Faire l’âne pour avoir du son
« COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Yann GALUT (PS) propose d’imposer ou de déchoir de la nationalité française les exilés fiscaux. » C’est entendu : en politique, l’essentiel est de com-mu-ni-quer ! Communiquez, communiquez, il en restera toujours quelque chose. Qu’importe l’ivresse pourvu qu’on ait le flacon. Qu’importe ce qui est dit, pourvu qu’on fasse du « buzz » ...
À défaut de propositions concrètes qui fassent avancer les problèmes, dans le sens voulu par les Français qui ont porté la gauche au pouvoir en 2012, le député du Cher Yann Galut est en train d’inventer une spécialité : dire n’importe quoi, le plus incongru ou stupide possible, pourvu que cela occupe quelques heures les réseaux sociaux et les rédactions nationales et régionales.
Il avait déjà fait le coup avec sa proposition de fiscaliser les gains des gagnants du loto ; il recommence en demandant de déchoir de leur nationalité les exilés fiscaux français.
Dans un cas comme dans l’autre, il sait parfaitement que ces propositions n’ont aucune chance d’aboutir, et que, de toutes façons, elles ne sont pas à la mesure de la situation gravissime du pays. Mais, en attendant, son nom aura circulé. Il sera celui par qui le débat arrive. Il aura mouillé la chemise et secoué ses méninges.
Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, on ne compte plus les reculades, les promesses oubliées, les trahisons avérées. Non seulement le pouvoir socialiste ne fait rien de ce qu’il a promis, mais il fait l’inverse. Cela a commencé avec le traité Merkozy, cela continue avec Florange. En attendant la suite. Le plan Fillon pour les retraites ne règle pas le problème jusqu’en 2017. Une nouvelle réforme, très dure pour les salariés, est en préparation ; elle devrait être présentée cet été. Comme le dit un commentateur qui parle d’or : "Aujourd’hui, la gauche est confrontée à une réalité écrasante sur les retraites. Il lui faudra trouver le moyen de montrer que sa réforme est juste."
Voilà. C’est cela le changement à la mode Hollande. Faire la même politique que Sarkozy, mais montrer qu’elle est "juste".
Dans ce contexte, les gesticulations inutiles, les foucades de jobastre d’un Yann Galut sont pitoyables. Elles relèvent d’une conception de la parole et de l’action politique niveau zéro. Avec une gauche pareille, la droite en France — et à Bourges — a encore de beaux jours devant elle.