1968, p. 85.
Plutôt que de vous offusquer, vous devriez considérer que pour certains, trouver 190 euros pour jouer avec les mots peut paraître un luxe inconsidéré. Et qu’à ce prix, l’inutile peut paraître superflu. C’est très vulgaire comme raisonnement, n’est-ce-pas ? Les pauvres sont d’un ennuyeux ...
Je demandais juste pourquoi c’était si cher. "Non, ce n’est pas cher." Bon, puisque vous le dites. Je ne préjugeais pas de la qualité du stage. Vous dites que l’apéritif est de qualité également et que je ne suis pas drôle. Vous avez raison, la qualité, il ne faut pas plaisanter avec ça, on ne sait jamais qui pourrait en profiter.
et bien moi qui connait un petit peu cet évènement, je peux vous dire que dans les stagiaires il y a de tout : des rmistes-rsa, des intermittents du pestacle et(beurk !) des chômeurs comme moi. c’est dire ! et que ça n’a pas l’air superflu ni compliqué pour eux de venir la. le plus important cest qu’il se passe des choses differentes dans notre berry non ??
190 € pour 5 jours cela nous fait donc 38 € par jour... sans oublier qu’il y a un repas
Petit salaire, chômage, pensions diverses.... on fait attention au budget c’est exact. Je fais partie des petits budgets et mon intérêt pour les récréations est là même si je ne participe pas au stage, je vais voir les lectures, 1 € pour écouter, pour rencontrer les auteurs (facile d’accès) et pour l’apéro. 5 € pour la semaine pour me changer les idées, je trouve cela très bien.
Les concerts du printemps me passe aussi sous le nez... 40 € la soirée.
Je reste persuadé que pour une telle activité cela n’est pas exorbitant même si pour mon budget cela fait beaucoup. La comparaison avec El quantara est bonne : 2 stages certes différents avec des coûts pour les participants qui sont presque équivalents et si on regarde d’autres stages on retrouve ces prix là ou + élevés.
Si je vous suis bien, les pauvres ont le droit d’écouter (en tirant un petit billet de leur poche quand même) ; les plus aisés peuvent apprendre et créer. Voilà en effet une bien belle distribution des rôles.
Je reste persuadé que pour une telle activité cela n’est pas exorbitant
Ca n’a pas beaucoup de sens de parler de coût en soi, de façon abstraite. Le coût doit être référé au revenu de celui qui sort sa bourse. Ce qu’il en coûte. Et il en coûte toujours à quelqu’un dans une situation particulière.
D’autre part, il y a la qualité de la prestation. Le rapport qualité/prix. Mais alors on ne parle plus de la même chose.
Il est fallacieux à mon sens laisser penser qu’au nom du rapport qualité/prix (à démontrer, mais je ne rentrerai pas dans ce débat), la question du coût ne se pose plus, ou est devenue secondaire. Elle se pose encore ; elle est essentielle. Conclusion : notre société est très inégalitaire aussi bien dans la redistribution des biens matériels que dans l’accès à la culture. Quelle découverte ! Le "paradoxe" est qu’une association comme Mille Univers, dirigée par un responsable politique "de gauche" (F. Terrier faisait équipe avec I. Félix aux dernières municipales pour EELV), et financée par des collectivités publiques "de gauche" également, s’inscrit complètement dans ce schéma, avec la meilleure conscience du monde.
Il faut mettre des guillemets à "paradoxe" et à "gauche". Une gauche qui a renoncé à combattre le capitalisme (jusqu’à employer son lexique : "l’association" comme "entreprise") ne peut que reproduire les tares du monde capitaliste.
PS : pour remettre les choses en perspective sur la question du coût de la culture à Bourges. Au début du Ciné à la MCB, à la fin des années 90, il en coutait dix francs pour avoir une place un adhérent : 1,50 €. Combien aujourd’hui ? 4,10 €. Les salaires des gens ont-ils été multipliés par 3 en 18 ans ? Et le prix des biens de consommation de base : énergie, logement, nourriture ont ils baissé ou explosé ? Je laisse à chacun le soin de répondre, et de tirer les conclusions.
