Décidément, les temps sont durs, même pour les monarques. Jadis, ils exerçaient leur souveraineté jusqu’à la mort. Aujourd’hui, la déprime les contraint à lâcher le pouvoir avant que la camarde ne les emporte. Benoit XVI, régnant sur une église catholique en décrépitude, préfère se la couler douce au Vatican et démissionne. Le roi de Bourges, Serge Lepeltier, s’est peut-être inspiré du Pape allemand. Lui aussi jette l’éponge. Fatigué, il ne se représentera pas en 2014. Il laisse une ville endettée, et jonchée de gravats. D’accord, on ne reconstruit que sur les ruines. Alors, on peut dire que Lepeltier aura été un grand roi bâtisseur. Des ruines, il en laisse : le Prado, Avaricum, et maintenant la Maison de la culture … Il ressemble un peu aux bâtisseurs d’empire imaginés par Boris Vian. À mesure que son mandat a avancé, chaque année la scène berruyère s’est vidée de quelque chose.
Mais la plus grande ruine, c’est Bourges elle-même. La population stagne, les emplois disparaissent, on s’y ennuie ferme, et les jeunes préfèrent fuir. Condamnés à faire leurs études ailleurs, aucun ne songe à revenir. On aurait du mal à leur en vouloir.
Aucune des promesses du candidat Lepeltier de 2008 n’a été tenue. Il n’y a guère que les retraités, pour qui l’on a aménagé à grands frais fontaines glougloutantes et trottoirs proprets à peut-être se déclarer satisfaits. Et encore. Il faudrait interroger les riverains de l’avenue Marcel Haegelen, qui vivent dans la poussière et un chantier permanent depuis des lustres.
Et maintenant ? La gauche berruyère sent peut-être son heure venue. Les dés ne sont pas encore jetés. Le changement à la Hollande consistant à poursuivre la politique de Sarkozy en pire, "le peuple de gauche" ne va pas se précipiter aux urnes aux municipales.
Les berruyers voteront ils à droite en 2014 par désespoir ? L’intérêt pour la ville de vivre une alternance serait au moins de faire un peu le ménage parmi une classe politique locale au bout du rouleau. Quelques têtes nouvelles divertiront un peu — à défaut de changer quoi que ce soit. The show must go on. Et vu le nombre de momies à gauche, on est certains de ne pas manquer de Schmürz !
En 2014, votez dur, votez mou ; votez droite, votez gauche... vous ne voterez que dans le trou ! Et à Bourges, pour les trous, vous avez le choix.