Etant moi aussi organisateur d’évènements culturels sur la région parisienne (en vacances actuellement dans le berry), je ne suis pas persuadé qu’ils arrivent à boucler le budget entre les cachets des écrivains, les salaires des salariés des mille univers sur place mais aussi en temps de préparation (sans oublier les charges salariales), le matériel, les frais de transport, de restauration, d’hébergements des auteurs, la restauration et les à côtés pour améliorer l’accueil (café, croissants...), la location des salles.
hébergement :Vu que les intervenants sont connus ils ne doivent pas dormir au Formule 1 ou au première classe on peut considérer la chambre à 70 euros avec petit déjeuner (8 auteurs sur 5 jours : 2 800€ d’hébergement). Il faut 15 inscrits pour juste payer l’hébergement... et quand on parle d’hôtel on parle aussi restauration, et là les prix s’envolent (une soupe et au dodo ????)
Effectivement il y a des subventions des collectivités territoriales, savez vous que même pour 100 € on est obligé de les citer et quand on a des contrats aidés pour l’embauche des salariés on indique aussi ces partenaires donc au final ils n’ont pas forcément beaucoup d’aides même si ces aides sont minimes elles sont nécessaires.
Quand on n’est pas dans l’organisation d’une telle manifestation, on ne se rend pas compte des coûts que cela engendre mais sachez que les 3/4 des festivals ne sont pas rentables en dehors de certains festivals musicaux et encore certaines années il ont fait des trous énormes. Des petites structures comme les mille univers et tant d’autres associations ont du mal à continuer leurs activités pour des raisons budgétaires et je pense que s’ils cherchaient la rentabilité ou de devenir une petite entreprise qui ne connait pas la crise les prix seraient bien au dessus des 190 €... ou alors trouver des entreprises souhaitant réaliser des partenariats et dans le milieu de la culture c’est très difficile, le sport aucun problème ou alors se nommé Francofolies, printemps de Bourges...
Pour info le festival Darc à Châteauroux est à 454 € le stage avant le 30 juin et après à 516€ sans la restauration... même principe des intervenants connus mais sur 15 jours et beaucoup de partenaires publics et privés...
je pense que s’ils cherchaient la rentabilité ou de devenir une petite entreprise qui ne connait pas la crise les prix seraient bien au dessus des 190 €...
Petit rappel : la référence à l’entreprise est de F. Terrier lui-même. Il doit savoir ce que parler veut dire, non ?
Berry vacancier, que les Mille et Un Univers n’arrive pas à boucler le budget, c’est un fait ou non, je ne sais pas, je ne suis pas dedans. Mais c’est tout à fait possible. Mais ce n’est pas parce qu’ils n’arrivent pas à boucler le budget que ça retire au prix du stage sa cherté : 190 euros (1246 F). Ca vous plombe radicalement le mois pour une personne au rsa, au droit au chomage, au smic et plus. Ce n’est pas n’importe quoi comme somme à sortir. Pour se payer ce stage pour la majorité des revenus, il faut s’être serré la ceinture sur autre chose : donc sur l’essentiel (la bouffe, les factures de tel, d’électricité, de gaz, d’essence, le loyer, les gamins). Affirmer que ce n’est pas cher est incohérent. Et j’ai bien des doutes sur le fait que des personnes aux petits revenus mettraient de côté pour pouvoir se payer Oulipo (ou alors très rares et passionnés) : quand on a un petit revenu c’est ric-rac chaque mois dans le meilleur des cas et en zone rouge dans la majorité des cas. Si on "met de côté" c’est pour pouvoir payer les factures et frais obligatoires de l’existence pour le mois suivant. La culture, et en l’occurrence la littérature, est un luxe alors (et l’apéro également).
ça fait que 30 paquets de clopes et c’est moins dangereux :-D
Conclusion politique : "vous trouvez que vous avez un revenu de merde ? que l’accès à la culture est sélectif par l’argent ? Fumez moins. ". C’est un choix de voir les choses comme ça. D’ailleurs, c’est reposant.
190 euros reste un prix très inaccessible pour quelqu’un(e) avec des revenus minis : base le smic (admettons cette base) .. bien évidemment que ça exclue une quantité de personnes. En lisant ces lignes de cet article je me demande pourquoi on ne peut pas réalisé ce genre de manifestation gratuite, puisque subventionnée.
Ou alors prix très modique pour revenus minis.
Ce n’est pas parce que quelques grosses structures raflent des millions de subventions qu’il faut généraliser... La MCB, institution bénéficiant de grosses aides, locales, départementales régionales et Etat fait des spectacles à 26 euros pour des salles pleines de 700 à 900 places. Noirlac, avec ses "traversées" ce n’est pas donné non plus pourtant c’est soutenu largement par le Conseil Général... Bref, insinuer que les mille univers seraient en quelque sorte de snobs nantis qui se remplieraient les poches avec une activité littéraire de "jeu avec les mots", "inutile" et "superflue" dont la qualité "reste à démontrer", c’est sans doute grandement injuste et excessif... Reste que 190 euro c’est cher pour un smicard. Et même avec un tarif réduit pour les rmsistes, c’est pas évident quand même. En même temps, on voit bien des smicards aller à la MCB (bien que l’on y croise surtout des profs et fonctionnaires mais on ne peut pas dire que ce sont des classes qui roulent sur l’or pour la plupart), au Printemps de Bourges et à la Fête Foraine... La vérité est sans doute entre les deux. Je ne connais pas la situation mais il est probable que le montant des aides soit insuffisant pour permettre un prix "modique" ou la gratuité. J’ai pas l’impression que les salariés des mille univers s’offrent des salaires bien supérieurs au smic et j’imagine que les intervenants doivent comprendre, en étant invités par une petite structure, qu’ils ne peuvent pas exiger l’hôtel Bourbon mais doivent se contenter du foyer de la Charmille ou d’hôtels pas chers
Bref, insinuer que les mille univers seraient en quelque sorte de snobs nantis qui se remplieraient les poches avec une activité littéraire de "jeu avec les mots", "inutile" et "superflue" dont la qualité "reste à démontrer", c’est sans doute grandement injuste et excessif...
Vous avez bien mal lu. Plutôt que de rentrer dans le problème, c’est beaucoup plus facile de faire des procès d’intention. C’est ce genre d’attitude qui petit à petit a stérilisé et empêché toute espèce de débat sur le net désormais.
Pour être précis, 1) où ai-je dit que Mille Univers se remplissait les poches ? 2) Oulipo revendique en effet la littérature comme un jeu. C’est être très ignorant et bien inculte que d’oublier l’importance et le sérieux du jeu dans l’humanité. 3) Même ignorance dans votre lecture rapide de l’opposition entre l’inutile et le superflu. Il y a bien des choses inutiles — à commencer par l’art — qui ne sont pour autant pas superflues. Cet adjectif n’était donc absolument pas dépréciatif. 4) Quand au fait que j’ai dit en effet que la qualité restait à démontrer (au sens où on n’a pas à croire quiconque sur parole, et les intervenants culturels pas plus que les autres), j’ai ajouté tout de suite que je ne voulais pas entrer dans ce débat. Quelle que soit la qualité il y a un problème de coût, et donc un problème de ségrégation du public. C’est le seul problème qui est abordé sur le fil de ce forum.
Ce n’est pas parce que quelques grosses structures raflent des millions de subventions qu’il faut généraliser...
On ne généralise rien du tout, et on vous laisse à vos obsessions à propos du PdB. Ce n’est pas le sujet.
En même temps, on voit bien des smicards aller à la MCB
Maison de la culture, oui peut-être ...(il y a des gens aidés par leur entourage) mais les personnes qui ont un salaire payé au smic et les personnes sans salaires, ne sont hélas pas la majorité dans ce lieu qui c’est voulu populaire (se souvenir pourquoi les maisons de la culture ). Reste que la culture à bourges est peu fréquenté par des personnes au revenu très modeste et que certaines activités intéressantes pour des raisons d’argent tiennent éloignés une partie de la population qui aimerait pourtant y participer.
Je vais aller à l’essentiel, je vous trouve bien sévère mais je ne veux pas faire de la diversion en vous répondant sur des points accessoires : l’essentiel de ce que je voulais dire va dans votre sens puisque j’estime moi aussi que l’accès à la culture est globalement peu abordable pour les bas salaires et les personnes avec les minimaux sociaux. Et j’ai essayé (je dis bien essayé) de trouver une explication (sans connaître les finances de ladite association) en avançant que sans doute le montant des aides publiques n’étaient pas suffisant pour permettre de pratiquer des tarifs plus abordables. Et donc que le vrai problème ne venait pas des mille univers (dont je présupposais une gestion raisonnable) mais de la manière dont est financé la culture en France et qui contribue à ne pas permettre la « culture pour tous » (sauf à demander à des personnes déjà pas dans l’opulence de se serrer encore plus la ceinture, y compris sur des besoins de première nécessité). J’oubliais de dire qu’une grosse structure a plus de facilité pour proposer des tarifs plus abordables, un peu comme un super-marché comparé à un artisan. La solution est-elle de conforter des grosses structures pour permettre un accès plus large à la culture ? Peut-être, même si d’autres problèmes risquent alors de se poser car les cultures minoritaires ou peu considérées risquent de quasiment disparaître. Vous parlez de tarif très bas naguère pour des stages à la maison de la culture. Je ne m’en souviens pas mais peut-être que cela était possible parce que le coût était compensé par la billetterie des spectacles dont le prix était non pas « élevé » mais conforme à ce qui se pratique ailleurs. Peut-être aussi que la MCB a arrêté ses stages parce que cela creusait un trou dans son budget et qu’en tant que structure subventionnée elle a des comptes à rendre aux pouvoirs publics et une gestion saine à faire valoir (c’est sans doute pour ça aussi que les mille univers parlent de gérer une association comme une entreprise). Le prix des places à la MCB réclame aussi pour les bas salaire de « budgétiser » bien à l’avance surtout si on y va en famille. Comme écrit ci-dessous, la MCB n’est pas cette institution pour une ouverture « populaire » de la culture. Et je ne parle que des tarifs pratiqués mais on pourrait également analyser les textes de présentation des spectacles qui ciblent vraiment des gens très cultivés et qui pourraient faire peur à des profanes sans prétention. Pourquoi c’est si cher, là aussi, alors même que les aides y sont plus conséquentes ? Et on pourrait se poser la même question pour toutes les structures culturelles locales. Pourquoi c’est si cher au Printemps de Bourges ? Pourquoi c’est si cher à Noirlac ? Pourquoi c’est si cher à El Qantara ? A Emmetrop ? A la Compagnie Pace ? Et puis aussi, pourquoi c’est gratuit à « Un Eté à Bourges ? » peuvent se demander beaucoup de gens ? S’ils arrivent à faire des spectacles gratuits, pourquoi les mille univers ou autres n’organisent pas un festival gratuit ? Après tout. Je n’ai pas de réponse, seulement quelques pistes, mais accabler les structures surtout des petites associations comme les mille univers comme ce que j’ai cru lire ici dans différents messages, n’est pas une réponse. Mais j’ai bien compris que cette réponse-là que vous souhaitiez apporter, donc je ne vous fais pas de procès d’attention ;). Et j’espère ne pas empêcher toute espèce de débat débat sur le net :) )
je corrige : Mais j’ai bien compris que ce n’est pas cette réponse-là que vous souhaitiez apporter, donc je ne vous fais pas de procès d’attention etc...
mais accabler les structures surtout des petites associations comme les mille univers comme ce que j’ai cru lire ici dans différents messages, n’est pas une réponse.
Alors, je voudrais quand même rectifier : personne n’accable Les Mille Univers. Remettons les choses en place, tout est parti d’une simple question, légitime d’ailleurs : "Pourquoi est-ce que ça coûte aussi cher ?".
Frédéric Terrier a mal pris cette question, il l’a pris comme une attaque contre la structure qu’il dirige. On peut comprendre que le travail qu’il réalise avec d’autres lui tienne à coeur et donc, qu’il soit sur les dents pour défendre ce travail. Mais bon, à mon avis, il n’y avait aucune attaque. Seulement une question qui permet de débattre ici de culture, de structure, de taille de structure, d’argent et du monde associatif...
Non, en effet, il n’y avait aucune attaque. Je respecte bien trop les petites structures culturelles pour les attaquer et suis intimement convaincue de leurs nécessités dans une ville, village, etc....Et malgré elles très certainement comme il est expliqué plus haut par un internaute, elles ne peuvent pratiquer des prix qui s’adressent à tous. Mais la question demeure quand même sur le pourquoi. (sans insinuer du tout que les organisateurs s’en mettent plein les fouilles) Aussi,pour se donner bonne consciences des activités accessibles à tous sont pratiquées (comme l’apéro-lecture à 1euro ici, et à Lignières par exemple des concerts gratuits sous la Halle. Bilan des course, le public est séparé en deux : ceux qui peuvent se payer les stages ou concerts in, et ceux qui ne peuvent pas se les payer à qui on permet de goûter seulement aux festivités. C’est moche.
Et malgré elles très certainement comme il est expliqué plus haut par un internaute, elles ne peuvent pratiquer des prix qui s’adressent à tous. Mais la question demeure quand même sur le pourquoi.
Dans n’importe quelle manifestation culturelle, la sollicitation d’ auteurs ou d’artistes représente un coût, que la structure peut répercuter ou non sur le public qui fréquente l’évènement. Cela varie bien sûr en fonction de la notoriété de la manifestation et des artistes invités.
le public est séparé en deux : ceux qui peuvent se payer les stages ou concerts in, et ceux qui ne peuvent pas se les payer à qui on permet de goûter seulement aux festivités.
Je pense que dans le cas des Récréations,il n’y a pas que l’histoire du coût qui rentre en compte. Les stages d’écriture demandent effectivement un vraie implication puisque l’on s’engage sur cinq jours entiers à participer à un atelier avec un auteur dans le but de se "produire" à la fin de la semaine devant un auditoire. Bien sûr, beaucoup des participants ont déjà une certaine culture littéraire, mais je ne crois pas que tous soient financièrement aisés. En tous les cas, la formule a connu un succès tel que certains se sont vu refuser le stage, le nombre de places étant évidemment limité. Le fait qu’il y ait aussi la possibilité d’assister aux lectures d’auteurs en fin de journée ne me gêne pas. Les gens curieux peuvent ainsi se rendre compte à moindre frais de ce qu’implique la participation à ce type de stage...
RE ! ....il s’agit pas de peser le sac de lingots des participants, mais de pointer que ce type de manifestation (certainement très bien menée et perso je trouve que ce que fait cette association est de qualité) n’est pas accessible aux personnes à faible revenu.
Que parmi ces personnes certaines désireraient participer à ces activités. Je viens de faire avec des personnes en grande précarité un travail sur l’écriture. Et cela est surprenant de constater le plaisir que les gens prennent en plus de s’investir sur le temps. Ensuite si ces animations sont réservés (comme dit précédemment
"ont déjà une certaine culture littéraire", à un public avec une connaissance précise, forcément ce débat est obsolète ! Ne connaissant pas les conditions pour s’inscrire à ce stage .... est-ce précisé ?
Bienvenuesurterre, je fais un copié-collé des conditions d’inscription à ce stage, issus des Mille Univers :
"Ateliers d’écriture du 09 au 13 juillet, 5 jours
le 14 juillet, pour la fête nationale, visite-apéro de l’atelier typographique
coût 190 €
en 2 chèques : un de 50€ (arrhes) encaissable à réception et un de 140 € encaissé en juillet
tarif réduit 90 €
(pour les moins de 16 ans)"
grands auteurs dans des conditions optimum, avec un grand diner final
évènements de qualité avec des intervenants d’exception,
il s’agit, chaque soir, de la découverte de textes nouveaux lus par les auteurs eux-mêmes. Celle-ci est suivie d’un apéritif qui n’est pas conçu pour "rincer" les alcooliques frustrés ni les pique assiettes compulsifs mais bien pour permettre un partage entre le public et les auteurs avec un verre de vin de culture biologique issu de la région, et de canapés tout aussi locaux et bio.Il s’agit, là, de culture, de respect et de partage.
Pour preuve, cet évènement auquel on vient participer depuis Bourges mais aussi depuis le Canada, depuis Tours, depuis Paris, depuis la Provence, depuis la Suède, depuis Mehun
Les grognons qui ont du mal avec la littérature peuvent apprendre à lire et aussi consulter le respect des droits d’auteur ainsi que celui des salariés. "
Ensuite si ces animations sont réservés (comme dit précédemment
"ont déjà une certaine culture littéraire", à un public avec une connaissance précise, forcément ce débat est obsolète !
Je n’ai pas dit que les stages des Récréations était réservés à telle ou telle catégorie de personnes, mais le constat -de fait - c’est que les participants venus s’exercer aux contraintes de l’Oulipo, donc des jeux littéraires, apprécient les références livresques. Ce n’est pas un reproche en l’occurrence...
Je viens de faire avec des personnes en grande précarité un travail sur l’écriture.
J’imagine effectivement qu’il existe d’autres formes d’ateliers d’écriture avec des objectifs différents de ceux menés par les membres de l’Oulipo...